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L'Indonésie, le plus grand archipel au monde, est située entre la péninsule d?Asie du Sud-Est et l?Australie, et les océans Indien et Pacifique.
La langue officielle est l?indonésien (bahasa indonesia), mais de nombreuses langues régionales sont pratiquées (javanais, balinais, sondien...). L?Indonésie est une république séculaire. Elle possède la plus grande population de musulmans au monde.
[] Histoire
[] Des premiers siècles à la Seconde Guerre mondiale
Entre le VIIe et le XIVe siècle, plusieurs royaumes thalassocratiques apparurent sur les îles de Sumatra et de Java (Royaumes de Sri Vijaya et de Majapahit). Ces empires maritimes de culture « indo-bouddique » s'étendaient de l'Indonésie et la Malaisie jusqu?aux Philippines. La société était divisée selon le système très hiérachisé des castes de l?Inde.
Les Européens arrivèrent au début du XVIe siècle et découvrirent de nombreux petits états dirigés par des princes possédant chacun son secteur d?activité. En s?associant avec certains de ces princes, les marchands européens parvinrent à organiser un commerce florissant des épices, but premier de leur présence dans la région (au XVIe siècle (un gramme de clou de girofle valait alors plus qu?un gramme d?or). Au XVIIe siècle, les Hollandais étaient la puissance européenne dominante dans la région, devant les Britanniques et les Portugais (qui contrôlaient toutefois le Timor).
Les Hollandais de la Compagnie des Indes orientales n?avaient en Indonésie qu?un but commercial et n?ont à aucun moment cherché à mettre en valeur le territoire en dehors des exploitations agricoles. L?esclavage était très répandu et la fiscalité très lourde. Dans les écoles hollandaises, la discrimination règnait. Seuls les Indonésiens d?origine chinoise étaient tolérés ; les autres de race « malaise » (la très grande majorité) étant considérés comme incapables de s?instruire.
À la suite de la faillite de la Compagnie des Indes orientales, le gouvernement hollandais prit possession des territoires au XIXe siècle.
La Couronne de Hollande, après le Puputan (suicide collectif) à Bali en 1910 et l?écho négatif qu?il eut en Occident (grâce aussi à l?écrivain Vicky Baum pour son livre « Sang et volupté à Bali »), décida d'une politique sociale et éducative pour l?archipel. La Seconde Guerre mondiale mettra fin à cet élan tardif.
[] De l?indépendance à nos jours
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Japon envahit et occupa la majorité des îles. Les nationalistes comme Soekarno en profitèrent pour développer leur mouvement: en 1942, un Centre du pouvoir Populaire (PUTERA) fut créé et la levée d'une "Armée de défenseurs volontaires de la patrie" (PETA) autorisée par les Japonais. Sous leur égide, la Charte de Jakarta - Préambule de la future constitution - fut crée ainsi qu'un Comité pan-indonésien pour préparer l'indépendance. Mais celle-ci, proclamée le 17 août 1945, sera difficilement acceptée par les Pays-Bas.
Après la proclamation de l'indépendance, les forces de la PETA reconquirent l'archipel. Une république fut proclamée, avec à sa tête Hatta, comme Président et Soekarno vice-Président. Le pays fut divisé en 8 provinces, chacune dirigée par un gouverneur dépendant directement du Président. Alors qu'ils avaient accepté la création "d'États-unis d'Indonésie" lors des accords du 16 novembre 1946, les Hollandais organisèrent deux "opérations de police" pour tenter de reprendre le contrôle de l'archipel. À la fin de la guerre en 1945, les Indonésiens déclarèrent l?indépendance avec à leur tête Soekarno. Les Hollandais concédèrent l?indépendance en 1949 et Soekarno devint alors le premier président du pays.
Soekarno songeait dès le début des années 60 à former un gouvernement d?union nationale (le NASAKOM) regroupant toutes les tendances politiques du pays ; en 1964 trois ministres membres du Parti communiste indonésien (PKI) sont nommés.
Le 30 septembre 1965, le lieutenant-colonel Untung, commandant d?un bataillon de la garde personnelle de Soekarno, officier alors inconnu et homme de gauche, prend la tête d?un Conseil Révolutionnaire qui prétend déjouer un autre coup d?état dont les protagonistes, six généraux et un capitaine seront torturés et assassinés avant l?aube du 1er octobre. Le général Hadji Mohamed Suharto, commandant alors les réserves générales de l?armée, intervient aussitôt, reprend la Poste et la Radio nationale et reprend en 48 heures le pouvoir aux rebelles. Très vite et dans tout le pays, s?ensuivit pendant des mois une chasse aux communistes de l?ampleur d?un génocide (plus de 500 000 morts) ; chaque ville, village ou ferme subit le nettoyage : des familles entières furent exécutées par haine des musulmans contre les communistes athés, par excès de certaines unités militaires ou par vengeance personnelle. Le 11 mars 1966, Suharto reçoit une partie des pouvoirs de Soekarno et devient président un an plus tard.
Pendant les trente-trois ans de son règne sans partage, Hadji Mohamed Suharto et sa famille se sont enrichis considérablement à la faveur de la forte croissance que connaissait le pays. En 1998, suite à la crise économique asiatique (la monnaie indonésienne perdit 80% de sa valeur), après de nombreuses manifestations dans tout le pays, et la pression du FMI (Fonds monétaire international), Suharto finit par abandonner son poste le 21 mai 1998.
De 1998 à 2001, le pays eut trois autres présidents.
- Baharuddin Jusuf (B.J.) Habibie du 21 mai 1998 à octobre 1999
- Abdurrahman Wahid surnommé Gus Dur, du 20 octobre 1999 au 23 juillet 2001
- Megawati Sukarnoputri, fille de Soekarno, du 23 juillet 2001 au 20 octobre 2004
Susilo Yudhoyono, actuel président, a battu Megawati Sukarnoputri aux élections de 2004.
Le Timor oriental obtint son indépendance dans la violence en 2002.
Le pays à l?heure actuelle souffre de son économie, de sa politique interne et de conflits religieux. À cela s?ajoutent les mouvements sécessionnistes au Nord de Sumatra (Aceh), en Papouasie (Irian Jaya) ainsi que dans l?archipel des Moluques où se déroule des troubles très violents (largement organisés et instrumentalisés par des factions au pouvoir en Indonésie) entre chrétiens d?une part et musulmans (accourus essentiellement de Java) d?autre part.
Voir aussi : Shrîvijaya ~ Singhasari ~ Empire Majapahit
[] Politique
Article détaillé : Politique d'Indonésie
Le pouvoir exécutif revient au président et à ses conseillers. Le parlement indonésien est bicaméral : il est constitué du Congrès du peuple et l?Assemblée représentative du peuple, chacun élu pour cinq ans.
L?Indonésie est membre de l?ASEAN (Association des nations d?Asie du Sud-Est).
Le second tour de l'élection présidentielle du 20 septembre 2004 opposait la présidente sortante Megawati Sukarnoputri, du PDI-P au général à la retraite et ancien ministre Susilo « Bambang » Yudhoyono dit SBY du Parti démocrate. Avec une participation d?environ 80% (soit 155 millions d?électeurs), Susilo « Bambang » Yudhoyono confirme son avance du premier tour et sera bientôt investi président avec Mohammed Youssouf Kalla au poste de vice-président.
L?idéologie d?État, appelée « Pancasila » (les cinq principes), impose le principe de l?existence d?un dieu suprême. Il n?y a donc pas de place pour l?athéisme, mais l'islam, malgré la proportion écrasante de musulmans, n'est pas religion officielle.
L'île touristique de Bali a été frappée à deux reprises par des attentats: le 12 octobre 2002, dans la ville de Kuta, 202 personnes ont été tuées et 209 autres blessées. La plupart des victimes étaient des touristes étrangers, principalement australiens. En août 2004, le chef de l'organisation Jamaah Islamiyah, un groupe cité comme étant lié à Al-Qaïda et souvent accusé d'être l'instigateur de cette attaque, a été inculpé pour avoir « organisé ou motivé des personnes afin de perpétrer des actes terroristes » ou « fourni de l'assistance ou facilité la réalisation d'un acte terroriste » dans le cadre des attentats de l'hôtel Marriott de Jakarta et de l'attaque de Bali.
Le 1er octobre 2005, des explosions ont tué 27 personnes et en ont blessé une centaine, sur la plage de Jimbaran et dans le centre-ville de Kuta.
[] Provinces
Article détaillé : Provinces d'Indonésie
Actuellement (mi-2005), l?Indonésie est constituée de trente provinces (propinsi), de deux régions spéciales (daerah istimewa) et du district spécial de la capitale (daerah khusus ibukota). Chaque province est divisée en districts qui sont à leur tour divisés en sous-districts et communes.
Les provinces sont :
Aceh et Yogyakarta sont des régions spéciales. Jakarta forme le district spécial de la capitale.
[] Géographie
Article détaillé : Géographie de l'Indonésie
Les 17 000 îles de l?Indonésie (dont 6 000 inhabitées) sont réparties autour de l?équateur donnant à ce pays un climat tropical. Les plus grandes îles sont Java où habite près de la moitié de la population, Sumatra, Bornéo (qui est partagé avec la Malaisie), Irian Jaya (partie occidentale de la Nouvelle-Guinée) et l?archipel des Sulawesi ou Célèbes.
L?île de Roti est la terre la plus au sud de l?archipel.
L?Indonésie se situe dans une zone friction tectonique, sur la ceinture de feu du Pacifique. C?est la zone volcanique la plus active du monde avec environ 130 volcans en activité. Les tremblements de terre sont donc fréquents et souvent suivis de tsunamis. Le pays est aussi riche en volcans avec notamment le célèbre et disparu Krakatoa. Le tsunami du 26 décembre 2004 a fait, d'après le bilan provisoire du 19 janvier 2005, 166 320 morts confirmés.
[] Économie
Article détaillé : Économie de l'Indonésie
L?Indonésie a connu de graves problèmes économiques à l'issue de la crise de 1998, mais l?économie semble se stabiliser depuis quelques années. Le pays a beaucoup de ressources naturelles telles que le pétrole, dont il devient cependant importateur net en 2005, le gaz naturel, l?étain, le cuivre et l?or. L?agriculture produit principalement du riz, du thé, du café, des épices et du caoutchouc.
Les partenaires économiques majeurs de l?Indonésie sont le Japon, les États-Unis d'Amérique et les pays avoisinants tels que Singapour et la Malaisie. L?Indonésie fait partie de la Coopération Économique Asie Pacifique (APEC).
Le tourisme est également une source importante de revenu pour le pays. Cepedant, après le terrible tremblement de terre du 26 décembre 2004, et suites aux récents attentats perpétrer par la Jamaah Islamiyah, ce revenu a été substantiellement diminué, rendant la situation économique d'autant plus fragile.
[] Démographie
La population indonésienne est en grossièrement divisée en deux groupes : les habitants de l?ouest du pays, principalement malais, et ceux des régions de l?est, qui sont papous. Toutefois, la structure ethnique est plus complexe avec plusieurs tribus traditionnelles vivant à l?intérieur des îles de Bornéo et Irian Jaya et les Chinois qui constituent une importante minorité (environ deux à trois millions d'individus). Malgré leur réussite économique, ils souffrent souvent d?une intégration difficile dans la population locale.
L?islam est la religion dominante du pays, adoptée par 87% de la population. Les autres religions sont le christianisme (9%), le bouddhisme (2%) et l?hindouisme (1%), cette dernière étant essentiellement pratiquée sur l?île de Bali. La montée de courants fondamentalistes religieux doublée de problèmes économiques ont souvent instrumentalisé des tensions qui se sont crispées sur les lignes ethniques et religieuses. Les minorités chrétiennes et chinoises ont subi cette politique de bouc-émissaire, notamment aux Moluques.
La langue officielle, l?indonésien ou le Bahasa Indonesia, dérivé du malais, est parlé par à peu près tout le monde bien que de nombreux dialectes soient employés localement en langue principale.
[] Culture
A faire
[] Autres sujets
[] Bibliographie
- Max Havelaar, de l?auteur hollandais Multatuli, qui critique ouvertement l?attitude qu?avaient les Hollandais vis à vis des Indonésiens, l?a rendu très célèbre dans le monde.
- Indonésie, la nouvelle donne, de l?auteur français Philippe Raggi (Éd. de l?Harmattan, 2000) qui traite des premières années de l?après-Suharto et des premiers pas de l?Indonésie démocratique sous la présidence d?Abduhraman Wahid dit « Gus Dur ». Bonne petite introduction pour découvrir ce pays méconnu qui est, soulignons-le, le quatrième mondial par sa population (215 millions) et le premier pays musulman du monde ? et qui n'est pas un État islamique.
- L'armée et le pouvoir en Indonésie de Françoise Cayrac Blanchard (Édition L'Harmattan, 1992).
- Indonésie - un demi-siècle de construction nationale de Françoise Cayrac Blanchard, Stéphane Dovert et Frédéric Durand (Édition L'Harmattan, 1992).
[] Voir aussi
[] Articles connexes
[] Liens externes
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