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L'Affaire Plame-Wilson (ou controverse Cooper-Miller-Novak) est un scandale politique américain qui met en cause l'administration Bush.
Cette affaire implique trois journalistes étatsuniens, Matt Cooper, Judith Miller et Robert Novak. Elle secoue le monde journalistique aux États-Unis en 2005, car la Cour suprême des États-Unis a indirectement obligé des journalistes à violer le secret professionnel.
[] Origine
Cette affaire commence en février 2002. A la demande de la CIA, l'ancien ambassadeur, Joseph Wilson, est envoyé au Niger pour enquêter sur un éventuel trafic de matériau nucléaire avec l'Irak.
Le 6 juillet 2003, Joseph Wilson, dans le New York Times, déclare Ce que je n'ai pas trouvé en Afrique. « Si mes informations ont été ignorées parce qu'elles ne correspondaient pas à des idées préconçues sur l'Irak, alors on peut légitimement faire valoir que nous sommes entrés en guerre sous de faux prétextes ».
[] Le début de l?affaire
Cette affaire débute le 14 juillet 2003 alors que Cooper travaille pour Time Magazine et Miller pour le journal The New York Times, alors que Novak tient une chronique publiée par différents journaux. Dans l'une de ses chroniques, ce dernier révèle que Joe Wilson, un ancien ambassadeur qui s'est opposé publiquement à la guerre en Irak, a pour épouse une agente secrète de la CIA, Valerie Plame. C'est la première fois que la couverture de celle-ci est ainsi "grillée". Par la suite, Cooper et Miller enquêtent sur l'agente, mais seul Cooper publie quelques lignes sur elle, sans toutefois la nommer.
Plusieurs journalistes estiment que la publication du nom est destinée «à discréditer ou à punir le mari de Plame» 1. Joe Wilson avait été envoyé en février 2002 au Niger pour prouver que l'Irak de Saddam Hussein avait bien essayée de se procurer de l'uranium pour construire une arme nucléaire. Après enquête, Joe Wilson n'a rien trouvé confirmant cet allégation. Pire, il a prouvé que les documents sur lesquels se basait l'administration Bush étaient des faux. Pourtant, lors de son discours sur l'état de l'Union, le 28 janvier 2003, le président Bush avait fait référence au Niger pour défendre son plan de renversement du gouvernement de Saddam Hussein.
Après une enquête effectuée par le Département de la Justice étatsunien, le juge fédéral Patrick Fitzgerald exige, sous peine d'emprisonnement, que Cooper et Miller révèlent leurs sources. Ils refusent, invoquant le premier amendement à la Constitution des États-Unis qui assure la liberté de la presse et le secret professionnel. C'était sans compter que révéler l'identité d'un agent de la CIA est un acte criminel aux États-Unis.
Les deux journalistes ont demandé à la Cour suprême des États-Unis de bloquer cette requête, mais celle-ci a rejeté la demande, donnant raison au juge. Des deux journalistes, seul Cooper a suffisamment de matériau pour satisfaire la curiosité de la cour. Pour cette raison, elle impose des sanctions à l'encontre de l'employeur de Cooper, Time Inc., lequel se soumet et remet à la cour les informations demandées.
Curieusement, la cour fédérale n'a pas fait comparaître Novak, qui a pourtant publié l'information clé. Plusieurs personnes spéculent qu'il collabore avec la justice étatsunienne.
Le 7 juillet 2005, suite au refus de dévoiler le nom de sa source, Miller est mise sous les verrous par le juge Thomas Hogan 2. Le 29 septembre 2005, la journaliste sort de prison 3. Sa source l'a, en effet, autorisé à divulger son identité. Il s'agit, révèle alors le New York Times, de Lewis Libby, le secrétaire général du vice-president Dick Cheney. Lundi 24 octobre, le New York Times publit un article dans lequel on apprend que Lewis Libby avait appris la véritable identité de Valerie Plame de Dick Cheney.
Le procureur indépendant Patrick Fitzgerald doit rendre ses conclusions avant le 28 octobre, date à laquelle son mandat expire.
[] Analyse
Des journalistes voient cet événement comme une attaque contre la Constitution des États-Unis, et anticipent qu'une pléthore de demandes similaires seront effectuées. En d'autres termes, le pacte social établi par cette constitution serait bon à jeter aux orties. Par ailleurs, de moins en moins de journalistes pourront invoquer le secret professionnel pour cacher l'identité de leurs informateurs, ce qui mènera à moins de dénonciations, par exemple. C'est ainsi que suite à la décision du Time de divulguer les notes de son journaliste au procureur, plusieurs journalistes du Time se sont plaints auprès de leur hiérarchie du fait que plusieurs de leurs sources anonymes refusent maintenant de parler.
De l'autre côté, la justice étatsunienne souhaite augmenter le secret sur l'identité des agents secrets travaillant pour le compte des États-Unis. Certaines révélations faites par des journalistes dans les années passées ont, semble-t-il, mené au départ ou à la mort d'agents. Cependant, il faut noter que la plupart des agents démasqués l'ont été par des traîtres travaillant à l'intérieur de différentes agences étatsuniennes, tels que Robert Hanssen et Aldrich Ames.
Beaucoup de rumeurs courent depuis le début de l'affaire sur le nom de l'informateur de Novak. Le nom le plus fréquemment cité est celui de Karl Rove, le conseiller spécial du président George Bush. L'avocat de Rove a déclaré que son client «n'a jamais sciemment diffusé des informations classées secrètes». Le «sciemment» laissant dubitatives plusieurs personnes, c'est ainsi qu'un sénateur démocrate a demandé à ce que que Karl Rove démente officiellement être celui qui a divulgué le rôle de Valerie Plame.
Le 18 juillet 2005, Matt Cooper révèle dans le Time que c'est bien Karl Rove qui lui a dit, lors d'une conversation téléphonique le 11 juillet 2003, que la femme de Joe Wilson travaillait pour la CIA. Il a eu la confirmation de cela par Lewis Libby, le secrétaire général du vice-président Dick Cheney.
[] Liens externes
[] Sources
1. Pour «Time», le respect de la justice coule de sources
2. Judith Miller en prison
3. USA: Une journaliste qui avait refusé de dévoiler sa source libérée après avoir accepté de témoigner
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire Plame-Wilson