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Garrot

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Garrot

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Cet article concerne les premiers secours, et les gestes pour arrêter une hémorragie.

Pour les articles homonymes, voir Garrot (homonymie).

Premiers secours > Gestes de première urgence > Garrot


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Le garrot est un geste destiné à arrêter une hémorragie d'un membre lorsqu'aucune autre méthode n'est efficace. La technique consiste à comprimer l'artère du membre contre l'os en utilisant un lien de tissus large et non élastique, c'est une méthode dite de « compression à distance ».

La pose du garrot n'est possible qu'au bras (entre l'épaule et le coude) pour les hémorragies au membre supérieur, et sur la cuisse (entre la hanche et le genou) pour les hémorragies au membre inférieur. Il est important de noter l'heure de pose du garrot sur un papier épinglé aux vêtements de la victime (cette information sera précieuse pour l'équipe médicale).

Sommaire

[] Pourquoi est-il indispensable de noter l'heure de pose d'un garrot ?

Lors de la pose d'un garrot, on stoppe la circulation sanguine afin de stopper l'hémorragie. Or les cellules contiennent dans leur liquide intracellulaire, une concentration d'ions K+ plus importante que dans le milieu extracellulaire, provoquant donc un gradient de K+ qui sortent en grand nombre. Ceci s'explique de la manière suivante:

  • le potentiel d'équilibre de l'ion K+ :


E(K^+) =  \frac{R\times T}\times ln \left(\frac}}\right)

z étant la charge, F le nombre de Faraday, T la température , R une constante et [K+] la concentration de K+

  • le potentiel de membrane de la cellule :
 Vm = \frac{g(Na)\times E(Na) + g(K)\times E(K)}{g(Na) + g(K)}

g étant la conductance et la présence de Na s'expliquant par le fait que les deux cations s'échangeants dans la cellule sont Na et K, Na entrant et K sortant.

On remarque donc que si [K+]extracellulaire augmente, comme dans le cas d'un garrot puisque cet ion ne peut circuler. Le danger se trouve donc si on enlève le garrot après 20 min c'est à dire le temps où K+ s'est accumulé de manière très forte dans le liquide extracellulaire. L'augmentation de la concentration de K+ à l'extérieur des cellules va entrainer une augmentation de E(K) (cf formule ci dessus) et cette dernière entrainant une augmentation de Vm (cf formule). Ce qui va avoir pour conséquence, un équilibre de l'ion K+ de part et d'autre de la membrane cellulaire et donc une sortie de la cellule vers l'extérieur moins importante de K+ . Cependant la sortie de ces ions ont un rôle important dans la repolarisation de la cellule cardiaque. La sortie moindre de K+ par équilibre de part et d'autre de la membrane entraîne une repolarisation mois efficace, une perte de potentiel d'action et donc l'arrêt cardiaque.

Quand le saignement autorise un point de compression, il est préférable au garrot si les secours devaient arriver après 20min. Dans une situation où le garrot est indispensable pour l'arrêt du saignement, ce dernier sera retiré par le corps médical uniquement qui, en simplifiant, desserrera doucement le garrot pour permettre une irriguation progressive des organes privés afin de contrôler le flux de K+ remontant au c?ur afin de prévenir un arrêt cardique. Un arrêt cardiaque provoqué par les ions K+ est irréversible !!

[] Quand pose-t-on un garrot ?

Un garrot doit se poser sur un membre qui saigne abondamment, après la protection, lorsque l'on ne peut pas arrêter l'hémorragie d'une autre manière. Les cas typiques sont :

  • les autres techniques (appui manuel direct ou point de compression) se sont révélées inefficaces ou impossibles à réaliser, par exemple :
    • hémorragie du membre inférieur sur une personne assise dans un véhicule,
    • la compression directe n'est pas possible (la blessure est trop grande, ou bien inaccessible, ou bien il y a un objet planté dedans), et le point de compression est inefficace ;
  • le sauveteur a arrêté l'hémorragie avec un point de compression, mais il doit délaisser la victime pour s'occuper d'une autre détresse vitale ou aller prévenir les secours ; on posera alors le garrot avant de relâcher le point de compression ;
  • le sauveteur est face à de nombreuses victimes, il parre au plus pressé et pose un garrot en première intention pour pouvoir s'occuper le plus rapidement possible des autres.

En cas de morsure par un serpent par exemple, il ne faut pas mettre de garrot, contrairement à ce que beaucoup de personnes croient.

[] Polémique autour du garrot

L'opportunité de la pose du garrot est évaluée de manière différente selon les pays. Les deux extrêmes sont représentés par les États-Unis et la France :

  • aux États-Unis, le geste est réservé aux secouristes professionnels (paramedics), et uniquement dans les cas d'extrême urgence (nombreuses victimes ou hémorragie incontrôlable même avec un clamp) ; la perte du membre est considérée comme un risque majeur, et notamment un risque juridique (risque d'être poursuivi par la victime ou sa famille) ;
  • en France, le geste etait enseigné au grand public, il ne l'est plus. Un garrot ne doit etre posé par un secouriste non professionnel que si un medecin (SAMU par exemple) en donne l'ordre.


[] Cas de la France

Pendant de nombreuses années, on a dit « le garrot doit être absolument évité, il y a un risque de perdre le membre » et « le garrot doit être desserré toutes les demi-heures afin de continuer à irriguer le membre ». On trouvait par ailleurs des garrots élastiques dans les trousses de secours.

On a depuis 1991 une approche complètement différente. Maintenant, la pose du garrot est une technique d'arrêt des hémorragies comme une autre, il se fait avec un lien non élastique, et il ne faut le desserrer sous aucun prétexte, pour les raisons suivantes.

Le risque de perdre le membre est réel, mais survient au bout de 6 h ; en France, la victime aura été prise en charge depuis longtemps. Par ailleurs, la médecine a fait des progrès, on sait maintenant réagir aux toxines libérées par la mort des cellules (rhabdomyolyse, syndrome des ensevelis dit « de Bywater »). Par contre, ne pas poser de garrot peut entraîner la mort de la victime ! Le rapport bénéfice/risque penche nettement en faveur de la pose du garrot.

Concernant le garrot élastique : il est utilisé lors des prises de sang ou pour les injections, sont rôle est de favoriser l'écoulement du sang, pas de l'arrêter...

Si maintenant on desserre le garrot, le sang va affluer vers le membre blessé. Or, celui-ci étant privé d'apport d'oxygène, les muscles vasoconstricteurs, qui limitent la circulation dans les vaisseaux sanguins, sont complètement relâchés (vasodilatation), et un certain nombre de vaisseaux sont vides de sang. Une grande quantité de sang va donc passer du reste du corps dans le membre, ce qui va faire brusquement chuter la pression du sang au niveau du c?ur, et risque de désamorcer la pompe cardiaque (hypovolémie relative). Desserrer le garrot peut donc entraîner en soi un arrêt de la circulation ! Par ailleurs, cela va faire reprendre le saignement (perte supplémentaire de sang), et les cellules du membre étant en déficit de dioxygène et en excès de dioxyde de carbone, le sang va repartir de membre très pauvre en dioxygène et très riche en dioxyde de carbone, ce qui va entraîner d'une part une accélération de la ventilation (pour éliminer le CO2 et apporter de l'O2), et d'autre part une acidose du sang (diminution du pH).

La notion de desserrer le garrot est parfois enseignée dans les pays où la structure des secours ne permet pas une prise en charge rapide de la victime. Ceci est totalement hors de propos en France, les personnes voyageant dans ces pays-là sont invitées à demander conseil à un médecin.

La ligne directrice en France donnée par les réformes de 1991 et 2001 sont claires : on ne doit pas hésiter à poser un garrot si nécessaire, qui sera un lien large non élastique et qui doit être maintenu serré.

Les nouvelles formations SST et PSC1 banissent à nouveau le garrot. Un pansement compressif est la seule option possible

 
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Garrot
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