Français québécois
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| Parlé en | Canada, principalement au Québec. À ne pas confondre avec le français acadien | |||
| Région | Amérique du Nord (Québec) | |||
| Nombre de locuteurs | 9 411 608[1] | |||
| Classement | 8 | |||
| Typologie | SVO Flexionnelle - Syllabique |
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| Classification par famille | ||||
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- Langues indo-européennes (Dérivée de la classification SIL)
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| Statut officiel et codes de langue | ||||
| Officielle en |
au Canada | |||
| Régi par | Office québécois de la langue française | |||
| ISO 639-1 | fr | |||
| ISO 639-2 | fra (T) / fre (B) | |||
| ISO 639-3 | (en) fra |
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| type : L (langue vivante) étendue : I (langue individuelle) |
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| SIL | FRN | |||
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Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme. |
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| Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur | ||||
| classification de la catégorie Culture québécoise |
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Le français québécois, le français du Québec ou le français du Canada est une variété de la langue française parlée principalement au Québec. Le français québécois ne doit pas être confondu avec d'autres variétés du français d'Amérique, telles que le français acadien et le français terre-neuvien.
Le français québécois est également utilisée par d'importantes minorités francophones dans des régions limitrophes des provinces canadiennes de l?Ontario et du Nouveau-Brunswick et dans celle du Manitoba[2] ainsi que par les petites communautés francophones dans le Maine, le New Hampshire et le Vermont aux États-Unis. Près de 14% des locuteurs canadiens du français québécois vivent à l'extérieur du Québec[1].
Le français québécois connaît de nombreuses variétés locales, dont le joual, le magoua ou le chaouin, mais chacune d?entre elles peut aisément être comprise dans toutes les régions québécoises et même partout où on parle une variété du français d'Amérique. En revanche, ce n'est pas toujours le cas avec les communautés francophones à l'extérieur des Amériques : certains mots sont parfois prononcés de façon différente sans compter l'emploi occasionnel de régionalismes, si bien que la compréhension peut être difficile lorsque les locuteurs utilisent un registre familier ou populaire. Par exemple, les films québécois diffusés en France sont parfois sous-titrés. Au Québec, les films doublés en argot parisien sont souvent incompréhensibles. Lorsque les locuteurs utilisent un registre soutenu, la compréhension est facile et immédiate. Un même français standard est enseigné dans les écoles québécoises et ailleurs dans le monde, bien que l'Office québécois de la langue française privilégie parfois des divergences d'avec le français international ainsi que le français standard des autres États francophones.
Sommaire |
[] Histoire
La base du français québécois est le français populaire de Paris des XVIIe et XVIIIe siècles. Bien que les colons proviennent de différentes régions et parlent plusieurs patois, ils se retrouvent très près les uns des autres et doivent alors se comprendre entre voisins. Avec l'arrivée des filles du Roy, orphelines parisiennes destinées à marier les colons canadiens et à peupler la Nouvelle France, le français populaire de Paris s?impose alors comme la koinè du pays[3], de sorte qu'au moment de la conquête britannique de 1763 plus de 80% des colons d'origine française parle un français standard; uniformisation linguistique à laquelle la France n'accedera qu'en 1910.
Le français québécois n?est donc pas synonyme d?ancien français, ancêtre plus lointain qui existait entre 1000 et 1300. On a longtemps cru[4] qu?il était issu des langues d?oïl régionales comme le normand ou le saintongeais, mais ce « mirage » était le produit d?erreurs méthodologiques[5]. Si le français québécois tient son origine de la langue parisienne du XVIIIe siècle, l'idée courante selon laquelle son lexique, sa prononciation et sa prosodie seraient restés inaltérés s'avère fausse: le français du Québec, comme celui de la France, est une langue dynamique qui a évolué et trouvé ses inflexions propres en interaction avec un milieu socio-linguistique.
Enclavé dans un environnement unilingue anglophone (avec une minorité amérindienne), le français québécois a toujours senti peser sur lui une menace d?extinction. Cependant, les pressions et les revendications des francophones, dans les années 1970, ont amené le gouvernement fédéral du Canada à développer des politiques de bilinguisme pour les services de l?État ainsi que l?étiquetage et l?emballage des biens et services commerciaux canadiens. Quant au gouvernement provincial du Québec, il s?est forgé une solide Charte de la langue française (connue sous le nom de loi 101) dès 1977, qui favorise le français, seule langue officielle de la province, au travail, dans l?affichage commercial et dans l?éducation des immigrants. Ce fut un réel tournant en ce qui concerne la protection de la langue.
[] Image sociale et politique linguistique
[] Norme
Deux écoles de pensée s?affrontent pour définir la norme du français québécois. Les aménagistes désirent créer une norme québécoise distincte du reste de la Francophonie et les exogènistes préfèreraient que la norme québécoise en matière de langue soit à peu près la même qu?à l?extérieur du Québec.
Divers groupes de recherche furent créés afin de pourvoir au français standard en usage au Québec.
L?équipe du Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) de l?Université Laval a été constituée dans les années 1970 dans le but de créer une infrastructure scientifique pour la recherche sur le français québécois[6].
Le groupe de recherche Franqus (Français québécois : usage standard) de l?Université de Sherbrooke, en collaboration avec le TLFQ et l?Office québécois de la langue française (OQLF), publie le « Dictionnaire de la langue française ? Le français vu du Québec » dès le mois d?octobre 2008. Ce dictionnaire aménagiste est, dans sa version originale, le premier du genre de la langue française. Il est conçu dans sa totalité par des groupes de recherche à l?extérieur de la ville de Paris (France) et c?est aussi le premier dictionnaire entièrement québécois, car ce n?est d?aucune façon une adaptation d?un dictionnaire existant. Plusieurs problématiques furent relatées pour justifier le développement de ce projet dont celle où les dictionnaires usuels en usage au Québec ne sont pas adaptés au contexte québécois et nord-américain[7].
[] Vouvoiement
Les francophones du Québec utilisent le pronom de la deuxième personne tu plus souvent et dans plus de contextes que ceux de France. Dans certains cas, il peut être parfaitement normal de s?adresser à un étranger (même un client) en utilisant le tu, alors que cela serait inapproprié en France. Par exemple, en s?adressant à un serveur (serveuse), l?emploi du tu avec un ton amical, au Québec, serait tout à fait poli et dans le simple but d?établir une relation plus directe, plus rapidement. Le vous est avant tout employé au Québec par égard à l?âge de la personne à qui on s?adresse.[8]
[] Perception
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Cet article ou cette section ne cite pas suffisamment ses sources. (juillet 2008)
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Le discours français parisien (et celui des orateurs publics tels que les politiciens) apparaît souvent comme vieux jeu et pédant aux yeux des francophones du Québec. L?expression « parler en cul de poule » sert d?ailleurs à désigner une personne dont l?accent se conforme un peu trop au français de France, en particulier parisien. Cela est assez similaire à la perception que les anglophones d?Amérique du Nord ont des anglophones d?Angleterre[citation nécessaire]. (L?expression «cul de poule» est probablement en lien avec l?utilisation uniforme des voyelles [y], [u], et [i] à Paris, par opposition à l?utilisation courante de soit [?], [?], et [?] ou [y], [u], et [i] au Québec selon la position dans la syllabe et la région).
L?impression de surutilisation d?anglicismes dans le langage familier est l?une des causes de la stigmatisation du français québécois. Les Québécois et les Français s?accusent mutuellement (et eux-mêmes) d?utiliser trop d?anglicismes. Une plaisanterie dit que la différence entre le français européen et le français québécois est qu?en Europe on se stationne dans un parking et qu?au Québec on se parque dans un stationnement (le verbe parquer existe en français et signifie placer dans un parc, stationner, le mot parking existe en français et signifie une place de stationnement).
Le Québec et la France ont tendance à avoir des anglicismes totalement différents, car ils sont au Québec le résultat graduel de quatre siècles de vie aux côtés d?anglophones, alors qu?en Europe, ils sont bien plus récents et résultent du fort rayonnement de l?anglais américain[réf. nécessaire]. Par exemple, les Français vont utiliser l?anglicisme « week-end » alors qu?au Québec, on parle d?une fin de semaine, en Europe l'expression fin de semaine désignant la fin de semaine ouvrée (jeudi vendredi). En revanche, les Québécois utilisent plusieurs anglicismes qui ne sont pas utilisés en France et vice-versa.
[] Blasphèmes
Les jurons les plus proéminents sont composés des divers vocables catholiques. Pour plusieurs, ils ne devraient en aucun cas être utilisés, car de nombreuses personnes sont sensibles à ceux-ci, même dans un contexte de plaisanteries ou d?explications factuelles. Dans certaines municipalités, s?ils sont utilisés à l?égard d?un agent de la paix ou s?ils sont utilisés à outrance dans un endroit public, ils peuvent même faire l?objet d?une infraction au maintien de l?ordre et de la paix et être punissables par contravention.
Caractéristique propre du français québécois, des mêmes termes blasphématoires sont souvent modifiés et utilisés sous la forme adverbiale, exclamative, nominative, qualificative et verbale, selon l?instant du moment. Ils donnent donc un sens à un contexte spécifique sans pour autant donner ce même sens à une autre situation. De plus, ils sont parfois combinés les uns avec les autres afin d?accentuer soit l?expression des émotions d?un individu ou un passage quelconque dans une phrase. Dans certaines situations, ils peuvent même mener à des situations loufoques, selon la combinaison des mots, du sens ou du moment de leur utilisation.
Généralement, ils sont utilisés dans un contexte de mécontentement, de colère et de frustration, bien qu?ils soient aussi utilisés dans des situations de joie, de surprise, etc.
Leur sens et leur force de frappe peuvent être atténués de différentes manières, notamment en se gardant une petite réserve avant de terminer la prononciation d'un mot ou en y ajoutant ou modifiant son suffixe.
[] Caractéristiques structurelles
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[] Phonologie et phonétique
[] Voyelles
- conservation de l?opposition entre voyelles longues et courtes ;
- la conservation dans la distinction entre le A postérieur [?] et le A antérieur [a] : patte et pâte ne se prononcent pas de la même façon ;
- une légère diphtongaison : â rendu [???], ê rendu [???] ou [a?] ;
[] Consonnes
- un [s] souvent intercalé après /t/ devant /i/ et /y/, un [z] intercalé après /d/ devant /i/ et /y/ : tu se prononce [tsy], dîner se prononce [dzine] ;
- parfois, une jota entendue pour le son de la lettre j ou g doux dans certaines régions (Lac-Saint-Jean, Beauce): Georges se prononcera [xorx] (comme Jorge en espagnol, mais sans [é] à la fin) ;
- le R traditionnellement roulé dans l?ouest du Québec [r] et grasseyé dans l?est [?] (quoique de nos jours, le grasseyé domine partout) ;
- gn et ng prononcés de la même façon (camping, campagne) ; les deux se prononcent comme dans "campagne".
Ces caractéristiques varient selon les régions. Par exemple, à Montréal ou à Gatineau, on entend plus de mots avec des voyelles longues qu?à Québec (poteau se prononce [p?to] à Québec, [po:to] à Montréal). De même, arrête se dit [ar?t] à Québec et [ar?:t]/[arajt] à Montréal. Baleine sera [bal?n] à Québec et [bal?:n]/[balajn] à Montréal. La région de Trois-Rivières semble à première vue posséder encore plus de mots à voyelles longues. Par exemple, en plus des mots précédents prononcés comme à Montréal, on y retrouve [vin?:gr]/[vinajgr] au lieu de [vin?gr] à Québec et à Montréal.
[] Morphologie
Certains affixes se retrouvent plus fréquemment au Québec qu?en France. Par exemple, le suffixe -eux, un nominalisateur qui apporte souvent un certain sens péjoratif : téter ? téteux ; niaiser ? niaiseux ; obstiner ? ostineux ; pot ? poteux. Cela provient du dialecte normand[citation nécessaire]. Il en va de même pour l?affixe "age" (action de ?) : niaiser ? niaisage.
[] Syntaxe
En règle générale, le français québécois écrit utilise les mêmes normes que le français standard des autres États francophones. Il arrive que l'Office québécois de la langue française (OQLF) travaille de concert avec l?Académie française ou avec les organismes gouvernementaux des autres pays de la Francophonie. Par conséquent, l?Office promeut un usage adéquat et personnalisé du fait français québécois. Le vocabulaire officiel régularisé et proposé par l'Office québécois de la langue française doit être utilisé au Québec dans les documents officiels et scolaires. Exemple : Les courriels sont une alternative au clavardage. On y retrouve donc des mots qui font référence à la réalité des locuteurs, mais qui ne sont pas encore approuvés ni reconnus par les organismes gouvernementaux des autres pays francophones (exemple : clavardage, banc de neige, dépanneur, magasinage, cégep, baladodiffusion, etc.).
Il y a par contre de nombreuses différences dans la grammaire non officielle, surtout à l?oral. Par exemple, certains mots ont un genre différent (ex.: une job, au Québec, et un job en France). D'autre part, il y a certaines règles s?appliquant plus ou moins. Par exemple, tout comme la différence de prononciation entre chien /?j??/ (masculin) et chienne /?j?n/ (féminin) est la présence ou l?absence d?une consonne finale, les mots ambigus terminés par une consonne (tels que job (/d??b/)) sont souvent assignés au féminin[réf. nécessaire]. La plupart du temps, le "ne" qui marque le négatif sera inexistant. Par exemple "Il ne faut pas faire ça" devient "faut pas faire ça".
En outre, certaines expressions prenant le subjonctif en français officiel prennent l?indicatif en français québécois, et vice versa (« bien qu?il est trop tard » plutôt que « bien qu?il soit trop tard »)[réf. nécessaire]. C?est principalement un emploi familier oral, étant donné que l?usage écrit tend à suivre de plus près l?usage européen. Le subjonctif est à respecter à l?écrit, sinon il y a faute de grammaire.
L?OQLF recommande la féminisation des noms de fonction (comme « professeure », « auteure », « mairesse », etc.), tandis que l?Académie française, par exemple, la déconseille vivement[9].
[] Verbes
Il y a quelques différences dans la structure verbale. Pour le verbe « s?asseoir », la conjugaison en « oi » est bien plus fréquente au Québec que « ie » ou « ey » (je m?assois au lieu de je m?assieds, assoyez-vous au lieu de asseyez-vous). D?autre part, le verbe « haïr » est usuellement conjugué en « j?haïs » /?ai/ (le verbe a deux syllabes) plutôt que « je hais » /???/ (avec une seule syllabe).
Au Québec, il est courant de dire Fais-toi-z-en pas au lieu de (ne) t?en fais pas.
Sauf dans le registre soutenu, le verbe « être » à la première personne du singulier se rend par la contraction chu (qui rappelle le chui - je + suis - utilisé dans le langage parlé du français métropolitain) ; suivi d?un mot commençant par une voyelle, il cause une liaison en t : Ch?t?un gars patient, Ch?t?arrivé. Un t est également souvent inséré après la seconde personne du singulier : T?é t?un gars patient ou encore, personnalisé d?un toi (familièrement, toé) à la fin : Té t?un gars patient toé. Est se prononce souvent é [e:].
Toujours dans le parler familier, aller à la première personne du singulier est souvent vas au lieu de vais. De plus, je vais + verbe (futur) est souvent modifié en m?as (venant de la prononciation populaire du premier part de la locution m?en vais-je), comme dans M?as t?tuer. Le futur simple est d?ailleurs souvent absent du parler familier, étant remplacé par le futur proche, c?est-à-dire le verbe aller et l?infinitif (par exemple : "Demain, je vais aller magasiner").
Signalons au passage le fameux « M?a aller maller ma malle » (= je vais aller poster mon courrier), dont le sens est le même que le verbe anglais to mail, tous deux venant de l?ancien français « malle(-poste) » (« sacoche portant le courrier »).
Le français québécois permet de remplacer une subordonnée conditionnelle en "si" par une construction à l?infinitif : "Avoir de l?argent, je t?en donnerais" pour "si j?avais de l?argent, je t?en donnerais."
[] Particule « -tu »
La particule -tu est souvent utilisée dans le langage familier quand on pose une question directe (dont la réponse ne peut être que oui ou non) à quelqu?un. Le -tu tient alors le rôle d?un adverbe d?interrogation ou d?exclamation. Ce -tu est dérivé du -ti, particule interrogative du langage populaire en France, tirée du (-)t de la 3e personne verbale accolé au pronom il comme dans "Y en a-t-il d?autres ?" ou "Faut-il être fou ?", perdant graduellement le l comme dans "C?est-y pas possible".[10]
- C?est-tu loin, ça ?
- J?ai-tu l?air fatigué ?
- Y?en a-tu d?autres ?
- Ça vous tente-tu vraiment d?y aller ?
- Faut-tu être cave pas à peu près !
- C?est-tu pas possible, ce qui arrive là !
- Tu vas-tu bien ?
- Ça va-tu ?
- Vous allez-tu y goûter finalement ? (rare, formulation de bas niveau)
Par le fait même, le québécois parlé se rapproche typologiquement des langues qui comblent le paramètre interrogatif par l'insertion d'une particule :
- On a gagné (indicatif) ? On a-tu gagné? (interrogatif)
au lieu d'avoir recours à une autre stratégie syntaxique telle que l'inversion en ancien français :
- M'amie est morte (indicatif) ? Est morte m'amie? (interrogatif)
[] « pis »
Dans la langue parlée, le pis (dérivé de puis) remplace systématiquement le et.
- J'm'en vas à Montréal avec Martin pis Julie.
- On est allé faire un tour pis boire un verre.
- Pis, ça a-tu été aujourd'hui à job?
[] « là »
Toujours dans la langue parlée, l'utilisation du là ponctue très souvent la fin de phrase ou s'ajoute après un mot, voire les deux à la fois. De plus, le là peut parfois être doublé dans le langage populaire.
- J'l'adore cette place-là, moé.
- Moi là, ton char, là, j'l'aurais pas acheté
- Elle est bin cute cette fille-là
- C'est quoi ça là
- Heille! Là-là! Arrête
[] Prépositions
La préposition à est souvent utilisée dans des contextes possessifs, comme en français de France : la voiture à Pierre au lieu de la voiture de Pierre.
Dans de nombreux cas, les locuteurs québécois préfèrent utiliser la préposition à au lieu d?utiliser une expression non prépositionnelle avec ce : par exemple, à matin ou à soir au lieu de ce matin et ce soir. Notez aussi à cette heure, prononcé et parfois écrit asteure ou astheure pour maintenant, qu?on peut trouver dans les écrits de Queneau ou Montaigne.
Cet usage de à est considéré familier et n?est pas utilisé dans le langage écrit.
La combinaison de la préposition sur se contracte lorsqu?elle est suivie d?un article défini : sur + le ? sul ; sur + la ? sua ou sâ (le a est allongé); sur + les ? sés (le é est allongé). La préposition dans est aussi sujette à contraction : dans + les ? dins, dans + le ? danl, dans + la ? dan (la voyelle est allongée), parfois dans + un ? dun.
[] Pronoms
En parler familier, a est utilisé à la place de elle : A m?énarve ! ? Elle m?énerve !. Y ou i est également utilisé à la place de il, ils, ou elles, comme en français de France courant : Y sont fous. È est parfois utilisé pour Elle est : È folle, ou même un "à" long peut prendre la place de "elle". Exemples : "elle ne veut pas", devient rapidement "à veut pas". Ces utilisations étaient fréquentes dans le français du XVIIe siècle et ne sont donc pas caractéristiques du français québécois, mais d?un français qui a tout simplement été oublié par les français de France.
Il est courant de dire chez nous, chez vous et chez eux au lieu de chez moi, chez toi ou chez lui/elle, même si la personne concernée vit seule.
Le pronom « nous » n?est utilisé comme sujet (à l?oral) que dans le registre soutenu. C?est plutôt « on » qui est utilisé. Ainsi, « Nous allons souper » se dit "On va souper". "Qu?allons-nous faire ce soir ?" devient "Qu?est-ce qu?on fait à soir ?" ou alors « On fait quoi à soir ? ». C?est également le cas en français métropolitain parlé.
À l?oral, il est aussi fréquent d?omettre le sujet lors de l?utilisation du verbe être et qu?il n?y a pas d?ambiguïté. Par exemple, sont belles pour elles sont belles. C'est aussi le cas en ce qui concerne la suppression facultative du sujet avec certains verbes impersonels: (y) faut pas pour il ne faut pas; (y) manque pas personne pour il ne manque personne.
[] Lexique du français québécois
[] Variations sociolinguistiques et régionales
[] Variations sociolinguistiques
Le français québécois a une variété de registres, allant du français officiel, fortement influencé par le français européen moderne et avec des traits phonétiques effacés, préservant cependant fortement de nombreux traits québécois, jusqu?au joual.
Le français québécois fut autrefois stigmatisé, parmi les Québécois eux-mêmes comme parmi les Français d?Europe et les anglophones, comme étant un dialecte de bas étage, parfois à cause de l?usage des anglicismes, parfois simplement à cause de ses différences d?avec le français européen, perçu comme étant la référence. Jusqu?en 1968, on n?entendait pas de vocabulaire du français québécois dans les pièces de théâtre par exemple, et cette année-là, l?immense succès de la pièce de Michel Tremblay, Les Belles-S?urs, s?avéra être un tournant.
Aujourd?hui toutefois, les francophones au Québec ont bien plus de liberté de choisir un « registre » en parlant et les personnages d?émissions télévisées ont presque toujours un parler « réel » de tous les jours plutôt qu?un français « officiel ». En Europe, le français québécois est perçu comme étant un langage parfois difficile à comprendre. D?où la présence de sous-titres dans certains films québécois présentés en Europe francophone.
[] Variations régionales
Des différences régionales remarquables existent lorsqu?on compare, par exemple, le français du Sud du Québec et celui du Saguenay?Lac-Saint-Jean. Par exemple, le français du Sud du Québec diphtongue dans plus de cas que le français de la région de la ville de Québec.
Le français du Sud du Québec est la variété la plus proéminente du français canadien.
[] Parenté et voisins linguistiques
[] Variétés régionales du français
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- Français acadien - parlé principalement au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, Canada
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- Français cadien - parlé en Louisiane, États-Unis
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- Français de Terre-Neuve - parlé à Terre-Neuve-et-Labrador (Canada)
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- Français d'Afrique - parlé en Afrique francophone
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- Français des Amériques - ensemble des variétés coloniales du français populaire parlées dans les Amériques, regroupant le français québécois, le français cadien ou français louisianais, le français métis du Manitoba et de la Saskatchewan (à ne pas confondre avec le michif qui est une langue mixte), le français du Missouri (comté de Sainte-Geneviève), aux États-Unis, le français de l'île Saint-Barthélemy, parlé dans la paroisse "Sous-le-Vent" de l'île et le français acadien.
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- Français de Belgique - parlé en Belgique
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- Français de France ou Français métropolitain - parlé principalement en France métropolitaine
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- Français de Suisse - parlé en Suisse romande
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[] Langues mixtes et créoles issues du français (en A.N. et aux Caraïbes)
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- Chiac - (fr. + anglais) parlé au Nouveau-Brunswick, Canada
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- Créole haïtien - (fr. + langues d?Afrique de l?Ouest) parlé en Haïti et en diaspora haïtienne
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- Créole martiniquais et créole guadeloupéen - (mêmes origines que celles du créole haïtien) parlé aux DOMs de la Martinique et de la Guadeloupe
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- Créole louisianais - (mêmes origines que celles du Créole haïtien) parlé en Louisiane, États-Unis
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- Créole bourbonnais - ensemble de créole français, regroupant les créoles français parlés dans l'océan Indien.
[] Notes et références
- ? a? b? Population selon la langue maternelle et les groupes d?âge, chiffres de 2006, pour le Canada, les provinces et les territoires ? Données-échantillon (20 %)
- ? Les deux langues du Canada sont le français (régi par l?Office québécois de la langue française) et l?anglais : Commissariat aux langues officielles
- ? Henri Wittmannn, Le français de Paris dans le français des Amériques[pdf], Proceedings of the International Congress of Linguists 16.0416 (Paris, 20-25 juillet 1997). Oxford: Pergamon (CD edition)
- ? Adjutor Rivard, Études sur les parlers de France au Canada. Québec: Garneau, 1914.
- ? Yves-Charles Morin Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec, Revue québécoise de linguistique Volume 31, numéro 1, 2002
- ? http://www.tlfq.ulaval.ca/presentation/
- ? http://franqus.usherbrooke.ca/problematique.php
- ? Bien que cette réalité linguistique est ressentie comme "dérangeante" par un certain nombre de Québécois, le recul du vouvoiement dans le français québécois est bien documenté dans la recherche scientifique: Lambert, Wallace E. (1967), « The use of tu and vous as forms of address in French Canada. A pilot study. » Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior 6.614?617; Lambert, Wallace E. & George R. Tucker (1976), Tu, vous, usted: A sociopsychological study of address patterns. Rowley : Newbury House; Deshaies, Denise (1991). « Contribution à l'analyse du français québécois : étude des pronoms personnels. » Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée 10:3.11-40; Vincent, Diane (2001). « Remarques sur le tutoiement et le vouvoiement en français parlé au Québec », Actes du colloque La journée du Québec, Institut d'études romanes, Université de Copenhague, 11-22; Peeters, Bert (2009). « Tu ou vous? » In: B. Peeters & N. Ramière (eds), Tu ou vous: L'embarras du choix. Limoges: Lambert-Lucas.
- ? Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres ? Académie française. Consulté le 14 août 2008.
- ? La particule postverbale -ti a été notée pour la première fois dans Gaston Paris (1887). « Ti, signe d'interrogation. » Romania 6.438-442. Au 19e siècle, cette particule était encore le moyen le plus répandu pour indiquer l'interrogation dans les dialectes de la langue d'oïl. Par contre, dans les variétés du français populaire dérivées de la koinè de Paris autres que celles parlées en Amérique du Nord, elle a été évincée au profit de la particule esk en position de complémenteur: On a gagné (indicatif) ? Esk on a gagné? (interrogatif).
[] Bibliographie
- Gaston Dulong, Dictionnaire des canadianismes, Larousse, [Montréal], 1989, 461 p. (ISBN 2920318071)
- Claude Poirier (dir); rédaction : Steve Canac-Marquis ... [et al.], Dictionnaire historique du français québécois : monographies lexicographiques de québécismes, Presses de l'Université Laval, Sainte-Foy, 1998, 640 p. (ISBN 2763775578)
- Lionel Meney, Dictionnaire québécois-français, Géurin, Montréal, 1999, 1884 p. (ISBN 2760154823)
- Société du parler français au Canada, Glossaire du parler français au Canada, Action social, Québec, 1930, 709 p.
- Luc Ostiguy et Claude Tousignant, Le français québécois : normes et usages, Guérin universitaire, Montréal, 1993, 247 p. (ISBN 2760133303)
- Noël Corbett, Langue et identité. Le français et les francophones d?Amérique du Nord, Presse de l'Université Laval, Québec, 1990, 398 p. (ISBN 2763772382)
- Françoise Labelle, « Les aspects phonétiques les plus répandus du français québécois » sur www.uqac.ca, 2004, Université du Québec à Chicoutimi. Consulté le 6 octobre 2008
- Jean-Marcel Léard, Grammaire québécoise d'aujourd?hui : comprendre les québécismes, Guérin universitaire, Montréal, 1995, 237 p. (ISBN 2-7601-3930-1)
- Robert Fournier et Henri Wittmann, Le français des Amériques, Presses universitaires de Trois-Rivières, Trois-Rivières, 1995, 334 p. (ISBN 2-9802307-2-3)
[] Liens externes
- Histoire du français au Québec
- Office québécois de la langue française
- Grand dictionnaire terminologique (considéré comme le « dictionnaire » du français québécois)
- Base de données lexicographiques panfrancophones
- PHONO - synthèse des principales caractéristiques phonétiques du français québécois
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Français québécois



