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L'Art de la guerre est le premier traité de stratégie militaire écrit au monde (VIe siècle av. J.-C. ? Ve siècle av. J.-C.). Son auteur, Sun Zi, y développe des thèses originales qui s'inspirent de la philosophie chinoise ancienne.
Comme des textes récents l'ont montré, certaines traductions françaises des textes traditionnels sont en fait des contre-sens confucéens. Elles ont donc d'autres buts que militaire, possiblement des buts politique et philosophique. La traduction qui fait référence à l'UNESCO est celle du Général Samuel B. Griffith de la US Marines Corps dont le "cri de guerre" est "Gung Ho" qui est un emprunt direct du chinois signifiant " travailler ensemble". On peut supposer que la plupart des traductions françaises puisse venir de ce texte anglais "The Art of War". C'est l'essence de la Guerre psychologique illustrée par la Première Guerre d'Indochine, la Deuxième Guerre d'Indochine ou Guerre du Vietnam et la Troisième Guerre d'Indochine.
[] Description
Il y a deux concepts de base dans ce livre.
- D'abord, « prendre en entier » (au début du chapitre 3), où l'adversaire doit être - si possible - gardé intact, car l'ennemi d'aujourd'hui est le sujet de demain. Tout est relié, de sorte que la guerre portée à autrui a un effet maintenant sur le pays (appauvrissement, morts), et aussi demain sur le monde (destructions, rancunes, déstabilisation).
- Puis le « Shih ». Ce mot Chinois, donné comme titre au chapitre 5 par la traduction anglaise de Denma, renvoie au concept de l'engagement de forces par ailleurs anodines pour amener la victoire sûre. Ce déploiement est basé sur la préparation, le travail, la bonne connaissance du terrain, de soi et de l'autre, et l'utilisation de la chance (des circonstances). Il s'agit de s'insérer dans le Dao, d'aller avec le flux.
Considérant la guerre comme une réalité inévitable, il montre comment la réflexion peut mener à la victoire, comment l'analyse des faiblesses de l'ennemi peut fonder une tactique, si l'on sait les exploiter, et même les aggraver ; il met l'accent sur la dimension psychologique du combat, sur le rôle de la ruse et de la fuite.
[] Un art de vivre
Ces chapitres énoncent de nombreux principes stratégiques valables dans le monde militaire, mais aussi dans le monde des affaires, de la politique ou de la vie en société. Cet ouvrage, malgré son âge, apparaît terriblement moderne de par sa dimension psychologique et morale.
Il a le mérite de permettre le développement de la réflexion personnelle de chaque personne qui aura la chance de le lire.
[] Positionnement par rapport aux stratèges européens
L'Art de la guerre est étudié aujourd'hui dans les écoles militaires occidentales, ce qui donne l'occasion de comparer cet enseignement à celui d'autres stratèges. Cette comparaison est difficile, car Sun Tzu reste très « théorique » et ne comporte pas, en ce qui le concerne, de « procédures » comme on en trouve dans les ouvrages occidentaux.
Sun Tzu recommande de toujours épargner l'ennemi en fuite. Cette stratégie est opposée à celle de Napoléon Bonaparte, qui avait pour principe au contraire de pilonner les fuyards au moyen de l'artillerie afin de ne plus les voir revenir.
« Nous ne vivons pas dans le monde de Sun Tzu, ni même dans celui de Clausewitz, Fuller ou Liddell Hart. (...) À condition qu'il ait réellement existé, Sun Tzu vivait et écrivait à l'âge agraire, lorsque l'essentiel des terres étaient sauvages ou cultivées. De larges portions des populations vivaient en-dehors des villes, et la guerre était principalement menée dans des terrains plats et ouverts. De tels champs de bataille, foulés par tous les guerriers de Sun Tzu à Napoléon, se raréfient chaque jour davantage .» (provient du site Web Checkpoint)
[] Citations
- « Le bon général a gagné la bataille avant de l'engager. »
- « Connais l'adversaire et surtout connais toi toi-même et tu seras invincible. »
- « Celui qui n'a pas d'objectifs ne risque pas de les atteindre. »
- « L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat. ». "To subdue the ennemy without fighting is the acme of the skill", p. 17, Ox ford University Press, 12ème édition, 1982. C'est dans la traduction française de "to subdue" que ce trouve le contresens confucéen. "To subdue" vient de l'ancien français "soduire" pouvant signifier "séduire" et "subjuguer"(cf. "Webster's Collegiate Dictionary"). Il faut mettre cette phrase dans le contexte des autres phrases qui p^récèdent et qui suivent. Cette phrase signifie exactement: "Subjuguer l'ennemi sans combattre est le sommet du talent".
- « Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne devons jamais perdre de vue : la doctrine, le temps, l'espace, le commandement, la discipline. »
- « La doctrine fait naître l'unité de pensée ; elle nous inspire une même manière de vivre et de mourir, et nous rend intrépides et inébranlables dans les malheurs et dans la mort. »
- « Si nous connaissons bien le temps, nous n'ignorerons point ces deux grands principes Yin et Yang par lesquels toutes les choses naturelles sont formées et par lesquels les éléments reçoivent leurs différentes modifications ; nous saurons le temps de leur union et de leur mutuel concours pour la production du froid, du chaud, de la sérénité ou de l'intempérie de l'air. »
- « L'espace n'est pas moins digne de notre attention que le temps ; étudions-le bien, et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme du près, du large et de l'étroit, de ce qui demeure et de ce qui ne fait que passer. »
- « J'entends par commandement, l'équité, l'amour pour ceux en particulier qui nous sont soumis et pour tous les hommes en général ; la science des ressources, le courage et la valeur, la rigueur, telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité de général ; vertus nécessaires pour l'acquisition desquelles nous ne devons rien négliger : seules elles peuvent nous mettre en état de marcher dignement à la tête des autres. »
- "Nothing is more difficult than the art of manoeuvre. What is difficult about manoeuvre is to make the devious route the most direct and to turn misfortune to advantage" (ibid, p. 102, 1982). Rien n'est plus difficile que l'art de la manoeuvre. La difficulté est de faire de la route la plus tortueuse le chemin le plus direct et tourner l'infortune en avantage.
[] Chapitres
Cette ?uvre comprend treize chapitres :
- De l'évaluation
- De l'engagement
- Des propositions de la victoire et de la défaite
- De la mesure dans la disposition des moyens
- De la contenance
- Du plein et du vide
- De l'affrontement direct et indirect
- Des neuf changements
- De la distribution des moyens
- De la topologie
- Des neuf sortes de terrains
- De l'art d'attaquer par le feu
- De la concorde et de la discorde
[] Traductions
Les traductions française et anglaise font remarquer que l'ouvrage est bien plus qu'un livre de stratégie militaire. Il s'agirait, en fait, de toute une philosophie de la vie en communauté, basé sur l'idée de « prendre en entier ». Par exemple, le parent doit en fait essayer de gagner une victoire avec l'enfant, au lieu d'être en perpétuelle guerre.
Cette tradition peut expliquer bien des réactions et décisions des Chinois modernes. Par exemple, les récentes frictions sino-japonaises sont marquées par des déclarations où la partie chinoise essaye de faire gagner tout le monde (en essayant par exemple de faire passer un oléoduc et gazoduc, de telle facon que toute la région en profite). Il est aussi mentionné que certaines formes de méditation Zen utilisent comme support des passages du livre (selon la version originale retrouvée par des archéologues).
Le groupe de traduction Denma qui a produit ce livre ne comporte cependant pas de personne parlant le chinois. La traduction s'est faite mot-à-mot en utilisant dictionnaires et autres traductions, avec pour guide les travaux de recherche des archéologues chinois qui ont retrouvé les textes les plus anciens (a priori les moins modifiés par la tradition). La traduction en référence à l'UNESCO est celle du Général Samuel B. Griffith de la US Marine Corps qui fait sa carrière en Chine. Le cri de guerre des US Marine "Gung Ho" vient directement du chinois, signifiant "travailler ensemble". En contraste à la langue française, la langue anglo-américaine a un grand nombre d'emprunts au chinois par sa population sinoaméricaine et nippoaméricaine des siècles passés. Le mot angloaméricain "tycoon", signifiant riche et puissant, vient directement du chinois Tai cong ou grand (Tai) timonier.
Le thème principal "To subdue the enemy without fighting" (Samuel B. Griffith) a donné lieu, dans la version française à un contresens confucéen fondamental. "to subdue" vient de l?ancien français " soduire" qui vient lui-même du bas latin "subdere", déformation et simplification de "subducere" signifiant "conduire en dessous " ou soumettre". À partir du "soduire" de l?ancien français, "to subdue" serait mieux rendu par "séduire" ou "subjuguer", plus conforme à la pensée chinoise et à la tradition confucéenne. SunTzu et Confucius étaient contemporains. Voir Marcel Granet.
[] Historique
C'est un Jésuite, membre éminent de la Mission jésuite en Chine, le père Joseph-Marie Amiot qui a traduit et fait connaître cet écrit en Europe en 1772 (sous le nom les Treize Articles), d'où il s'est rapidement diffusé vers les cours royales et les académies militaires.
Ses idées, ignorées durant les époques de guerre totale et de conflits frontaux, ont retrouvé une actualité en inspirant les grandes guérillas anti-coloniales chinoises et vietnamiennes, notamment, et sont aujourd'hui reprises par les stratèges asiatiques et américains de la guerre économique et de la guerre psychologique.
[] Voir aussi
- Samuel B. Griffith, "Sun Tzu. The Art of War", Oxford University Press, nombreuses rééditions. Référence à l'UNECO pour les textes classiques chinois.
[] Liens externes
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/L\\\'Art de la guerre