Charles Ier de Sicile
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Charles Ier de Sicile, couramment appelé Charles d'Anjou, né en mars 1227 et mort le 7 janvier 1285, fils de Louis VIII le Lion et Blanche de Castille, est :
- comte apanagiste d?Anjou, de Provence et du Maine de 1246 à 1285 ;
- roi de Sicile de 1266 à 1282 ;
- roi de Sicile péninsulaire (ou roi de Naples) de 1282 à 1285 ;
- duc de Durazzo de 1267 à 1285 ;
- prince d'Achaïe de 1278 à 1285 ;
- roi titulaire de Jérusalem de 1278 à 1285.
Sommaire |
[] Biographie
[] Le comte de Provence
En 1246, il épousa Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier (1245-1267), fille du comte Raymond Bérenger V et de Béatrix de Savoie. Par ce mariage, il devint lui-même comte de Provence et comte de Forcalquier (1246-1267), titres qui continuèrent à lui être donnés par courtoisie après son veuvage et son remariage.
À l'occasion de ce premier mariage, son frère le roi de France Louis IX, dit saint Louis, le créa comte d'Anjou et comte du Maine (1246-1285), créant de ce fait la seconde dynastie angevine.
En 1248, il participe, au côté de son frère Saint Louis, à la septième croisade. Il suivit son frère en Égypte et fut fait prisonnier comme lui après la bataille de Mansourah (1250). Rendu à la liberté, il vint gouverner la Provence dont il avait hérité par sa femme, Béatrix, fille de Raymond-Béranger.
[] Les ambitions italiennes
En 1264, le pape Urbain IV l'appela à combattre Manfred de Hohenstaufen, roi de Naples et de Sicile, qui avait encouru la disgrâce du Saint-Siège, et lui donna la couronne de ce prince. Charles d'Anjou fut investi du royaume de Sicile par le pape Clément IV, en contrepartie de l'expulsion de Manfred de Hohenstaufen, fils bâtard de l'empereur Frédéric II. Il réussit en effet à s'emparer du royaume de Naples en battant Manfred qui est vaincu lors de la Bataille de Bénévent en 1266.
En 1268, il épousa en secondes noces Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre (1273-1293), fille d'Eudes de Bourgogne et de Mathilde II, sans postérité connue de cette union.
Il battit le neveu de Manfred, Conradin à Tagliacozzo (1268), mais il souilla sa victoire par ses cruautés, notamment en faisant exécuter Conradin, âgé d'à peine 16 ans. Il réprima sévèrement les populations de certaines villes rebelles à son règne, telle que Lucera dont la population chrétienne fut passée au fil de l'épée après un siège de plusieurs mois[1]. Charles d'Anjou prit donc possession des deux parties (insulaire et péninsulaire) du royaume de Sicile, mais il réprimanda avec une telle rigueur la Sicile (qui avait été presque totalement révoltée contre Charles) qu'il rendit son gouvernement si odieux aux Siciliens insulaires, que ceux-ci, guidés par Jean de Procida, conspirèrent contre lui : l'an 1282, tous les Français qui se trouvaient dans Palerme, à l'exception notable de Guillaume des Porcellets (Chambellan de Charles d'Anjou) en considération de sa droiture et de sa vertu, furent massacrés le lundi de Pâques, à l'heure des vêpres, ce qui a fait nommer ce massacre la révolte dite des Vêpres Siciliennes.
Charles perdit la Sicile par suite de cet événement, mais il resta maître du royaume de Naples. Le roi Pierre III d'Aragon, gendre de Manfred de Hohenstaufen, se proclama roi de Sicile, mais n'ayant la souveraineté que sur la seule île de Sicile, tandis que Charles d'Anjou se réfugiait à Naples, dans la péninsule italienne, créant ainsi ce que, par commodité, on a coutume d'appeler le royaume de Naples (alors que son vrai titre est resté roi de Sicile).
Charles d'Anjou reçut aussi les titres fictifs de roi d'Albanie (1272) et roi de Jérusalem (1278-1285).
[] Les ambitions byzantines
Depuis qu'il avait été appelé par le pape en 1265 afin de contrer les ambitions de Manfred sur la Sicile et qu'il avait été couronné, Charles Ier d'Anjou n'avait de cesse que d'ambitionner de reprendre à son compte les ambitions latines sur l'empire byzantin. En 1267, il mariait son fils Philippe avec Isabelle, la fille de Guillaume d'Achaïe. Il était prévu que le couple hériterait de la principauté d'Achaïe à la mort de Guillaume. Par ailleurs, il s'était engagé à restaurer Baudouin sur le trône de Constantinople, en échange de la suzeraineté sur l'Achaïe, nombre d'îles de l'Égée, et le tiers des conquêtes à venir, à la seule exclusion de la ville de Constantinople.
Pour compléter son dispositif, Charles n'hésita pas à conclure une alliance avec les Seldjoukides, le roi d'Arménie, et même le Khan des Mongols... En 1269, il réussit à conclure un accord avec Gênes, pourtant alliée de Byzance.
Après le désastre de Tunis et la mort de son frère le roi de France Louis IX, de retour en Sicile, alors qu'il allait lancer une expédition maritime contre Byzance, sa flotte fut détruite par une tempête extraordinaire.
Philippe d'Anjou étant mort en 1277 et Guillaume d'Achaïe étant mort en 1278, Charles d'Anjou était devenu sur le papier l'héritier de l'Achaïe et le suzerain des terres encore aux mains des Latins. Afin de parfaire cette situation, à l'automne 1280, il envoya par voie de terre une armée forte de 8000 hommes afin d'investir la forteresse byzantine de Bérat.
Le siège dura jusqu'en mars 1281, puis les troupes impériales commandées par Tarchaniotès, le neveu de l'empereur, vinrent attaquer les troupes de Charles. La défaite des troupes latines fut totale, la plus grande partie des troupes angevines fut tuée ou capturée.
Charles suscita la candidature de Martin IV, qui fut le pape des ambitions françaises, mais ses excommunications ne purent empêcher les Vêpres siciliennes de 1282.
Il décède le 7 janvier 1285 à Foggia, Pouilles du Nord, Italie.
[] Titres
- en apanage, à son mariage, il est fait par son frère Saint Louis comte d'Anjou et comte du Maine (1246-1285)
- par son mariage, comte de Provence et de Forcalquier (1246-1267)
- par octroi du pape, en 1266, roi de Sicile (1266-1285)
- par accord avec Baudouin II, en 1267, roi titulaire d'Albanie et prince titulaire d'Achaïe (1272-1285)
- par rachat, de Marie d'Antioche, en 1277, roi titulaire de Jérusalem (1278-1285)
[] Mariages et enfants
De son premier mariage avec Béatrice de Provence (1234-1267), comtesse de Provence et de Forcalquier, il eut :
- Louis (1248 ? 1248) ;
- Blanche (1250 ? 1269), mariée en 1265 avec Robert III de Dampierre (1249 ? 1322), comte de Flandre ;
- Béatrice (1252 ? 1275), mariée en 1273 à Philippe Ier de Courtenay (1243 ? 1283), empereur titulaire de Constantinople ;
- Charles II (1254 ? 1309), comte d'Anjou et du Maine, roi de Naples ;
- Philippe (1256 ? 1277), prince d'Achaïe, marié en 1271 avec Isabelle de Villehardouin (1263 ? 1312), princesse d'Achaïe et de Morée ;
- Robert (1258 ? 1265) ;
- Isabelle (1261 ? 1300), mariée à Ladislas IV (1262 ? 1290), roi de Hongrie
Son second mariage avec Marguerite de Bourgogne (1248-1308), comtesse de Tonnerre, fut sans postérité.
[] Notes
- ? Émile G. Léonard Les Angevins de Naples, p.72
[] Références
[] Bibliographie
- Émile G. Léonard, Les Angevins de Naples, Presses universitaires de France, Paris, 1954
[] Source partielle
« Charles Ier de Sicile », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1878 [détail des éditions] (Wikisource)
| Précédé par | Charles Ier de Sicile | Suivi par | |||
|---|---|---|---|---|---|
| Manfred de Hohenstaufen |
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Pierre Ier roi de Sicile à Palerme (1282) |
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| Charles II roi de Sicile à Naples (1285) et du reste |
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| détaché du royaume de France |
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| Raimond Bérenger IV |
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| ? |
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| Marie d'Antioche |
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| Guillaume II de Villehardouin |
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