Un article de Wikipedia.y-project.com.
[] Toile de fond historique : Le Jour-J
Avec le débarquement des Alliés en Normandie la Résistance limousine accrut ses opérations de sabotage afin de neutraliser les communications et de harceler l'occupant.
[] Oradour, un village au c?ur d'une zone de Résistance
La réponse des Nazis s'intensifia après le débarquement du 6 juin 1944. Cela commença en Limousin dès le 7 juin 1944.
[] « Brehmer » et « Totenkopf »
La division SS Brehmer intervint à l'ouest, coupable notamment du massacre du 9 août 1944 à Saint-Julien-de-Crempse. La division SS Totenkopf fut sollicitée pour réduire la « poche de Mouleydier ». Le village, stratégiquement situé pour empêcher la remontée des troupes ennemies vers le nord, avec son pont sur la Dordogne permettant d'accéder à l'aérodrome, était entré en insurrection dès le 7 juin 1944. Environ 200 résistants périgourdins y avaient pris dans la zone, sous la direction de Maurice Loupias, dit Bergeret.
« Tous ceux qui étaient pris les armes à la main étaient torturés puis fusillés ». Au total, 19 personnes sont passées par les armes, principalement des Lindois. Trois civils ont été tués par des éclats d'obus ou des balles perdues. Deux cents personnes sont emmenées comme otages à Bergerac. Ils seront échangés avec des collaborateurs arrêtés par la Résistance sauf quatre, d'origine italienne ou espagnole, qui seront déportés dont deux reviendront.
Pour abattre la résistance, les SS décidèrent de « faire un exemple » au c?ur des régions hostiles.
[] Le 10 juin 1944 à Oradour
En début d'après-midi du 10 juin les quelques 200 Waffen SS du quatrième régiment grenadier Panzer (Der Führer) de la division SS Das Reich encerclèrent le bourg d'Oradour-sur-Glane et ordonnèrent à tous les habitants de se rassembler sur la place du village. L'intention affichée étant de procéder à une vérification des identités. Hommes et femmes furent séparés. Les premiers furent répartis dans six granges, où des mitrailleuses étaient déjà en place. Les secondes et les enfants furent enfermés dans l'église. Pendant ce temps le village fut pillé et les témoins assassinés.
Le massacre commença dans les granges. Selon un survivant les soldats visèrent d'abord les jambes pour allonger l'agonie. Une fois que les victimes étaient incapable de se déplacer, leurs corps furent aspergés d'essence puis enflammés.
Cinq hommes réussirent à s'enfuir. 197 y moururent.
Les soldats alors arrivèrent à l'église où les femmes étaient inquiètes et terrorisées après avoir entendu les rafales d'armes à feu à l'extérieur. Ils installèrent des explosifs et les firent détonner. Les femmes et enfants survivants essayant de fuir furent abattus par des mitrailleuses postées près des fenêtres et portes. Il y eut une seule survivante sur un total de 240 femmes et 205 enfants.
[] Récit de Jacqueline Pinède, survivante
« Quand on a vu les Allemands arriver, mon père nous a d'abord fait sortir et nous a amenés dans le champ mitoyen. Il a entendu des coups de feu devant la maison et il y est retourné. On ne l'a plus jamais revu. On ne réalisait pas ce qui était en train de se passer. On entendait les tirs, bien sûr, mais qui aurait pu imaginer une chose pareille ? »
Quand ils sont sortis du cagibi, le soir, ils ont trouvé trois SS. L'un d'eux leur a fait signe de fuir. « Peut-être parce que mon frère était mongolien, je ne sais pas... On s'est mis à marcher un peu au hasard, un peu hagards ».
Un petit groupe de vingt personnes du village avait fui sans chercher d'explication dès l'arrivée des Nazis. Le soir du 10 juin, le reste du village fut détruit à la grenade. Quelques jours plus tard, les survivants et les proches furent autorisés à enterrer les massacrés.
Une partie des victimes était originaire de Charly, un village lorrain francophone. Ces personnes avaient été déplacées dans le Sud-Ouest avant la guerre à cause de l'imminence du conflit. Après la débacle, elles n'avaient pas été autorisées à retourner chez elles par les Allemands. La Lorraine faisait partie de la zone interdite qui devait être germanisée après la victoire nazie.
[] Résistance et contre-terrorisme
Les Nazis voyaient la résistance (qui utilisait des tactiques de guerilla) comme du terrorisme et les partisans comme des terroristes.
La principale difficulté était d'éliminer un ennemi sans visage qui n'hésiterait pas à attaquer n'importe quelle force d'occupation puis à disparaître dans la foule des civils.
L'attaque sur du personnel non-combattant revenait à déclarer une guerre totale dont les civils avaient à assumer les conséquences pour avoir soutenu la résistance. Aussi les Allemands pensèrent qu'il était justifié d'épargner la vie de leurs compatriotes en liquidant les « terroristes » et en anéantissant brutalement leurs « sympathisants » supposés.
Le massacre d'Oradour faisait donc partie de cette politique globale de contre-terrorisme lancée pour briser l'aide à la Résistance et installer la collaboration par la crainte.
Ce raisonnement brutal se retrouve dans la série de massacres aveugles et connus : village français d'Ascq, village soviétique de Kortelisy (maintenant en Ukraine), village de Lidice (en Tchéquie), ville de Kragujevac en Serbie et les villages Italiens de Sant'Anna di Stazzema et de Marzabotto.
[] Procès
Le 12 janvier 1953 un procès débuta contre 65 des 200 meurtriers au tribunal militaire de Bordeaux. Seuls 21 des accusés étaient présents (beaucoup vivant en Allemagne, sans crainte d'extradition) dont 7 Allemands et 14 Malgré-nous alsaciens. Un seul Malgré-nous reconnut avoir choisi de rejoindre la Waffen-SS.
La présence de Malgré-nous créa un très vif mouvement de protestation en Alsace qui força les autorités à conduire un procès séparé pour eux.
Le 11 février, 20 accusés furent acquittés. Pourtant la fronde continua en Alsace. Le parlement finalement vota une loi d'amnistie pour les Malgré-nous le 19 février. Tous les Alsaciens prisonniers furent libérés peu après. Cette mesure d'apaisement suscita un immense sentiment d'injustice en Limousin.
Le sort des coupables allemands fut également rapidement réglé. En 1958, tous étaient déjà libérés. Le général de la division « Das Reich », Karl-Heinz Lammerding qui avait ordonné les mesures contre les « terroristes », mourut paisiblement en 1971. Il ne fut jamais ni condamné, ni extradé et débuta une brillante carrière commerciale. Voir aussi: Daab, Heinz Barth.
[] Mémorial
Après la guerre, le général de Gaulle décide de ne jamais reconstruire le village qui deviendra un mémorial à la douleur de la France sous le régime nazi. En 1999, le village fut consacré village martyr par le Président Jacques Chirac.
[] Voir aussi
[] Liens externes
Le Texte ci-dessus est disponible sous GNU Free Documentation License.
La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre d\\\'Oradour-sur-Glane