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Obésité

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Image:Italienischer Maler des 17. Jahrhunderts 001.jpg
Portrait d'un obèse par un artiste italien de XVIIe siècle.

L'obésité se définit par un excès de masse grasse entraînant des inconvénients pour la santé.

Sommaire

[] Définition

Les graisses (lipides), comme les sucres (glucides), servent à stocker l'énergie dans le corps. Les sucres fournissent une énergie utilisable rapidement, les graisses permettent de stocker beaucoup d'énergie dans peu d'espace ; en fait, c'est 95 % de l'énergie qui est stockée sous forme de graisse : si toute l'énergie était stockée sous forme de sucre, nous pèserions 800 kg !

La graisse est stockée dans des cellules appelées lipocytes ou adipocytes. On distingue deux situations :

  • le surpoids : les adipocytes stockent de plus en plus de graisse et grossissent ;
  • l'obésité : lorsque les adipocytes arrivent à saturation, elles se multiplient.

Pour évaluer l'obésité, il faut tenir compte de la masse (ce que l'on appelle de manière impropre le « poids ») et de la taille. Une personne qui pèse 100 kg n'aura pas la même corpulence si elle mesure 2 mètres plutôt qu'1 mètre 60.

Le principal indicateur de mesure utilisé est l'indice de masse corporelle (IMC). Il tient compte de la morphologie de l'individu.

L'indice de masse corporelle est égal à la masse (exprimée en kilogramme) divisée par le carré de la taille de la personne (en mètre) :

IMC = masse (kg)/taille (m)2 = masse/(taille × taille)

Un IMC entre 18,5 et 25 est considéré comme normal chez un adulte. Entre 25 à 30, on parle de surpoids (surcharge pondérale). Au-delà de 30, on parle d'obésité. De 30 à 35, on parle d'obésité sévère et, au-delà de 40, d'obésité morbide.

[] Quelques chiffres

En 2004, l'obésité touche 300 millions de personnes dans le monde.

[] Pays développés

pays surpoids dont obésité population totale
États-Unis 193 millions (65,7 %) 89,8 millions (30,6 %) 293,5 millions
Mexique 64,8 millions (62,3 %) 25,1 millions (24,2 %) 104 millions
Royaume-Uni 37 millions (62 %) 13,7 millions (23 %) 59,7 millions
Australie 11,7 millions (58,4 %) 4,4 millions (21,7 %) 20,1 millions
République Slovaque 3,1 millions (57,6 %) 1,2 million (22,4 %) 5,4 millions
Grèce 6,3 millions (57,1 %) 2,4 millions (21,9 %) 11 millions
Nouvelle-Zélande 2,2 millions (56,2 %) 0,8 millions (20,9 %) 4 millions
France 23,2 millions (37,5 %) 5,8 millions (9,4 %) 62 millions

Source : L'OCDE en chiffres 2005. Un supplément à L'Observateur de l'OCDE Disponible ici En France, en 1965, seulement 3 % des enfant en âge scolaire étaient obèses ; ils sont 25 % en 2004 et 60 % aux États-Unis. L'obésité de l'enfant est un problème majeur : acquise avant 5 ans, elle persiste à l'âge adulte.

Une étude de la Direction régionale des affaires sociales (DRAS) datant de 2002 et menée en région parisienne permet d'affiner ce constat : 6,2 % des élèves de grande section (4 à 5 ans) scolarisés en école publique souffrent d?une obésité de degré I et 3,3 % de degré II. 11,8 % des enfants de réseaux d'éducation prioritaire (REP, populations défavorisées), contre 8,7 % de la population globale, sont atteints d?obésité de degré I ; 4,5 % contre 2,9 % de degré II.

[] Pays en voie de développement

On dénombre 115 millions d'obèses dans les pays en voie de développement ; on a paradoxalement des personnes souffrant à la fois d'obésité et de malnutrition. Ceci s'explique par deux phénomènes :

  • la chute du cours mondial du sucre ;
  • le fait que la fabrication d'huile soit une activité subventionnée par les États dans nombre de ces pays ;

ainsi, l'huile et le sucre sont les denrées les moins chères, mais les personnes souffrent néanmoins de carences notamment en protéines.

  • En Chine, en 2005, on comptait 90 millions de personnes obèses et le phénomène touche 10 % des enfants chinois. Dans 10 ans, le pays comptera 200 millions d'obèses si rien de change. (Source : AFP, 18 juin 2005).

[] Causes

L'obésité est le résultat d'un déséquilibre entre l'apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques. Quand l'organisme reçoit plus qu'il ne dépense, il stocke une partie de l'apport.

L'explosion récente du nombre d'obèses est attribuée à plusieurs facteurs liés au mode de vie :

  • Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, des humains ont massivement la possibilité de s'alimenter à suffisance, voire de se suralimenter, alors qu'auparavant on rencontrait plutôt des épisodes de disettes et de famines ;
  • L'alimentation s'est fortement diversifiée, et il est beaucoup plus difficile de gérer cette profusion de nourriture : lorsque l'on mange toujours la même chose (ce qui était le cas traditionnellement), la satiété (perte d'envie de manger) indique que l'on a un apport énergétique suffisant ; lorsque la nourriture varie, cette information est faussée.
  • La sédentarité est une cause importante, la voiture et la télévision sont aussi nocives que les excès alimentaires.
  • Les sociétés contemporaines sont source de stress, parfois même de sinstrose. De nombreux individus peuvent alors ressentir un vide moral en eux, qu'ils compensent par la nourriture physique. (Voir boulimie.)

Il apparaît néanmoins que l'obésité est multifactorielle, et parmi les causes, le rôle de l'hérédité est mieux connu : des gènes responsables ont été identifiés, qui interviennent sur la production par les adipocytes de leptine, une protéine agissant au niveau du système nerveux central sur le contrôle de l'appétit et de la dépense énergétique. On a remarqué également l'influence des modes de vie sur les facteurs génétiques. Notre corps a été habitué pendant des millénaires à faire face au manque, il n'est pas adapté à l'abondance ; par ailleurs, avec une même alimentation et une même pratique physique, la prise de masse varie selon les individus.

Concernant l'alimentation, il n'y a pas que la teneur en graisses qui entre en compte, il y a aussi leur qualité. Les types de lipides de l'alimentation sont les suivants, avec les propriétés suivantes pour l'organisme :

  • Stérol :
    • Cholestérol (Essentiellement fabriqué par le foie) : Le cholestérol des aliments est peu nocif. Par contre la production excessive (ou trop basse) par le foie augmente les risques cardiovasculaires.
    • Phytostérols (Huiles, cacao, fruits, légumes) : Régulation du niveau de cholestérol. Propriétés anti-inflammatoires. Diminution des risques de cancer et d?hyperblastie de la prostate. Renforcement du système immunitaire. Augmentation du taux de DHEA.
  • Tocophérols :
    • alpha (Vitamine E), Beta, Gamma, Delta Huiles (sauf palme et coprah) : Antioxydants : baisse des risques cardio-vasculaires et de cancers.
  • Phospholipides et sphingolipides (?uf, soja, germe de blé) : Utiles au cerveau (neurones) et membranes cellulaires.
  • Acides gras
    • Saturés (Viandes, beurre, crème, huile de maïs...) : Augmentation des risques cardio-vasculaires.
    • « Insaturés Trans » (Huiles raffinées, margarine, sauces, mayonnaises industrielles, fritures, graisses de b?uf, mouton, pains de mie) : Augmentation des risques cardio-vasculaires.
    • « Mono insaturés Cis » (Huiles d?olive, végétales, graisse de canard, d?oie, chocolat) : Diminution des risques cardio-vasculaires.
    • Poly-insaturés Oméga 3 (Huiles de noix, soja, colza, lin, Groseilles, cassis, olive, poissons gras, crustacés) : Diminution des risques cardio-vasculaires, mais en excès troubles cardio-vasculaires et immunitaires.
    • Poly-insaturés Oméga 6 (Huiles de pépins de raisin, tournesol, noix, maïs, soja, colza, olive, graisses de volailles) : Diminution des risques cardio-vasculaires, mais en excès troubles cardio-vasculaires et immunitaires.

C'est ainsi que l'on a constaté une obésité chez des nourrissons voire chez des f?tus, alors même que l'on ne peut pas incriminer le grignotage et l'absence d'exercice. Les études de Gérard Ailhaud [1, pp14-16] ont montré que c'est l'alimentation de la mère qui est en cause, trop riche en ?6, voire la composition de certains laits maternels en poudre, calquée sur la composition du lait de mères absorbant trop d'?6.

De manière paradoxale, les régimes peuvent favoriser l'obésité. En effet, de mauvais régimes favorisent la perte de masse musculaire, qui est directement liée au métabolisme. Après ces mauvais régimes, il y a ralentissement du métabolisme et reprise accélérée du poids. Ces mauvais régimes sont carencés, principalement en apport protéique.

[] Conséquences

Une personne souffrant d'obésité court plusieurs risques :

  • physique :
    • diabète : alors que le diabète sucré (diabète de type 2) apparaît normalement à partir de 40 ans, on voit apparaître du diabète sucré dès l'adolescence chez les obèses ;
    • hypertension ;
    • apnée du sommeil ;
    • problèmes articulaires divers : arthrose, tassements vertébraux...
    • dépendance à la nourriture (endorphine dans certains aliments) : sensation de dépression et de malaise entre les repas qui s'en va lorsque l'on mange.
  • psychologique : dépression, rejet de son corps ;
  • social : discrimination, mise à l'écart.

En 1992, l'obésité a été la cause de 178 000 décès en France, essentiellement par maladies cardio-vasculaires et diabète. Par ailleurs, du fait des complications du diabète, l'obésité est la première cause de cécité avant 65 ans en France, et la première cause d'amputation.

[] Prévention

L'obésité est un problème qui se traite sur le moyen et le long terme, avec éventuellement un suivi médical voire psychologique. À titre préventif, il convient d'adopter une alimentation régulière, c'est-à-dire de respecter les heures des repas, ce qui permet de contrôler ce que l'on consomme.

Les industriels agro-alimentaires ont tendance à mettre des matières premières bon marché dans les plats préparés afin de réduire le coût de fabrication, et notamment du sel, des sucres et des graisses. Il est donc conseillé de préparer sa nourriture soi-même à partir de produits frais, en utilisant de préférence l'huile de colza, riche en ?3, comme matière grasse.

Il est recommandé de manger beaucoup de fruits et de légumes, au moins 5 par jour.

Enfin, il est recommandé d'avoir une activité physique minimale. À défaut de pratiquer un sport, faire au moins une demi-heure de marche à pied par jour, par exemple en allant faire ses courses à pied dans les commerces de proximité, ou si l'on doit emprunter les transports en commun, marcher jusqu'à la station suivante et ne pas descendre à la station la plus proche mais à celle d'avant.

La prévention auprès des enfants est importante puisqu'ils sont les plus sensibles aux sollicitations publicitaires pour les aliments, qu'ils sont naturellement attirés par les goûts sucrés. En raison du mode de vie moderne, il devient de plus en plus difficile de surveiller la consommation des enfants :

  • horaires de travail des parents faisant qu'ils sont moins disponibles ;
  • éloignement des grands-parents pour des raisons professionnelles, ceux-ci ne peuvent pas garder les enfants au retour de l'école et leur transmettre de « culture culinaire ».

[] Exemples de politiques de prévention

En Californie, le code de l'éducation prévoit des cours d'éducation physique dans les écoles publiques : 200 minutes de sport au moins tous les 10 jours d'école dans le primaire ; 400 minutes dans le secondaire.

En France, une campagne de sensibilisation lancée en 2002 incite les gens à manger au moins cinq fruits et légumes par jour, et à pratiquer l'équivalent d'une demi-heure de marche par jour (Programme national nutrition-santé ? PNNS).

[] Médicaments utilisés en cas d'obésité


[] Chirurgie bariatrique

La chirurgie bariatrique regroupe actuellement un ensemble de techniques qui peuvent être classées en deux types principaux d?interventions. Les premières visent à réduire la capacité gastrique, c?est-à-dire le volume utile de l?estomac. Les secondes, dites mixtes, associent à cette restriction gastrique la création d?un système de dérivation dans le tube digestif afin de diminuer l?absorption des éléments nutritifs par l?intestin. Ces techniques sont pratiquées par incision de la paroi abdominale (laparotomie) et, depuis quelques années, presque toutes peuvent aussi être réalisées par laparoscopie.

L?analyse des données disponibles indique que les différentes techniques de chirurgie bariatrique sont efficaces et sécuritaires. Dans l?ensemble, les techniques mixtes, qui associent restriction gastrique et malabsorption intestinale, sont plus efficaces que les interventions qui ne font que réduire la capacité gastrique. Les techniques laparoscopiques offrent quant à elles de nombreux avantages, comme une réduction de la durée d?hospitalisation, bien qu?elles ne soient pas exemptes de complications. Seules deux approches laparoscopiques sont assez au point et leurs effets assez connus pour ne plus être considérées comme expérimentales. Cependant, il faudra recueillir davantage de données pour confirmer leur efficacité à long terme.

Les patients qui subissent une importante perte de poids doivent être suivis annuellement par une équipe multidisciplinaire qui, en plus de l?équipe chirurgicale (notamment attentive aux complications précoces et tardives), inclut des nutritionnistes, des psychologues et des médecins spécialistes. Une chirurgie plastique est souvent nécessaire. Dans l?ensemble, la chirurgie bariatrique s?avère une intervention coûteuse. Par contre, ses coûts pourraient être compensés en grande partie par la diminution de la prévalence des maladies associées à l?obésité (maladies cardiaques et diabète, par exemple), par la réduction de leurs conséquences sur l?utilisation des ressources du système de santé et des pertes de productivité causées par l?incapacité, de même que par l?amélioration de la qualité de vie des patients.

[] Voir aussi

[] Bibliographie, filmographie

[] Articles connexes

[] Liens externes

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