Agroforesterie
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L?agroforesterie est un mode d?exploitation des terres agricoles associant plantations d'arbres d'une part, cultures ou pâturages d'autre part.
La définition de référence est celle fournie par le centre Agroforestier Mondial (ex-centre international de recherche en agroforesterie, CIRAF) : « L?agroforesterie est un système dynamique de gestion des ressources naturelles reposant sur des fondements écologiques qui intègre des arbres dans les exploitations agricoles et le paysage rural et permet ainsi de diversifier et de maintenir la production afin d?améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales de l?ensemble des utilisateurs de la terre. »
On distingue deux grands types d?agroforesterie, éventuellement complémentaires : le silvopastoralisme (arbres et animaux domestiques) d'une part, l'agro-sylviculture (arbres et cultures) d'autre part. L'agroforesterie se distingue de la permaculture du fait qu'elle utilise des plantes annuelles en association avec les arbres, quand la permaculture privilégie les plantes pérennes.
Le domaine de Restinclières dans l'Hérault, à une quinzaine de kilomètres au nord de Montpellier est un lieu d'expérimentation important en matière d'agroforesterie méditerranéenne depuis le milieu des années 1990, avec environ 50 ha de plantations d'une vintaine d'essences d'arbres différentes combinées à des cultures intercalaires de vigne, blé dur et colza.
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[] Une pratique ancienne
La pratique agroforestière semble exister dès la préhistoire sous certaines formes. Elle est en tout état de cause attestée dès l?Antiquité. Ainsi, dans le monde grec antique, « on pouvait profiter des intervalles laissés entre les lignes de vignes et d'oliviers, quand ils étaient assez larges, pour y cultiver des céréales ou des légumineuses. »[1], et on utilisait souvent, dans l'antiquité grecque ou romaine, les arbres pour servir de support à la vigne (arbustra).
L'exploitation conjointe sur une même parcelle d'arbres et de cultures paraît importante également au Moyen Âge. Dans un ouvrage[2] de la fin du XIVe siècle décrivant la vie quotidienne dans le nord de l?Italie, de très nombreuses illustrations attestent de pratiques agroforestières très variées. Arbres et cultures y semblent inséparables : sur plus de cinquante planches agricoles, seules trois montrent des monocultures pures.
Dans les pays industrialisés, l'agroforesterie a massivement régressé au XXe siècle en lien avec le développement d'une agriculture mécanisée. Ce phénomène a été accentué en Europe avec la mise en place de la PAC car les règlements européens, pour des raisons de facilité d'administration, excluent qu'une parcelle consacrée à deux productions puisse percevoir des subventions pour ces deux productions. De ce fait, la surface correspondant aux arbres présents dans les parcelles était systématiquement déduite de la surface subventionnée pour la culture présente au pied de l'arbre, ce qui a encouragé les agriculteurs à pratiquer des arrachages massifs. Depuis 2006, la règlementation européenne a intégré les atouts de l'agroforesterie et ne pénalise plus cette pratique dans la limite de cinquante arbres à l'hectare.
[] Avantages
Outre ses qualités paysagères, qui ne doivent pas êtres négligées ne serait-ce que dans une perspective touristique, l'agroforesterie permet d'augmenter la rentabilité des terres. En effet, les arbres plantés dans une parcelle, en sollicitant une surface négligeable au sol, constituent un investissement important qui rapportera sensiblement la même somme que les cultures elle-mêmes au moment où on les abattra pour les exploiter trente ou quarante ans plus tard.
En outre, on a constaté que des associations judicieuses permettaient d'augmenter la productivité : si, au lieu de partager une parcelle en deux parties, l'une plantée de cinquante noyers, l'autre de blé d'hiver, on pratique une association des deux espèces sur la même parcelle[3], la productivité de la parcelle augmente de 50%. En effet, l'énergie du soleil qui n'est plus utilisée par le blé une fois la moisson opérée au début de l'été sera rentabilisée par l'agriculteur dans la mesure où elle permettra le développement du noyer ; inversement, lorsqu'en hiver et au début du printemps, le noyer ne dispose pas encore de feuilles, l'énergie lumineuse, qui serait perdue si les noyers étaient plantés seuls sur la parcelle, est utilisée par le blé au moment de sa croissance.
Par ailleurs, en associant des espèces de plantes différentes, les agriculteurs qui pratiquent l'agroforesterie peuvent créer des associations de plantes complémentaires, en mesure de se protéger les unes les autres contre leurs parasites et de favoriser mutuellement leur développement. De ce fait, l'utilisation d'engrais et surtout de pesticides est nécessairement beaucoup plus réduite que dans le cadre d'une agriculture intensive classique. Cependant, l'agroforesterie n'a pas nécessairement vocation à se placer dans une perspective d'agriculture biologique : elle autorise également des pratiques agricoles « conventionnelles ».
Enfin, en agroforesterie, les arbres sont plus résistants à la sécheresse car du fait des cultures en surface, ils doivent s'enraciner plus profondément et sont donc plus résistants à la chaleur. Cet enracinement profond permet de récupérer les nitrates en profondeur et donc de limiter la pollution des eaux. De plus, les arbres poussent plus vite car ils bénéficient à la fois d'engrais, d'irrigation et d'un éclairage optimal facilitant la photosynthèse.
L'agroforesterie permet également de contribuer à la biodiversité. On peut citer l'exemple de la chauve-souris qui ne peut pas chasser les insectes dans les champs classiques car l'absence d'arbre ne lui permet pas de se guider avec son système de sonar interne. Lorsqu'on plante des arbres au milieu des champs, on permet le retour des chauves-souris et donc la diminution de la prolifération des insectes. En outre, si en réinstaurant un véritable écosystème, on peut également réintroduire des nuisibles tels que limaces ou campagnols, on favorise également le retour de leurs prédateurs, ce qui limite finalement les dégâts éventuellement causés aux cultures.
La qualité des sols est également améliorée grâce à la litière formée par la chute des feuilles et le BRF que l'on peut produire à partir des tailles des arbres.
De plus, du fait de l'espacement entre les arbres (le plus souvent alignés, ce qui permet d'utiliser sans difficulté des machines agricoles), ils ne sont pas concurrents dans leur développement. De ce fait, contrairement à ce qui se pratique habituellement en sylviculture, on peut planter différentes espèces au sein d'une même parcelle, ce qui permet à la fois de ne pas perdre toute la production en cas de maladie ou d'évènements touchant une espèce particulière, et de de diversifier la production, avec des arbres arrivant à maturité à des moments différents.
[] Etymologie
Le terme "agroforesterie" est la traduction d'un néologisme anglais datant des années 1970. Il prête un peu à confusion car l'agroforesterie n'a rien à voir avec la foresterie.
[] Notes et références
- ? Léopold Migeotte, L'économie des cités grecques, Ellipses, 2007, p. 61.
- ? Le Tacuinum sanitatis, manuscrit conservé à la bibliothèque nationale d?Autriche (Codex vindobonensis series nova 2644). L?ensemble du manuscrit a été publié dans les années 1990 : Daniel Poirion, Claude Thomasset, L?art de vivre au Moyen Age, Editions du félin, Paris, 1995 (ISBN 2-86645-206-2).
- ? La proportion étant de cinquante noyers sur un hectare de plantation de blé
[] Annexes
[] Bibliographie
Christian Dupraz et Fabien Liagre, Agroforesterie, des arbres et des cultures, éditions France Agricole, 2008, (ISBN 978-2-85557-150-8)
[] Articles connexes
[] Liens externes
- (fr) Association Française d?Agroforesterie
- (fr) Association Française des Arbres et Haies Champêtre
- (en) World Agroforestry Centre
- (en) SAFE : Silvoarable Agroforestry for Europe
- (en) USDA National Agroforestry Center
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Agroforesterie



