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L'ordre national de la Légion d'honneur est une décoration honorifique française. Elle a été instituée le 20 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation.
[] Historique et description
La Révolution française avait, en effet, aboli toutes les décorations de l'Ancien Régime et les généraux, sous la Convention, avaient pris pour habitude d'attribuer des armes d'honneur (fusil d'honneur, sabre d'honneur, ou encore tambour d'honneur) pour récompenser les actes de bravoure.
L'association des mérites militaires et civils (la répartition actuelle est environ 2/3 1/3), permet à l'ordre de survivre à tous les régimes jusqu'à aujourd'hui, où on dénombre plus de 110 000 légionnaires.
Les légionnaires sont distingués selon trois grades (nombre entre parenthèses) : chevalier (100 000), officier (10 000), commandeur (1 250), et deux dignités : grand officier (250) et grand-croix (75). Dix pour cent sont des femmes.
L'ordre a été remis également à des villes (Luxembourg, Liège, Belgrade, Stalingrad et dernièrement, Alger en 2004), des régiments, des écoles (dont l'École polytechnique), des communautés et des entreprises (dont la SNCF).
La Légion d'honneur n'est pas réservée aux Français : elle est aussi attribuée à titre protocolaire aux chefs d'État, premiers ministres, membres de gouvernement et ambassadeurs étrangers lors de leur venue en France, et à quiconque a servi les intérêts de la France. Par exemple, le 19 février 1999, le président de la République Jacques Chirac a remis l'insigne à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale.
L'admission et l'avancement dans l'ordre sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre les différents ministres qui adressent les propositions au grand chancelier. L'accès à l'ordre ne peut se faire dans un grade supérieur à celui de chevalier, sauf quand il s'agit d'honorer une personnalité étrangère : c'est alors en fonction du rang protocolaire des récipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a été directement élevé à la dignité de grand officier de l'ordre en 1984).
L'attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L'obtention d'une médaille d'or aux Jeux olympiques est une promotion spéciale. L'armée obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes. De plus, à l'origine, les descendants de trois générations successives de décorés de la Légion d'honneur obtenaient ladite décoration par l'hérédité.
L'insigne est une étoile à cinq rayons doubles émaillés de blanc, les dix pointes boutonnées. L'étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliés par une couronne, d'argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (à droite) et de laurier (à gauche) et dont les extrémités inférieures, entrecroisées, sont attachées par un n?ud. Le centre de l'étoile présente un médaillon en or avec l'effigie de la République, entourée d'un cercle bleu, portant les mots : REPUBLIQUE FRANÇAISE. L'étoile est suspendue à une couronne, d'argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (cette fois-ci à gauche) et de laurier (cette fois-ci à droite). Au revers, le médaillon d'or porte deux drapeaux tricolores avec l'inscription Honneur et Patrie en exergue ainsi que la date de création de l'ordre : 29 floréal An X.
L'insigne est suspendu à un ruban rouge peut-être hérité de l'Ordre militaire de Saint-Louis. La dimension de l'insigne en vermeil des commandeurs est de moitié plus grande que celle des deux premiers grades. Il comporte une rosette pour les officiers. L'insigne des commandeurs est suspendu à une cravate. Les grands officiers portent la croix d'officier mais aussi une plaque sur le côté droit de la poitrine. Les grand-croix portent la même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en écharpe, suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l'épaule droite.
En tenue civile, les chevaliers portent à la boutonnière un ruban rouge, les officiers une rosette rouge, les commandeurs une rosette rouge sur demi-n?uds en argent, les grands officiers une rosette rouge demi-n?uds moitié argent moitié or, et les grand-croix une rosette rouge sur demi-n?uds en or. Le demi-n?uds est vulgairement appelé « canapé ».
[] Ordre
La devise de l'ordre est Honneur et Patrie.
Le président de la république est le grand maître de l'Ordre. Le grand collier (composé de 16 anneaux en or massif) est remis au président par le grand chancelier, le jour de son investiture. On le voit sur les photos officielles puis il est déposé au musée de la Légion d'Honneur.
Le grand chancelier de la Légion d'Honneur est choisi parmi les grands croix par le président de la république. Depuis 1969 il est nommé pour 6 ans. Depuis le premier chancelier, Lacépède, seuls des militaires ont été nommés. Les responsabilités du grand chancelier sont assez étendues : il a la charge de tous les problèmes liés aux décorations en France. C'est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des décorations étrangères. Il est également grand chancelier de l'ordre national du Mérite.
Le grand chancelier est assisté d'un conseil réunissant des membres divers de la Légion, civils et militaires, à partir du grade de commandeur.
[] Liste des grands chanceliers de la Légion d'Honneur
Liste des grands chanceliers
| Grand chancelier
| Date de nomination
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| Bernard de la Ville-sur-Illon, comte de Lacépède
| 14 août 1803
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| Monseigneur Dominique Dufour, baron de Pradt
| 6 avril 1814
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| Lieutenant-Général, comte Louis de Bruges
| 3 février 1815
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| Bernard de la Ville-sur-Illon, comte de Lacépède
| 13 mars 1815
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| Maréchal Jacques MacDonald, duc de Tarente
| 2 juillet 1815
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| Maréchal Edouard Mortier, duc de Trévise
| 11 septembre 1831
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| Maréchal, comte Maurice Gérard
| 4 février 1836
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| Maréchal Charles Oudinot, duc de Reggio
| 17 mars 1839
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| Maréchal, comte Maurice Gérard
| 21 octobre 1842
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| Général de division, baron Jacques Subervie
| 19 mars 1848
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| Maréchal, comte Gabriel Molitor
| 23 décembre 1848
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| Maréchal, comte Rémy Isidore Exelmans
| 15 août 1849
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| Général de division, Comte Philippe d'Ornano
| 13 août 1852
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| Général de division Charles Lebrun, duc de Plaisance
| 26 mars 1853
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| Maréchal Aimable Pélissier, duc de Malakoff
| 23 juillet 1859
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| Amiral, baron Ferdinand Hamelin
| 24 novembre 1860
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| Général de division, comte Charles Auguste de Flahaut
| 27 janvier 1864
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| Général de division Joseph Vinoy
| 6 avril 1871
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| Général de division Louis Faidherbe
| 28 février 1880
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| Général de division Victor Février
| 10 octobre 1889
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| Général de division Léopold Davout, duc d'Auerstaedt
| 5 décembre 1895
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| Général de division Auguste Florentin
| 23 septembre 1901
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| Général de division Yvon Dubail
| 14 juin 1918
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| Général de division Charles Nollet
| 7 janvier 1934
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| Général de division Charles Brécard
| 12 novembre 1940
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| Général d'armée Paul Dassault
| 25 août 1944
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| Général d'armée Georges Catroux
| 1er octobre 1954
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| Amiral Georges Cabanier
| 14 janvier 1969
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| Général d'armée Alain de Boissieu Dean de Luigne
| 15 février 1975
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| Général d'armée André Biard
| 4 juin 1981
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| Général d'armée Gilbert Forray
| 5 juin 1992
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| Général d'armée aérienne Jean-Philippe Douin
| 4 juin 1998
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| Général d'armée Jean-Pierre Kelche
| 4 juin 2004
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[] Maisons d'éducation de la Légion d'honneur
Voir Maison d'éducation de la Légion d'Honneur
[] Principales autres décorations françaises
L'ordre national du Mérite, destiné, lui, à récompenser les mérites distingués, a été créé le 3 décembre 1963 par le général de Gaulle.
La médaille de la Résistance crée le 9 février 1943 par le général de Gaulle est destinée à récompenser les actes de résistance à l'ennemi.
L'Ordre de la Libération, créé par le général de Gaulle en 1944 à Alger. Il n'est plus décerné. Le responsable de l'ordre est son chancelier, depuis la mort du seul Grand-Maître de l'Ordre, le général de Gaulle (contrairement à la Légion d'Honneur ou l'Ordre du Mérite, c'était à titre personnel que le général de Gaulle était Grand-Maître de l'Ordre de la Libération.
[] Refus de la décoration
- Les collaborateurs du Canard enchaîné refusent depuis toujours les décorations, au premier rang desquelles la Légion d'honneur (Pierre Scize, journaliste, sera renvoyé du journal en 1933 pour l'avoir acceptée).
- Ils refusèrent la décoration : le dramaturge Népomucène Lemercier refusant de prêter serment à l'Empereur et à sa dynastie, La Fayette et le poète Jean-François Ducis, Gérard de Nerval, George Sand, Honoré Daumier, Littré, Courbet, Guy de Maupassant, Maurice Ravel (qui refuse immédiatement cette distinction, sans donner de justification), Pierre et Marie Curie, Eugène Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Antoine Pinay, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve.
- Des poètes « anars » comme Jacques Prévert, Georges Brassens ou Léo Ferré, qui a brocardé « ce ruban malheureux et rouge comme la honte ». Geneviève de Fontenay, la présidente du Comité miss France qu'un sénateur de Savoie voulait proposer, l'a aussi refusée pour des raisons inverses : « C'est vraiment désacraliser le ruban que de le distribuer à n'importe qui... comme des médailles en chocolat. »
- Distingué fin décembre 1997, l'écrivain Bernard Clavel a fait savoir qu'il refusait de recevoir la Légion d'honneur, préférant rester « dans le clan de ceux qui l'ont refusée ». Il a ajouté que son oncle Charles l'avait reçue parce qu'il avait abondamment versé son sang pour son pays dans une terrible guerre : « Je pense qu'il se retournerait dans sa tombe en me voyant porter le même ruban que lui. »
- Lors d'une rencontre, le président de la République Vincent Auriol propose la Légion d'honneur à Marcel Aymé. En retour, l'écrivain lui indique sans ménagement tout le mépris que lui inspire son interlocuteur. Puis il termine par ces mots, demeurés célèbres : « Quant à votre Légion d'honneur, monsieur le président, sauf votre respect, vous pouvez vous la carrer dans le train... »
Certaines personnes choisissent d'accepter la décoration mais refusent de la porter, par exemple Jean d'Ormesson, de l'Académie française.
[] Musée de la Légion d'honneur
Musée national de la Légion d'honneur,
2, rue Bellechasse,
75007 Paris,
ouvert tous les jours sauf le lundi de 14 heures à 17 heures,
RER C : Musée d'Orsay (RER)
[] Voir aussi
[] Liens internes
[] Liens externes
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