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Un article de Wikipedia.y-project.com.

Sommaire

[] Scénario, storyboard

le scénario du film est un document technique, comme le texte d'une pièce de théâtre ou le livret d'un opéra, qui décrit l'action prévue à l'écran et donne les dialogues des différents personnages. Il existe plusieurs techniques de présentation de scénarios. En France, il s'agit le plus souvent d'une continuité dialoguée. Le Centre national de la cinématographie (CNC) impose un modèle type de présentation pour ses comités de lecture qui attribuent les subventions et le visa d'exploitation indispensable à la sortie du film en salle.

La description est chronologique, elle ne comporte que peu d'intentions, mais doit décrire méthodiquement ce que l'on verra et entendra à la projection du film.

On réalise alors le minutage du scénario, ou script, afin de vérifier la durée du film.

Ce document doit permettre à tous les collaborateurs artistiques et techniques de trouver matière à l'exercice de leurs spécialités qui pour chacun d'eux doit faire l'objet d'un dépouillement.

Description des décors, des costumes, des effets de lumière et des effets spéciaux mais aussi indications de jeu pour les comédiens, le scénario est une ressource inépuisable pour les collaborateurs du film.

Il est généralement découpé en scènes ou séquences de scènes d'unités de lieu, de temps et d'action, numérotées.

La mise en scène du scénario nécessite un découpage technique qui définit les différents plans qui composeront la scène et la séquence de scènes. Ce découpage est généralement fait préalablement au tournage. On définit alors pour chaque plan l'emplacement de la caméra sur le décor, les différents paramètres du plan (focale, hauteur caméra, mouvement d'appareils...) et sa durée. On réalise généralement un plan au sol à l'échelle, puis le story-board, ou scénarimage, composés des dessins des vignettes d'images clés de chaque plan.

Le créateur du story-board du film n'est généralement pas le réalisateur du film mais travaille évidemment en collaboration avec lui. Parfois, il met son talent de dessinateur à la simple mise en forme des croquis du réalisateur. Certains réalisateurs ne font pas réaliser de story-board préalablement au tournage et se contentent de donner les indications d'emplacement de la caméra et de focale de l'objectif au fur et à mesure du tournage, sur le plateau. D'autres ne conçoivent leur découpage qu'au moment même de tourner la scène. D'autres se contentent de montrer mécaniquement la scène au cadreur du film qui propose alors les paramètres des plans, déterminés finalement en collaboration entre le réalisateur et le cadreur.

[] Mise en scène, tournage

le metteur en scène d'un film est le chef d'orchestre des équipes techniques et artistiques qui vont en assurer la réalisation.

Il choisit les personnes qui occuperont les postes clés : décorateur, costumier, chef-opérateur... et les comédiens (casting), valide les choix proposés et réalise le découpage technique dans la phase de préparation du film. Son premier assistant proposera un planning de tournage appelé « plan de travail » dont l'élaboration est extrêmement délicate, tant sont nombreux les paramètres contingents et économiques à intégrer. Le metteur en scène répètera alors avec les comédiens pour dégager le ton qu'il souhaite donner au film avant de commencer le tournage.

Au tournage, il dirige les comédiens et décide, avec le cadreur, des places de la caméra et des mouvements d'appareil. Il doit évidemment avoir l'?il sur tous les paramètres (accessoires, lumière, son...) dont il est seul responsable si le résultat, bien que techniquement correct, le déçoit en projection et ne correspond pas à ses attentes.

Au montage, il assurera la mise en forme du produit filmique en collaboration avec un chef-monteur ou une chef-monteuse.

Il supervise et valide ensuite les éventuelles prises de son post-synchronisées et le mixage de la bande son du film.

Il devra ensuite assurer la promotion du film avec ses artistes (interviews, projections en province...)

[] Montage

Le montage est une étape critique puisque c'est lui qui donne son sens final au film, son rythme. Dans les grandes compagnies étasuniennes, contrairement au système français, le réalisateur n'assiste généralement pas au montage ; il n'a pas le final cut, le montage est souvent fait par le producteur, qui s'appuie en général sur des considérations purement commerciales, et notamment en favorisant le rythme au détriment du développement de la psychologie des personnages. On voit d'ailleurs parfois ressortir, plusieurs années après, le film avec le director's cut (le montage voulu par le réalisateur), comme par exemple pour Blade Runner de Ridley Scott ; ce mouvement était initialement spontané et le reste dans de nombreux cas, mais on peut toujours se demander dans quelle mesure il ne s'agit pas dans certains cas de redonner une jeunesse commerciale à des produits usés.

On doit distinguer deux types de techniques de montage :

  • Le montage traditionnel
Les plans tournés, ou rushes, dont les prises retenues par le réalisateur ont été tirées positif sont visionnées afin de sélectionner les meilleures prises ; c'est le « dérushage ».
On manipule alors directement ce premier tirage positif : les plans choisis sont ensuite coupés et collés dans l'ordre, c'est le montage. Ce premier montage est appelé « copie de travail ». Le montage final se fait sur les négatifs, c'est la conformation ; on introduit alors les transitions (fondu au blanc ou au noir, fondu enchaîné, volets) et les éléments truqués. Cette étape du montage-négatif est très délicate ; le négatif étant un exemplaire unique, la moindre dégradation est dramatique. Le tirage du négatif monté sera alors étalonné, c'est-à-dire que le tirage est modulé plan par plan pour corriger l'image en couleur et en densité.
  • Le montage virtuel
Le négatif du film est numérisé et le montage se fait sur ordinateur, avec une grande souplesse.
La conformation se fait alors avec un imageur, qui va impressionner un négatif du film monté à partir des fichiers informatiques qui sera ensuite tiré positif en série pour l'exploitation. Cette technique permet l'intégration d'images générées virtuellement sur ordinateur (trucages, images de synthèse...). L'étalonnage a lieu en numérique avant la production du négatif par l'imageur.
C'est ce principe, et notamment le procédé informatique Avid, qui permit à Quentin Tarantino de donner cette structure complexe au film Pulp Fiction (1994).
Avec l'arrivée des caméras numériques, on peut maintenant se passer de toute pellicule argentique jusqu'à la sortie sur pellicule avec l'imageur.

[] Post-production

La post-production est le terme général qui inclut toutes les étapes qui suivent le tournage à savoir montage, préparation et ajout de la bande son, ajout des effets spéciaux... jusqu'à obtenir la mère de toutes les copies pour la distribution. Tout ces travaux prennent souvent plus de temps que le tournage lui-même.

La post-production a beaucoup évolué et se tourne de plus en plus vers le tout numérique, le travail se faisant principalement sur ordinateur. Après le montage-image, le montage-son et avant le mixage, le bruitage est une des étapes de la post-production. voir Jonathan Liebling le métier de bruiteur de cinéma voir base de donnée filmographique

La musique joue un rôle très important dans les émotions ressenties par le spectateur. Si parfois le compositeur collabore avec le réalisateur, la musique est souvent faite après le film. Dans le cas de grosses compagnies de production holywoodiennes (les majors), il arrive que suite à une projection test, la production décide de changer de compositeur...

Voir l'article détaillé musique au cinéma.

Le générique marque le début et la fin du film : c'est donc l'introduction et la conclusion. Le premier à avoir exploité ceci fut Saul Bass, qui signa entre autres de nombreux génériques d'Hitchcock dont celui de Vertigo (Sueurs froides), où l'on voit défiler des spirales qui introduisent à la fois le thème du vertige (escalier en colimaçon) mais aussi celui du temps (coupe de séquoïa, dualité cyclique -- alternance jour/nuit, cycle des saisons -- et linéaire-- progression, évolution, vieillissement). Un des grands maîtres actuel du générique est Kyle Cooper.

Voir l'article détaillé Générique (cinéma).

[] Effets spéciaux

Les effets spéciaux (aussi appelés trucages) sont toute une gamme de techniques permettant de des images ou d'obtenir artificiellement des effets que l'on ne sait pas réaliser par les moyens habituels. Ils sont aussi utilisés pour reproduire au mieux la réalité lorsque cela est hors de portée des moyens de tournage usuels.

Par exemple : faire voler une automobile, faire disparaître un personnage sur place, tourner en toute sécurité des scènes qui seraient dangereuses si elles étaient tournées en conditions réelles, etc.

Voir l'article détaillé Effets spéciaux

[] Distribution

La distribution concerne la location des copies (tirages des pellicules positives à partir du négatif mère) par les salles de cinéma, et de leur acheminement.

Les grandes compagnies de production (majors) disposent souvent de leur propre réseau de distribution, avec également un réseau de salles. Les principaux distributeurs sont :

La France dispose d'une multitude de distributeurs indépendants (BAC Films, Ciby 2000, Diaphana, Les Films du Losange, Les Films du Paradoxe, MK2, Pyramide?), qui permet d'alimenter un réseau de salles parallèles, elles aussi indépendantes. C'est un des piliers des salles Art et Essai.

En France, la location de la copie comprend un pourcentage des recettes (en général 50 % pour un film en première sortie), ainsi qu'un minimum garanti (MG, par exemple 1 000 euros pour un film en première sortie), qui assure un revenu minimum au distributeur si le film fait peu d'entrées. Le distributeur envoit les copies vers un cinéma, puis les copies transitent de cinéma en cinéma, sous le contrôle du distributeur. Auparavant, les copies revenaient au distributeur pour contrôler leur qualité, mais cela ne se fait plus pour des raisons de rentabilité. Lorsque les films sont sortis plusieurs années auparavant, ils peuvent être loués à un prix fixe, notamment pour des séances non-commerciales.

Si l'on compte la part qui revient au distributeur (qui en reverse une partie au producteur), la TVA, la taxe spéciale additionnelle (TSA) et la SACEM (pour la diffusion de la musique dans le hall), un billet à 8 euros rapporte peut-être 1 ou 2 euro au cinéma (avec lesquels il faut payer les salaires, les charges?), ce qui explique que les multiplexes axent leur politique sur la vente de produits annexes (nourriture, boisson, jeux vidéo) et réduisent les effectifs par rapport au nombre de spectateurs (un seul projectionniste s'occupe d'une quinzaine de salles). D'ailleurs, l'organisation des halls de multiplexes montre bien que le film passe en second ; c'est en fait devenu un produit d'appel, un prétexte pour faire venir et consommer, d'autant plus intéressant que ce n'est pas le cinéma lui-même qui fait la promotion, mais le producteur, le distributeur et les media (en invitant les réalisateurs et acteurs aux journaux télévisés par exemple).

Certains, dont George Lucas, voient l'avenir de la distribution dans le tout numérique, les cinéma téléchargeant les films via une connexion satellite. On remarquera que ceci va dans le sens d'un report des coûts du distributeur vers la salle de cinéma (le distributeur ne supporte plus le coût de tirage des copies, mais le cinéma paie un investissement dans du matériel de réception et de projection et la connexion satellite).

Les films peuvent bénéficier successivement de plusieurs fenêtres de diffusions:

  • sortie en salle de cinéma
  • vente sous forme de DVD ou de cassettes vidéo
  • location sous forme de DVD ou de cassettes vidéo
  • diffusion en paiement à la séance (pay per view)
  • diffusion sur une chaîne de télévision payante
  • diffusion sur une chaîne hertzienne gratuite

Les diffuseurs calculent l'ordre de parution sur chacun de ces circuits de façon à optimiser la rentabilité du film.

Avant la distribution, les films sont visionnés par une commission pouvant émettre une restriction d'âge pour les mineurs si les films comportent des scènes portant atteinte à la dignité humaine, notamment des scènes de sexualité ou de violence. En France, les films peuvent être sans restriction, interdits aux moins de 12, 16 ou 18 ans (cette dernière catégorie est la classement X). Il existe un équilibre délicat entre

  • la liberté de création artistique ;
  • la nécessité de donner une image non idéalisée de la société : notamment, un film montrant une violence esthétisée (sans goutte de sang ni blessure visible, avec de belles explosions), pourrait donner l'impression que la violence est un jeu et abaisser certaines barrières morales ; à l'inverse, un film montrant une violence crue pourrait dégoûter et détourner de cette violence, et jouer un rôle cathartique ;
  • la nécessité de ne pas choquer un jeune public qui n'a pas encore un recul suffisant ni un esprit critique bien formé ;
  • la suspicion de censure ; même si un film ne peut pas être censuré par la commission, un classement X provoque une censure économique de fait (notamment une interdiction de passage aux heures de grande écoute à la télévision).

Quelques films ont été véritablement censurés en France, notamment des films ayant trait à la guerre comme Les Sentiers de la gloire (Paths of Glory, Stanley Kubrick, 1957, sur un procès en désertion lors de la Première Guerre mondiale) et Le rendez-vous des quais (Paul Carpita, 1955, sur une grève de dockers refusant d'embarquer des armes pour la Guerre d'Algérie).


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