Léonard de Vinci
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| Léonard de Vinci | |
| Nom de naissance | Leonardo di ser Piero da Vinci |
|---|---|
| Naissance | 15 avril 1452 Vinci, Toscane (Italie) |
| Décès | 2 mai 1519 |
| Nationalité | Florentin (Italien) |
| Maître | Andrea del Verrocchio |
| Élèves | Salai, Francesco Melzi? |
| Mouvement artistique | Haute Renaissance |
| ?uvres réputées | La Joconde, La Cène, L?Homme de Vitruve? |
| Mécènes | Laurent de Médicis, Ludovic Sforza, François Ier de France? |
| Illustration : Léonard de Vinci, autoportrait fait entre 1512 et 1515[1]. |
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Léonard de Vinci (Leonardo di ser Piero da Vinci
écouter, dit Leonardo da Vinci[2]), né à Vinci le 15 avril 1452 et mort à Amboise le 2 mai 1519, est un peintre florentin, qui fut un homme d'esprit universel, à la fois artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain.
Après son enfance à Vinci, Léonard est élève auprès du célèbre peintre florentin Andrea del Verrocchio. Ses premiers travaux importants sont réalisés au service du duc Ludovic Sforza à Milan. Il ?uvre ensuite à Rome, Bologne et Venise et passe les dernières années de sa vie en France, à l'invitation du roi François Ier.
Léonard de Vinci est souvent décrit comme l'archétype et le symbole de l'homme de la Renaissance, un génie universel et un philosophe humaniste dont la curiosité infinie est seulement égalée par la force d'invention[3]. Il est considéré comme un des plus grands peintres de tous les temps et peut-être la personne la plus talentueuse dans le plus grand nombre de domaines différents ayant jamais vécu[4].
C'est d'abord comme peintre que Léonard de Vinci est reconnu. Deux de ses ?uvres, La Joconde et La Cène sont des peintures très célèbres, souvent copiées et parodiées[3] et son dessin de l?Homme de Vitruve est également repris dans de nombreux travaux dérivés. Seules une quinzaine d'?uvres sont parvenues jusqu'à nous, ce petit nombre est dû à ses expérimentations constantes et parfois désastreuses de nouvelles techniques et à sa procrastination chronique[5]. Néanmoins, ces quelques ?uvres, jointes à ses carnets qui contiennent des dessins, des diagrammes scientifiques et des réflexions sur la nature de la peinture, sont un legs aux générations suivantes d'artistes seulement égalé par Michel-Ange.
Comme ingénieur et inventeur, Léonard développe des idées très en avance sur son temps, depuis l'hélicoptère, le char de combat, le sous-marin jusqu'à l'automobile. Très peu de ses projets sont construits, ni même seulement réalisables de son vivant[6], mais certaines de ses plus petites inventions comme une machine pour mesurer la limite élastique d'un câble entrent dans le monde de la manufacture[7]. En tant que scientifique, Léonard de Vinci a beaucoup fait progresser la connaissance dans les domaines de l'anatomie, du génie civil, de l'optique et de l'hydrodynamique.
Biographie
Enfance
Léonard de Vinci est né le samedi 15 avril 1452 « à la troisième heure de la nuit », c'est-à-dire trois heures après l'Ave Maria, soit 22 h 30[8], au château de Vinci près de Florence, d?une relation amoureuse illégitime entre son père, Messer Piero Fruosino di Antonio da Vinci, notaire, chancelier et ambassadeur de la République florentine et descendant d?une riche famille de notables italiens, et sa mère, Caterina, une humble fille de paysans, dans le petit village toscan d?Anchiano, un village situé à deux kilomètres de Vinci[9], sur le territoire de Florence en Italie[10],[11]. Une étude en 2006 note qu'il semble probable que Caterina soit une esclave venue du Moyen-Orient[12]. Léonard, ou plutôt Lionardo selon son nom de baptême[8], est baptisé puis passe ses cinq premières années chez son père à Vinci[8], où il est traité comme un enfant légitime[13]. Il a cinq marraines et cinq parrains, tous habitant le village[8]. Il reçoit une instruction et acquiert ainsi la lecture, l'écriture et l'arithmétique. Néanmoins, il n'étudie pas sérieusement le latin, base de l'enseignement traditionnel et une orthographe chaotique montre que cette instruction n'est pas sans lacunes : en tout cas elle ne fut pas celle d'un universitaire[14].
À cette époque, les conventions d?appellation modernes ne se sont pas encore développées en Europe. Seules les grandes familles font usage du nom de leur appartenance patronymique. L?homme du peuple est désigné par son prénom auquel on adjoint toute précision utile : le nom du père, le lieu d?origine, un surnom, le nom du maître pour un artisan, etc. Par conséquent, le nom de l?artiste est Leonardo di ser Piero Da Vinci, ce qui signifie Leonardo, fils de maître Piero De Vinci ; néanmoins le « Da » porte une majuscule afin de distinguer qu'il s'agit d'un patronyme[8]. Léonard lui-même signe simplement ses travaux Leonardo ou Io, Leonardo (« Moi, Léonard »). La plupart des autorités rapportent donc ses travaux à Leonardo sans le da Vinci. Vraisemblablement, il n?emploie pas le nom de son père parce qu?il est un enfant illégitime. « Vinci » provient du nom des « vinchi », plantes assimilables à des joncs, utilisées dans l'artisanat toscan et poussant près du ruisseau Vincio[8].
En 1457, il a 5 ans quand sa mère se marie avec Antonio di Piero Buti del Vacca da Vinci, un paysan de la ville, avec lequel elle aura cinq enfants[8]. Il est alors admis dans la maison de la famille de son père, du village de Vinci, qui, entre-temps, a épousé une jeune fille d'une riche famille de Florence, âgée de 16 ans, Albiera degli Amadori[8]. Celle-ci, sans enfants, reporte toute son affection sur Léonard, mais elle meurt très jeune en couches en 1464[8]. Considéré dès sa naissance comme un fils à part entière par son père, il ne fut cependant jamais légitimé. Son père se maria quatre fois et lui donna dix frères et deux s?urs légitimes venus après Léonard. Il aura de bons rapports avec la dernière femme de son père, Lucrezia Guglielmo Cortigiani, et laissera une note l'appelant « chère et douce mère »[8].
Sa grand-mère paternelle, Lucia di ser Piero di Zoso, céramiste et proche de Léonard, est peut-être la personne qui l'initia aux arts[8]. Un présage connu rapporte qu'un milan venu du ciel aurait fait un vol stationnaire au-dessus de son berceau, la queue de l'oiseau le touchant au visage[15],[16].
Giorgio Vasari, le biographe du XVIe siècle des peintres de la Renaissance, raconte, dans Le Vite (1568), l'histoire d'un paysan local qui demanda à ser Piero[17] que son talentueux fils peigne une image sur une plaque. Léonard peignit une image représentant un dragon crachant du feu, si réussie que ser Piero la vendit à un marchand d'art florentin, qui lui-même la revendit au duc de Milan. Entre-temps, après avoir réalisé un bénéfice, ser Piero acheta une plaque décorée d'un c?ur transpercé d'une flèche, qu'il donna au paysan[18].
Formation à l?atelier de Verrochio
Le jeune Léonard est proche de la nature, qu?il observe avec une vive curiosité et s?intéresse à tout. Il dessine déjà des caricatures et pratique l'écriture spéculaire en dialecte toscan. Giorgio Vasari, dans sa biographie de Léonard, raconte une anecdote sur les premiers pas dans la carrière artistique de celui qui allait devenir un des plus grands peintres de la Renaissance. Un jour, le père de Léonard, ser Piero, « prit plusieurs de ses dessins et les soumit à son ami Andrea del Verrocchio qu?il pria instamment de lui dire si Léonard devait se consacrer à l?art du dessin et s?il pourrait parvenir à quelque chose en cette matière. Andrea s?étonna fort des débuts extraordinaires de Léonard et exhorta ser Piero à lui permettre de choisir ce métier, sur quoi, ser Piero résolut que Léonard entrerait à l?atelier d?Andrea. Léonard ne se fit pas prier ; non content d?exercer ce métier, il exerça ensuite tous ceux qui se rattachent à l?art du dessin. » C?est ainsi que Léonard est placé comme élève apprenti à partir de 1469 dans un des plus prestigieux ateliers d?art de la Renaissance de Florence sous le patronage d?Andrea del Verrocchio à qui il doit sa formation multidisciplinaire d?excellence, où il côtoie d?autres artistes comme Sandro Botticelli, Le Pérugin et Domenico Ghirlandaio[15],[19]. En effet, jusqu'en 1468, Léonard est recensé comme résident de la commune de Vinci mais il est très souvent à Florence où son père travaille[8].
Verrocchio est un artiste renommé[20] très éclectique : orfèvre et forgeron de formation[19], peintre, sculpteur et fondeur qui travaille notamment pour le riche mécène Laurent de Médicis. Les commandes principales sont des retables et des statues commémoratives pour les églises. Cependant, les plus grandes commandes sont des fresques pour les chapelles, comme celles créées par Domenico Ghirlandaio et son atelier pour la Chapelle Tornabuoni et de grandes statues telles que les statues équestres de Gattamelata par Donatello et Bartolomeo Colleoni de Verrocchio[21]. Léonard travaille également avec Antonio Pollaiuolo dont l?atelier est proche de celui de Verrocchio.
Après un an passé au nettoyage des pinceaux et autres petits travaux d?apprenti, Léonard est initié par Verrocchio aux nombreuses techniques pratiquées dans un atelier traditionnel, malgré le fait que certains artisans sont spécialisés dans certaines tâches telles que l?encadrement, les dorures et le travail du bronze. Il a donc eu l?occasion d?apprendre notamment des bases de la chimie, de la métallurgie, du travail du cuir et du plâtre, de la mécanique et de la menuiserie, ainsi que des techniques artistiques de dessin, de peinture et de sculpture sur marbre et sur bronze[22],[23]. Il est également initié à la préparation des couleurs, à la gravure et à la peinture des fresques. Par la suite, Verrocchio confie à son élève, qu?il trouve exceptionnel, le soin privilégié de terminer ses tableaux. Mais la formation reçue lors de son apprentissage à l'atelier Verrochio semble plus large encore. Léonard acquiert la connaissance du calcul algorithmique et il cite les deux abacistes florentins les plus en vue, Paolo Toscanelli del Pazzo et Léonardo Chernionese[14]. Plus tard Léonard paraît bien faire allusion à la Nobel opera de arithmética, de Piero Borgi, imprimé à Venise en 1484, et qui représente bien la science de ces écoles d'abaques[14].
Il n?y a pas d??uvre de Léonard connue pendant cette période mais, selon Vasari, il aurait collaboré à une peinture nommée Le Baptême du Christ (1472?1475)[18]. C?est d?ailleurs, selon la légende, à cause de la qualité du petit ange peint par Vinci pour ce tableau que Verrocchio, se sentant surpassé par son jeune assistant, décide de ne plus peindre[13]. Selon la tradition qui veut que ce soit l?apprenti qui prenne la pose[10], Léonard aurait servi de modèle à la statue en bronze de David de Verrocchio. Il est également supposé que l?Archange Michel dans l??uvre Tobie et l?Ange de Verrocchio est le portrait de Léonard[10].
En 1472, à l?âge de 20 ans, il est enregistré dans le « Livre rouge » de la guilde de saint Luc, célèbre guilde des artistes peintres et des docteurs en médecine de Florence, le Campagnia de Pittori. Il y a quelques traces de cette période de la vie de Léonard dont la date d?un de ses premiers travaux, un dessin fait à la plume et à l?encre, Paysage de Santa Maria della neve (1473). Par la suite, sa carrière de peintre débute par des ?uvres immédiatement remarquables telles que L?Annonciation (1472?1475). Il améliore la technique du sfumato (impression de brume) à un point de raffinement jamais atteint avant lui.
Il est toujours mentionné en 1476 comme assistant de Verrocchio, car, même après que son père lui ait mis en place son propre atelier, son attachement à Verrocchio est tel qu?il a continué à collaborer avec lui[15]. Pendant cette période, il reçoit des commandes personnelles et peint son premier tableau, La Madone à l??illet (1476).
Léonard s'affirme presque tout de suite comme un ingénieur : en 1478, il offre de soulever, sans en causer la ruine, l'église octogone de Saint-Jean de Florence, le baptistère actuel, pour y ajouter un soubassement[14].
Les archives judiciaires de 1476 montrent que, avec trois autres hommes, il a été accusé de sodomie, pratique à l?époque illégale à Florence, mais tous ont été acquittés des charges retenues[24]. Ce document partant d?une accusation anonyme ne permet cependant pas d'affirmer si Léonard était homosexuel[24].
Deux années plus tard, à 26 ans, il quitte son maître après l'avoir brillamment dépassé dans toutes les disciplines. Léonard de Vinci devient alors maître peintre indépendant.
Au service de Ludovic Sforza
En 1481, le monastère de San Donato lui commande L?Adoration des mages (1481), mais Léonard ne terminera jamais ce tableau, probablement déçu ou vexé de ne pas être choisi par le pape Sixte IV pour la décoration de la chapelle Sixtine du Vatican à Rome où il est en concurrence avec plusieurs peintres[25]. Le néoplatonisme en vogue à l?époque à Florence joue peut-être également un rôle dans son départ vers une ville plus académique et pragmatique comme Milan[25]. Cela est probablement plus en phase avec son esprit, basé sur un développement empirique grâce à ses multiples expériences.
Vinci peint La Vierge aux rochers (1483-1486) pour la confraternité de l?Immaculée Conception à la chapelle San Francesco Grande de Milan, mais ce tableau sera au centre d?un conflit entre l?auteur et ses commanditaires pendant plusieurs années[25]. En effet, Léonard s'engage avec le droit de pouvoir copier l'?uvre mais cela lui est refusé par la suite, il est donc contraint de stopper son travail, provoquant du retard. Le problème ne sera résolu que par des décisions de justice et les interventions d'amis.
À Florence, le travail de Léonard ne passe pas inaperçu. Laurent de Médicis apprend que Léonard a créé une lyre argentée en forme de tête de cheval. Impressionné par son travail, il envoie Léonard à Milan comme émissaire et pour qu'il travaille pour le mécène et duc de Milan, Ludovic Sforza. Le but de cette man?uvre est de rester en bonnes relations avec ce rival important[26]. Il est très probablement accompagné par le musicien Atalante Migliorotti[25]. Il écrit également une lettre à Ludovic, lettre qui figure dans le codex Atlantico, qui décrit les nombreuses et diverses choses merveilleuses qu?il pourrait faire dans le domaine de l?ingénierie et informe le seigneur qu?il peut aussi peindre[27],[19]. Ce texte est bien dans la tradition des ingénieurs qui l'ont précédé, il reprend le même programme, les même curiosités et les même recherches : désormais, c'est bien en ingénieur que Léonard va vivre et travailler[14]. Sforza l?emploie à des tâches diverses sous le titre mythique d?« Apelle florentin », réservé aux grands peintres[25] L?artiste est ainsi « ordonnateur de fêtes et spectacles aux décors somptueux » du palais et invente des machines de théâtre qui émerveillent le public, il peint plusieurs portraits de la cour milanaise. Léonard de Vinci est porté sur la liste des ingénieurs des Sforza et lorsqu'on l'envoie à Pavie il est qualifié d' « ingéniarius ducalis »[14]. Mais des contacts avec les cercles éclairés de Milan lui montrent également toutes les lacunes de sa formation[14].
Il s?occupe également de l?étude pour le dôme de la cathédrale de Milan et d?une version en argile pour faire un moule pour le « Gran Cavallo » (« Il Cavallo », le cheval de Léonard), une imposante statue équestre en l?honneur de François Sforza, le père et prédécesseur de Ludovic, faite de soixante-dix tonnes de bronze, ce qui constitue une véritable prouesse technique pour l?époque. Cette statue reste inachevée plusieurs années, Michel-Ange reconnaissant lui-même qu?il est incapable de la fondre[15]. Lorsque Léonard finit la version en argile pour le moule et ses plans pour le processus de fonte, le bronze prévu pour la statue est utilisé à la création de canons pour défendre la ville de l?invasion de Charles VIII de France[19].
En 1490, il participe à une sorte de congrès d'architectes et d'ingénieurs, réunis pour l'achèvement du Dôme de Milan et fait la connaissance d'un autre ingénieur dont la renommé était bien établie, Francesco di Giorgio Martini. Ce dernier l'emmène à Parme, avec Giovanni Antonio Amadeo et Luca Fancelli, où on lui a demandé une autre consultation pour la construction de la cathédrale[14].
C?est à cette époque que Léonard réfléchit à des projets techniques et militaires. Il améliore les horloges, le métier à tisser, les grues et de nombreux autres outils. Il étudie aussi l?urbanisme et propose des plans de cités idéales. Il s'intéresse à l'aménagement hydraulique et un document de 1498 le cite comme ingénieur et chargé des travaux sur les fleuves et les canaux [14]. Bien que vivant à Milan entre 1493 et 1495, Léonard a noté dans ses documents d?imposition qu?il a, à sa charge, une femme appelée Caterina. À la mort de celle-ci, en 1495, la liste détaillée des dépenses relatives à ses funérailles laisse à penser que c?était sa mère plutôt qu?une servante[28],[15].
Vers 1490, il crée une académie portant son nom où il enseigne pendant quelques années son savoir tout en notant ses recherches dans de petits traités. La fresque La Cène (1494-1498) est peinte pour le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie[15]. En 1496, Luca Pacioli arrive à Milan ; Léonard de Vinci se lie tout de suite d'amitié et réalise pour lui les planches gravées de la Divina proportione[14]. Un peu plus tard, en 1498, il réalise le plafond du château des Sforza[25].
En 1499, lorsque les troupes de Louis XII de France prennent le Duché de Milan et destituent Ludovic Sforza qui s?enfuit en Allemagne chez son neveu Maximilien Ier du Saint Empire[29], sa statue équestre en argile est détruite par les Français qui l?utilisent comme cible d?entraînement[30]. Louis XII revendique ses droits à la succession des Visconti[29]. Louis XII envisage de découper le mur représentant La Cène pour l?emporter en France, comme l?imaginera également Napoléon Ier quelques siècles plus tard[25]. Avec la chute de Sforza, Léonard entre au service du comte de Ligny, Louis de Luxembourg, qui lui demande de préparer un rapport sur l'état de la défense militaire de la Toscane[14]. Le retour inopiné de Ludovic Sforza modifie ses projets et, avec son assistant Salai, il fuit Milan en février 1499 pour Mantoue puis Venise.
Artiste et ingénieur
En mars 1499, Léonard de Vinci est alors employé comme architecte et ingénieur militaire[15],[10] par les Vénitiens qui cherchent à protéger leur cité. Il élabore des méthodes pour défendre la ville d'une attaque navale des Turcs avec, notamment, l'invention d'un scaphandre à casque rudimentaire. Les Turcs n'attaquant pas, l'invention ne sera jamais utilisée et, fin avril, il est de retour à Florence. Il étudie les cours d'eau du Frioul et propose un relèvement du cours de l'Isonzo par des écluses, de façon à pouvoir inonder toute une région qui couvrait les approches de Venise[14]
En avril 1500, il revient à Venise pour deux mois après avoir séjourné à Mantoue en compagnie du moine mathématicien Luca Pacioli où il fut fortement remarqué pour un portrait d?Isabelle d'Este. Une lettre du 4 avril 1501 par laquelle Pierre de Nuvolaria répond à la duchesse de Mantoue, indique que « Ses études mathématiques l'ont dégoûté de la peinture » : ainsi Léonard de Vinci poursuivait bien des recherches plus larges[14]. Il fait un bref séjour à Rome à la villa d'Hadrien à Tivoli[29]. Il travaille La Madone aux fuseaux pour Florimond Robertet, le secrétaire d?État de Louis XII de France[29].
En 1502, il est appelé par le prince César Borgia, duc de Valentinois et fils du pape Alexandre VI, avec le titre de « capitaine et ingénieur général »[10]. Il séjourne dans les Marches et la Romagne pour inspecter les forteresses et les territoires nouvellement conquis, remplissant ses carnets de ses multiples observations, cartes, croquis de travail et copies d'ouvrages consultés dans les bibliothèques des villes qu'il traverse[14]. Il rencontre Nicolas Machiavel, « espion » de Florence au service de Borgia.
Le 18 octobre 1503, il retourne à Florence où il remplit les fonctions d'architecte et d'ingénieur hydraulicien[14]. Il se réinscript à la guilde de saint Luc et passe deux années à préparer et faire La bataille d'Anghiari (1503-1505), une fresque murale imposante[10] de sept mètres sur dix-sept[29], avec Michel-Ange faisant La bataille de Cascina sur la paroi opposée[29]. Les deux ?uvres seront perdues, la peinture de Michel-Ange est connue à partir d'une copie d'Aristotole da Sangallo en 1542[31] et la peinture de Léonard est connue uniquement à partir de croquis préparatoires et de plusieurs copies de la section centrale, dont la plus connue est probablement celle de Pierre Paul Rubens[10]. Un feu utilisé pour sécher plus rapidement la peinture ou la qualité du matériel semblent être à l'origine de l?altération de l'?uvre, laquelle a par la suite probablement été recouverte par une fresque de Giorgio Vasari[29].
Léonard est consulté à plusieurs reprises comme expert, notamment pour étudier la stabilité du campanile de San Miniato al Monte et lors du choix de l?emplacement du David de Michel-Ange[29] où son avis s?oppose à celui de Michel-Ange. C'est à cette période qu'il présente à la cité de Florence son projet de déviation de l'Arno destiné à créer une voie navigable capable de relier Florence à la mer avec la maîtrise des terribles inondations[14]. Cette période est importante pour la formation scientifique de Léonard qui, dans ses recherches hydrauliques, pratique l'expérience. En 1504, il revient travailler à Milan qui est désormais sous le contrôle de Maximilien Sforza grâce au soutien des mercenaires suisses. Beaucoup des élèves et des adeptes les plus en vue dans la peinture connaissent ou travaillent avec Léonard à Milan[15], y compris Bernardino Luini, Giovanni Antonio Boltraffio et Marco d'Oggiono[32]. Son père meurt le 9 juillet et Léonard est écarté de l?héritage en raison de son illégitimité, mais son oncle fera plus tard de lui son légataire universel[29]. La même année, Vinci réalise des études anatomiques et tente de classer ses innombrables notes. Léonard commence à travailler La Joconde (1503-1506 puis 1510-1515) qui est habituellement considéré comme un portrait de Mona Lisa del Giocondo née Lisa Maria Gherardini. Cependant, de nombreuses interprétations au sujet de ce tableau sont encore discutées.
En 1505, il étudie le vol des oiseaux et rédige le codex de Turin. Désormais observations, expériences et reconstructions a posteriori se succèdent[14]. Une année plus tard, le gouvernement de Florence lui permet de rejoindre le gouverneur français de Milan Charles d?Amboise, qui le retient auprès de lui malgré les protestations de la seigneurie. Léonard est tiraillé entre Français et Toscans, il est pressé par le tribunal de finir La Vierge aux rochers avec son élève Ambrogio de Predis alors qu'il travaille sur La bataille d'Anghiari[29].
Le peintre devient l?unique héritier de son oncle Francesco en 1507, mais les frères de Léonard entament une procédure pour casser le testament[29]. Léonard fait appel à Charles d?Amboise et Florimond Robertet pour qu'ils interviennent en sa faveur[29]. Louis XII de France est à Milan et Léonard est de nouveau l?ordonnateur des fêtes données dans la capitale lombarde.
En 1508, il vit dans la maison de Piero di Braccio Martelli avec le sculpteur Giovanni Francesco Rustici à Florence[33] mais part habiter à Milan, à la Porta Orientale dans la paroisse de Santa Babila[10]. Louis XII revient bientôt en Italie et entre à Milan en mai 1509. Presque aussitôt il dirige ses armées contre Venise et Léonard suit le roi en qualité d'ingénieur militaire, il assiste à la bataille d'Agnadel[14]. À la mort du gouverneur Charles d?Amboise en 1511 et après la bataille de Ravenne en 1512, la France quitte le Milanais. Cette seconde période milanaise permet à Léonard de Vinci d'approfondir ses recherches en science pure. La parution en 1509 du De expendentis et fugiendis rebus de Giorgio Valla eu certainement une grande influence sur lui[14].
En septembre 1513, Léonard de Vinci part pour Rome travailler pour le pape Léon X, membre de la riche et puissante famille des Médicis. Au Vatican, Raphaël et Michel-Ange sont tous deux très actifs à ce moment[10]. Devant le succès des Sangallo, Léonard ne se voit confier que de modestes missions et semble n'avoir participé ni à la construction des nombreuses forteresses romaines qui marqueront l'évolution de la poliorcétique, ni à l'embellissement de la capitale. Pire sa peinture elle-même ne semble plus de mise et il se réfugie dans une autre spécialité, peut-être sa préférée[14], l'hydraulique, avec un projet d?assèchement des marais pontins, appartenant au duc Julien de Médicis[14]. Léonard exécute, en 1514, la série des « Déluges » qui est une réponse partielle à la version offerte par Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine.
« Les Médicis m'ont créé, les Médicis m'ont détruit » écrivit Léonard de Vinci, sans doute pour souligner les déceptions de son séjour romain. Sans doute pensait-il que jamais on ne lui laisserait donner sa mesure sur un chantier important. Sans doute connaissait-on aussi son instabilité, son découragement rapide, sa difficulté à terminer ce qu'il avait entrepris[14]
Dernières années en France
En septembre 1515, le nouveau roi de France François Ier reconquiert le Milanais par la bataille de Marignan[34]. En novembre 1515, Léonard se penche sur un nouveau projet d?aménagement du quartier Médicis à Florence. Le 19 décembre, il est présent à Bologne pour la réunion entre François Ier et le pape Léon X[15],[35],[36]. Francois Ier charge Léonard de concevoir un lion mécanique pouvant marcher et dont la poitrine s'ouvre pour révéler des lys[18]. On ne sait pas pour quelle occasion ce lion a été conçu, mais il peut avoir été lié à l'arrivée du roi à Lyon ou aux pourparlers de paix entre le roi et le pape[37].
Il part travailler en France en 1516 avec son assistant artiste peintre Francesco Melzi et peut-être même Salai[33] où son nouveau mécène et protecteur, le roi de France François Ier l?installe au manoir de son enfance, le clos Lucé, à proximité du château d'Amboise, la demeure de l'époque du roi, en tant que « premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi »[13] avec une pension totalisant 10 000 scudi[10]. Peut-être à la cour de France, s'intéressait-on plus au peintre, à l'artiste qu'à l'ingénieur et, jusque là, seuls des Français s'étaient attachés l'illustre Florentin en qualité d'artiste : en Italie il n'avait jamais été engagé que comme ingénieur[14]. En lui donnant le clos Lucé François Ier dit à Léonard « Fais ce que tu veux ». Il n'est pas le premier artiste à recevoir cet honneur, Andrea Solario et Fra Giovanni Giocondo l'avaient précédé quelques années avant[33]. François Ier est fasciné par Léonard de Vinci et le considère comme un père. Le manoir et le château d'Amboise étaient d'ailleurs reliés par un souterrain permettant au souverain de rendre visite à l?homme de science en toute discrétion. Léonard projette la construction d?un nouveau palais à Romorantin avec le détournement d?un fleuve dans la Sauldre. Il esquisse un projet de canal entre la Loire et la Saône et organise des fêtes comme celle que le roi donne au château d'Argenton en octobre 1517 en l'honneur de sa s?ur.[14]
Le 23 avril 1519, Léonard de Vinci, malade depuis de longs mois, rédige son testament devant un notaire d?Amboise. Il demande un prêtre pour recevoir sa confession et lui donner l'extrême onction[18]. Il est emporté par la maladie le 2 mai 1519[33], au Clos Lucé, à l?âge de 67 ans. La tradition selon laquelle il mourut dans les bras de François Ier repose peut-être sur une interprétation erronément littérale d'une épitaphe rapportée par Giorgio Vasari[38]. Cette épitaphe qui n'a jamais été vue sur aucun monument, contient les mots « Sinu Regio », qui peuvent signifier, au sens propre sur la poitrine d'un roi, mais aussi, dans un sens métaphorique, dans l'affection d'un roi, et peuvent n'être qu'une allusion à la mort de Léonard dans un château royal[39]. De plus, à cette époque, la cour est au château de Saint-Germain-en-Laye, où la reine accouche du roi Henri II de France, le 31 mars, et les ordonnances royales données le 1er mai sont datées de cet endroit. Le journal de François Ier ne signale d'ailleurs aucun voyage du roi jusqu?au mois de juillet. Pour finir, l?élève de Léonard de Vinci, Francesco Melzi, auquel il lègue ses livres et ses pinceaux et qui est dépositaire de son testament, écrit au frère du grand peintre une lettre où il raconte la mort de son maître. Pas un mot n?y fait allusion à la circonstance mentionnée plus haut et qui, si elle avait été avérée, n?aurait certainement pas été oubliée[40].
Selon ses dernières volontés, soixante mendiants suivent son cortège et il est enterré à la chapelle Saint-Hubert, dans l?enceinte du château d'Amboise.
Léonard de Vinci, toute sa vie célibataire et n?ayant jamais eu ni femme ni enfants, lègue l?ensemble de son ?uvre considérable pour la faire publier à son disciple préféré et élève depuis ses 10 ans, Francesco Melzi. Il lui offre notamment ses manuscrits, carnets, documents et instruments. Après l?avoir accompagné en France, il reste près de Léonard de Vinci jusqu?à sa mort et gère son héritage pendant les cinquante années suivant la mort de son maître. Cependant, il ne publiera rien de l'?uvre de Léonard et de nombreuses peintures, dont la Joconde, se trouvaient encore en sa possession dans son atelier. Les vignes de Léonard seront divisées entre Salai, un autre élève et disciple très apprécié par Léonard et entré à son service à l?âge de 15 ans, et son servant Battista di Vilussis. Le terrain sera légué aux frères de Léonard et sa servante reçut un manteau noir à bords de fourrure[41].
C'est le début de la dispersion et la perte des deux tiers des cinquante mille documents originaux multidisciplinaires rédigés en vieux toscan et cryptés par Léonard de Vinci. Chaque carnet, manuscrit, page, croquis, dessin, texte et note est considéré comme une ?uvre d?art à part entière. Il ne resterait que treize mille documents environ, dont une majeure partie est conservée dans des archives du Vatican.
Vingt ans après la mort de Léonard, François Ier dira au sculpteur Benvenuto Cellini :
« Il n'y a jamais eu un autre homme né au monde qui en savait autant que Léonard, pas autant en peinture, sculpture et architecture, comme il était un grand philosophe[42]. »
Relations et influences
Léonard à Florence : maîtres et contemporains
Léonard commence son apprentissage avec Andrea del Verrocchio en 1466, année où le maître de Verrocchio, le grand sculpteur Donatello, meurt. Le peintre Paolo Uccello, dont les premières expériences avec la perspective influencèrent le développement de la peinture des paysages, est alors très âgé. De même, les peintres Piero della Francesca et Fra Filippo Lippi, le sculpteur Luca della Robbia et de l'architecte et écrivain Leon Battista Alberti ont environ 60 ans. Les artistes les plus renommés de la génération suivante sont le maître de Léonard : Andrea del Verrocchio, Antonio Pollaiuolo et le sculpteur Mino da Fiesole.
La jeunesse de Léonard se déroule dans une maison de Florence ornée des ?uvres de ces artistes et par les contemporains de Donatello, Masaccio dont les fresques figuratives et réalistes sont imprégnées d'émotion, et Lorenzo Ghiberti, dont les Portes du Paradis montrent la complexité des compositions, alliant travaux architecturaux et soin des détails. Piero della Francesca a fait une étude détaillée de la perspective et est le premier peintre à faire une étude scientifique de la lumière. Ces études et les traités de Leone Battista Alberti doivent avoir un profond effet sur les jeunes artistes, et en particulier sur les propres observations de Léonard et ses ?uvres d'art[43],[44],[45].
La représentation du nu de Masaccio montrant Adam et Ève quittant le paradis, avec Adam sans ses organes génitaux masqués par une feuille de vigne, crée une image très expressive des formes humaines qui influencera beaucoup la peinture, notamment parce qu'elles sont exprimées en trois dimensions par une utilisation novatrice de la lumière et de l'ombre, que Léonard développera dans ses propres ?uvres. L'humanisme de la Renaissance influençant le David de Donatello peut être vu dans les peintures les plus tardives de Léonard, en particulier Saint Jean Baptiste[43].
Florence est dirigée à l'époque par Laurent de Médicis et son jeune frère Julien, tué par la conjuration des Pazzi en 1478. Ludovic Sforza, qui gouverne Milan entre 1479 et 1499 et chez qui Léonard a été envoyé comme ambassadeur de la cour des Médicis, est aussi son comptemporain[43],[44]. C'est également par l'intermédiaire des Médicis que Léonard fait la connaissance d'anciens philosophes humanistes dont Marsile Ficin, partisan du néoplatonisme, et Cristoforo Landino, auteur de commentaires sur les écrits classiques. Jean Pic de la Mirandole est également associé à l'académie des Médicis[45],[46]. Léonard écrit plus tard dans la marge d'un journal « Les Médicis m?ont fait et les Médicis m?ont détruit » ; mais le sens de ce commentaire reste discuté[15].
Bien que l'on cite ensemble les trois « géants » de la haute Renaissance, Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël ne sont pas de la même génération. Léonard a 23 ans quand Michel-Ange est né et 31 ans à la naissance de Raphaël. Raphaël mourra en 1520, une année après de Vinci et Michel-Ange vivra encore quarante-cinq ans[44],[45].
Assistants et élèves
Gian Giacomo Caprotti da Oreno[47], dit « il Salaino » (« le petit diable ») ou Salai, a été décrit par Giorgio Vasari comme « un gracieux et beau jeune homme avec des cheveux fins et bouclés, en lequel Léonard était grandement ravi »[18]. Salai entre au service de Léonard en 1490 à l'âge de 10 ans. Leur relation n'est pas facile. Un an plus tard, Léonard fait une liste des délits du garçon, le qualifiant de « voleur », « menteur », « têtu » et de « glouton ». Le « petit diable » avait volé de l'argent et des objets de valeur à au moins cinq reprises, et avait dépensé une fortune en vêtements, dont vingt-quatre paires de chaussures[48]. Néanmoins, les carnets de Léonard des premières années de leur relation contiennent beaucoup d'images de l'adolescent. Salai est resté son compagnon, son serviteur et son assistant durant les trente années suivantes[10].
En 1506, Léonard prend comme élève Francesco Melzi, âgé de 15 ans, fils d'un aristocrate Lombard. Melzi devient le compagnon de vie de Léonard et il est considéré comme son élève favori. Il se rend en France avec Léonard et Salai, et reste avec lui jusqu'à sa mort[15]. Salai quitte cependant la France en 1518 pour retourner à Milan. Il y construit une maison dans le vignoble de la propriété de Léonard qu'il s'est finalement vu léguer. En 1525, Salai meurt d'une mort violente, soit assassiné, soit à la suite d'un duel[49].
Salai exécute un certain nombre de tableaux sous le nom d'« Andrea Salai », mais, bien que Giorgio Vasari prétend que Léonard « lui a appris beaucoup de choses sur la peinture »[18], son travail est généralement considéré comme étant de moindre valeur artistique que celui des autres élèves de Léonard comme Marco d'Oggiono ou Giovanni Antonio Boltraffio. En 1515, il peint une version nue de La Joconde, dite « Monna Vanna »[50]. À sa mort en 1525, la Joconde appartenant à Salai a été évaluée à cinq cent cinq lires, ce qui est une valeur exceptionnellement élevée pour un portrait de petite taille[49].
Giovanni Antonio Boltraffio et Marco d'Oggiono rejoignent l'atelier de Léonard lorsqu'il est de retour à Milan, mais de nombreux autres élèves moins connus tels que Ambrogio de Predis, Bernardino dei Conti, Francesco Napoletano, Giovanni Antonio Boltraffio ou encore Andrea Solario sont aussi présents.
Vie personnelle
Léonard de Vinci a eu beaucoup d'amis qui sont reconnus dans leurs domaines respectifs ou ont eu une influence importante sur l'Histoire. Il s'agit notamment du mathématicien Luca Pacioli avec qui il a collaboré pour un livre, César Borgia au service duquel il a passé deux années, Laurent de Médicis et le médecin Marcantonio della Torre. Il a rencontré Nicolas Machiavel, avec qui il développera plus tard une étroite amitié, et Michel-Ange avec qui il a été rival. Parmi ses amis, se trouvent également Franchini Gaffurio et Isabelle d'Este. Léonard semble ne pas avoir eu d'étroites relations avec les femmes, sauf avec Isabelle. Il a fait un portrait d'elle, au cours d'un voyage qui le mena à Mantoue, qui semble avoir été utilisé pour créer une peinture, aujourd'hui perdue[15]. Il était également ami à l'architecte Jacopo Andrea da Ferrara jusqu'à son assassinat[29].
Au-delà de l'amitié, Léonard garde sa vie privée secrète. De son vivant, ses capacités
