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Luc Boltanski

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Luc Boltanski
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Naissance 1940
Nationalité France France
Profession Sociologue
Occupation Professeur
Autres fonctions Directeur d'études au EHESS

du Groupe de sociologie politique et morale (GSPM) avec Laurent Thévenot

Luc Boltanski est un sociologue contemporain français né en 1940. Directeur d'études à l'EHESS.

Sommaire

[] Biographie

Les premières recherches de Luc Boltanski sont menées dans le cadre du Centre de Sociologie européenne, dirigé par Raymond Aron puis Pierre Bourdieu. Ses premiers travaux sont orientés par l'influence du cadre théorique bourdieusien. Boltanski est donc dans sa jeunesse inséré dans le « groupe de jeunes que Bourdieu avait réunis autour de lui ».

Au début des années 1970, Boltanski devient maître-assistant à l'École des hautes études en sciences sociales. Il participe à la fondation de la revue Actes de la recherche en sciences sociales. Au milieu des années 1970, Boltanski se désengage des Actes et se désinvestit de l'équipe encadrée par Bourdieu. Cette désunion intellectuelle avec la sociologie bourdieusienne peut se résumer par deux conceptions opposées de la critique sociologie.

Durant cette même décennie Boltanski s'avère également être un auteur de référence concernant la sociologie des cadres.

[] Boltanski et Bourdieu : deux conceptions de la critique

En effet, même si Luc Boltanski s'est nourri à l?école de Pierre Bourdieu, il se détache de la sociologie du « dévoilement » (issue de la tradition marxiste), qui enquête sur les « vraies » contraintes pesant sur les agents, pour se pencher davantage sur les éléments communicationnels, relationnels et pratiques qui rendent l'accord possible.

Par contre, voir quels sont les éléments qui rapprochent ou divisent les personnes autour d?un même objet, et l'analyse des processus par lesquels elles arrivent in fine à un accord perçu, reconnu et voulu consciemment comme tel, voilà une des caractéristiques de l'approche de Boltanski. Contrairement à la méthode bourdieusienne, qui accorde une place importante à la trajectoire, la méthode boltanskienne ne s'intéresse pas au passé des acteurs, encore moins à leurs habitudes ou à leurs caractéristiques socioculturelles. Au contraire, chaque acteur possède un « libre arbitre » qui lui permet, lors des épreuves (et de ses mises à l'épreuve), de faire valoir ses arguments et ses « justifications ». Celles-ci s'appuient sur une grammaire spécifique, mais non infinie, suivant les situations. Nous pouvons dès lors dire que ces deux sociologies sont opposées quant aux buts à atteindre par leur démonstration.

Dès lors, sociologie critique telle que pratiquée par Bourdieu (celle qui dénonce les mécanismes sous-jacents et inconscients de l'exploitation) se confronte à une sociologie de la critique (celle qui analyse les conditions et les conséquences de la critique...). Pour Bourdieu, en quelque sorte, toute dénonciation qui n'est de l'ordre de l'analyse sociologique, est une dénonciation aveugle et sourde quant à ses véritables motivations : toute tentative de critique « spontanée » est suspecte. Par contre, pour Boltanski, les personnes sont parfaitement à même de comprendre leurs motivations. En effet, s'ils sont « sous le voile », ils en ont conscience. Ils le palpent et se le disputent, si l'on peut dire. Ce sont les conditions de ce jeu qui intéressent Boltanski.

Cependant, ces enjeux intellectuels sont bientôt redoublés et prolongés par des enjeux institutionnels lorsque Boltanski fonde avec Laurent Thévenot le Groupe de sociologie politique et morale (GSPM) en 1984.

Boltanski est alors l'un des principaux représentants de la sociologie pragmatique français, considérant que l'homme fait la « société » et que les acteurs sont compétents pour prendre position, juger, dénoncer, critiquer, en rendre compte... Cette sociologie s'oppose à la sociologie critique (seul le sens savant peut être critique et c'est la société qui fait l'homme) représentée entre autres par Bourdieu. Avec Thévenot, il écrit De la justification (1991), ouvrage qui prolonge « La dénonciation » (Actes de la recherche en sciences sociales, 51, mars 1984, avec Y. Darré et M.-A. Schiltz) puisqu'il montre qu'il existe non pas, comme il l'explique dans l'article « La dénonciation », une seule façon d'être « grand » dans le monde social, à savoir : par un travail de dé-singularisation, mais bien différents moyens de devenir grand (« échelles de grandeur »).

La rencontre de Boltanski avec Ève Chiapello et leur collaboration pour Le Nouvel esprit du capitalisme (1999) a permis au sociologue d'élargir le cercle autour de la sociologie de « l'économie des grandeurs ». En effet, Le nouvel esprit du capitalisme apparaît comme une configuration illustrative, à portée générale et pratique, de la typologie des cités. L'écho qu?a eu ce livre dans les media, notamment dans le champ des gestionnaires eux-mêmes, tend à prouver l?importance de sa portée.

Il a récemment publié un livre intitulé La condition f?tale (2004) qui a ouvert un débat autour de l'usage de la notion de contradiction dans les sciences sociales et de la possibilité d'articuler structuralisme et phénoménologie dans une approche historique.

[] Publications principales

  • avec Pierre Bourdieu et Robert Castel, Un art moyen : essai sur les usages sociaux de la photographie, Paris, Éditions de Minuit, 1964.
  • Le Bonheur suisse, Paris, Éditions de de Minuit, 1966.
  • Prime éducation et morale de classe, Paris, EHESS, 1969.
  • Les cadres. La formation d'un groupe social, Paris, Éditions de Minuit, 1982.
  • avec Laurent Thévenot (dir.), Justesse et justice dans le travail, Cahiers du Centre d'etudes de l'emploi, Paris, PUF, no 33, 1989.
  • L'Amour et la justice comme compétences. Trois essais de sociologie de l'action, Paris, Métaillé, 1990.
  • avec Laurent Thévenot, De la justification. Les économies de la grandeur, Paris, Gallimard, 1991.
  • La souffrance à distance. Morale humanitaire, médias et politique, Paris, Métailié, 1993 ; 2e éd. nouvelle postface et un nouveau chapitre: « La Presence Des Absents »), Gallimard, « Folio essais », Paris, 2007.
  • avec Ève Chiapello, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, Gallimard, 1999.
  • La Condition foetale. Une sociologie de l'avortement et de l'engendrement, Gallimard, « Essai », 2004.
  • avec Élisabeth Claverie, Nicolas Offenstadt et Stéphane Van Damme (éds) Affaires, scandales et grandes causes. De Socrate à Pinochet, Paris, Stock, 2007.

[] Voir aussi

[] Liens externes

 
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