Saisir un mot clé:
 
 

La_Grande_Illusion

Ce site est un miroir du site http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil

La Grande Illusion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

La Grande Illusion
Réalisation Jean Renoir
Acteur(s) Jean Gabin : Maréchal
Pierre Fresnay : de Boëldieu
Erich von Stroheim : von Rauffestein
Dita Parlo : Elsa
Scénario Charles Spaak, Jean Renoir
Dialogues Charles Spaak, Jean Renoir
Photographie Christian Matras
Montage Marguerite Renoir, assistée de Marthe Huguet
Producteur(s) Frank Rollmer, Albert Pinkévitch pour R.A.C
Genre Drame
Durée 113
Sortie 9 juin 1937
Langue originale français
Pays d'origine France France

La Grande Illusion est un film français de Jean Renoir sorti en 1937. Ce film, considéré comme un chef d'?uvre du cinéma français mais également mondial, présente une philosophie pacifiste et humaniste à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Il défend l'idée que le nationalisme et l'antisémitisme sont une profonde erreur qui divise les peuples et que seules les classes sociales séparent les hommes. Ce film fut interdit par le régime nazi en Allemagne, et en France de 1939 à 1945.

Sommaire

[] Synopsis

Pendant la Première Guerre mondiale, l'avion du lieutenant Maréchal et du capitaine de Boëldieu est abattu par le commandant von Rauffenstein, un aristocrate connaissant par hasard la famille du capitaine de Boëldieu. Les deux officiers français sont envoyés dans un camp en Allemagne. Là, ils retrouvent de nombreux prisonniers français, de tous grades et issus de différents milieux sociaux. Ensemble, les prisonniers organisent différentes activités, partagent leurs maigres ressources et vivent au rythme des nouvelles de l'armée francaise qui prend et perd successivement des positions sur le front nord, notamment lors de la bataille de Douaumont. La chambrée, outre Maréchal et de Boëldieu, regroupe également le lieutenant Demolder un amoureux des lettres, le lieutenant Rosenthal, fils d'une riche famille juive dans les finances, un ingénieur du cadastre et Cartier, un sergent populaire et volubile. Ils décident de s'échapper du Stalag en creusant un tunnel dans des conditions périlleuses. La veille de leur évasion, le sort veut qu'ils soient transferés dans un autre camp.

Les mois passent, et Maréchal et de Boëldieu après diverses tentatives d'évasion avortées sont transférés dans un ultime camp fortifié en montagne, où ils ont la surprise de découvrir qu'il est dirigé par von Rauffenstein, maintenant infirme après une grave blessure et inapte au service actif. Ils retrouvent également, par hasard Rosenthal. Les deux officiers aristocrates se respectent et fraternisent plus ou moins, sous le regard de Maréchal l'ouvrier et de Rosenthal le banquier juif, ayant en commun leur milieu et leur éducation. Poursuivant leur projet d'évasion, Maréchal et de Boëldieu montent un stratagème raffiné pour s'échapper, mais un certain honneur personnel vis-à-vis à la fois de von Rauffenstein et Maréchal, pousse de Boëldieu à se sacrifier pour couvrir la fuite de Maréchal et Rosenthal. L'évasion des deux compères réussit, mais de Boëldieu est abattu par accident par von Rauffenstein, forcé de tirer sur celui qui était devenu son ami.

Dans leur fuite vers la Suisse au travers la campagne allemande, sous le froid, la neige et mourant de faim, Maréchal et Rosenthal sont accueillis dans une ferme allemande dont les hommes sont morts à la guerre : c'est Elsa, une jeune fermière, qui élève désormais seule sa fille et mène au mieux l'exploitation. Rosenthal et Maréchal décident de passer quelques semaines là pour reprendre des forces et atteindre de meilleurs jours pour reprendre leur route. Maréchal, inévitablement, tombe amoureux d'Elsa, laquelle revit à la présence des pas d'un homme dans sa maison. Le soir de Noël, ils passent la nuit ensemble. Le jour du départ arrive, Maréchal avec Rosenthal reprend sa route vers la Suisse, tout en promettant à Elsa de revenir après la guerre, s'il vit encore. Ensemble, ils arrivent finalement en Suisse.

Le scénario initial prévoyait une séquence supplémentaire : en se séparant, Maréchal et Rosenthal se donnaient rendez-vous dans un grand restaurant parisien pour fêter la victoire. Au jour dit, les deux chaises restaient vides, sans qu'on sache s'ils avaient renoncé à continuer à fraterniser, la paix revenue, ou s'ils avaient été tués.

[] Commentaire

Le Château du Haut-K?nigsbourg où fut tournée la seconde partie du film.
Le Château du Haut-K?nigsbourg où fut tournée la seconde partie du film.

Ce film est l'occasion de peindre une galerie de portraits fortement typés, comme toujours chez Renoir (deux aristocrates, un titi parisien, un couturier et fils de banquier juif, un acteur, un instituteur, un ingénieur, etc.) à l'heure de la Première Guerre mondiale. Cette époque, qui marque la fin de l'aristocratie, décrit les rapports de force et les affinités entre les différentes classes sociales au-delà des frontières et des conflits. La Grande Illusion n'est d'ailleurs ni un film d'aventures, ni même un film de guerre (il n'y a aucune scène de combat).

Il s'agit du premier film à traiter d'une évasion, et fut une source d'inspiration de la Grande Évasion. Caractéristique assez rare, l'histoire ne montre aucun personnage négatif : combattants ou gardiens, les Allemands sont de bons bougres ; les prisonniers alliés font leur devoir avec conscience mais sans héroïsme excessif, Boëldieu excepté mais la chose est amenée de manière très vraisemblable et quelque peu péjorative (il est une relique du passé). Tels qu'ils sont présentés, les camps de prisonniers de 14-18 ne donnent pas l'impression d'un épouvantable enfer (au moins les camps d'officiers).

La signification du titre du film a longtemps suscité des discussions : la « grande illusion » s'applique-t-elle à la durée de la guerre, dont personne ne s'attendait à ce qu'elle soit si longue ? Ou concerne-t-elle les relations entre les personnages (le rapprochement factice des classes sociales par la guerre, l'entente entre aristocrates malgré le conflit de leurs patries respectives) ? L'illusion dont parle le titre serait celle des frontières, qui ne séparent pas des nations ou des territoires, mais qui sont avant tout sociales. Dès les premiers plans, les individus se reconnaissent : les deux aristocrates peuvent s'entendre malgré la guerre (ils fréquentent les mêmes lieux et parlent plusieurs langues avec facilité), et les deux ouvriers sympathisent en souvenir de leur passé (Maréchal emploie tout de suite un langage populaire pour évoquer l'usine dans laquelle lui et l'Allemand ont travaillé). Enfin, dans le dernier plan dans la neige, aucune image ne montre que la frontière suisse a été dépassée. Une troisième hypothèse voudrait que l'illusion soit celle de la "Der des Der" qu'évoque Maréchal, aussitôt contredit par Rosenthal. En effet le film date de 1937, alors que le nationalisme est à son comble et que l'accession d'Hitler au pouvoir en 1933 laisse déjà présager une nouvelle guerre.

La Grande Illusion a tout de suite été considérée comme un chef-d'?uvre, probablement le meilleur film de toute la production française, non seulement en France mais aussi à l'étranger, y compris chez les Anglo-Saxons. Jusque vers 1970, il était toujours dans la liste des 10 meilleurs films de tous les temps.

[] Fiche technique

[] Distribution

[] Autour du film

[] Les acteurs

  • À l'origine le rôle de Boëldieu fut écrit pour Louis Jouvet. Le changement fut probablement heureux, Jouvet étant peut-être un peu trop austère et pince-sans-rire pour incarner un aristocrate qui doit savoir montrer du détachement et une certaine nonchalance même dans des circonstances tragiques.
  • Le film devait initialement s'appeler Les Aventures du lieutenant Maréchal, ce personnage étant le seul présent du début à la fin. Le scénario d'origine se concentrait sur les relations du lieutenant Maréchal et du capitaine de Boëldieu. À la suite d'un malentendu avec Erich von Stroheim, Jean Renoir dut réécrire le scénario alors que le tournage était commencé pour lui donner un rôle plus important car il ne devait faire, à l'origine, qu'une apparition.
  • La petite Peters, qui interprète le rôle de Lotte, ne vit jamais le film : elle fut emportée par la grippe quelques semaines avant sa sortie[réf. nécessaire].

[] Le tournage

[] Anecdotes

  • Petite étourderie : une carte affichée sur un mur montre l'Allemagne avec ses frontières d'après 1919 (l'action semble se passer dans l'année 1916 car elle fait allusion à la perte puis la reprise de Douaumont ; elle s'étale sur plusieurs mois, compte tenu des changements de camps et tentatives d'évasion des personnages, sans compter le séjour à la ferme qui couvre Noël 1916 ou 1917).
  • Il n'y a jamais eu d'escadrille MF 902 (celle de Maréchal) mais cette dénomination correspond bien au système en vigueur en 14-18 car Renoir, qui fut aviateur, a pris soin d'utiliser un numéro non attribué, la série n'ayant pas atteint 600.

[] Après la sortie

  • L'esprit pacifiste (revendiqué par Jean Renoir) et de fraternisation entre les peuples du film durent au film d'être interdit pendant la guerre.
  • Lors de sa présentation publique, le film fut amputé de 18 minutes, il ne fut projeté en version complète qu'au cours d'un festival organisé à Bruxelles en 1958.
  • Au lendemain de la première au cinéma Marivaux, le film est projeté sans interruption de 10 heures à 2 heures du matin. Le film fait salle comble à chaque séance et battra tous les records de fréquentation : 1,55 millions de francs en quatre semaines, 200 000 spectateurs en deux mois dans une seule salle, meilleure recette de l'année 1937.
  • Il semblerait que le Duce, qui, en privé, appréciait le film et en aurait possédé une copie, serait intervenu pour écarter le film de la récompense suprême de l'exposition internationale d'art cinématographique de Venise. Son régime allait interdire l'?uvre dès octobre. Hitler, qui regardait beaucoup de films, le jugea très bon mais le fit interdire pour les mêmes raisons que la censure française : son esprit pacifiste très persuasif. Il essaya d'en faire détruire copies et négatifs, mais en vain ; de toute façon, l'étourderie des Français fut beaucoup plus efficace et on crut des années durant l'original perdu, plus personne ne sachant où on l'avait mis à l'abri. Il est maintenant conservé à la cinémathèque de Toulouse, après avoir été retrouvé en Russie (les autorités de l'URSS l'ayant récupéré en Allemagne lors de la Deuxième Guerre mondiale).
  • Le film restera trente-six semaines à l'affiche d'une salle new-yorkaise.

[] Récompenses

  • Prix du meilleur ensemble artistique à l'exposition internationale d'art cinématographique de Venise (Ve Mostra de Venise).
  • Prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine en 1938.

[] Liens internes

[] Liens externes

 
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/La Grande Illusion
Home

Données
A la une
Articles
Formatons en lignes
Téléchargement
Licence GNU
Encyclopedie
Portail logiciels libres

Partenaires

beyrouthsurseine.com
Sonnerie & Logos
Photos-Video
Ringtones-Sonnerie
Actualite.org
Terrain tennis

  
Décembre 2008
L
M
M
J
V
S
D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425 262728
293031
     
Tous les Logos et Marques sont déposés, les commentaires sont sous la responsabilité de ceux qui les ont publiés, le reste © technicmania.com