Alfred Hitchcock
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| Alfred Hitchcock | |
| Nom | Alfred Joseph Hitchcock |
|---|---|
| Surnom | Hitch Le maître du suspense |
| Naissance | 13 août 1899 Leytonstone, (Royaume-Uni) |
| Nationalité | |
| Mort | 29 avril 1980 (à 80 ans) États-Unis |
| Profession(s) | Réalisateur |
| Films notables | Les 39 marches Une femme disparaît Rebecca Les Enchaînés La Corde Fenêtre sur cour Sueurs froides La Mort aux trousses Psychose Les Oiseaux Pas de printemps pour Marnie |
| Conjoint(e) | Alma Reville (1926-1980) |
| Enfant(s) | Patricia Hitchcock (1928) |
| Récompense(s) | Golden Globe Award |
| Fiche IMDb | |
Sir Alfred Hitchcock, né Alfred Joseph Hitchcock, (13 août 1899 à Leytonstone, Royaume-Uni ? 29 avril 1980 à Los Angeles, États-Unis[1]) était un réalisateur, scénariste, producteur et acteur de cinéma anglais naturalisé américain. Il a notamment été nommé à cinq reprises aux Oscars.
Considéré comme « le maître du suspense », Alfred Hitchcock a légué au cinéma une ?uvre policière d?une grande intensité, avec des films comme Les Enchaînés, Fenêtre sur cour, Sueurs froides, La mort aux trousses, Psychose, Les Oiseaux et Pas de printemps pour Marnie.
Il est entrée dans l?histoire du cinéma comme l?un de ses plus grands réalisateurs.
[] Biographie
[] Enfance
Alfred Hitchcock naît le 13 août 1899 à Leytonstone, commune située dans l'est de Londres. Ses parents, William et Emma, sont épiciers en gros. Alfred est le dernier de leurs trois enfants : l?aîné William est né en 1890 et la cadette Eileen en 1892. Dès son plus jeune âge, il est un enfant solitaire et peureux. Il avoue lui-même ne pas avoir eu d?amis dans son enfance et avoir passé son temps à jouer seul. Ce sentiment d'isolement s'accentue lorsqu'un soir de réveillon, il découvre sa mère prendre des jouets dans son bas de Noël pour les mettre dans ceux de son frère et de sa soeur[2]. Certains éléments marquants de son enfance se retrouveront dans ses films. Ainsi, il est plusieurs fois question du métier d?épicier comme dans Agent secret et Frenzy. De même, Hitchcock a peur de la police, elle peut s?expliquer par un rapide séjour au commissariat. Alors qu?il était âgé de seulement 4 ou 5 ans, son père l'y envoya avec un mot de sa part. Après avoir l'avoir lu, le policier l'enferma dans une cellule. En le relâchant, il lui explique: « Voilà comment nous traitons les vilains petits garçons. »[2] Le futur réalisateur expliquera plus tard que c'est l'une des causes de sa crainte vis-à-vis de l'autorité. Enfin, les religieux sont aussi souvent critiqués à travers ses films ; Hitchcock avait en effet été placé par ses parents catholiques dans un collège de Jésuites[3] et il en a gardé un très mauvais souvenir, notamment à cause de sa crainte des punitions corporelles[2].
À la mort de son père en 1914, il doit trouver un emploi et entre à la compagnie Henley, dans l'école School of Engineering and Navigation qui fabrique des câbles électriques[4]; son travail dans la publicité développe ses talents de graphiste. Contrairement à d'autres réalisateurs dont la composante littéraire est très affirmée, Hitchcock, restera toujours un amoureux de la technique et du perfectionnisme de scènes très complexes, comme il le fera plus tard pour la scène de la douche de Psychose où celle des ciseaux dans Le crime était presque parfait[5].
[] Les débuts
Sa carrière cinématographique débute en 1921 lorsqu?il est engagé par les studios américains de la Famous Players-Lasky à Islington. Pendant deux ans, il se rendra indispensable et va dessiner des intertitres[6]. Durant cette période, il côtoie le réalisateur George Fitzmaurice, qui dessinait ses films plan par plan ; Hitchcock appliquera cette méthode quand il réalisera ses propres films.
En 1922, grâce à sa conscience professionnelle, il se voit confier la réalisation de Number Thirteen, qu'il entreprend avec une ancienne assistante de Charlie Chaplin, mais le film ne fut jamais terminé en raison de la perte d'argent du studio[6]. Selon les propres mots d'Hitchcock : « Ce n'était vraiment pas bon »[7].
Il devient ensuite l'assistant réalisateur dans la compagnie fondée par Michael Balcon. C?est ainsi qu?en 1923, il rencontre sa future femme Alma Reville lors du tournage de Woman to Woman.
Pendant ses années de formation, il se perfectionne dans tous les domaines : décors, costumes, scripts... Son perfectionnisme lui vaudra par la suite de nombreuses scènes cultes. Comme le cinéma allemand est alors un des plus aboutis, il complète ses connaissances entre 1923 et 1925 en travaillant à Berlin pour l?UFA en tant que décorateur puis scénariste. Il restera profondément marqué par cette expérience et s?inspirera des réalisateurs expressionnistes.
En 1926, il réalise son premier film suite à une proposition de Balcon[6],[8] : Le Jardin du plaisir (The Pleasure Garden) - puis un second la même année - The Mountain Eagle - qualifié par Hitchcock de « mauvais film ». Une fois les deux films achevés, ils sont visionnés par les distributeurs qui les mettent au placard[9]. C.M. Woolf, le responsable, estime que les angles de prise de vues sont insolites et que les étranges éclairages inspirés par le cinéma germanique vont dérouter le public anglais[9]. Balcon est néanmoins, toujours confiant envers Hitchcock et lui propose un troisième film : Les Cheveux d'or (The Lodger), d'après un best-steller de Marie Belloc Lowndes. Ce thriller, librement inspiré de Jack l'éventreur, est jugé invendable par Woolf[10].
Le 2 décembre 1926, le réalisateur, dont la carrière semble achevée, épouse Alma Reville, avec qui il restera jusqu'à la fin de sa vie.
Le Jardin du plaisir sort finalement l'année suivante, le 24 janvier 1927. Le public et la critique sont enthousiastes. Le Daily Express qualifie Hitchcock de « jeune homme de génie »[10]. Trois semaines plus tard sort Les Cheveux d'or. C'est un immense succès. Le public se ruent dans les salles de cinéma[10]. Son deuxième film tourné, The Mountain Eagle sera un échec. Mais sa popularité est forte: les distributeurs mènent une enquête sur l'industrie cinématographique et le nom d'Hitchcock est quasiment celui cité par les anglais[10].
[] La période britannique
Le réalisateur peut alors choisir son prochain film. Il met alors en scène Downhill (1927), co-écrit et interprété par Ivor Novello, auteur de la pièce originale. « Ce fut le tournage le plus élégant de ma carrière »[11] racontera Hitchcock plus tard. Le film n'eut pas un grand succès.
La même année il réalise trois autres films. Le premier Le Passé ne meurt pas d'après une pièce de Noel Coward, souffre de l'abscence de dialogues. Le second, Le Masque de cuir, est une histoire de triangle amoureux sur fond de boxe. Le film, qui est un succès, succède à une comédie romantique, Laquelle des trois ?. Pour ce film, Hitchcock dût remplacé le directeur de photographie, Jack Cox, tombé malade.
Installé avec son épouse au 153 Cromwell Road, un pavillon londonien, sa fille Patricia naît le 7 juillet 1928.
Hitchcock sait que ses derniers films ne sont pas à la hauteur des espoirs laissés par Les Cheveux d'or. Malgré une grande maîtrise technique, les idées manquent d'éclat. Le réalisateur tourne alors sa dixième production Chantage (1929)[12], d'abord en version muette puis en version sonore, avec quelques scènes entièrement refaites afin de pouvoir y utiliser la révolution technique que constitue alors l'arrivée du parlant. À sa sortie, le film obtient un succès phénoménal tant auprès du public que de la critique. La presse est enchantée par l'opposition entre le devoir et l'amour et, plus précisément, « l'amour opposé au devoir ».
En 1933, Hitchcock est de nouveau engagé par Michael Balcon[13] pour la Gaumont-British Picture Corporation[14]. Son premier film pour la compagnie, L'Homme qui en savait trop (1934) [15] a été un succès. Quant au deuxième, Les 39 marches 1935 [16], il est considéré comme l'un de ses meilleurs films du début de sa carrière. C'est aussi le premier long métrage à utiliser le MacGuffin, terme conçu par Hitchcock lui-même qui est utilisé pour désigner l'objet qui sert de prétexte pour déclencher l'intrigue. Dans Les 39 marches[16], le MacGuffin est l'ensemble de formules secrètes. Le réalisateur expliqua souvent ce que c'était :
- Deux voyageurs se trouvent dans un train allant de Londres à Édimbourg. L'un dit à l'autre : « Excusez-moi Monsieur, mais qu'est-ce que ce paquet à l'aspect bizarre que vous avez placé dans le filet au-dessus de votre tête ? ? Ah ça, c'est un MacGuffin. ? Qu'est-ce que c'est un MacGuffin ? ? Eh bien c'est un appareil pour attraper les lions dans les montagnes d'Écosse ? Mais il n'y a pas de lions dans les montagnes d'Écosse. ? Dans ce cas, ce n'est pas un MacGuffin » [17].
Le plus grand succès du réalisateur dans cette période britannique est Une femme disparaît (1938) [18] dans lequel une vieille dame disparaît mystérieusement[19] dans un train rempli d'espion[20].
La même année, il dit cette célèbre citation : « Les acteurs sont du bétail »[21] durant le tournage du film[18]. Trente-huit ans après, pour la première de son dernier film Complot de famille, il se défendit d'avoir fait cette remarque : « C'est un mensonge éhonté. Je n'ai jamais dit une chose pareille. C'est très grossier. J'ai sans doute dit que les acteurs devraient être traités comme du bétail. »[22]
Vers la fin des années 1930, le réalisateur commence à jouir d'une certaine réputation auprès du public américain ; il est alors au sommet de son art. C'est ainsi que David O. Selznick lui propose de venir travailler à Hollywood. Hitchcock accepte et, à partir de ce moment, c'est aux États-Unis qu'il tournera quasiment tous ses films. Le 14 juillet 1938, il signe un contrat de 40 000 $ par film. Le 6 mars 1939, lui et sa famille arrive à New York et s'installe à Los Angeles. Entre temps, il aura tourné son dernier film en Angleterre avant son retour en 1972 avec Frenzy, La Taverne de la Jamaïque, un mélodrame historique.
[] La période américaine
[] Rebecca
Le producteur voulait qu?Hitchcock réalise un film sur l'histoire du Titanic[23]. Néanmoins Hitchcock parvient à imposer son film, et confie à Joan Harrison le soin d'écrire Rebecca (1940), adaptation d'un best-steller de Daphne du Maurier, qui avait déjà écrit L'Auberge de la Jamaïque. Mais des tensions naissent entre le réalisateur et le producteur quant à l?importance du montage, au choix et à la direction des acteurs et à la fidélité à laquelle est tenue un réalisateur[24]. Travaillant depuis trois ans sur le film qui fera sa renommée Autant en emporte le vent, Selznick a le sens de l'amour de la littérature. Il souhaite des scènes et des dialogues entier de Rebecca soient fidèlement restitués à l'écran[25]. Son approche est en totale opposition avec celle d'Hitchcock[25]. Finalement après de nombreux remaniements de scénario, le tournage du film démarre le 8 septembre 1939, cinq jours après la déclaration de guerre de l'Angleterre à l'Allemagne et la veille de l'avent-première d'Autant en emporte le vent. Hitchcock aime travailler seul, sans interférences. Avec Selznick, il doit justifier ses choix et prendre les idées et les remarques du producteurs en considération[25].
Rebecca est un conte gothique traitant de l'emprise d'une morte sur celui qui fut son mari, la nouvelle épouse et leur gouvernante longtemps après sa mort avec Laurence Olivier et Joan Fontaine dans les rôles principaux. Dans ce film, le réalisateur utilise des caractéristiques de ses oeuvres les plus accomplies comme Fenêtre sur cour, Le Faux Coupable, Sueurs froides, Psychose et Les Oiseaux : un rythme lent, une histoire racontée selon le point de vue d'un seul personnage, l'introduction à mi-parcours d'un élément qui change totalement le sens de l'histoire et l'utilisation de procédés visuels spectaculaires réservée aux moments clés de l'intrigue[26].
Le film est un triomphe et reçoit deux oscars sur neuf nominations : celui du meilleur film remis à Selznick [27] et celui de la meilleure photographie remis au chef opérateur George Barnes. Hitchcock est nominé à celui du meilleur réalisateur, mais malgré cinq nominations au cours de sa carrière, il n'en reçu aucun pour son travail.
[] Correspondant 17
Hitchcock, comme beaucoup d'anglais habitants aux États-Unis, était très inquiet pour sa famille et ses amis resté au pays alors que c'était le début de la Seconde Guerre Mondiale[28]. Il voulut leur rendre hommage à travers le film Correspondant 17 (1940), produit par Walter Wanger[25],[29]. L'histoire est celle d'un journaliste joué par Joel McCrea qui est envoyé en Europe pour évaluer l'éventualité d'une nouvelle guerre mondiale. Le film se termine par un plaidoyer en faveur de l'entrée en guerre des États-Unis.
À cette même époque, Hitchcock supervise le montage des versions américaines de deux documentaires anglais sur la guerre : Men of the Lightship (1941) et Target for Tonight (1941).
[] Joies matrimoniales
Malgré son écartement face aux mondanités, Hitchcock et sa femme se lient d'amitié avec Clark Gable et son épouse Carole Lombard pour qui il accepte de réaliser une comédie romantique avec Robert Montgomery, Joies matrimoniales (1941)[28],[30].
L'histoire est celle d'un coupe querelleur interprété par Lombard et Montgomery qui découvre qu'il ne sont pas marié légalement. Après une séparation, ils finissent par se reconquérir à force de disputes. Le Red Book Magazine déclara qu'il s'agissait de la comédie la plus hilarante et explosive de l'année 1942.
[] Soupçons
La même année, le réalisateur retrouve Joan Fontaine pour un nouveau thriller, Soupçons, où elle joue aux côtés de Cary Grant, pour la première dans le rôle d'un homme sinistre[31]. Ce dernier interprète un homme séduisant, masquant son oisiveté par son charme. Il rencontre une jeune femme douce et riche (Fontaine). Mais cette dernière finie par découvrir la vraie personnalité de son mari et devient suspicieuse au moment où l'ami et associé de celui-ci est tué mystérieusement.
La peur et l'angoisse font partie des fantasmes les plus courants chez l'être humain selon le réalisateur. Joan Fontaine pousse ses fantasmes jusqu'à imaginer la mort de l'ami précipité du haut d'une falaise par son mari, puis la sienne avec la fameuse scène où Cary Grant lui monte un verre de lait qu'elle pense empoisonné. C'est une scène typique du cinéma d'Hitchcock, avec un escalier aux ombres menaçantes. L'attention du spectateur est attirée par l'étonnante luminosité du verre. Hitchcock explique à François Truffaut :
- FT: Lorsque Cary Grant monte l'escalier, c'est très bien ? AH: J'avais fait mettre une lumière dans le verre de lait ? FT: Un projecteur dirigé vers le lait ? ? AH: Non, dans le verre. Parce qu'il fallait que ce fût extrêmement lumineux. Cary Grant monte l'escalier et il fallait que l'on ne regardât que ce verre[32].
Pour le film, qui obtint un NYFCC Award[33], Joan Fontaine[34], reçu à 24 ans, le seul oscar de sa carrière[35], celui de la meilleure actrice.
[] Cinquième Colonne
Après avoir tourné quatre films en deux ans, Hitchcock se lance à la fin de 1941 dans une production à la fois plus personnelle et plus audacieuse : Cinquième Colonne[36], qui rappelle Les 39 marches et annonce déjà La mort aux trousses. Le 20 août 1941, date de la fin de tournage de Soupçons, Hitchcok se mis au travail avec le scénariste Peter Viertel jusqu'au mois d'octobre 1941, et travailla également deçu avec Dorothy Parker. Ce film marque sa première collaboration avec Universal Pictures.
L'intrigue débute avec un ouvrier de l'aéronautique jugé, à tort, coupable d'un acte de sabotage dans son usine, incendie qui cause la mort de son meilleur ami. Pour prouver son innocence, il entame une course-poursuite acharnée à travers le pays à la recherche du véritable saboteur. En chemin il fera la rencontre d'une jeune femme qui lui apportera son aide.
Pour les rôles principaux, Hitchcock voulait Gary Cooper et Barbara Stanwyck, mais le studio refusa et engagea Robert Cummings et Priscilla Lane. Pour le rôle masculin, le réalisateur déplora de n'avoir pu travailler avec un acteur plus connu auquel le public se serait mieux identifié[37].
On reprocha souvent à Hitchcock de ne plus s'intéresser à ses films à partir du moment où le tournage débutait. C'était mal connaîte le réalisateur, toujours à la recherche de la perfection et donc prêt à n'importe quel élément de son scénario en fonction de l'avancement du travail[38]. Pour Cinquième Colonne, il expérimenta de nouvelles techniques avec Robert Boyle. Il tourna deux versions différentes de nombreuses scènes, afin d'avoir la possibilité de choisir lors du montage. Le réalisateur reconnu une erreur. À la fin du film, le héros poursuit un assassin qui se retrouve pendu au sommet de la torche de la Statue de la Liberté[38]. Selon lui, il aurait fallu que ce soit le héros car l'identification du public aurait été plus forte[38].
Hitchcock savait être très sévère avec son propre travail. Distribué en avril 1942, le film connut un grand succès.
[] L'Ombre d'un doute
Dès que Cinquième Colonne fut terminé, Margaret McDonell, chef du département littéraire de Selznick, pris contact avec Hitchcock pour lui soumettre de nouveaux projets. Le réalisateur choisi une histoire écrite par son mari, Gordon McDonell, intitulée Oncle Charlie. Hitchcock fit appel à Thornton Wilder pour préparer le scénario rebatisé L'Ombre d'un doute[39] entre mai et juin 1942, de nouveau produit par Universal Pictures. Mais le scénariste parti dans les services secrets de l'armée. La nouvelliste Sally Benson et Alma Reville finirent les dialogues. Le tournage commença le 10 août de la même année.
Dans ce film, le préféré d'Hitchcock, Joseph Cotten interprète Charlie Oakley, un homme qui se réfugie chez sa soeur, où il retrouve sa nièce joué par Teresa Wright, qui porte le même prénom que lui, et qui lui voue une profonde admiration. Deux hommes le surveillent de près, semant le doute dans l'esprit de la jeune fille qui finit par le suspecter d'être un tueur de vieilles dames.
À propos de Charlie Oakley, Hitchcock dira à François Truffaut :
- C'est un assassin idéaliste. Il fait partie de ces tueurs qui sentent en eux une mission de destruction. Peut-être les veuves méritaient-elles ce qui leur est arrivé, mais ça n'était pas son boulot de le faire. Un jugement moral est porté dans le film, n'est-ce pas, puisque Cotten est détruit à la fin, même accidentellement, par sa nièce ? Cela revient à dire que tous les méchants ne sont pas noirs et que tous les héros ne sont pas blancs. Il y a des gris partout. L'oncle Charlie aimait beaucoup sa nièce mais toutefois pas autant qu'elle l'aimait. Mais elle a dû le détruire car n'oublions pas qu'Oscar Wilde a dit : « On tue ce que l'on aime. »[40]
Pendant le tournage, le réalisateur appris que sa mère était malade à Londres[41]. Profondément désolé et en proie à une vague de nostalgie et de réminiscences, Hitchcock, de caractère plutôt réservé, se met à parler de son enfance à Leytonstone[41]. Le scénario du film est émaillé de références personnelles : comme Hitchcock, Charlie a une mère qui s'appelle Emma, Oakley a eu un accident de bicyclette dans son enfance, une petite fille nommée Ann lit Ivanhoé (un livre que le réalisateur savait par coeur étant enfant) et le personnage Joseph (deuxième prénom d'Hitchcock) refuse de conduire une voiture[42].
[] Lifeboat
Hitchcock travaille ensuite pour la Twentieth Century Fox, en tournant Lifeboat[43], premier film ouvertement politique du réalisateur[44], où des rescapés d'un nauffrage d'un navire américain coulé par un sous-marin allemand tentent de rejoindre les Bermudes sans compas à bord d'un canot de sauvetage. Le film étudie ce dont les hommes sont faits lorsqu'ils n'ont plus rien. Il peut s'agir d'un film de propagande, une nouvelle contribution à l'effort de la guerre.
Lifeboat reçu un premier accueil critique très favorable, critique que se ravisa brusquement, gangrenée par le doute, car le traitement des ces neufs individualités, et plus que tout autre celle du nazi, prend quelques libertés intolérables dans le contexte de l'époque.
Le film a été néanmoins nominé trois fois aux oscars[45] dans les catégories : meilleur réalisateur, meilleur scénario original (John Steinbeck) et meilleure photographie (Glen MacWilliams). L'actrice Tallulah Bankhead reçu un NYFCC Award de la meilleure actrice[45].
[] Bon voyage et Aventure malgache
Hitchcock retourne ensuite en Angleterre vers la fin de l'année 1943 pour en repartir début 1944, pour y tourner deux court-métrage de propagande britannique produit par le Minister of Information ayant pour but de soutenir la résistance intérieure française, Bon voyage[46] et Aventure malgache[47]. Les deux films ont quelques touches personnelles du metteur en scène[48]. Le second film, jugé trop sensible, est interdit en France. Dans les années 1990, ils sont tout deux présenté sur la chaîne de télévision américaine Turner Classic Movies.
En 1945, Hitchcock servit de consultant sur le documentaire inachevé de Sergei Nolbandov consacré aux camps de concentrations, dont les images sortiront par la suite sous le titre Memory of the Camps[49],[50].
[] La Maison du docteur Edwardes
Hitchcock retourne ensuite aux États-Unis pour tourné La Maison du docteur Edwardes[51] (1940), deuxième film qu'il tourne avec Selznick, avec pour thème principal la psychanalyse. Les rôles principaux sont tenus parGregory Peck et Ingrid Bergman.
Cette dernière interprète un médecin travaillant dans un établissement psychiatrique dirigé par un docteur sur le point de prendre sa retraite et qui doit être remplacé par un certain Anthony Edwardes. Une fois installé, le nouveau directeur s?avère être un amnésique du nom de John Ballantine, soupçonné d?avoir fait disparaître le véritable docteur Edwardes. Tombée amoureuse, la jeune femme va l?aider à retrouver son identité.
L'une des séquences les plus célèbres du film est celle du rêve surréaliste créée par Salvador Dali, une sorte de rébus qui va permettre à la psychanalyste d'élucier le mystérieux passé de son patient amnésique[52].
La Maison du docteur Edwards sera un grand succès commercial[52].
[] Les Enchaînés
Sous le charme d'Ingrid Bergman, Hitchcock l'engage de nouveau pour Les Enchaînés[53] (1946), où elle interprète une jeune femme, fille d'un espion nazi devenue alcoolique, qui est recrutée pour séduire par un homme interprété par Cary Grant et esprionner un ami de son père. Les personnages de Bergman et de Grant finiront par tomber amoureux avant une fin tragique.
Alors qu'il travaille avec Ben Hecht à l'écriture du scénario, le réalisateur se demande quel MacGuffin les héros du film pourraient bien rechercher et choisi l'uranium passé en contrebande par les espions pour fabriquer une bombe atomique. Il consulte des experts qui, pour l'éloigner de la vérité, tentent de lui faire croire que cette bombe est composée d'eau lourde et non d'uranium[52]. Les studios sont plutôt réticent jugeant le MacGuffin totalement idiot. Mais le réalisateur finit par percer le secret de la fabrication de la bombe atomique, et il apprendra par la suite que le FBI le fera suivre pendant trois mois pour découvrir d'où il tenait cette information[52].
Ce film, de nouveau produit par Selznick, est considéré par François Truffaut comme son meilleur film en noir et blanc[52].
[] Le Procès Paradine
Le Procès Paradine[54] (1947) est de le dernier film d'Hitchcock pour Selznick. Écoeuré par la fortune que le producteur a ammassée sur son dos (il touche autant que lui à chaque contrat), Hitchcock manifeste peu d'intérêt pour ce film[55].
Alida Valli joue une jeune femme accusée d'avoir empoisonné son mari, un vieillard riche et aveugle. Son avocat (Gregory Peck finira par succomber à son charme glacial.
Le film sera un désastre commercial et critique[55]. Hitchcock refusa de retravailler avec Selznick, qui lui avait néanmoins appris une chose majeure : à Hollywood, c'est le producteur qui a le « final cut »[55]. Le réalisateur va alors produire tous ses films.
[] La Corde
En 1944, Hitchcock avait créée avec son ami le producteur Sidney Bernstein la société Transatlantic Pictures. Pour le premier film qu'il allait réalisé par elle, le réalisateur choisi d'adapter la pièce Rope's End de Patrick Hamilton, rebaptisé La Corde[56], inspiré du meurtre perpétré en 1924 sur un jeune homme nommé commis par Nathan Leopold et Richard Loeb.
Renommés Brandon Shaw et Philip Morgan, les deux assassinent un de leurs camarades. Ils préparent alors un dîner auquel sont conviées le soir même, sur le lieu du crime, la famille de la victime et sa petite amie. Parmi les invités se trouve également un de leurs professeurs, Rupert Cadell, qui, observant le comportement étrange des jeunes gens au cours de la soirée, va commencer à soupçonner l'impensable.
La Warner qui co-produisait le film, choisit James Stewart pour le rôle de Cadell. Et les deux meurtriers sont interprétés par John Dall et Farley Granger.
Terminé le 21 février, le film sortit aux États-Unis en septembre 1948 sous le titre Alfred Hitchcock's Rope (La Corde d'Alfred Hitchcock). C'était la première fois que son nom apparaissait dans un titre, et Hitchcock en était très fier. Les critiques furent néanmoins mitigées, et le succès public tempéré par l'action des ligues de vertu. Le film n'a pas eu de problèmes avec la censure, mais il a été interdit dans plusieurs régions des États-Unis, ou bien projeté avec des coupures - en général la scène du meurtre. Le National Board of Reviewle déconseilla au moins de 21 ans. En Europe, il a été tout d'abord interdit en France et en Italie. La Corde n'a pas été un triomphe, mais les producteurs sont largement rentrés dans leurs frais.
[] Les Amants du Capricorne
Le premier succès de Transatlantic Pictures est contrecarré par l'échec des Amants du Capricorne[57] (1949), drame gothique avec Ingrid Bergman, où son personnage sombre dans l'alcool et la folie.
Ce film, qu'Hitchcock regrette le plus d'avoir tourné, sera la dernière collaboration entre l'actrice et le réalisateur.
[] Le Grand Alibi
Pour ce remettre de l'échec de son précédent film, qui anéantit toute velléité chez le réalisateur de posséder sa propre maison de production même s'il produira par la suite tous ses films, Hitchcock enchaîne avec Le Grand Alibi.
Richard Todd joue Jonathan Cooper, un homme épris d'une comédienne et chanteuse, interprétée par Marlène Dietrich, est soupçonnée d'être l'assassin de son mari. Son amie Eve (Jane Wyman) tentera alors de l'aider.
Le film n'est pas un succès. Depuis Les Enchaînés, les relations entre les personnages manquent de souffle, l'image est terne, le montage est plat avec d'insipides dialogues[58]. Hitchcock décide de remédier à chacun de ces défauts.
[] L?Inconnu du Nord-Express
Au début de l'année 1950, Hitchcock découvrit avec enthousiasme le premier roman de Patricia Highsmith : Strangers on a Train. Le réalisateur travailla sur le synopsis avec Whitfield Cook en juin 1950 et confia à Raymond Chandler, suggéré par la Warner, le soin d'écrire le scénario. Hitchcock expliquera plus tard : « Je me souviens de mon travail sur L?Inconnu du Nord-Express, Je ne trouvais personne qui voulût collaborer avec moi. Tout le monde pensait que mon premier jet était à la fois si plat et si proche des faits qu'on n'y trouvait pas la moindre qualité. En réalité, tout le film était là, visuellement. »[59]
Farley Granger tient le rôle principal, celui d'un champion de tennis qui rencontre dans un train un inconnu (Robert Walker) qui lui propose un marché bien spécial : il supprime sa femme envahissante si celui-ci se charge d'éliminer son propre père. Le tennisman, pensant avoir affaire à un fou, laisse passer le marché et finit par l'oublier. Quelque temps plus tard, sa femme est assassinée.
Sorti en mars 1951, L?Inconnu du Nord-Express, malgré quelques plaintes de personnes outrées par les connotations sexuelles du film et son meurtre explicite, connut un immense succès public. Hitchcock avait gagné son pari et retrouvé la confiance du public et des studios[59].
[] La Loi du silence
Il était difficile pour Hitchcock de trouver un sujet après le succès de L?Inconnu du Nord-Express. Sa femme, Alma, lui suggéra d'adapter une pièce de théâtre de Paul Anthelme (autre pseudonyme de Paul Bourde) intitulé Nos deux consciences. L'histoire est celle d'un prêtre endossant la culpabilité d'un crime perpétré par son sacristain.
Le film devait se dérouler dans un environnement catholique, ce qui excluait un tournage aux États-Unis. L'action fut transportée au Québec, où le réalisateur et sa femme se rendirent pour les repérages après une première ébauche de scénario établie. Le réalisateur ne savait pas qui engagé pour écrire. Alma désigna le scénariste Willian Archibald, qui avait fait ses preuves à Broadway. Pour les rôles principaux, il choisit Montgomery Clift et Anne Baxter.
La Loi du silence sorti à la mi-février 1953. L'accueil de la critique fut timide. Le public jugea le film mollement. La cause de cet insuccès, Hitchcock l'expliqua à François Truffaut :
- L'idée de base n'est pas acceptable pour le public. Nous savons, nous les catholiques, qu'un prêtre ne peut pas révéler un secret de la confession, mais les protestants, les athées, les agnostiques pensent : « C'est ridiculez de se taire ; aucun homme ne sacrifierait sa vie pour une chose pareil ».
Soucieux de plaire, Hitchcock alla jusqu'à dire que le film avait été une « erreur ».
[] Le crime était presque parfait
En 1953, Hitchcock était lié à la Warner depuis quatre ans. Il lui restait un film à faire. Il travailla un temps sur une romen de David Duncan, The Bramble Bush, qui ne le satisfaisait plus. Le réalisateur découvrit alors que le studio avait acheté les droits d'une pièce à succès de Broadway, Dial M for Murder.
Comme pour L'Inconnu du Nord-Express, l'un des personnages principaux est un champion de tennis. Ce dernier découvre que sa femme le trompe et décide d'engagé un tueur pour la faire éliminer.
Hitchcock pensa un moment confier les rôles du mari et de l'épouse à Cary Grant et Olivia de Havilland, mais les studios refusèrent. Le réalisateut fît donc appel à une jeune actrice qui n'avait tourné que trois films jusque-là : Grace Kelly, qui allait devenir, en plus d'être amis, son actrice préférée. Ray Milland fut engagé dans le rôle de son époux. Les rôles secondaires furent confiés à des acteurs q'Hitchcock connaissait bien : Robert Cummings et John Williams.
Le crime était presque parfait a été tourné en 3-D, c'est-à-dire en relief stéréoscopique et projection en lumière polarisée, avec lunettes polarisantes, un procédé très en vogue à l'époque.
À sa sortie, Le crime était presque parfait fut salué pour ce qu'il était : un grand Hitchcock.
[] Fenêtre sur cour
Alors qu'il tournait Le crime était presque parfait, l'agent d'Hitchcock, Lew Wasserman signa un contrat de neuf films avec la Paramount. Le premier devait être l'adaptation d'une nouvelle de Cornell Woolrich intitulée It Had to be a Murder, renommée Fenêtre sur cour (1954).
Hitchcock trouvait l'idée de travailler dans un lieu unique très stimulante. La quasi-totalité du film se passe dans un apparement new-yorkais. Pour écrire l'histoire, celle d'un photographe cloué dans un fauteuil roulant avec une jambe dans le plâtre qui découvre que son voisin est un assassin, Hitchcock fît appel à un ancien journaliste John Michael Hayes. Pour les rôles principaux, Hitchcock avait dès le départ pensé à James Stewart et Grace Kelly.
À sa sortie, le film connut un grand succès et obtint quatre nominations aux oscars, dont celle du meilleur réalisateur, mais n'en reçu aucun.
[] La Main au collet
Fenêtre sur cour n'était pas encore sorti qu'Hitchcock repartait sur un nouveau projet. La Paramount lui proposa d'adapter un roman de David Dodge : To Catch a Thief, une intrigue policière flirtant avec la comédie, qui se déroule sur la Côte d'Azur. Très satisfait de son précédent scénariste, John Michael Hayes, le réalisateur l'engagea de nouveau. Mais, Hayes ne conaissais pas le sud de la France. Hitchcock y remédia : « Quand il apparit que je n'étais jamais allé dans le Sud de la France, il s'arrangea pour que ma femme m'accompagne, aux frais du studio, afin d'y effectuer des repérages. Ce voyage fut naturellement le bienvenu et, à mon retour, je savais exactement quoi faire du roman. » Le scénario était prêt fin avril 1954. Début mai, le tournage commenca.
Le casting était prêt. Pour la troisième et dernière fois, Hitchcock fit appel à son actrice fétiche : Grace Kelly, et pour le rôle masculin, il choisit Cary Grant, qui accepta de sortir de sa retraite et faire son come-back.
Le première eut lieu à New York, le 15 août 1955. La critique se montra divisée, allant de l'éloge dithyrambique à la critique la moins acide. La Main au collet était « un film léger », selon le réalisateur. La critique, dans son ensemble, fit le même constat, mais en soulignant les points forts et les charmes de cette oeuvre. Le public était très satisfait.
[] Mais qui a tué Harry ?
En 1950, Hitchcock avait lu le roman de Jack Trevor Story, The Trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?). Avant de partir tourner La Main au collet, il demanda à John Michael Hayes de travailler à son adaptation. Les droits furent acheté pour 11 000 $. Quatre ans auparavant, le comité de lecture de la Paramount avait émis un avis défavorable sur l'adaptation du roman, jugeant son humour trop fragile et un peu bizarre et ses personnages ressemblant un peu à des extra-terrestres.
Mais qui a tué Harry ? suit le parcours d'un cadavre découvert par un petit garçon. Celui-ci part vite chercher sa mère. Au même moment, un vieux chasseur tombe sur le cadavre et pense l'avoir tué. D'autres personnes se croiront tour à tour coupables, alors on enterre bien vite le cadavre encombrant. Occupé sur La Main au collet, Hitchcock ne se chargea pas de la distribution. Son producteur associé, Herbert Coleman trouva le casting. Il choisit Shirley MacLaine et John Forsythe pour les deux principaux personnages.
Hitchcock confiera à François Truffaut :
- J'ai tourné ce film pour prouver que le public américain pouvait apprécier l'humour anglais et cela n'a pas trop mal marché.
À la sortie du film, le réalisateur tournait son film suivant, L'Homme qui en savait trop, et tout le monde n'avait ses yeux que pour celui-là, et on ne parla presque pas de Mais qui a tué Harry ?. La Paramount ne savait pas trop quoi en faire, et le film n'intéressa que moyennement le public américain. En France, le film fut un carton et resta six mois à l'affiche, avec des critiques très positives.
[] L'Homme qui en savait trop 2e version
Fin 1954, Hitchcock denait de terminer son quatrième film en dix-sept mois. Et il n'était pas question de faire une pause. Il décida de recycler une de ses anciennes oeuvres, L'Homme qui en savait trop (1934), la seule fois de sa vie où il tourna un remake. Le premier film avait été un succès, mais Hitchcock n'en était pas satisfait, et sept ans après sa sortie, il en avait envisagé une nouvelle nouvelle version avec David O. Selznick.
John Michael Hayes fut de nouveau contacté. Le réalisateur lui demanda de ne pas visionner la version précédente et lui raconta simplement l'histoire, celle d'un espion est assassiné qui confie à un docteur, rencontré la veille, qu'un attentat se prépare. Le médecin et sa femme se retrouvent alors embarqués dans un complot international, obligés de se taire pour sauver leur fils gardé en otage. En 1955, James Stewart était l'acteur le plus en vue d'Hollywood, et Hitchcock le choisi pour le rôle principal. L'Homme qui en savait trop était leur troisième collaboration. Pour le rôle de son épouse, le réalisateur avait remarqué Doris Day.
En juillet 1955, les derniers plans furent tournés dans les studios Paramount. Le film sera le plus rentable de l'année 1956. Pour de nombreux critiques, le remake de L'Homme qui en savait trop était meilleur que la version originale - une exception dans l'histoire du cinéma.
[] Le Faux Coupable
[] Sueurs froides
Sueurs froides (1958) est considéré par de nombreux cinéphiles comme le meilleur film d'Hitchcock. Pourtant, lors de sa sortie, sa qualité ne fut pas tout de suite reconnue par le public et la critique. Bien qu'il soit centré sur un meurtre, ce n'est pas à proprement parler un film policier, mais selon les mots de son auteur, « une histoire d'amour au climat étrange. »
Un ex-policier accepte de surveiller la femme d'un ami qu'il n'a pas revu depuis longtemps. Il en tombe amoureux, mais s'avère incapable d'empêcher son suicide, à cause du vertige dont il souffre. Il rencontrera plus tard, une jeune femme qui ressemble beaucoup à la disparue...
Il fallut trois scénaristes successifs avant qu'Hitchcock ne parvienne à un scénario qui le satisfasse. Le dernier, Samuel Taylor avoua qu'il avait travaillé uniquement sur les indications du réalisateur, sans lire le roman D'Entre les morts qui servit d'adaptation, ni le premier scénario, afin de se concentrer sur le personnage principal.
Le réalisateur engagea James Stewart pour le rôle principal. Sueurs froides marque leur dernière collaboration. Et pour l'interprète de la jeune femme malade, Hitchcock voulait propulser au rang de star sa nouvelle protégée Vera Miles. Enceinte, elle se désista. Le studio la remplaça par Kim Novak, qui accomplit sa meilleure performance.
