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Jeanne d?Arc (6 janvier 1412 ? 30 mai 1431) surnommée la Pucelle d?Orléans, est une figure emblématique de l'histoire de France. Jeanne, très pieuse, aimait se rendre, chaque samedi, prier en l?église de Bermont, près de Greux. Durant la guerre de Cent Ans, elle mena les troupes françaises contre l?envahisseur anglais mais fut finalement capturée et mise au bûcher après un procès en hérésie.
Ses réponses lors de son procès, dont les minutes ont été conservées, révèlent une jeune femme dotée de courage, de franchise et d'un esprit de répartie saillant, ce qui explique sans doute comment elle avait su galvaniser ses troupes.
[] Contexte
Jeanne est née à Domrémy, aux marches de Lorraine, dans une famille de paysans nommée « Darc » (assez aisés et appelés laboureurs), pendant la guerre de Cent Ans opposant la France à l?Angleterre. Les Anglais avaient perfectionné l'arc et étaient de meilleurs archers, ils étaient également plus disciplinés d'où leur supériorité militaire.
Chez les chefs militaires de cette époque, tous parlaient de cette arme ancienne remise au goût du jour.
Une partie du territoire français est occupée par les Anglais alliés aux Bourguignons. La France n?a plus de roi sacré depuis la mort de Charles VI, dit Charles le Fol, en 1422. Bien qu?il laisse un héritier, le Dauphin Charles, la couronne de France est revendiquée pour le roi d'Angleterre encore mineur, Henry VI.
Ceci est le résultat du traité de Troyes signé entre Isabeau de Bavière, reine de France et régente, et Henry V en 1420 à la suite du désastre subi par la chevalerie française à Azincourt cinq ans plus tôt. Selon les termes du traité, Henry est marié à Catherine, fille de Charles VI ; à la mort de Charles la couronne reviendrait à leur descendance, réunissant les deux royaumes. Ce traité spolie le Dauphin de son droit de succession et est contesté par la noblesse française.
[] De Domrémy à Chinon : 1428-Février 1429
À 13 ans, Jeanne affirme avoir entendu des voix célestes, des Saintes Catherine et Marguerite et de l?archange Saint Michel lui demandant d?être pieuse, de libérer le royaume de France de l?envahisseur et de conduire le Dauphin sur le trône. Après beaucoup d?hésitations, à 16 ans, elle se met en route. Arrivée à la ville voisine, elle demande à s?enrôler dans les troupes du Dauphin. Sa demande est rejetée deux fois, mais elle revient un an plus tard et Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, accepte de lui donner une escorte, résigné face à la ferveur populaire de la ville où Jeanne s'était fait une petite notoriété, notamment en allant rendre visite au duc malade Charles de Lorraine.
Portant des habits masculins (ce qu?elle fera jusqu?à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques), elle traverse incognito les terres bourguignones et elle se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le Dauphin Charles après reception d?une lettre de Baudricourt. L?anecdote raconte qu?elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu ses courtisans, et lui parle de sa mission. Par superstition, Jeanne est logée dans la tour du Coudray, celle où Jacques de Molay fut emprisonné et aurait prononcé sa célèbre malédiction. Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans. Après l?avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des matrones constatent sa virginité, et fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord sur son plan de libération d?Orléans assiégée par les Anglais. Jeanne commence une série de trois sommations destinées aux Anglais.
[] Jeanne la Pucelle, chef de guerre : Avril 1429 - Mai 1430
Ses frères la rejoignent. On l?équipe d?une armure et d?une bannière blanche frappée de la fleur de lys. En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l'armée de secours et fait précéder ses troupes d'ecclésiastiques. Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d'Orléans, dit le Bâtard d'Orléans, futur comte de Dunois. Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre s?annoncent réservés. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429. Après cette victoire, célébrée chaque année à Orléans ces deux jours, on la surnomme la Pucelle d?Orléans. Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429 remportée face aux Anglais, elle persuade le Dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France.
Pour arriver à Reims, l'équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n'ont pas de raison d'ouvrir leurs portes, et que personne n'a les moyens de contraindre militairement. Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes, entraine la soumission de la ville mais aussi de Châlon et Reims. Dès lors, la traversée est possible. Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d?Arc, Charles VII est sacré par Regnault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix.
Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d'anecdotes où les contemporains y verront régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l'histoire officielle de Jeanne d'Arc. La découverte miraculeuse de l?épée dite de « Charles Martel » sous l?autel de Sainte Catherine-en-Fierbois, en est un exemple.
Dans la foulée, Jeanne d?Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Une attaque est menée par Jeanne sur Paris, mais doit être rapidement abandonnée. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l?argent et les vivres manquaient et la discorde régnait au sein de son conseil. C?est une retraite forcée vers la Loire, l?armée est dissoute.
Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et donc rien ne la distingue des chefs de guerres indépendants, elle ne représente plus le roi. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux comme Perrinet Gressard, sans beaucoup de succès. Jeanne est alors conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire. Jeanne s'échappera rapidement de sa prison dorée, pour répondre à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Finalement, elle est capturée lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaye de s?échapper par deux fois, mais elle échoue. Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre. Elle est rachetée par les Anglais pour 10 000 livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.
[] Le procès en condamnation : 9 janvier 1431 ? 30 mai 1431
Elle est accusée d?hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans le donjon du château de Philippe Auguste, seule une tour de la construction est parvenue jusqu?à nous et appelée maintenant Tour Jeanne d?Arc. Le procès débute le 21 février 1431. Jugée par l?Eglise, elle reste néanmoins emprisonnée dans les prisons anglaises, au mépris du droit canon. Si ses conditions d?emprisonnements était particulièrement difficile, Jeanne n?a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c'est-à-dire à la torture.
- « Sur l?amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n?en sais rien, mais je suis convaincue qu?ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. » Jeanne d?Arc à son procès (le 15 mars 1431)
Les enquêteurs, conduits par l?évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l?Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d?homme, d?avoir quitté ses parents sans qu?ils lui aient donné congé, et surtout de s?en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu?à celui de « l?Église militante », c?est-à-dire l?autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. L?université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d?être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d?hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au pape, ce qui sera ignoré par les juges.
Le 24 mai, les juges mettent en scène une parodie de bûcher pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaitre ses fautes. Jeanne sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l?incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d?une croix (alors qu'elle savait ecrire son nom) l?abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l?autorité de l?Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S?estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d?homme (dans des conditions obscures).
Déclarée relapse (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au bras séculier.
Le lendemain, 30 mai 1431, elle est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen. Elle rendit l?âme en criant trois fois « Jésus ». Ses cendres furent ensuite dispersées dans la Seine.
[] Le procès en Réhabilitation : 1455-1456
Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape Calixte III, casse en 1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » de la part des juges. Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges. Il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. Il ordonne également l?« apposition [d?une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte. La plupart des juges du premier procès dont l'évêque Cauchon, sont décédés entre temps.
Voir sur Wikisource la Sentence de réhabilitation de Jehanne la Pucelle (7 juillet 1456).
[] Jeanne d?Arc et son époque : Enjeux et problèmes
[] Jeanne d'Arc et ses contemporains
Jeanne d'Arc fut très populaire de son vivant, la chevauchée vers Reims la fait connaître également à l'étranger. Elle commence à recevoir des courriers sur des questionnements théologiques venant de nombreuses contrées. On lui demandera son avis sur lequel des papes alors en concurrence est le vrai. Jeanne d'Arc se rapproche des ordres mendiants. Elle était une des nombreux prédicateurs en cette époque se disant directement envoyés de Dieu. Même si l'objet principal de sa mission est la restauration du trône de France, la Pucelle prend parti de fait sur le plan théologique et fait débat. Les conflits d'intérêts autour d'elle dépassent la rivalité politique entre les Anglais et les partisans du Dauphin.
Ainsi l?université de Paris, qui était « remplie des créatures du roi d'Angleterre » ne la voit pas d'un bon oeil, à l'opposé des théologiens de Poitiers, composée des universitaires parisiens exilés par les Anglais, et également à l'inverse de l'archevêque d'Embrun, des évêques de Poitiers et de Maguelonne, Jean Gerson (auparavant chancelier de l'Université de Paris), l'Inquisiteur général de Toulouse, ou encore l'Inquisiteur Jean Dupuy qui ne voyait que comme enjeux « à savoir la restitution du roi à son royaume et l'expulsion ou l'écrasement très juste d'ennemis très obstinés ». Ces gens d'Église, et autres, soutenaient la Pucelle.
Pour l'éminente autorité religieuse qu'était alors la Sorbonne, le comportement religieux de Jeanne dépasse l'enjeu de reconquête du royaume, et les docteurs en théologie de cette institution la considèrent comme une menace contre leur autorité notamment à cause du soutien des rivaux de l'Université, et de ce que la Pucelle représente.
Jeanne n'as pas eu non plus que des amis à la cour du Dauphin, le parti du favori La Trémouille (dont Gilles de Rais était) se placa régulierement en opposition, au conseil du Dauphin, face aux initiatives de la Pucelle.
[] Rôle de Jeanne d'Arc dans la guerre de Cent Ans
Jeanne d'Arc n'a ni influé à elle seule sur la phase finale de la guerre, qui s'est achevée en 1453, ni été inexistante dans le rôle tactique et stratégique de sa campagne. Dunois parle d'une personne douée d'un bon sens indéniable et tout à fait capable de placer aux points clés les pièces d'artillerie de l'époque. Les faits d'armes sont donc à porter à son crédit même si certaines batailles ont été réglées en partie par de curieuses anecdotes.
Sur le plan géopolitique, le royaume de France, même privé de tout ce qui était situé au nord de la Loire, bénéficiait de ressources humaines et matérielles bien supérieures à celles de l'Angleterre qui était quatre fois moins peuplée. La stratégie de Charles V, qui misait sur le temps, en évitant les combats et assiégeant une par une les places, a parfaitement montré les limites de l'invasion anglaise.
Cependant, avant l'intervention de Jeanne d'Arc, les Anglais bénéficiaient d'un avantage psychologique extrêmement important lié à plusieurs raisons : la réputation d'invincibilité de leurs troupes, le traité de Troyes qui déshéritait le Dauphin Charles et mettait en doute sa filiation à l'égard du roi Charles VI, un état d'abattement et de résignation de la population et l'alliance avec la Bourgogne. Dans cette tendance l'avantage numérique du royaume de France était en train de disparaître. Cet situation faisait qu'en 1429 la dynamique était anglaise. Jeanne a eu indéniablement le mérite d'inverser l'ascendant psychologique en faveur de la France, en remontant le moral des armées et des populations, en légitimant et sacrant le roi, et en battant les Anglais. Charles VII a eu lui l'initiative de se racommoder avec les Bourguignons, étape indispensable pour la reconquête de Paris. Jeanne d'Arc visiblement ne portait pas les Bourguignons dans son c?ur à cause de leur proximité avec son village de Domrémy et des heurts qu'il y avait pu avoir.
[] L?enjeu de la virginité de Jeanne d?Arc
En s?appelant ouvertement la « Pucelle », Jeanne accréditait l?idée qu?elle était envoyée de Dieu et non une sorcière, sa virginité symbolise clairement la pureté de Jeanne, aussi bien physiquement, que dans ses intentions religieuses et politiques. Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l?importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité de Charles, et l?amener au sacre.
Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d?accusation contre elle. En vain.
Il est en revanche difficile de savoir ce qu'il s'est passé entre le jugement et le constat de relaps, période où Jeanne a été durement maltraitée par ses geôliers, défigurée. Selon Martin Ladvenu, un lord anglais aurait essayé de la forcer dans sa prison, en vain.
[] Problèmes des sources historiques
Les deux sources principales sur l'histoire de Jeanne d'Arc sont le procès en condamnation de Jeanne de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-56. Etant des actes juridiques, elles ont l?immense avantage d?être des retranscriptions les plus fidèles des dépositions. Mais elles ne sont pas les seules, des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la «Geste des nobles Francois », la « Chronique de la Pucelle », la « Chronique » de Perceval de Cagny, ou encore le «Journal du siège d?Orléans et du voyage de Reims ». Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs.
C?est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi-exhaustive l?historiographie Johannique entre 1841 et 1849, en 5 volumes. Entre le XVe siècle et le XIXe siècle une foule d?écrivains, de politiciens, de religieux se sont déjà approprié Jeanne d?Arc, et les écrits sont très nombreux.
Il faut donc être très prudent dans la manipulation des sources, où finalement très peu d?entre elles sont contemporaines à Jeanne d?Arc, et sont souvent des réinterprétations des sources originelles dans le contexte contemporain à l?historien.
Si l?interprétation est si souvent pratiquée, c?est probablement du fait que les sources originelles doivent être également manipulées avec précaution, bien que les procès soient des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d?être liés à des objectifs politiques évidents, et la méthode inquisitoire supposent bien souvent que l?accusée et les témoins ne répondent qu?aux questions posées. De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin, alors que les interrogatoires étaient en français, vraisemblablement à l?insu de Jeanne.
D?autre part, Philippe Contamine, au cours de ses recherches a constaté que dès l?année 1429, les écrits sont considérables, et constate un « formidable retentissement au niveau international ». A cela s?ajoute de plus Jeanne D?Arc fut d?emblée mis en controverse et fit débat. Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l?auteur. Au commencement était le mythe »
Il apparait donc clair qu?aucun document contemporain de l?époque n?est à l?abri de déformation issue de l?image collective. La question se pose clairement pour le procès de réhabilitation où les contemporains racontent leurs souvenirs à 26 ans d?écarts avec les faits. Néanmoins, la plupart des dépositions sont soutenues par l'autre évidence.
[] Thèses divergentes
[] Thèses sur l?origine de Jeanne d?Arc
Selon la thèse de l'anthropologue Margaret Murray, spécialisée entre autre dans l?étude des procès pour sorcellerie, et particulièrement celui de Jeanne d?Arc, celle-ci fut une de ces victimes désignées, après des personnages comme William Rufus ou Thomas Becket. À la différence près que Jeanne d?Arc fut en quelque sorte une mystification de l?histoire. Il apparaîtrait selon Margaret Murray qu?une inconnue fut brûlée à sa place, et que tout fut savamment orchestré à des fins politiques. Jeanne d?Arc appartenait, selon Margaret Murray, à la mouvance adepte des « cultes de Diane », soit des antiques rites de la fertilité hérités du fond des âges, et dut être d?accord pour exécuter la mission qu?on lui proposait, par idéal et conviction, par amour probablement. Effectivement jugée, et condamnée au bûcher, chef de l?accusation : avoir porté des habits masculins (ce qui était un délit passible de la peine de mort à cette époque), elle disparut de la scène de l?histoire et, rendue à la vie civile, se maria avec un Sieur des Harmoises, ou Armoises, selon les orthographes (voir à ce sujet le paragraphe sur les fausses Jeanne d?Arc, un peu plus bas).
Il est intéressant de noter que l?armoise est une plante ; voici la définition qu?en donne le Petit Robert : XIIe siècle, du latin artemisia, mot grec, plante d?Artémis (on notera la coïncidence de ce nom, « Artémis », qui est à la fois celui du sieur des « Armoises », et celui du « culte de Diane », mentionné plus haut). Plante herbacée à variétés aromatiques? Armoise absinthe. Armoise vulgaire : herbe de Saint-Jean. Armoise dracunculus, (c?est-à-dire armoise du dragon, en italien dragoncella : estragon).
Selon cette thèse, Jeanne d?Arc n'était donc pas une « pauvre paysanne » analphabète entendant des voix en gardant ses moutons comme nous la présente la tradition, même si, étant très pieuse, elle se crut de bonne foi « appelée » par des voix vers son destin. Elle était issue d?une famille de négociants aisés et avait pour occupation quotidienne tout ce qui ressortait de l?éducation des jeunes filles au Moyen Âge, quelle que fût leur condition sociale.
Pendant longtemps sa famille eut un privilège important, supérieur à ceux de la noblesse, puisqu?elle était totalement exemptée d?impôts ; ce qui accréditerait la thèse de Margaret Murray. Cette hypothèse est cependant considérée comme fantaisiste par les historiens contemporains.
[] Les « cons?urs » de Jeanne d'Arc
Jeanne d'Arc ne fut pas un cas unique à son époque. Le Journal d'un Bourgeois de Paris rapporte un sermon entendu le 4 juillet 1431 faisant référence à trois autres femmes :
- « Encore dist il en son sermon qu?ilz estoient IIII, dont les III avoit esté prinses, c?est assavoir ceste Pucelle, et Perronne et sa compaigne, et une qui est avec les Arminalx (Armagnacs), nommée Katherine de la Rochelle ; ? et disoit que toutes ces quatre pouvres femme frère Richart le cordelier (?) les avoit toute ainsi gouvernées ; (?) et que le jour de Noel, en la ville de Jarguiau (Jargeau), il bailla à ceste dame Jehanne la Pucelle trois foys le corps de Nostre Seigneur (?) ; et l?avoit baillé à Peronne, celui jour, deux fois (?) »
De ces trois autres femmes, le même Bourgeois de Paris relate l?exécution de Pieronne qui « estoit de Bretaigne bretonnant » fut brûlée sur le parvis de Notre-Dame le 3 septembre 1430. Et s?il ne la nomme pas, le Formicarium du frère Jean Nider semble décrire la même exécution.
[] Fausses Jeanne d?Arc
Il est arrivé au cours de l?histoire que des imposteurs surgissent, prétendant être une personnalité décédée ayant marqué son temps. Ce fut le cas pour Louis XVII à l?issue de la Révolution, ce fut aussi le cas des faux Dimitri à la mort d'Ivan IV le Terrible, pour la princesse Anastasia, et plus récemment pour Elvis Presley. Il semble en avoir été de même pour Jeanne d?Arc, dont bien des détails de la vie nous sont mal connus.
Plusieurs femmes se présentèrent, affirmant avoir échappé aux flammes. La plupart furent rapidement confondues, mais deux d?entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu?elles étaient réellement Jeanne d?Arc : il s'agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises, qui étaient peut-être une seule et même personne.
D?après une source tardive (trouvée en 1686 à Metz), Jeanne des Armoises apparut pour la première fois le 20 mai 1436 à Metz où elle rencontre les deux frères de Jeanne d?Arc, qui la reconnaissent pour leur s?ur. Il est impossible de déterminer s?ils ont vraiment cru qu?elle était leur s?ur ou non. Quoi qu'il en soit, Jeanne d'Armoise reste le cas le plus sérieux d'imposture sur le personne de Jeanne d'Arc.
En 1456, après la réhabilitation de la Pucelle, Jehanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s'être fait appeler la Pucelle d'Orléans, d?avoir porté des vêtements d?homme. Elle fut emprisonnée jusqu'en février 1457, et libérée à la condition qu'elle s?habillerait honnêtement. Elle disparaît des sources après cette date.
[] Bibliographie
Le personnage, dans son ambivalence et sa grande complexité, a fasciné les écrivains et les dramaturges à travers les époques. Les pièces les plus connues, offrant une large diversité d?interprétation sur sa vie, ont été écrit par Shakespeare (Henri VI), Schiller (La Pucelle d'Orléans), George Bernard Shaw (Saint Joan), Jean Anouilh (L?Alouette) et Bertolt Brecht (Sainte Jeanne des abattoirs). Samuel Clemens écrivit une biographie de fiction sous le nom de plume de Sieur Louis de Conte, n'utilisant pas son pseudonyme de Mark Twain.
Les biographies et autres études plus spécialisées sont listées ici : Bibliographie relative à Jeanne d'Arc.
[] ?uvres inspirées par Jeanne d?Arc
Pour consulter la liste de l'ensemble des ?uvres inspirées par Jeanne d?Arc, voir la page ?uvres inspirées par Jeanne d'Arc.
[] Voir aussi
Jeanne d'Arc : naissance d'un mythe républicain, clérical et nationaliste
[] Lieux fréquentés par Jeanne d?Arc
[] Compagnons d?armes de Jeanne d?Arc
[] Juges de Jeanne d?Arc
[] Liens externes
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ku:Jeanne d'Arclt:?ana Darknds:Jeanne d'Arcur:??? ?? ???
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne d\\\'Arc