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Élections_municipales_françaises_de_2008

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Élections municipales françaises de 2008

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Les élections municipales françaises de 2008 ont élu les conseils municipaux des communes françaises. Initialement programmées en 2007, les élections municipales françaises ont été reportées en 2008[1] pour ne pas surcharger un calendrier électoral qui prévoyait six échéances en une année[2] cette année-là. Le premier tour a eu lieu le 9 et le second le 16 mars 2008[3].

Sommaire

[] Organisation des élections

Icône de détail Article détaillé : Élection municipale française.

Pour les éléments relatifs au régime électoral, au droit de vote des citoyens, aux modalités de candidatures, etc., il convient de se référer à l'article principal : Élection municipale française et Procédures électorales françaises. Certaines évolutions concernent spécifiquement les élections de 2008, et sont développées dans les paragraphes suivants.

[] Durée du mandat

Le mandat des conseillers municipaux reste fixé à six ans, selon l'article L. 227 du code électoral, même si le mandat des maires élus en 2001 a donc été prolongé de manière dérogatoire d'un an par la loi no 2005-1563 du 15 décembre 2005, laquelle applique une disposition similaire aux conseillers généraux et aux sénateurs.

Même si ces élections ont une importance locale, le fait que toutes les communes votent en même temps est un indicateur de la popularité des partis, surtout dans les villes où les élections se jouent d'habitude à peu de chose.

Les élus, en tant que grands électeurs sénatoriaux, voteront en septembre 2008 pour élire les sénateurs de la série A pour des mandats de 6 ans.

[] Parité hommes / femmes

Afin de mettre en ?uvre la révision constitutionnelle du 8 juillet 1999, qui a complété l'article 3 de la Constitution de 1958 par le paragraphe « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives », la loi du 6 juin 2000 a modifié l'article L 264 du Code électoral, en disposant que « l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un. Au sein de chaque groupe entier de six candidats dans l'ordre de présentation de la liste doit figurer un nombre égal de candidats de chaque sexe ».

Cette règle a contribué à améliorer la participation des femmes aux conseils municipaux lors du scrutin municipal de 2001, mais a eu peu d'effet sur la féminisation des maires et de leurs adjoints. C'est pourquoi la loi no 2007-128 du 31 janvier 2007 a modifié à nouveau l'article L 264 du code électoral, qui dispose désormais que « la liste (des candidats) est composée alternativement d'un candidat de chaque sexe ». Cette disposition s'est appliquée pour la première fois aux élections municipales de 2008.

En outre, l'article L 122-4-3 dispose que « dans les communes de 3 500 habitants et plus, les adjoints sont élus au scrutin de liste à la majorité absolue, sans panachage ni vote préférentiel. Sur chacune des listes, l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un ». Cela introduit donc la parité dans les fonctions d'adjoints au maire lorsqu'il y a plusieurs postes d'adjoints créés par le conseil municipal, le nombre légal minimum restant celui d'un seul (et par conséquent il demeure élu au scrutin uninominal).

[] Catégorisation des listes

Le Ministère de l'Intérieur classe les listes selon des « grilles de nuances politiques ». Un répertoire national des élus a été institué par le décret n°2001-777 du 30 août 2001 dont l'article 5 mentionne que « Au moment du dépôt de candidature, chaque candidat, ou candidat tête de liste, est informé de la grille des nuances politiques retenue pour l'enregistrement des résultats de l'élection, et du fait qu'il peut avoir accès au classement qui lui est affecté et en demander la rectification, conformément à l'article 36 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée. ». Concrètement, cela signifie qu'un candidat au scrutin majoritaire ou tête de liste au scrutin proportionnel se voit d'office attribuer une nuance politique (outre celle qu'il a déclarée, « étiquette politique choisie par le candidat »), la catégorie « sans étiquette » est donc supprimée de cette grille. Les « nuances » retenues pour les municipales de 2008 sont : extrême gauche, communiste, socialiste, radical de gauche, divers gauche, Les Verts, écologiste, régionaliste, autres, UDF-Mouvement démocrate, majorité dont le Nouveau Centre, Union pour un mouvement populaire, divers droite, Front national, extrême droite[4]. Cela signifie notamment que la catégorie « sans étiquette » n'est plus acceptée en préfecture lors du dépôt des listes[5].

[] Principaux partis

[] Gauche

Le Parti socialiste conclut une alliance nationale avec le PCF, le PRG et les Verts.

Les Verts présentent néanmoins des listes autonomes dans de nombreuses grandes villes comme à Paris avec Denis Baupin, Rennes ou Lille avec Eric Quiquet.[6]

Le PCF doit affronter des primaires avec le PS dans plusieurs des 35 villes de plus de 20 000 habitants qu'il dirige alors (Aubervilliers, La Courneuve, Bagnolet, Pierrefitte-sur-Seine, Vitry-sur-Seine, Denain, Vaulx-en-Velin,) ou a dirigées antérieurement (Le Havre), mais plusieurs autres sont évitées comme à Montreuil[7] où le bureau national du PS soutient le PCF malgré les demandes de Dominique Voynet[8], et malgré le vote négatif des militants de la section PS locale[9],[10]. Il en résulte une fronde de certains militants du PS qui décident dès novembre 2007 de rejoindre le groupe de travail « Montreuil Renouveau » animé par Dominique Voynet ; d'autres se sont décidés en janvier 2008[11].

Allié habituel du PS, des personnalités locales du PRG font parfois défection comme à Nanterre où son leader local soutient la liste MoDem[12], ou au Mans, où a été constituée une liste MoDem-PRG (voir plus bas). À Nice, la liste « Nice arc-en-ciel » rassemble, pour les municipales et les cantonales, le MEI, le MoDem et le PRG.

Le MRC est partenaire de ces partis, mais est en conflit avec le PS sur des villes comme Paris et Belfort[13]. A Paris, un accord de fusion au second tour est difficilement convenu, Georges Sarre (MRC) et Patrick Bloche (PS) menant une liste séparée au premier tour.[14]

[] Extrême gauche

Lutte ouvrière annonce des alliances locales avec les partis de la gauche institutionnelle, PCF ou PS, là où elle ne présente pas ses propres listes[15], soit près de 5000 candidats sur 186 listes (contre 128 en 2001). Dans 69 villes les militants de Lutte ouvrière participent à des listes d'union, principalement conduites par le PCF (37 listes) ou le PS (26 listes), sur des listes qui comportent parfois d'autres partis comme la LCR, les Verts, le MDC, le PT ou le PRG. LO présente par ailleurs des listes indépendantes dans 117 villes [16]. Au second tour, LO se retire des listes de gauche ayant fusionné avec le MoDem (Marseille, Perpignan).[17]

La Ligue communiste révolutionnaire présente ? là où des accords sont trouvés ? des listes d'union avec la gauche antilibérale, mais pose en préalable le refus de toute cogestion avec le PS. Toutefois, la possibilité de fusions « techniques » avec les listes PS au second tour est envisagée[18], lui permettant ainsi d'avoir des élus tout en gardant une indépendance stricte dans ses prises de positions vis à vis des autres partis, et notamment du PS. La LCR espérait doubler le nombre de ses listes par rapport à 2001[19] et avait annoncé sa présence dans 36 des 37 villes de plus de 100 000 habitants.[20]

Lors du premier tour, la LCR dépasse le seuil des 5 % des suffrages exprimés dans de nombreuses communes. Trois de ses listes ayant obtenu entre 5 et 10 % fusionnent avec la gauche au second tour : Au Haillan (Gironde) avec le PS, à Morlaix avec le PCF et à Montpellier avec les Verts. Dans les 11 villes où il dépasse les 10 % (Clermont-Ferrand, Foix, Ventabren, La Couronne Lien vers un homonyme?, Louviers, Saint-Nazaire, Cavaillon, Prades-le-Lez, Quimperlé, Palaiseau, Noisy-le-Grand), le parti trotskyste décide de se maintenir au second tour[21].

[] Centre

Le MoDem annonce par la voix de François Bayrou, président du Mouvement, vouloir présenter des listes autonomes dans 80 % des villes ; malgré certaines défections individuelles en faveur de listes UMP comme celle de Jean-Marie Cavada à Paris (mais ce dernier n'était que sympathisant : il n'a jamais eu sa carte ni à l'UDF ni au MoDem), en faveur de listes Nouveau Centre et parfois en faveur de listes PS (Metz). L'UMP soutient Nicole Rivoire à Noisy-le-Sec et Hervé Chevreau à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), Alain Cazabonne à Talence (Gironde). L'UMP apporte également son soutien à Geneviève Darrieusecq à Mont-de-Marsan et à Vincent Delahaye à Massy (Essonne)[22]. Réciproquement, le MoDem soutient Alain Juppé à Bordeaux[23].

Des élus Verts qui ont rejoint les listes du MoDem sont suspendus à Strasbourg (Yann Wehrling) et Aix-en-Provence[24].

La stratégie de second tour du MoDem était une des inconnues du scrutin, l'UDF ayant été un allié traditionnel de la droite, alors que certains rapprochements locaux avec la gauche n'étaient pas à exclure comme à Lyon[25] et à Marseille[26]Jean-Luc Bennahmias (ex-Verts) est tête de liste[27], voire à Tours[28]. Une alliance de premier tour a même été conclue entre la liste d'union de la gauche (PCF compris) avec le MoDem à Dijon par François Rebsamen[29].

[] Droite

L'UMP conclut une alliance nationale avec le Nouveau Centre[30], la Gauche moderne, rejointe localement par le MoDem (en Seine-Saint-Denis par exemple). l'UMP investit quelques têtes de listes issus de la gauche, comme les ex-PS Jean-Marie Bockel, maire de Mulhouse, et Yves Urieta, maire de Pau, le radical de gauche Roger Didier, maire de Gap (où cette alliance suscite la confusion[31]), Jean-Marie Kutner, maire adjoint (MDA) de Schiltigheim et débauche plusieurs seconds couteaux dans d'autres villes (Toul, Villeurbanne, etc.)[32].

Le parti est aussi confronté à des dissidences de candidats contre les listes investies par l'UMP, comme celle de Marie-Anne Montchamp à Nogent-sur-Marne[33],[34], de Catherine Vautrin à Reims[35], de Jean-Pierre Roux à Avignon[36], etc. A Paris des listes « Paris Libre » sont parfois menées par des dissidents UMP comme le maire d'arrondissement René Galy-Dejean (ex-UMP)[37]. Le député Nouveau Centre Philippe Folliot avait juré ne faire alliance à aucun des deux tours avec le candidat UMP à Castres[38]. Le membre du conseil national de l'UMP François Franceschi rejoint lui la liste de la gauche à Marseille[38].

Plusieurs ministres sont candidats, mais certains comme Brice HortefeuxClermont-Ferrand) renoncent finalement à se présenter[39],[40]. Bernard Kouchner (ex-PS) soutient quant à lui implicitement le candidat de gauche à Paris[41].

L'UMP soutient les listes conduites par des élus du MPF dans deux villes de plus de 30 000 habitants[42], Échirolles (35 700 habitants, Isère) et Vénissieux (57 600 habitants, Rhône). Par contre l'UMP présente des candidats contre Jacques Bompard, maire MPF (ex-FN) d'Orange (28 889 hab., Vaucluse), ainsi que contre son épouse Marie-Claude Bompard, candidate à Bollène (14 130 habitants, Vaucluse).

Le CNI et le RPF, organisations à la charnière entre la droite et l'extrême droite, devenues composantes (« personnes morales associées ») de l'UMP, obtiennent des investitures de ce parti notamment Christian Vanneste (Tourcoing, Nord), condamné par la justice pour homophobie[43],[44], et Joël Wilmotte (maire d'Hautmont, Nord), condamné par la justice pour discrimination raciale et religieuse[45],[46]. À Lyon, la liste UMP de Dominique Perben comprend tant des candidats du MPF[47] que de la DLC[48], un autre de ces partis-charnières entre droite et extrême droite, une alliance sévèrement critiquée par l'ancien maire de droite Michel Noir[49],[50].

[] Extrême droite

En difficulté financière et militante, le Front national a présenté moins de listes qu'en 2001 pour limiter les frais non remboursés des listes sous les 5 %[51]. Néanmoins, Marine Le Pen avait annoncé un objectif de 400 listes en 2008 contre 150 en 2001[52] et le FN annonce sa présence dans les 20 arrondissements parisiens. Toutefois, elle reconnait que les finances du parti limitaient ses ambitions[53]. Le Front national renonce ainsi à se présenter à Toulouse, où les sondages créditent la liste conduite par Philippe Riey de seulement 3 %[54]. Marine Le Pen se présente sur la liste du parti à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)[55]. Le FN n'a remporté aucune mairie, le score de Steeve Briois et Marine Le Pen restant figé vers 30 % entre les deux tours à Hénin-Beaumont.[56]

Ayant fait moins de 1 % lors des législatives de 2007, le MNR ne bénéficie plus de subvention publique. Au premier tour, il n'a présenté qu'une quarantaine de candidats aux cantonales et seulement sept listes aux municipales avec au final un seul élu d'opposition, Nicolas Bay, au conseil municipal de Sartrouville (Yvelines). Bruno Mégret a dû renoncer à être candidat à Marseille. Pour des raisons financiaires, mais aussi de par sa condamnation à un an d'inéligibilité pour complicité de détournement de fonds publics à la mairie de Vitrolles[57].

Parmi les anciens élus du Front national, Daniel Simonpieri, maire (ex-FN puis ex-MNR) de Marignane et conseiller général, était cette fois le candidat officiel de l'UMP, mais il est défait par une autre candidature issue de l'UMP. Jacques Bompard (ex-FN) est réélu dès le premier tour pour un troisième mandat consécutif à Orange, avec près de 61 % des voix[58]. Son épouse, Marie-Claude Bompard remporte la mairie de Bollène[59].

[] Diversité

Ces élections sont aussi vues sous l'angle de la présence accrue de candidats issus de l'immigration extra-européenne. Pour la première fois, un nombre significatif d'entre eux sont présentés en tête de liste tant par le PS que par l'UMP et le MoDem, même s'ils sont quasi-systématiquement présentés contre des maires sortants d'un autre parti[60].

Au moins huit maires métropolitains d'origine non-européenne avaient été élus ou réélus en 2001 dans des communes de moins de 5 000 habitants (voir le détail dans l'article sur les élections de 2001). Six se représentaient en 2008 dans la même commune, un septième dans une commune d'une autre région.

À gauche, le PS a investi une vingtaine de candidats dont Seybah Dagoma dans 1er arrondissement de Paris, Razzy Hammadi à Orly, Rachid Mammeri à Évreux, Hussein Mokhtari (conseiller général depuis 2004) à Garges-les-Gonesse, Zohra Bitan à Thiais, Samia Ghali (vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis 2004[61]) dans le 8e secteur de Marseille (contre le maire sortant PCF)[62], ainsi qu'Abdelhak Kachouri à Saint-Ouen, Philippe N'Guyen Tahnn à Vernon, Lahceme Touati à Vénissieux, Hélène Geoffroy (conseillère générale et adjointe au maire) à Vaulx-en-Velin etc[63],[64]. Parmi les têtes de liste non-PS de listes d'union, on trouve notamment Eddie Aït (PRG) à Carrières-sous-Poissy [65]. Dans les listes, on note Nawel Rafik-Elmrini 2e à Strasbourg[66], Faouzi Lamdaoui à Argenteuil[67], Akli Mellouli, en 2e à Bonneuil-sur-Marne[68], Zorah Aït-Maten à Lyon[41], Linda Tahraoui 2e à La Courneuve, Dalila Dendouga 3e à Lille[69], Papa Waly Danfakha aux Mureaux [65]. À Étaples, Baghdad Ghezal a quant à lui été investi comme tête de liste par la section locale, mais la fédération du Pas-de-Calais a investi un autre candidat : deux listes socialistes s'opposeront donc au premier tour[70].

À droite, l'UMP a investi à Paris Rachida Dati (7e arrondissement), Pierre Lellouche[71] (8e arrondissement) et Lynda Asmani (10e arrondissement), mais aussi Karim Boudjema un professeur de médecine sans étiquette à Rennes, Six-Emmanuel Njoh à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). En Seine-Saint-Denis, Kamel Hamza à La Courneuve, Fayçal Menia à Aubervilliers, Leïla Bouzidi (apparentée Nouveau Centre) à Bobigny défendront les couleurs de la droite tandis que Noureddine Nachite et Rachid Kaci tenteront leurs chances respectivement à Creil (Oise) et à Nanterre (Hauts-de-Seine), pour des combats souvent donnés comme perdus d'avance[32]. Dans le 8e arrondissement de Lyon, l'UMP a investi Nora Berra, médecin, membre du Mouvement des musulmans laïcs de France (dont l'initiateur et secrétaire général n'est autre que Rachid Kaci) et conseillère municipale de Neuville-sur-Saône[72],[73]. En revanche, au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), Raphaet Dali, un médecin d'origine tunisienne installé depuis 20 ans sur la ville s'est vu préférer un candidat inconnu localement, Gilles Chopard, et se présentera donc de manière dissidente[74].

Le MoDem a pour sa part investi comme chefs de file (tête de liste ou premier candidat MoDem sur une liste non conduite par ce mouvement) Rezak Bezzaouya (ex-PS) à Aulnay-sous-Bois, Mohamed Dine (ouverture) à Clichy-sous-Bois, Karim Ahmed à Villetaneuse, Nadia Falfoul à Bobigny [75], Mohamed Laqhila (adjoint au maire ex-Verts, d'origine marocaine) et Saïd Ahamara (ex-porte-parole départemental Bouches-du-Rhône des Verts, d'origine comorienne) dans les 7e et 8e secteurs de Marseille[76] ou encore Mme Yanick Leflot-Savain à Amiens.

[] Résultats

  • Les six maires sortants d'origine non-européenne (voir Élections municipales françaises de 2001) qui se représentaient ont été réélus dès le premier tour dans leurs conseils municipaux avec le soutien de 60 à 88% des votants.
  • Auguste Senghor, maire (d'origine sénégalaise) du May-sur-Èvre (Maine-et-Loire, 3.891 habitants) depuis 1989, briguait cette fois le mayorat de Saint-Briac (Ille-et-Vilaine, 2.054 habitants, dont le maire sortant, Brice Lalonde ne se représentait pas), seul candidat à avoir été élu au conseil municipal dès le premier tour (52% des votants), a été élu maire[77]
  • À Étaples (Pas-de-Calais), la liste de Bagdad Ghezal, soutenue par le PS local, a obtenu le plus mauvais résultat des quatre en lice avec 9,97%, trop peu pour pouvoir se maintenir au second tour, les autres listes ont refusé toute fusion avec elle, Bagdad Ghezal n'a pas donné de consignes de vote pour le second tour[78], la gauche a perdu cette municipalité au second tour au profit d'une liste menée par un ex-PS et la déléguée départementale de l'UMP.
  • À Carrières-sous-Poissy (Yvelines), Eddie Aït (PRG, soutenu par le PS), bat dès le premier tour le maire sortant UMP avec 62,4% des voix et deviendra donc probablement le premier maire d'origine maghrébine (et par ailleurs militant gay[79]) dans une ville de plus de 10.000 habitants.
  • Dans le 8e secteur de Marseille (« quartiers Nord », 92.100 habitants), la liste d'Union de la gauche dirigée par Samia Ghali l'a emporté avec 52,30% dès le premier tour. Le poste de première adjointe de Marseille lui avait été promis en cas de victoire de la gauche, elle est en fin de compte devenue maire de secteur.
  • La liste UMP menée par Rachida Dati dans le 7e arrondissement de Paris (Palais-Bourbon, 55.700 habitants) a obtenu 49,50% des voix au premier tour. Elle est devenue maire d'arrondissement.
  • Philippe N'Guyen Tahnn (PS) est devenu maire de Vernon (Eure, 23.700 habitants), Mohand Hamoumou, responsable associatif harki (divers droite), à Volvic (Puy-de-Dôme, 4.202 habitants).
  • A Morey (Saône-et-Loire, 184 habitants), Kader Atteye, d'origine djiboutienne, a été élu mais 5 conseillers sur 11 ont démissionné pour protester contre son élection[80],[81].
  • Aucune de la cinquantaine d'autres listes investies par l'UMP, le PS ou le MoDem et ayant à leur tête un candidat d'origine non-européenne n'a remporté le premier tour ou n'est en ballotage favorable pour le second tour, ce qui reflète les résultats dans les mêmes communes en 2001: ces candidats étaient tous présentés par leur parti dans des municipalités qu'ils ne détenaient pas, dans des duels gauche-droite ou PS-PCF. En Seine-Saint-Denis, sur les 5 candidats « de la diversité » soutenus par l'UMP, tous obtiennent des scores inférieurs, parfois très inférieurs (à Aubervilliers, la liste de Fayçal Menia obtient 11,8% en 2008 contre 23,72% en 2001 pour la liste de droite), à ceux des listes RPR ou RPR-UDF en 2001, sauf Leïla Bouzidi (app. Nouveau Centre) à Bobigny (24,5% en 2008 contre 16,71% en 2001).
  • Le PS revendique entre 250 (villes de plus de 20.000 habitants) et 400 adjoints issus de la diversité et 2 maires, Philippe Nguyen Thanh et Samia Ghali[82],[83]. Xavier Cadoret (né Karim Kadouri au Maroc), précédemment divers gauche, cette fois candidat PS aux cantonales, a été réélu maire de Saint-Gérand-le-Puy (Allier, 1.029 habitants).

[] Parité

Si les listes sont légalement paritaires depuis 2008, les femmes sont nettement minoritaires dans le nombre de têtes de listes. Le PS fait valoir qu'il a investi six femmes et qu'il a réussi la parité dans les 20 arrondissements parisiens. L'UMP revendique 15% de candidates pour les 227 investitures dans les villes de plus de 30 000 habitants[84], tandis que le PS serait à près de 25%[85].

D'après l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, il y avait pour le premier tour 83,5% d'hommes tête de liste aux municipales et 79,1% d'hommes candidats aux cantonales[86].

Dans les 39 villes de plus de 100 000 habitants, on recense six femmes maires, alors qu'en 2001 elles n'était que trois (Martine Aubry, Fabienne Keller et Maryse Joissains-Masini, plus Hélène Mandroux, élue en 2004). Les nouvelles élues sont Adeline Hazan, Valérie Fourneyron et Dominique Voynet.

Selon l'Observatoire de la parité, 48,5% des conseillers municipaux élus sont des femmes. 9,5% des maires de plus de 3500 habitants sont de sexe féminin (PC 12,9%, PS 11,3% Verts 6,7%, Nouveau Centre 6%, UMP 7,6%,); pour mémoire, ce taux était en 1995 de 4,4% et de 6,7% en 2001. Dans les villes de plus de 30 000 habitants, 8% des maires UMP ou Nouveau Centre sont des femmes, contre 15% pour le PS.[87]

[] Résultats

Étiquette politique des maires des communes de plus de 100 000 habitants après les élections municipales de 2008
Étiquette politique des maires des communes de plus de 100 000 habitants après les élections municipales de 2008
Nuances politiques
des listes
Votes (premier tour) Sièges obtenus au
premier tour
Votes (second tour) Total des
sièges
obtenus
# % # # % # %
  Majorité[88] 4 032 663 25,04 12 839 2 012 644 26,45 19 465
  Gauche unie[89] 3 039 740 18,87 12 114 1 789 636 23,52 17 590
  Divers droite (DVD)[90] 2 555 603 15,87 12 550 1 113 686 14,64 19 601
  Parti socialiste (PS) 2 032 133 12,62 6 888 747 808 9,83 10 457
  Divers gauche (DVG)[91] 1 666 955 10,35 7 695 699 434 9,19 12 285
  Mouvement démocrate (MoDem) 594 960 3,69 758 154 849 2,04 1 226
  Liste majorité-centristes[92] 560 648 3,48 1 263 469 783 6,17 2 353
  Parti communiste français (PCF) 421 800 2,62 1 380 117 081 1,54 1 857
  Extrême gauche (EXG)[93] 289 193 1,80 96 15 215 0,20 118
  Liste gauche-centristes[94] 281 571 1,75 847 320 033 4,21 1 717
  Les Verts (VEC) 191 114 1,19 147 39 827 0,52 284
  Autres (inclassables)[95] 166 695 1,04 381 56 328 0,74 839
  Front national (FN) 150 242 0,93 40 21 181 0,28 63
  Régionalistes, autonomistes et indépendantistes 97 453 0,61 390 47 655 0,63 630
  Extrême droite (EXD)[96] 23 885 0,15 9 3 940 0,05 12

Résultats dans les communes de 3 500 habitants et plus publiés par le Ministère de l'intérieur.

[] Conseil municipal élu dès le premier tour

Villes de plus de 100 000 habitants en gras.

[] Villes restées à gauche

Alfortville, Amboise, Annemasse, Arcueil, Arles, Armentières, Aurillac, Auxerre, Bagneux, Balma, Blagnac, Besançon, Bressuire, Brie-Comte-Robert, Bobigny, Bondy, Boulogne-sur-Mer, Bourgoin-Jallieu, Bron, Cachan, Carmaux, Castelnaudary, Cayenne, Chambéry, Chelles, Cherbourg-Octeville, Clichy-sous-Bois, Colomiers, Conflans-Sainte-Honorine, Créteil, Decazeville, Dijon, Dunkerque, Échirolles, Éragny, Évry, Fécamp, Figeac, Flers, Fontenay-aux-Roses, Fort-de-France, Fresnes, Gennevilliers, Gravelines, Guéret, Guingamp, Issoudun, Ivry-sur-Seine, Joué-lès-Tours, L'Haÿ-les-Roses, La Flèche, La Roche-sur-Yon, La Rochelle, Langon, Lannemezan, Lannion, Lavelanet, Le Creusot, Le Grand-Quevilly, Le Kremlin-Bicêtre, Le Mans, Le Petit-Quevilly, Le Pré-Saint-Gervais, Le Tréport, Les Lilas, Libourne, Liévin, Limoges, Limoux, Livry-Gargan, Lorient, Lyon, Malakoff, Marmande, Martigues, Maubeuge, Mayenne, Merignac, Moissac, Montceau-les-Mines, Montigny-lès-Cormeilles, Nanterre, Nantes, Neuilly-sur-Marne, Nogent-le-Rotrou, Outreau, Pantin, Pessac, Poitiers, Pontivy, Privas, Rezé, Riom, Ris-Orangis, Ruffec, Saint-Herblain, Sarcelles, Sedan, Sevran, Sotteville-lès-Rouen, Stains, Thouars, Tourcoing, Tournefeuille, Trappes, Tremblay-en-France, Tulle, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Villeneuve-sur-Lot, Villiers-le-Bel.

[] Villes restées à droite

Aix-les-Bains, Alès, Ancenis, Annecy, Antibes, Antony, Arcachon, Arras, Bagnères-de-Bigorre, Bayeux, Beaune, Béziers, Bordeaux, Bourges, Caluire-et-Cuire, Cambrai, Challans, Chamalières, Charenton-le-Pont, Châteaubriant, Châteauroux, Châtenay-Malabry, Cholet, Combs-la-Ville, Compiègne, Courbevoie, Dinan, Domont, Drancy, Draveil, Enghien-les-Bains, Épinal, Épinay-sur-Seine, Étampes, Évian-les-Bains, Franconville, Fréjus, Gien, Grasse, Issy-les-Moulineaux, La Baule-Escoublac, La Ciotat, Laon, Le Bourget, Le Perreux-sur-Marne, Le Plessis-Robinson, Les Herbiers, Les Sables d'Olonne, Levallois-Perret, Lons-le-Saunier, Lunéville, Mâcon, Maisons-Alfort, Mantes-la-Jolie, Marcq-en-Baroeul, Meaux, Meudon, Missillac, Montaigu, Montargis, Montauban, Montfermeil, Montluçon, Montmorillon, Moûtiers, Nontron, Ollioules, Orange, Orvault, Palavas-les-Flots, Pamiers, Papeete, Parthenay, Plaisir, Pont-à-Mousson, Pontarlier, Pontoise, Provins, Rambouillet, Redon, Rivesaltes, Rosny-sous-Bois, Royan, Rueil-Malmaison, Sablé-sur-Sarthe, Saint-André-des-Eaux, Saint-Cloud, Saint-Cyr-l'École, Saint-Dizier, Saint-Etienne-de-Montluc, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Julien-de-Concelles, Saint-Lô, Saint-Mandé, Saint-Michel-Chef-Chef, Saint-Quentin, Saint-Père-en-Retz, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Saint-Raphaël, Saint-Sébastien-sur-Loire, Sainte-Maxime, Sarlat-la-Canéda, Sarreguemines, Sartrouville, Savigny-sur-Orge, Sisteron, Suresnes, Thiais, Troyes, Toulon, Valenciennes, Vesoul, Vertou, Vincennes, Vire, Vitré, Yerres.

[] Villes ayant basculé à gauche

Alençon, Albertville, Anglet, Annonay, Auriol, Bellegarde, Bouffémont, Bourg-en-Bresse, Chalon-sur-Saône, Clisson, Courdimanche, Dieppe, Graulhet, Hazebrouck, Jouy-le-Moutier, Laval, Le Relecq-Kerhuon, Monteux, Montbrison, Oloron-Sainte-Marie, Orsay, Plouzané, Rixheim, Rodez, Roanne, Rouen, Saint-Claude,Saint-Gaudens, Sochaux, Ussel, Vallet, Vierzon, Vitry-le-François.

[] Villes ayant basculé à droite

Breuillet, Chaumont, Douarnenez, Le Puy-en-Velay, Vaires-sur-Marne.

[] Conseil municipal élu au deuxième tour

Villes de plus de 100 000 habitants en gras.

[] Villes restées à gauche

Achères (Yvelines), Ajaccio, Angers, Athis-Mons, Aubagne, Aubervilliers, Aurillac, Bastia, Belfort, Brest, Cergy, Charleville-Mézières, Clamart, Clermont-Ferrand, Clichy, Cugnaux, Foix, Grenoble, Hénin-Beaumont, La Courneuve, Lens, Lille, Montpellier, Montreuil, Nevers, Niort, Palaiseau, Pantin, Paris, Pau, Rennes, Rezé, Romans-sur-Isère, Roubaix, Saint-Denis, Saint-Dié-des-Vosges, Saint-Herblain, Saint-Nazaire, Toul, Tours, Villejuif, Villeurbanne.

[] Villes restées à droite

Aix-en-Provence, Albi, Aubenas, Avignon, Basse-Goulaine Bayonne, Beaucaire, Beauvais, Biarritz, Boulogne-Billancourt, Bourg-Saint-Maurice, Cannes, Carcassonne, Châlons-en-Champagne, Chartres, Châtillon, Colmar, Corbeil-Essonnes, Douai, Draguignan, Dreux, Fontainebleau, Gap, Garges-lès-Gonesse, Le Havre, Les Clayes-sous-Bois, Lisieux, Longjumeau, Lunel, Maisons-Laffitte, Mamoudzou, Marseille, Massy, Melun, Menton, Montauban, Montélimar, Moulins, Montrouge, Nancy, Neuilly-sur-Seine, Nice, Nîmes, Nouméa, Orléans, Oyonnax, Perpignan, Pézenas, Plougastel-Daoulas, Puteaux, Saint-Brieuc, Sceaux, Sète, Sèvres, Tarascon, Tarbes, Vannes, Vanves, Verdun, Versailles, Vichy, Vienne, Villefranche-sur-Saône.

[] Villes ayant basculé à gauche

Abbeville, Amiens, Angoulême, Apt, Argenteuil, Asnières-sur-Seine, Aulnay-sous-Bois, Bagnols-sur-Cèze, Bar-le-Duc, Berck, Bergerac, Billère, Blois, Boissy-Saint-Léger, Brive-la-Gaillarde, Brignoles, Bruz, Caen, Cahors, Carpentras, Cesson-Sévigné, Chennevières-sur-Marne, Cognac, Colombes, Cosne-Cours-sur-Loire, Dax, Dole, Évreux, Firminy, Forbach, Fondettes, Gros-Morne, Guebwiller, Granville, Guipavas, Issoire, Joigny, La Chapelle-Saint-Luc, La Seyne-sur-Mer, Les Ponts-de-Cé, Lodève, Lucé, Mende, Metz, Millau, Miramas, Montbéliard, Montmorency, Mont-Saint-Aignan, Muret, Narbonne, Nogent-sur-Oise, Noisy-le-Sec, Noyon, Ostwald, Orthez, Périgueux, Plérin, Poissy, Pont-Sainte-Maxence, Quimper,