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Radical_(sinogramme)

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Sinogramme

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Bibliographie

Les caractères chinois sont, contrairement à ce qu'on pourrait penser à première vue, construits au moyen d'éléments plus ou moins complexes (comprendre : possédant un nombre de traits plus ou moins important) en nombre réduit, ce qui est assez logique : on ne pourrait imaginer une écriture aussi pérenne sans structure, dans laquelle chaque signe serait aléatoirement construit. En réalité, chaque caractère se construit avec des éléments (ou des parties d'éléments) nommés radicaux ou clefs.

Sommaire

[] Origine des radicaux

Image:Radical de sinogramme ma1.png
Radical d'un sinogramme

L'écriture chinoise, à ses débuts, est de nature pictographique. Rapidement, cependant, le tracé des caractères s'est stylisé de plus en plus : si les premiers pictogrammes des plus vieilles attestations ressemblent à des dessins (ce que le style calligraphique sigillaire montre bien), on se trouve très rapidement devant un système cohérent et signifiant.

Cette rationalisation de l'écriture par la simplification du nombre d'éléments qui peuvent en constituer les graphèmes semble tout devoir aux lexicographes : afin de classer les caractères et de pouvoir les retrouver, il fallait en effet trouver un système, une structure. C'est le lexicographe ??/?? Xú Sh?n (58-147 de l'ère chrétienne ; sous la dynastie des ?? D?ng Hàn, Hàn Orientaux) qui, dans un ouvrage fondamental pour la lexicographie chinoise, le ????/???? Shu?wén ji?zì « Explication des caractères et analyse des composés » (en quinze volumes publiés en 121 de l'ère chrétienne), premier « vrai » dictionnaire de caractères écrit selon une démarche « scientifique », a classé les caractères recensés, environ 10 000, sous leur radical, ?? bùsh?u « partie capitale », en les appariant selon 540 éléments graphiques et souvent sémantiques communs. De sorte, l'on s'est rendu compte que les caractères étaient principalement :

  • formés d'un radical sémantique seul utilisé comme pictogramme ;
  • formés de plusieurs radicaux tous utilisés sémantiquement et dont l'association forme un idéogramme ;
  • formés d'un radical sémantique accompagné d'un indice sonore (qui est aussi un radical graphique) permettant d'en deviner plus ou moins bien la prononciation (ou idéo-phonogramme ; on renverra le lecteur à l'article Classification des sinogrammes pour plus de détails sur cette nomenclature très ancienne, qui est aussi détaillée pour la première fois par ??/?? Xú Sh?n. C'est d'ailleurs cette analyse qui lui a permis d'établir la liste des radicaux).

Cette liste de radicaux, ou encore clefs, a été ramenée à 214 dans les dictionnaires actuels (à partir du ??/?? Zìhuì, « Collection de caractères », de ??? Méi Yíngzuò, 1615, liste entérinée par le ???? K?ngx? zìdi?n « Dictionnaire de caractères de K?ngx? », 1716, et qui porte souvent son nom), chiffre modulable selon que les formes secondaires de tel ou tel radical sont recensées indépendamment ou non. La quasi totalité des dictionnaires fonctionne maintenant sur le classement par radicaux. Consulter Dictionnaires de sinogrammes à ce sujet et pour comprendre l'importance d'un tel classement pour la recherche dans les dictionnaires.

Depuis, tout caractère doit, graphiquement, ne comporter que tout ou partie de ces radicaux, s'additionnant toujours dans le respect du carré théorique. De radicaux sémantiques, ils ont acquis celui d'éléments fondamentaux de l'écriture, des radicaux graphiques : en dernière analyse, il doit toujours être possible de décomposer un caractère, aussi complexe soit-il, en radicaux fondamentaux, que l'on peut estimer à environ cinq cents (puisque pour de nombreux radicaux recensés par les dictionnaires, il existe des variantes).

On peut consulter La liste traditionnelle des 214 radicaux dans cet article.

[] Repérage du radical

Dans les images ci-dessous, la partie rouge du caractère est le radical.

Soit la série de caractères suivants : ?, ?, ?, ?, ? et ?. On remarque qu'ils ont tous en commun l'élément graphique ? n?, plus ou moins déformé afin de ne pas dépasser du carré fondamental. ? constitue aussi un caractère pictographique autonome. La valeur sémantique de ce radical, celui de « femme » et « féminin » se retrouve par ailleurs dans chacun des dérivés. L'autre partie du caractère est soit un élément phonétique privé du sens qu'il a en tant que caractère autonome (le cas échéant) soit un autre radical sémantique :

Radicaux + phonétiques
idéo-phonogrammes
Radicaux + radicaux
idéogrammes
Image:Radical nuu jie.png

? ji? « s?ur aînée » ? « femme » + élément phonétique ? qi?

Image:Radical nuu hao.png

? h?o « (être) bon » ? « femme » + ? z? « enfant » (cliché de la femme tenant son enfant dans les bras comme symbole de la bonté)

Image:Radical nuu ma.png

? m? « maman » ? « femme » + élément phonétique ? m?

Image:Radical nuu xing.png

? xìng « noms de famille » ? « femme » + ? sh?ng « naissance » (par référence à une ancienne coutume matrilinéaire ?)

Image:Radical nuu ta.png

? t? « elle » sur le modèle de ? t? « il » par remplacement du radical ? « homme » pour indiquer le genre.

Image:Radical nuu qie.png

? qiè « femme de l'empereur », « concubine » ? « femme » + ? « empereur ».

On a choisi, à dessein, des exemples dans lesquels le radical graphique reste sémantique. Ce n'est pas toujours le cas. De plus, dans ces caractères il est aisé de distinguer l'élément phonétique, le cas échéant, du radical, ce qui s'avère parfois plus complexe.

[] Placement et forme des radicaux

On remarque dans les exemples précédents que le radical est placé à gauche (dans ?, ?, ?, ? et ?) mais au-dessous dans ?. En fait, il peut apparaître n'importe où dans le caractère composé. Deux radicaux homographes, cependant, sont distingués par la place : ? « ville » (graphie en composition de ?  ; voir plus bas) est toujours à droite tandis que ? « colline » (forme en composition de ? ) est à gauche.

On a utilisé pour représenter ces deux graphies en composition des caractères Unicode du bloc Clés chinoises (Kangxi), moins souvent incluses dans les polices de caractères courantes. Voici deux caractères qui, le cas échéant, vous permettront de voir les radicaux : ? ~ ?.

En composition, c'est-à-dire dès qu'ils apparaissent accompagnés d'un autre radical ou d'un élément phonétique, nombre de radicaux changent de forme et s'adaptent (resserrement, écrasement), de façon à entrer dans le carré fondamental. Des modifications de forme plus importantes existent cependant pour un certain nombre de caractères, souvent par simplification du tracé. On parle d'une « graphie en composition ». Certaines de ces graphies en composition, de plus, possèdent plusieurs variantes. En fait, le choix de la graphie dépend principalement de la place qu'occupe le radical par rapport aux autres constituants du caractère. La graphie en composition n'est enfin pas toujours obligatoire (dans l'image ci-dessus, la couleur bleue désigne les gaphies « irrégulières »).

Parmi les graphies en composition le plus notables (outre ? ? ? et ? ? ?), on peut citer :

  • ? « couteau » ? ? à droite d'un autre élément :
    • exemples : ?, ? ~ ?,
    • contre-exemple : ?,
  • ? « homme » ? ? à gauche :
    • ?, ?, ? ~ ?,
  • ? « c?ur » ? ? à gauche (plus rarement : ?) :
    • ?, ?, ?* ~ ?,
*) Noter la deuxième forme écrasée de ?, ?, lorsqu'il est au-dessous.
  • ? « main » ? ? à gauche :
    • ?, ?, ? ~ ?,
    • contre-exemple : ?,
  • ? « eau » ? ? à gauche :
    • ?, ?, ? ~ ?,
    • contre-exemple : ?,
  • ? « feu » ? ? au-dessous :
    • ?, ?, , ? ~ ?,
    • contre-exemple : ?,
  • ? « chien » ? ? à gauche :
    • ?, ?, ? ~ ?,
  • ? « ?il » ? ? au-dessus :
    • ?, ?, ? ~ ?.

Dans ces exemples, il n'importe pas de savoir si le radical est sémantique ou seulement graphique. La démonstration reste la même.
L'image ci-dessus (dont on peut obtenir une version plus large), montre en bleu les radicaux qui n'ont pas la forme attendue.

Il faut aussi noter que la simplification ayant concerné certains radicaux, on trouve maintenant de nouvelles formes : ? devient ? en composition dans les caractères traditionnels mais ? dans les simplifiés.

[] Limites de cette classification

Actuellement, comme à l'époque de la liste à 540 unités, certains radicaux n'en sont pas réellement. Ils servent cependant à classer des caractères isolés qu'on ne pourrait recenser ailleurs. Ainsi, sous le radical ? chàng « alcool rituel » n'est répertorié dans les dictionnaires courants que ? « luxurieux, dense ; mélancolique ». Les dictionnaires actuels ont tendance à éliminer de tels radicaux, d'autant plus qu'il reste possible de classer les caractères sous un autre élément, cette fois-ci graphique et non sémantique.

De plus, la classification de certains caractères composés sous un radical précis est sujette à caution : en effet, il n'est pas toujours possible de déterminer quel est le radical sémantique sans connaître l'étymologie du terme (ce qui est favorisé par le fait que la partie phonétique, très souvent, n'a plus de rapport avec la prononciation actuelle) ou bien le lien sémantique entre le radical et le caractère composé semble très lointain à la suite de l'évolution sémantique du caractère complet.

De nos jours, les dictionnaires courants classent de tels caractères sous plusieurs radicaux, permettant ainsi des recherches croisées et entérinant du coup la notion de radical graphique au détriment de celui de radical sémantique.

[] Incidence sur le tracé et l'apprentissage

[] Décomposition d'un caractère en ses éléments

Tout caractère, même le plus complexe, peut être appris non pas en retenant la forme globale du signe mais ses composants graphiques fondamentaux, ce qui nécessite un effort de mémoire bien moindre. Par exemple, il suffit de se souvenir qu'un caractère comme ? se résume à ? sur ?, ce dernier étant généralement très bien connu puisqu'il s'agit du pronom pour « je, moi », l'un des premiers caractères que l'on apprend à tracer (mais ce n'est pas un radical). De même pour ? (trente traits) luán : ? + ? + ? / ?, etc. (illustration ci-contre ; chaque élément est aussi un radical).

Peu importe de savoir quel élément est réellement le radical sémantique et lesquels ne sont que des éléments graphiques annexes puisque le principe revient au même : une fois que l'on sait tracer les deux cents radicaux (le nombre varie quelque peu) et leurs graphies en composition, la mémorisation est tout autre et ne se limite pas à devoir retenir une pure abstraction. De manière très lointaine, on pourrait comparer l'apprentissage d'un caractère composé à celui d'un mot d'une langue à alphabet : on peut retenir la forme globale de communication ou le décomposer en ses graphèmes constituants, ses lettres. Bien qu'on ne puisse pas parler de lettres pour l'écriture chinoise, l'existence d'un tel système de radicaux graphiques joue un rôle analogue.

[] Recherche dans les dictionnaires

Le lecteur pourra aussi se référer à Dictionnaire de sinogrammes pour d'autres détails.

Parmi les méthodes de recherches proposées par les dictionnaires (ainsi que les traitements de textes, les méthodes de saisie informatique, etc.), celle mettant en ?uvre les radicaux est une des plus communes.

Les caractères sont classés sous leur radical, par nombre de traits. Or, on l'a vu, déterminer quel est le radical sémantique d'un caractère n'est pas chose aisée. C'est pour cette raison que les dictionnaires usuels utilisent principalement le radical dans son sens graphique et permettent souvent de trouver un caractère de plusieurs manières, à partir de son vrai radical ou bien d'un autre élément graphique (voire phonétique). Par exemple, dans un dictionnaire (papier ou électronique) ou bien un traitement de texte, ? peut être atteint par les radicaux ? ou ? alors que seul ? est considéré traditionnellement comme le radical sémantique. Mieux, le support informatique accélère la recherche en permettant de croiser radicaux : il suffit de demander la liste de tous les caractères possédant ? et ? comme éléments graphiques pour que, par recherche croisée, l'on obtienne une liste contenant des caractères comme ?????, au sein desquels on accède à ?.

Toujours pour faciliter les recherches, il n'est pas rare que soient comptées au nombre des radicaux des graphies en combinaison. Par exemple, tel dictionnaire classera ? dans la catégorie des radicaux à quatre traits et ? dans celle des radicaux à trois traits, séparant ainsi ce qui n'est, étymologiquement, qu'un même élément. L'utilisateur du dictionnaire n'a ainsi pas besoin de savoir que les deux graphies sont liées. Certains dictionnaires vont même jusqu'à introduire de nouveaux radicaux pour faciliter les recherches, en partant du même principe que ??/?? Xú Sh?n puisqu'il est encore possible de trouver des éléments communs à plusieurs caractères qui ne soient pas des radicaux (mais un assemblage de radicaux). Les radicaux semblent donc maintenant être devenus surtout des outils de classification lexicographique.

[] Lien externe

Image:Wikimedal.png Cet article a été reconnu article de qualité le 13 août 2004. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion ainsi que le vote l'ayant promu.
 
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Radical (sinogramme)
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