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Louis Beuve (Quettreville-sur-Sienne, 1869-1949) fut un poète et écrivain français de langue normande.
[] Sa vie
Louis Beuve est né à Quettreville-sur-Sienne, dans la Manche en 1869, d'une famille originaire de la région de Lessay. Après des études à Caen, et un service militaire à Cherbourg, il a exercé la profession de commis de librairie à Paris. Cet éloignement géographique de sa Normandie natale a beaucoup pesé sur ses débuts de poète. À Cherbourg, vers 1890, il entendit pour la première fois les chansons en normand de Cotentin écrites par Alfred Rossel.
Arrivé à Paris, il a fondé la Société et la revue du « Bouais-Jan » avec le peintre et conteur François Énault en 1897. On doit à monseigneur Albert Le Nordez, évêque de Dijon.
Revenu dans le Cotentin, il a ensuite été directeur du journal de Saint-Lô, Le Courrier de la Manche, jusqu'en 1944, époque de la destruction de la ville, de sa maison et des locaux du journal par les bombardements américains. Il avait trouvé pour désigner ce drame inutile le nom de « graunde breûlerie ».
Il se retira alors dans sa maison natale où il mourut en juin 1949. Il a été inhumé dans le cimetière de Quettreville-sur-Sienne.
[] Le régionaliste
Louis Beuve était imprégné du souvenir de l'ancienne grandeur de la Normandie. Cette nostalgie l'a amené à défendre vivement les souvenirs, la langue et les coutumes normandes.
Ce militant de la renaissance normande rêvait de retrouver une Normandie fière de son passé, quitte à la normanniser de nouveau. C'est en ce sens qu'il se disait (dans ses lettres) autonomiste, et non dans le sens d'un appel à l'indépendance. La question indépendantiste n'a pas de réel fondement historique en Normandie, la province étant un élément constitutif très ancien de la France. Il luttait contre le nivellement culturel des Français, en lui préférant la sauvegarde et la transmission des particularités propres aux provinces et régions françaises, et dans son cas, de la Normandie.
Il se tourna aussi vers le passé nordique de la Normandie et étudiant l'histoire et les coutumes des Normands, et fonda dans ce but une association nommée « Le Souper des Vikings ». Les amis du « Trouvère normand » se réunissaient autour d'une réunion culinaire dans l'esprit scandinave, sous la forme d'une « assembllaée » [prononcer : a-sin-byée]. Ce souper a continué après sa mort.
Malgré tout, il ne réussit qu'en partie à rétablir cette âme normande dans le c?ur des Normands, en particulier dans le Cotentin, notamment grâce à ses chansons et son ?uvre littéraire.
[] Son ?uvre
Honorée de son vivant par Remy de Gourmont ou Henry Bordeaux, l'?uvre écrite de Louis Beuve est essentiellement écrite en normand cotentinais de la région de Lessay et de Coutances.
Coutances, capitale du Cotentin, tenait d'ailleurs une place particulière dans les poésies de Beuve, qui fut toute sa vie passionné par la fière allure de sa cathédrale.
Plusieurs des écrits en patois de Lessay de Louis Beuve comptent parmi les chefs-d??uvre de la littérature dialectale. Reflétant une riche sensibilité, son écriture a longtemps été une référence pour ses continuateurs, notamment Côtis-Capel.
- Chansons :
- Les vuules quérettes (1895), sur l'air de J'suis natif du Finistère
- La cainchoun du bouon beire (1897), sur l'air des B?ufs de Pierre Dupont
- N'y a paè d'poumes (1897), sur l'air de la Ferme aux fraises
- Les adieux d'eune graind mère à sen fisset louaé np'tit valet l'jou d'la Saint-Cllai (1897) sur l'air du Biniou de Durand
- L's houmes counséqueints d' par chin (1898), sur l'air d' En avant la Normandie
- Ma vuule égllise (1897)
- Tcheu sei (1897), sur l'air de la Maison de mes parents - puis musique de Hippolyte Mariette
- La galette de s'rasin (1897), sur l'air de la Ronde des châtaignes de Théodore Botrel
- Les pllaintes d'eun touornous d'gigot
- Poésies :
- Les countes d'âotefeis (1895)
- La Graind Lainde (ou la Graund Launde)
- Roman (inachevé) :
- La lettre à la Morte (texte dans les ?uvres choisies, 1950)
- Contes
- Folklore de la région sud de Coutances et du canton de Montmartin-sur-Mer, paru dans le Bouais-Jan en 1900-1901 :
- Conte de la bouanne fomme âo tas de bllé
- La Mère Lalie à la linsive
- L'petit domestique du moulin d'Hyanville
- Les ch'vas virlis
- Conte de fileresse
- Conte des deux petits ermites
- Conte du biau soldat qui n'avait pas pôu et qui happit l'trésor âo diabe
- Les devilâles
- Les quéras et l's enquérâodements
- Deux petits contes du hât et du bas de la tabe : l'bouan beire et l'pétit beire à Jean Lapouque ; conséquense imprévue des noces de Cana
- Conte de Jean Bart
- Poétiques traditions : la Bête Saint-Gire ; la bouane Virge et les qu'nâles ; les r'vénants qui prêchent ès qu'nâles
[] Bibliographie
La plupart de ses écrits, dont une partie des titres cités ci-dessus, sauf sa riche correspondance, a été rééditée dans un ouvrage en hommage posthume, par ses admirateurs :
- Louis Beuve, ?uvres choisies, 1950.
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis Beuve