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Connaissance

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Connaissance

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La connaissance est l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose. Les connaissances sont aussi les choses qui sont sues ou connues d'une personne ou d'une communauté. Par extension, on appelle aussi "connaissances" les choses qui sont réputées connues, qu'elles s'avèrent ou non véridiques.

Il n'y a pas aujourd'hui de définition plus substantielle de la connaissance qui soit largement admise; la définition traditionnelle de la connaissance comme croyance vraie et justifiée, par exemple, est largement considérée comme insuffisante.[1]

Les connaissances, leur nature et leur variété, la façon dont elles sont acquises, leur processus d'acquisition, leur valeur, et leur rôle dans les sociétés humaines, sont étudiés par une diversité de disciplines, notamment la philosophie et l'épistémologie, la psychologie et les sciences cognitives, l'anthropologie et la sociologie.

Sommaire

[] Approche disciplinaire de la connaissance

La notion de connaissance diffère selon les domaines scientifiques. En effet, chacun de ces domaines développe l'approche qu'il lui semble la plus appropriée à l'activité qu'il conduit.

[] En philosophie

En philosophie, on étudie avant tout la connaissance au sens de « l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose ». Les philosophes distinguent trois types de connaissance.

[] La connaissance propositionnelle

La connaissance propositionnelle est le fait de savoir qu'une certaine proposition est vraie, par exemple, "savoir que la Terre est ronde". La définition de la connaissance propositionnelle est celle qui a le plus attiré l'attention des philosophes. Ils s'accordent généralement à dire qu'une connaissance est une croyance qui est vraie, mais aussi qu'elle n'est pas seulement une croyance vraie.[2]

Il faut en outre que la croyance et la vérité (ou le fait) soient en quelque sorte connectés d'une façon appropriée, mais les philosophes sont en désaccord sur la nature de cette connexion. Pour certains, il faut que la croyance soit certaine ou infaillible,[3] pour d'autres, qu'elle soit justifiée,[4] ou pourvue d'une justification non défaite,[5], pour d'autres, qu'elle résulte d'un processus fiable,[6], ou pour d'autres encore qu'elle ne soit pas vraie par accident.[7]. Ce sont sur ces conditions supplémentaires pour la connaissance que les débats portent.

[] Autres formes de connaissances

Les philosophes retiennent deux autres forme de connaissance :

  • la connaissance objectuelle, aussi appelée « acquaintance », est le fait de connaître une chose particulière, par exemple, "connaître Paris"[8],
  • le savoir faire est le fait d'être capable de réussir une action, par exemple, « savoir faire des crêpes ».[9]

On appelle aussi « connaissance » les choses connues elles-mêmes, mais cette seconde notion n'est pas celle qui intéresse les philosophes. De même, par extension, on appelle aussi « connaissance » les choses qui sont tenues pour des connaissances par un individu ou une société donnée. Mais là aussi, les philosophes ne s'intéressent pas à cette notion, sauf dans les débats concernant certaines formes de relativisme.[10][évasif]

[] En anthropologie

Longtemps divisée entre culturalistes et naturalistes, la communauté scientifique tend à conduire au XXIème siècle une approche plus complexe du rapport des cultures humaines avec leur environnement naturel, comme le montre Philippe Descola [11].

Pour l'anthropologue, la première connaissance est celle que les hommes ont de leur environnement et qui, dans les sociétés primitives, assure leur survie quotidienne. C'est aussi cette connaissance qui structure le groupe humain. Elle se constitue comme un ensemble de pratiques, de comportements et de règles admises par la communauté. La pratique de la chasse collective suppose à la fois la connaissance du gibier, celle du terrain et un savoir-faire partagé. Gérard Mendel, créateur de la sociopsychanalyse, en fait le point de départ des sociétés humaines dans son ouvrage la chasse structurale. [12]

Dans le contexte géographique propre à chacun se forment ainsi des cultures spécifiques. Par exemple, la société traditionnelle est peu portée vers l'innovation : les règles établies sont difficiles à transgresser d'autant qu'elles s'appuient sur une représentation du monde et un univers mental où le sacré est omniprésent.[13] La connaissance a alors un caractère religieux. Et inversement, la religion apparaît, à l'origine, comme l'unique moyen de connaître le monde. C'est ce qu'a étudié l'anthropologie structurale et en particulier Claude Levi-Strauss.

[] En économie

Icône de détail Article connexe : Economie du savoir.

En économie, la connaissance est un produit ou un service qui se conçoit, se produit et s'échange au comme tout autre. Le noyau de l'économie de la connaissance est lié à l'appropriation des connaissances et à la production continuelle d'innovation . Tous les secteurs de la vie sociale qui concourent à la production de connaissances sont les nouveaux centres du capitalisme cognitif.

[] En gestion

Icône de détail Article détaillé : Gestion des connaissances.

Par ailleurs, en gestion des connaissances (appelée "Knowledge Management" (KM) par les anglo-saxons), on fait aussi la distinction entre :

  • une donnée, en général mesurable (ex: "il fait 15° dans cette pièce"),
  • une information correspondant à une donnée contextualisée (ex: "il fait froid dans cette pièce") et
  • une connaissance correspondant à l'appropriation et l'interprétation des informations par les hommes (ex: "pour avoir chaud, il suffit de monter le chauffage").

Dans les entreprises, la connaissance correspond à un capital de compétences que détiennent les hommes et les femmes dans différents domaines professionnels (ex: marketing, R&D, ingénierie, production, logistique, approvisionnements, commercial, juridique, ...) constituant le c?ur de métier de l'entreprise (ex: "Créateur d'automobiles" pour Renault). Ces compétences doivent être gérées et capitalisées pour améliorer l'efficacité globale de l'entreprise. Des modèles méthodologiques de KM - tels que KnoVA[14], MKSM[15], MASK, ... - peuvent distinguer jusqu'à 6 types de connaissances pour décrire une compétence métier, représentative d'un savoir-faire professionnel particulier à une entreprise :

  • les connaissances contextuelles, décrivant la culture métier du savoir-faire à l'aide de contextes,
  • les connaissances opératoires, décrivant le processus métier du savoir-faire à l'aide d'activités,
  • les connaissances comportementales, décrivant l'expertise métier du savoir-faire à l'aide de règles,
  • les connaissances terminologiques, décrivant le vocabulaire métier du savoir-faire à l'aide de termes,
  • les connaissances singulières, décrivant l'expérience métier du savoir-faire à l'aide de cas,
  • les connaissances évolutives, décrivant l'évolution métier du savoir-faire à l'aide de feedbacks.

[] En psychologie

[] En sciences cognitives

[] En sociologie

[] Approche de la connaissance par nature

[] Connaissances tacites et explicites

Les connaissances tacites sont les connaissances qui appartiennent au monde des objets mentaux, des représentations mentales, souvent relatives au vécu personnel ; elles regroupent les compétences innées ou acquises, le savoir-faire et l'expérience elles sont dites aussi "connaissances implicites", sont généralement difficiles à verbaliser ou à « formaliser » par opposition aux connaissances explicites

Les connaissances explicites, par opposition aux connaissances tacites, sont les connaissances clairement articulées sur un document écrit ou dans un système informatique ; ces connaissances sont transférables physiquement, car elles apparaissent sous une forme tangible tel qu'un document dossier papier ou un dossier électronique.

Cette distinction est notamment développée par Michael Polanyi.

[] Connaissances exclusives et non-exclusives

La notion de propriété littéraire et artistique est ancienne. La Convention de Berne en a fixé un certain nombre de règles au plan international en 1886. Mais la notion de propriété intellectuelle, initialement plutôt liée au domaine artistique, s'est élargie dans les années 50 pour intégrer tous les outils de protection de la propriété industrielle : brevets, marques, dessins et modèles industriels... L'organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a été créée en 1967 (voir aussi l'INPI en France).

Cet aspect est un enjeu important des discussions qui ont lieu au sein de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), fortement poussées par les Etats-Unis dont l'économie en devient de plus en plus dépendante. On parle des ADPIC Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce ; en anglais TRIPS (Agreement on Trade-Related Aspects of intellectual Property Rights). L'Accord sur les ADPIC a pour but d'intégrer les droits de propriété intellectuelle (droits d'auteur, marques de fabrique ou de commerce, brevets, etc.) dans le système GATT/OMC. Il s'agit d'une partie de plus en plus importante du commerce international.

[] Connaissances a priori et a posteriori

[] Connaissances analytiques et synthétiques

[] Connaissances collectives et individuelles

[] Approche thématique de la connaissance

[] L'acquisition des connaissances

[] Processus cognitifs

[] Processus non-cognitifs

[] La transmission de la connaissance

Pour l'anthropologie sociale, la construction des sociétés humaines ne pourrait se faire sans la transmission et donc sans un langage. Une société humaine met en commun les expériences de ses individus par le biais du langage qui lui permet de défier à la fois l'espace et le temps.

[] La transmission orale

Malgré la prééminence actuelle de l'écrit, c'est par l'oralité que l'essentiel de la transmission et de la communication s'est faite dans l'histoire de l'humanité. Les récits mythiques étaient transmis oralement. Il est très probable qu' Homère n'ait fait, pour l'Iliade et l'Odyssée, que retranscrire des récits oraux anciens. Mais de façon plus générale, c'est l'ensemble des connaissances et des savoir-faire techniques qui ont fait l'objet de transmission orale encore jusqu'à une période récente.

Le rapport avec le sacré évoqué précédemment n'y est pas étranger. Les pythagoriciens partagent avec les druides celtes un enseignement strictement oral et secret et la pratique de l'initiation[16] . Les écoles compagnonniques issues des batisseurs de cathédrales en sont les héritières. Les maîtres-ouvriers ne tiennent pas leur savoir des livres.

L'oral et la mémoire sont peut-être plus puissants pour transmettre par delà l'espace et par delà le temps que toute écriture et tout support matériel périssable. Ils n'ont pas du moins les limites qu'on leur prête volontiers aujourd'hui. (voir Fanch Postic, Les passeurs de mémoire). [17]

[] L'écrit

L'écriture a néanmoins permis de s'affranchir de la relation inter-individuelle, celle du maître et de l'apprenti, et démultiplié les possibilités de transmission et de conservation des connaissances. La fameuse bibliothèque d'Alexandrie est la représentation quasi mythique de la connaissance de l'humanité à l'époque de l'Antiquité. Tout chercheur du monde antique pouvait y mener ses recherches dans la langue grecque où la plupart des ouvrages étaient traduits. Ce trésor inestimable a malheureusement disparu.

L'imprimerie a constitué une nouvelle étape importante en multipliant le nombre de copies du même ouvrage et en rendant l'accès aux connaissances possible à un nombre toujours plus grand de personnes.

Aujourd'hui, le support électronique, la numérisation des ouvrages et l'internet, tendent à permettre un accès universel aux connaissances. Il n'en est néanmoins pas réellement ainsi.

[] L'école

On a coutume de dire que les lois Jules Ferry (l'école gratuite, laïque et obligatoire) ont permis l'alphabétisation de la population française et, au delà, le partage par tous d'un minimum de connaissances communes. Le débat récurrent sur l'école - et le contenu de l'enseignement - montre néanmoins la difficulté qu'il y a pour une société à s'accorder sur ce que recouvrent les dites "connaissances". Cela conduit parfois jusqu'à une remise en question profonde du système éducatif moderne qui peut être accusé de "faire des têtes remplies de connaissances inutiles" mais non "bien faites" (voir Edgar Morin, La tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée.)[18] ou encore de fabriquer des consommateurs passifs et non des citoyens doués de raison et de sens critique (voir Ivan Illich, Une société sans école). [19]

[] Les valeurs de la connaissance

On parle de patrimoine immatériel de l'humanité pour désigner l'ensemble des traditions, langues et cultures, savoir-faire artisanaux et expressions artistiques vivantes, en particulier lorsqu'elles appartiennent au domaine de la transmission orale.

L'UNESCO, après n'avoir longtemps tenu compte que du patrimoine matériel, s'y est intéressé tardivement, à la fin des années 90, et a adopté une convention, le 17 octobre 2003, qui reconnaît pleinement la valeur de ces savoirs[20].

Depuis 1950, le gouvernement du Japon attribue le titre de « Trésor national vivant » à des individus ou groupes reconnus comme porteurs d?un savoir-faire culturel immatériel important. Ce titre est attribué à des maîtres de métiers tels que la peinture sur bois, la fabrication de papier ou de sabres, la vannerie et la poterie, ainsi qu?à des acteurs et musiciens de spectacles traditionnels.

[] Fonction sociale de la connaissance

L'acquisition de connaissance participe à la "ascenseur social." Lorsque, grâce aux connaissances qu'il a acquises, un individu d'une catégorie sociale inférieure réussit à gravir les échelons de la société par la reconnaissance professionnelle et personnelle qu'il en tire.

[] Sociétés et économie de la connaissance

Certains économistes et sociologues et experts en gestion de connaissance appellent "société de la connaissance" les sociétés à forte diffusion et flux d'informations et de savoir.

[] Notes et références

  1. ? Voir l'article connaissance (philosophie)
  2. ? Voir par exemple Armstrong, David M., Belief, Truth and Knowledge, Cambridge University Press, 1973, pp.137-150. Certains philosophes soutiennent qu'il existe néanmoins une notion faible de connaissance qui est identique à la croyance vraie: voir notamment A. I. Goldman, Pathways to Knowledge, Oxford University Press, Oxford, 2002, p.183. L'idée que la connaissance est juste la croyance vraie a été défendue par C. Sartwell, "Why Knowledge Is Merely True Belief", The Journal of Philosophy 89(4), pp. 167?180.
  3. ? Descartes, Méditations Métaphysiques.
  4. ? Par exemple R. M. Chisholm, Perceiving, 1957.
  5. ? K. Lehrer, Theory of Knowledge.
  6. ? A.I. Goldman, Epistemology and Cognition, Harvard University Press, Cambridge, MA, 1986.
  7. ? P. Unger, "Knowledge as non-accidentally true belief", 1968.
  8. ? Bertrand Russell, Problèmes de philosophie, chap. 5.
  9. ? Ryle, Gilbert. Le concept d'esprit
  10. ? Certaines formes de relativismes affirment que la connaissance n'est autre chose que ce qui est tenu pour connaissance par un individu ou une société donnée. Par exemple, ils diront que le fait que la Terre était au centre de l'Univers était une connaissance des Grecs, mais que ce n'est plus une connaissance dans la société moderne. Ces penseurs rejettent l'idée d'une notion objective de connaissance, ou que la connaissance implique la vérité. Une telle position a été défendue par les sociologues des sciences Barry Barnes et David Bloor, par exemple dans Barnes, B. and D. Bloor "Relativism, Rationalism and the Sociology of Knowledge", in M. Hollis and S. Lukes (éds.), Rationality and Relativism, Oxford, Blackwell, 1982, pp. 21-47.
  11. ? Philippe Descola, Par delà nature et culture, Gallimard, 2005 (ISBN 2-07-077263-2)
    L'anthropologie n'a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle - elle perpétue une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie.
  12. ? Gérard Mendel, La chasse structurale, Payot, Paris, 1977 (ISBN 2-228-33280-1)
    Sous-titré Une interprétation du devenir humain
  13. ? Mircea Eliade, Le sacré et le profane, Gallimard, 1965 (ISBN 2-07-032454-0)
  14. ? Patrick Serrafero, "Vers la mesure de la quantité de connaissance et de compétence industrielle: le modèle KnoVA.", 1er Colloque Gestion des Compétences et des Connaissances en Génie Industriel, 2002, Nantes.
  15. ? Jean Louis Ermine et als, "MKSM : Méthode pour la gestion des connaissances", Ingénierie des systèmes d'information", AFCET, ­Hermès, 1996, Vol. 4, n° 4, pp. 541-575.
  16. ? Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d?homme : l?histoire », Rennes, 1986, (ISBN 2-85882-920-9).
  17. ? Fanch Postic, Les Passeurs de Mémoire [avec D. Laurent et P. Prat], Manoir de Kernault, Mellac, 1996.
  18. ? Edgar Morin La tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée. Paris, Seuil, 1999.
  19. ? Ivan Illich, Une société sans école, Seuil, 1971 (titre original: Deschooling Society)
  20. ? texte de la convention de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

[] Voir aussi

Sur les aspects philosophiques

Sur les aspects économiques, sociaux, de gestion

Sur les types de connaissance

Sur les branches de la philosophie et sur la science

Domaines particuliers

[] Liens externes

  • Epistemologie Site de Julien Dutant sur la philosophie de la connaissance (glossaire, bibliographie)
 
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