Salafisme
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Le salafisme est l'islam authentique, selon la compréhension des pieux anciens, à savoir les tout premiers musulmans, leurs éléves et tous ceux qui les suivent à la perfection jusqu'au jour dernier.
Étymologiquement, « salafisme » (en arabe : ??????? as-salafiyyah) provient du mot salaf, « prédécesseur » ou « ancêtre », qui désigne les compagnons de Mohamed - paix et salut d'Allah sur lui - et les deux générations qui leur succédèrent.
LA SALAFIYA (1ère partie) Extrait de "Koun Salafiyan `alâ al-Djadda" de chaykh `Abd-Salâm Souhaymî
Allah a envoyé Son Prophète Mohammed à l?humanité par miséricorde : (Nous ne t?avons envoyé à l?humanité si ce n?est par miséricorde) [1]. Par ailleurs, Il a fait de sa nation une nation Médiane : (Ainsi, Nous avons fait de vous une nation médiane afin que vous soyez les témoins à l?encontre de l?humanité et que le Messager soit le témoin à votre encontre) [2]. Autrement dit, ils sont justes et ils ne dévient pas de la vérité en se tenant entre le rigorisme (Ifrât) et le laxisme (Tafrît) ; ils s?en tiennent plutôt à la modération et à la juste mesure. L?Islam interdit à la fois l?excès de rigueur et le manque de rigueur (le trop et le trop peu). Il commande la modération et le juste équilibre dans toute chose. Parmi les particularités les plus caractéristiques de cette religion, c?est sa justice et son équité. Il condamne l?injustice et prône de juger selon la balance de la justice.
Le plus grand exemple de modération au niveau des paroles, des actes, et des convictions, c?est la modération que l?Islam nous apporte. Les plus grands représentant de surcroît de cette modération, ce sont les traditionalistes. Ils représentent l?Islam à tous les niveaux en prenant le Prophète et les nobles Khalifes en exemple, conformément aux enseignements du Coran et de la Sunna, selon la compréhension des anciens de cette communauté. Ils sont ainsi les premiers à être concernés par cette fameuse modération. Bien que la modération dans tous les sens du terme concerne en premier lieu la communauté musulmane dans son ensemble, les traditionalistes s?en arrachent cependant la part la plus importante et la plus éminente.
Ils sont en effet, le modèle parfait pour la communauté qu?Allah a rendu médiane en l?occurrence. Il nous informe donc qu?elle est la meilleure nation parvenue aux hommes étant donné qu?elle est la seule tendance qui se soit parfaitement conformée au Livre d?Allah (Djalâ Djalalouh) et à la Tradition de Son Messager contrairement aux autres tendances et sectes affiliées à cette communauté. Toutes les sectes sans exception affichent une opposition au Coran et à la Sunna dans la croyance ou le discours [3]. C?est pourquoi, les traditionalistes sont les meilleurs éléments de cette communauté. Ils constituent la tendance médiane au milieu des autres tendances ; ils méritent ainsi d?être « le Groupe Sauvegardé » et « la Secte Sauvée » [4] Chaykh el-Islâm ibn Taymiya ? qu?Allah lui fasse miséricorde ? a dit : « Ils se trouvent au milieu entre les différentes tendances comme l?Islam est au milieu entre les autres croyances. » [5].
Il est notoire que les traditionalistes correspondent aux Compagnons du Messager d?Allah , et à leurs fidèles successeurs à travers les siècles, ceux qui suivent leur voie jusqu?à la fin des temps. Les traditionalistes ne se sont pas fait appelés « les gens de la Tradition et de l?Union » si ce n?est après l?apparition des innovations et la multiplication des sectes égarées. Chacune prêche son hérésie et ses passions bien qu?elles soient toutes affiliées à l?Islam, ou pour le moins en apparence. Dès lors, les représentants de la vérité ont pris conscience qu?ils devaient se distinguer dans leur désignation au niveau du dogme, de celles des innovateurs et dissidents. Ils se sont ainsi trouvés des noms légitimes, qui furent inspirés des Textes Sacrés. Ils se sont fait appeler notamment « Les gens de la Sunna » « Ahl Sounna wa el-Djamâ`a » « Al Firqa Nâdjiya » « Tâ'ifa el-Mansoûra » « Ahl el-Hadîth wa el-Athar ».
Or, certaines sectes innovatrices se sont faites appelées Ahl Sounna bien que leur croyance était contraire à celle des anciens (les ash`arites en l?occurrence ndt.). En réaction à cela, les traditionalistes se sont baptisés les « Salafiyoûn » et ont intitulé leur prêche la « Da`wa salafiya ». Ils ont restreint l?appartenance au Coran et à la Sounna, à la compréhension des pieux prédécesseurs qu?incarnent les Compagnons, les Tabi`îns, et leurs fidèles successeurs. Connus pour leur conformité à la Sounna, ils en sont devenus les références. Ils se distinguent ainsi pour s?éloigner de la Bid`a (l?Innovation) et pour mettre en garde contre celle-ci.
Nous avons reçu l?ordre de suivre les traces des Compagnons, de se suffire à celles-ci, et d?emprunter leur chemin. Allah révèle (soubhânahou wa ta`âla) : (Et suis le chemin de celui qui revient à Moi) [6]. Ibn el-Qayim ? qu?Allah lui fasse miséricorde ? a dit : « Chaque Compagnon a la vertu de revenir à Allah, il incombe donc de suivre leur chemin. Leurs paroles et leurs croyances caractérisent le mieux leur chemin à suivre. La preuve qu?ils reviennent à Allah, c?est qu?il les a guidés. Il a révélé en effet : (Il guide vers Lui celui qui revient à Lui). [7] » [8]. Or, le Seigneur a donné son agrément aux Compagnons et à leurs fidèles successeurs comme Il le dit : (Les précurseurs et les premiers parmi les Emigrés, les Auxiliaires, et ceux qui les suivent de la plus belle façon, Allah les agréé et eux l?agréent. Il leur a préparé des jardins en dessous desquels coulent les rivières et où ils demeurent à jamais ; tel est le succès immense) [9].
En se dénommant salafiyûn, les traditionalistes ne commettent nullement une innovation étant donné que le terme Salaf désigne expressément le terme Ahl Sounna wa el-Djamâ`a. Pour s?en apercevoir, il suffit de faire correspondre ces deux termes aux Compagnons. Ils sont en effet à la fois les Pieux Prédécesseurs et les porteurs de la Tradition [10]. De la même façon qu?il est pertinent de se faire appeler Sounnî pour être affilié à la Sounna (la Tradition), il en est ainsi pour le terme Salafî pour être affilié aux Salafs (les anciens) ; il n?y a donc aucune différence entre les deux appellations [11] ! Après l?apparition des sectes et des divisions dans les rangs des musulmans, le terme Salafî correspond parfaitement à quiconque préserve sa croyance saine et une voie pure conformément à la compréhension des Compagnons et des glorieuses générations. La définition de Salafî est ainsi synonyme des autres appellations légitimes servant à désigner les traditionalistes.
Prêcher le chemin des anciens à travers la « Da`wa salafiya », c?est inviter en fin de compte à suivre le vrai Islam et la vraie Sunna qui s?illustre dans le retour aux sources de la religion comme celle-ci a été révélé au Prophète , et transmise ensuite de sa part aux nobles Compagnons. Nul doute que cette tendance appelle à la vérité et que l?on peut s?y affilier en toute vérité. Chaykh el-Islâm ibn Taymiya a expliqué : « Il n?y a aucun mal à afficher la tendance des anciens (Salaf), de s?y affilier, ou d?en être fier. Il est même un devoir d?approuver l?auteur d?une telle initiative car la tendance des anciens ne peut que correspondre à la vérité. ». Le roi `Abd-el-`Azîz ibn `Abd-Rahmân Al-Saoud, le fondateur de la nouvelle dynastie saoudienne (vers 1880-1953) a souligné au cours d?un discours prononcé à l?occasion du Pèlerinage (en 1365 h.) : « Je suis un Salafî, mon dogme (croyance) est Salafî en me conformant ainsi au Coran et à la Sunna ». Il a déclaré également dans ce même discours : « Ils disent que nous sommes des Wahhabîtes alors qu?en réalité nous sommes des Salafîtes dont le souci constant est de préserver notre religion. Nous suivons le Livre d?Allah et la Tradition de Son Messager. Il n?y a rien d?autres entre nous et les musulmans si ce n?est le Livre d?Allah et la Tradition de Son Messager » [12].
Les grandes références de l?Islam parmi les traditionalistes avaient un grand impact au niveau du prêche qui était basé sur le retour à la Tradition et au chemin des anciens. Celles-ci revendiquaient de se conformer et d?être fidèles à leurs principes. Le premier monarque de l?état saoudien souligne à cet effet : « ? Le chemin que nous suivons, c?est celui des Pieux Prédécesseurs, et nous ne condamnons personne d?apostasie en dehors de la personne condamnée comme telle par Allah et Son Messager. Il n?y a pas d?autre école que celle des Pieux Prédécesseurs. Nous ne privilégions pas une école sur une autre ; Aboû Hanîfa, Mâlik, Châfi`î, et Ahmed sont nos Imams tous autant qu?ils sont. »
Si l?explication de ce point fut quelque peu longue, c?est en raison des critiques que l?on peut entendre ou lire ici et là sur la Salafiya et le fait de se faire appeler Salafî. Certains prétendent même qu?elle est un mouvement Hizbi [13] au même titre que certaines tendances contemporaines. D?autres assument sans scrupule que Mohammed ibn `Abd-el-Wahhâb en serait le fondateur. En fait, cet homme n?était qu?un prêcheur salafî parmi tant d?autres, et l?un de ses réformateurs (dans le sens laudatif du terme ndt.). Il lui a redonné son rayonnement après s?être estompée et lui a rendu sa pureté dans la Péninsule Arabique après avoir été entachée et dominée par l?innovation et les superstitions. Ces attaques dont le but est de jeter le discrédit sur cette tendance, sont diffamatoires, injustes, et contraires à la réalité. Elles sont l??uvre de certains responsables politiques mais aussi de certains écrivains occidentaux ayant ouvert un front contre l?islam. Le sionisme se cache (souvent) derrières ces initiatives. Malheureusement, certains auteurs influencés par ces derniers prennent le relais dans certains de nos pays. Ils contribuent ainsi à cette campagne de diffamation et de désinformation. Or, la Salafiya est la tendance qui prend le plus de recul face à des questions aussi graves que celle du Takfîr (taxer autrui de mécréant), du Tabdî` (taxer autrui d?innovateur), et du Tafsîq (taxer autrui de pervers), sans preuve à l?appui. Elle n?a aucun lien avec le rigorisme et l?extrémisme. On veut simplement lui coller des accusations dont elle est complètement innocente, et des particularités qui ne font absolument pas parties de ses principes. Cela a eu pour conséquence d?entacher sa réputation, de déformer la réalité, de détourner et d?éloigner les gens de son prêche.
L?un des plus grands facteurs ayant contribué à ce phénomène, c?est la présence dans les rangs des mouvements islamistes (Hizbi) contemporains influencés par la pensée Kharijite, de certains leaders et têtes pensantes qui s?accordent avec le Manhadj Salafî, pour le moins dans certaines questions, et orientations. Certains d?entre eux tiennent même un discours au nom de la Salafiya. Etant donné qu?ils n?en sont pas les partisans, ils contribuent à faire régner la confusion dans l?esprit de beaucoup de gens. Loin de pénétrer la réalité des choses, les gens s?imaginent que ces mouvements sont légitimes ou qu?ils adhèrent à la pensée Wahhâbite comme certains s?initient à la nommer ainsi.
Il est incroyable de pouvoir confondre les mouvements Hizbi avec la Da`wa Salafiya, en les qualifiant de mouvements Salafistes Jihâdistes ! Ils lui sont pourtant radicalement opposés dans la `Aqîda et le Manhadj ! Comment d?ailleurs peuvent-ils s?ériger en Jihâdistes alors que ces mouvements ont dépourvu le Jihâd de son sens légitime au regard de la Loi divine (Charî`a) étant donné qu?ils ne remplissent nullement les conditions requises pour le revendiquer. Il faut retenir le sens et la réalité des choses non le nom et les slogans qu?on leur donne (ou qui les enrobent). Il ne faut donc pas sombrer dans la confusion et l?égarement qui règnent sur le terrain islamique aujourd?hui.
Il incombe néanmoins de concentrer les efforts à purifier l?Islam des éléments intrus qu?on lui accole comme il incombe d?éduquer la jeunesse musulmane à la religion véritable qui puise ses enseignements à partir d?une source pure : le Coran et la Sounna conformément à la compréhension des anciens de cette communauté en l?occurrence. Il incombe notamment de prendre la défense de l?Islam et de le présenter sous son aspect véritable. Allah a fait grâce à la communauté de Son Prophète Mohammed de lui parachever sa religion et de lui parfaire de Ses Bienfaits. Il lui a agréé l?Islam comme religion qui a la particularité de ne tolérer aucune autre confession : (Aujourd?hui, Je vous ai parachevé votre religion, Je vous ai parfait de Mes Bienfaits, et je vous ai agréé l?Islam comme religion) [16]. Le Seigneur (soubhânahou wa ta`âla) a aussi révélé : (Voici Mon Chemin Droit alors empruntez-le et ne suivez pas les sentiers qui vous feront dévier de sa voie) [17]. Ibn el-Qayim ? qu?Allah lui fasse miséricorde ? a fait le commentaire suivant : « Un seul chemin mène à Allah. Il correspond à la révélation et aux Livres qu?Il a descendus aux envoyés. Il n?est pas possible de parvenir à lui si ce n?est par ce chemin. Si les hommes affluaient de toutes les routes et s?ils frappaient à toutes les portes, ces routes leur seront toutes obstruées et ces portes leur seront toutes fermées, à l?exception d?une seule route ; celle-ci est reliée et mène directement à Allah » [18].
Ibn Mas`oûd a souligné : « Suivez le chemin et ne vous aventurez pas à innover, car il vous a déjà été tracé. » [19]. L?Imam Ahmed a établi dans ce chapitre ? qu?Allah lui fasse miséricorde ? : « Les fondements de la Tradition chez nous consistent à s?attacher au chemin des Compagnons du Messager d?Allah , de les suivre et de s?éloigner des innovations » [20]. Il incombe ainsi à tout musulman de : « se conformer à la Sunna selon la compréhension des pieux prédécesseurs ».
Traduit par Karim ZENTICI
Notes de bas de page :
[1] Coran : Les Prophètes ; 107 [2] Coran : La vache ; 143 [3] Chaykh el-Islâm ibn Taymiya a dit à ce sujet : « La vérité pure celle qui n?est entaché par aucune souillure, se trouve avec les gens de la Tradition et de l?Union. Ce constat notoire a été possible après une étude approfondie sur les différentes croyances et les principes des différentes tendances. » Voir : Tarîq el Wusûl ilâ el `Ilm el Ma-mûl (p. 22). [4] Voir Wasatiya Ahl Sunna bayna el Firaq (p. 287). [5] Al-Fatâwâ (140/4). [6] Coran : Luqmân ; 15 [7] Coran : La concertation ; 13. [8] I?lâm el Mawqi?în (120/4). [9] Coran : Le repentir ; 100 [10] Voir Mawqif Ahl e-Sunna wa el Jamâ?a min Ahl el Ahwâ wa el Bida? (p. 63/1). [11] Idem. [12] El Mushaf wa e-Saïf (135-136). [13] Que l?on pourrait traduire dans ce contexte par le terme d?islamisme qui a servi à désigner dès le début des années 1980, les mouvements politiques et militants qui se réclament de l?Islam pour contester l?ordre social et les régimes en place dans le monde musulmans. [Voir : l?Islam imaginaire de Thomas Deltombe p. 142]. Ces mouvements s?inscrivent dans la continuité des mouvements de libération nationaux et révolutionnaires qui puisent leurs racines au 19ème siècle, et qui se sont formés sous l?impulsion de penseurs réformateurs tels que Djamal-Dîn el-Afghânî et Mohammed `Abdoû. L?idée fût d?émanciper les pays du « tiers-monde », dont les terres musulmanes composent une bonne partie, et de les libérer du joug de l?impérialisme occidental, en utilisant les mêmes moyens ? dit modernes ? avec lesquels leurs propres colonisateurs se sont émancipés du despotisme des grandes monarchies européennes et de l?Eglise, inspirés qu?ils furent par les ténors de la Révolution Française à l?instar de Rousseau, Diderot, et Voltaire à l?époque dite « des Lumières ». Fondation d?un parti politique, adhésion au parlement, inscription dans le jeu de la démocratie, et éventuellement manifestation, boycot, grève de la faim, adhésion à des slogans tels que « la fin justifie les moyens », et sous une forme plus radicale révolution, coup d?état, et terrorisme font partis du nouveau registre et du nouveau vocabulaire auquel se réclament les néo-contestataires musulmans dont les Kharijites sont les ancêtres. Il faut donc distinguer entre un salafisme légaliste qui reconnaît l?autorité des régimes en place sans pour autant adhérer à leurs systèmes et un pseudo salafisme Harakî, l?une des branches travesties des Frères Musulmans, chez laquelle l?activisme politique fait loi. (N. du T.) [14] L?animosité des Juifs et des chrétiens à l?encontre de l?Islam et des musulmans n?est pas nouvelle comme le Seigneur le révèle : (les Juifs et les chrétiens ne pourront t?agréer tant que tu ne suivras pas leur confession). [15] Bien qu?ils s?opposent à celui-ci dans bon nombre de points en relation avec la `Aqîda (croyance) et le Manhaji (chemin à suivre). [16] Coran : Le Repas Céleste ; 3 [17] Coran : Le bétail ; 153 [18] Tafsîr el Qaïyam (14-15). [19] Cette traduction est approximative. Mot à mot il faudrait dire : « Suivez et n?innovez pas, cela vous suffit largement. » (N. du T.)
LA SALAFIYA (2ème partie) Extrait de "Koun Salafiyan `alâ al-Djadda" de chaykh `Abd-Salâm Souhaymî
Ibn Kathîr a dit en exégèse au Verset : (Puis, Il S?est élevé sur son Trône) : « Les opinions sont très nombreuses sur la question mais ce n?est pas l?endroit pour l?expliquer. Néanmoins, il faut suivre dans cette situation la tendance des Pieux Prédécesseurs, celle de Mâlik, el-Awzâ`i, Thawrî, Layth ibn Sa`d, Châfi`i, Ahmed ibn Hanbal, Ishâq? »
Définition de la Sunna
S?il est notoire d?appeler les traditionalistes « Salafiyûn », il convient de définir la Sunna (Tradition) dans son sens étymologique (Lughat) et terminologique (Istilâh). Etymologiquement La Sunna signifie : la voie, la manière de vivre. [2] Les linguistes ont divergé sur le fait de savoir si d?un point de vue étymologique la Sunna s?emploie pour désigner la bonne voie ou bien concerne-t-elle aussi bien la bonne que la mauvaise voie ? En réalité, au niveau de la langue elle concerne la bonne et la mauvaise voie comme le confirme le Hadith suivant selon lequel le Prophète a déclaré : « Quiconque inaugure dans l?Islam une bonne voie, il en aura la récompense et la récompense de tous ceux qui l?a suivent. Et quiconque inaugure une mauvaise voie, il en supportera le péché et le péché de tous ceux qui la suivent. » [3]. Le Prophète a donc fait la distinction entre la bonne et la mauvaise voie.
D?un point de vue terminologique : chaque spécialité (Hadîth, Fiqh, Oussoûl) a sa propre définition. Or, la Sunna prend un sens plus large pour bon nombre de traditionalistes que les définitions proposées par les Mouhaddithoûn (ou traditionnistes), les Oussûliyoûn, et les Fouqahâ (pluriel de Faqîh). Elle englobe en effet tout ce qui est conforme au Coran, à la Tradition du Messager d?Allah , et à celle de ses Compagnons que ce soit au niveau du dogme (`Aqîda) ou du rituel (`Ibâda) en opposition à l?innovation (Bid`a). On dit ainsi qu?untel adhère à la Sunna lorsque ses actes sont conformes au Livre d?Allah et à la Tradition du Messager d?Allah . A l?inverse, on affilie untel à la Bid`a lorsque ses actes ne sont pas conformes au Coran et à la Sunna ou à l?un des deux.
Chaykh el-Islâm ibn Taymiya ? qu?Allah lui fasse miséricorde ? a donné l?explication suivante : « Le terme Sunna dans les paroles des anciens englobe le rituel et le dogme. Bon nombre d?auteurs font allusion au dogme dans leurs traités de Sunna. » Il a dit également dans son livre el-Hamawiya : « La Sunna correspond aux enseignements du Messager d?Allah au niveau du dogme, de la modération, des paroles, et des actes. » [4]. Ibn Rajab ?qu?Allah lui fasse miséricorde ? affirme dans ce registre : « Bon nombre de savants parmi les dernières générations confinent la Sunna au domaine du dogme étant donné qu?elle est le fondement de la religion et que tout dissident à la Sunna s?expose extrêmement au péril. » [5] Si la Sunna est désigné dans le domaine du dogme (la croyance), elle sous-entend la religion dans son ensemble et non pas la définition qu?en donnent les savants des différentes spécialités. Ibn Rajab a dit notamment : « La Sunna correspond à la voie empruntée ; cela englobe l?attachement aux enseignements du prophète et de ses nobles Khalifes dans les questions du dogme, dans les paroles, et les actes? » [6]
Les noms légitimes donnés aux traditionalistes
Appartenir à une chose (Ahl Chay) concerne les gens qui en ont le plus la particularité. On dit dans la langue Ahl Radjoul pour désigner la famille d?un homme (en sachant qu?elles sont les personnes les plus proches de lui). Ahl el-Bayt sont les membres d?une maison. Ahl el-Islâm sont les adeptes de la religion musulmane. Ahl el-Madh-hab sont les partisans d?une école de Fiqh. Ahl Sounna sont donc les gens qui se caractérisent le plus par la Sounna ; ils en sont les plus attachés et les plus fidèles au niveau des paroles, des actes, et de la croyance. Ce terme a pris un sens technique pour désigner deux choses : Au sens large, il englobe tous les membres de la religion musulmane en dehors des Râfidites (plus communément appelés chi'ites ndt.). Au sens strict, il désigne les partisans purs de la Sunna, dont la tendance n?est pas souillée par l?innovation. Il exclu ainsi les « gens des passions et de l?innovation » (Ahl Ahwâ wa el-Bida`) à l?instar des Kharidjites, des Djahmites, des Mourdjites, des Chi'ites, etc.
Chaykh el-Islâm ibn Taymiya a dit à ce sujet : « Le terme Ahl Sounna désigne les personnes qui reconnaissent la légitimité des trois premiers Khalifes. Il englobe ainsi toutes les sectes de l?Islam à l?exception des Râfidites. Il peut par ailleurs désigner les « gens du Hadîth et de la Sounna pure ». Il inclut uniquement les personnes qui admettent les Attributs divins, la particularité incréée du Coran, la vision d?Allah dans l?Au-delà, le destin, et les autres points notoires chez les traditionalistes. » [7]
Ahl Sounna correspondent ainsi aux Compagnons étant donné qu?ils ont puisé directement du Messager d?Allah les fondements du dogme, mais aussi les questions du rituel. Par conséquent, ils connaissent mieux la Tradition du Prophète et la mettent mieux en pratique que quiconque. Le terme Ahl Sounna incluent également les fidèles successeurs des Compagnons, ceux qui se contentent de suivre leurs traces à toutes les époques et dans toutes les recoins du monde, avec à leur tête Ahl el-Hadîth wa el-Athar. Après l?émergence de l?innovation dans l?Islam, et la multiplication des sectes égarées qui invitent chacune à sa propagande et à ses passions bien qu?ils affichent en apparence leur appartenance à l?Islam, il a fallu pour les gens de la vérité se faire reconnaître par des noms qui les distinguent dans leur essence des innovateurs et des égarés dans le domaine du dogme. Dès lors, plusieurs vocables inspirés de la religion musulmane leur ont été affiliés de façon tout à fait légitime. Nous pouvons recenser notamment : Ahl Sounna wa el-Djamâ`a, « le Groupe Sauvegardé » (Tâ'ifa el-Mansoûra), « la Secte Sauvée » (El-Firqat Nâdjiya) Ahl el-Hadîth wa el-Athar, et les Salafiyoun.
En réfléchissant un peu sur le sens de ces noms, il devient clair qu?ils indiquent tous l?appartenance à l?Islam. Certains d?entre eux puisent directement leur origine dans les Textes, les autres ont été attribués aux traditionalistes en raison de leur parfaite et juste application de la religion. Ils sont dans leur essence, complètement différents des appellations attribués aux innovateurs et de leurs surnoms. Ceux-ci en effet proviennent soit de l?affiliation à des individus à l?exemple des Djahmites dont le fondateur est Djahm ibn Safwân, des Zaydites affiliés à Zayd ibn `Alî ibn el-Hussayn, des Koullâlbites affiliés à Mouhammed ibn Koullâb, des Karrâmites affiliés à Mouhammed ibn Karrâm, et des Ach`arites affiliés à Aboû el-Hassan el- Ach`arî. Soit ces noms sont-ils dérivés de l?origine de leur dissidence à l?instar des Râfidites pour avoir refusé (Rafada) Zayd ibn `Alî ou pour avoir refusé le Khalifat d?Aboû Bakr et de `Omar, des Nâssibites pour avoir afficher (Nasaba) de l?animosité envers la famille du Prophète, des Qadarites en raison de leur polémique sur le destin (Qadar), les Soûfi pour avoir porter des vêtements en laine (Soûf), les Bâtinites pour avoir assumé qu?il existe une interprétation ésotérique (Bâtin) et exotérique des Textes, les Mourdjites pour avoir enlevé (Irdjâ) les actes de la définition de la foi. Le nom de certaines sectes s?inspire de leur dissidence du cercle des musulmans au niveau de la croyance ou de l?unité du groupe comme les Kharijites qui se sont révoltés (Khouroûdj) contre le Prince des Croyants `Alî ibn Abî Tâlib (radiya Allahou `anhou) ou comme les Mou`tazilites dont le chef Wâssil ibn `Atâ s?est retiré (I`tazala) de l?assemblée d?el-Hassan el-Basrî. [8]
La Salafiya et les Salafiyoûn
Par affiliation aux Salaf (les anciens). D?un point de vue étymologique : Salaf est le pluriel de Sâlif qui signifie prédécesseur. Les Salaf correspondent donc à l?ensemble des prédécesseurs comme dans le Verset : (Nous en avons fait des prédécesseurs et un exemple pour les générations suivantes) [9]. El-Baghawî a dit au sujet de son exégèse : « ... les Salaf représentent les générations précédentes ; Nous les avons fait venir en premier afin que les générations suivantes tirent des leçons de leur exemple. » Ibn el-Athîr a dit : « Les Salaf de quelqu?un représentent les personne qui l?ont précédé dans la mort parmi ses ancêtres et sa famille. C?est pourquoi, les gens de la première époque parmi les Successeurs des Compagnons, furent appelés les Salaf Sâlih (les Pieux Prédécesseurs). » Voici donc l?explication de ce terme d?un point de vue étymologique.
D?un point de vue terminologique : plusieurs explications ont été proposées pour définir ce terme dont notamment les définitions suivantes qui sont les plus importantes :
1. Il correspondrait aux Compagnons exclusivement. 2. Ou bien aux Compagnons et à leurs Successeurs (Tâbi`oûn). 3. Ou encore aux Compagnons, à leurs Successeurs, et aux Successeurs des Successeurs (Tâbi`oû Tâbi`în). 4. Il correspondrait aussi aux générations avant le cinquième siècle (de l?Hégire). Les partisans de cette opinion prétendent que cette tendance (les Salaf) est délimitée dans le temps à une période déterminée sans pouvoir la franchir. La pensée islamique aurait évolué ensuite sous la conduite de ses adeptes.
Au demeurant, est-il suffisant pour comprendre le terme Salaf, de le définir à travers des périodes déterminées dans le temps ? Si l?on conçoit que ce terme est synonyme d?un point de vue temporel aux trois premières générations comme le dénotent les Hadîth délimitant l?âge d?or des musulmans, doit-on ainsi considérer toute personne ayant vécu dans cette période comme un modèle parmi les anciens ? Nul doute que la réponse est non et que cette conception est erronée ! Bon nombre de sectes en effet et de tendances ont vu le jour au cours de cette période. L?éloignement dans le temps n?est donc pas suffisant pour déterminer le concept de Salaf. Il est néanmoins primordial de lier à l?élément temporel, un autre critère et non des moindre. Autrement dit, il est impératif de concorder avec les Textes du Coran et de la Sunna dans la façon de penser. Quiconque s?oppose dans la pensée au Coran et à la Sunna ne peut prétendre être un Salafî, bien qu?il ait pu vivre au sein des Compagnons ou de leurs Successeurs. [10]
Ainsi, la présence d?un individu quelconque à cette époque ne suffit pas pour juger de son adhésion à la tendance des anciens si ce dernier ne respecte pas fidèlement les deux références scripturaires de l?Islam dans la parole et les actes. Il doit être conformiste non innovateur ! C?est pourquoi bon nombre de savants précisent en désignant les anciens : les Salaf Sâlih (les Pieux Prédécesseurs). Les anciens à prendre en référence doivent être reconnus pour leur bon exemple sans n?avoir été condamnés d?innovation, car ces derniers ne sont pas tous des exemples ! Seule l?élite parmi eux constitue la référence. Elle correspond aux Compagnons, aux grandes références parmi leurs successeurs, et leurs successeurs ensuite. Ils sont reconnus pour leur prépondérance et sont célèbres pour leur attachement à la Tradition et pour en être les références. Ils ont par ailleurs non seulement pris leur distance avec l?innovation mais ils ont mis la communauté en garde contre ses méfaits. Ainsi, désigner les traditionalistes de Salafîs, ne relève en rien de l?innovation surtout si l?on sait que le terme Salaf correspond exactement à celui d'Ahl Sounna wa el-Djamâ`a. Il suffit pour s?en rendre compte de constater que ces deux termes correspondent tout à fait aux Compagnons ; ces derniers sont à la fois les Salaf et Ahl Sounna wa el-Djamâ`a. [11]
Les grandes références traditionalistes invitent inlassablement de génération en génération à emprunter le chemin des Pieux Prédécesseurs, à s?y conformer, et à suivre leurs traces. Ils s?inspirent sans cesse dans leur religion et leur croyance des enseignements du Coran et de la Tradition prophétique authentique. S?ils manquent d?éléments, ils puisent ensuite dans les annales certifiées des anciens vertueux parmi les Compagnons, leurs Successeurs, et leurs Successeurs connus pour être les grandes références de la Sounna.
Les traditionalistes ont éprouvé la nécessité d?afficher la tendance des Pieux Prédécesseurs dont personne ne peut douter de la fameuse appartenance à la Tradition. Ce besoin s?est fait ressentir lorsque les gens de l?innovation et de la division ont montré les cornes. Dès lors, différentes sectes ont fait irruption et chacune d?entre elles revendiquait détenir la vérité et s?arrogeait le titre de la « Secte Sauvée ». Elles ne se sont pas gênées pour se référer aux Textes du Coran et de la Sounna afin de justifier leurs opinions. Il leur a suffit pour cela d?interpréter les Textes en les éloignant de leur signification littérale. Ils prétendaient pourtant suivre uniquement le Coran et la Sounna en faisant probablement régner ainsi la confusion dans l?esprit de la plupart des gens. Il a fallu en réponse mettre en avant la tendance des anciens et l?expliquer. C?est pourquoi, les savants parmi les grandes références veillaient à éclaircir aux gens que leur discours sur les questions du dogme correspondait exactement à celui des anciens parmi les Compagnons, leurs Successeurs, et la génération après eux. Le but était de faire savoir qu?il ne fallait pas rattacher à leurs discours ou à leurs principes, toute opinion contraire à la-leur qui relèvent plutôt de la tendance des « gens de l?innovation et de la division ». [12]
Est-il toléré de s?affilier aux anciens et de se faire appeler Salafî ?
Revendiquer le chemin des anciens ou le prêche Salafiya, comme tout le monde le sait, c?est revendiquer le véritable Islâm, la Sounna à l?état pure, le retour à la religion comme elle fut révélée au Prophète et comme les Nobles Compagnons (radiya Allahou `anhoum) l?ont reçu de ce dernier. Nul doute que telle est la véritable prédication et qu?il est tout à fait légitime de s?y revendiquer. Les grandes références de l?Islâm ont exercé une grande influence afin de faire revenir les musulmans aux principes de la Sounna et au chemin des anciens dans leurs pratiques. Nous pouvons compter notamment l?Imâm des traditionalistes, l?Imâm Ahmed ibn Hanbal, l?Imâm Aboû Bakr Mouhammed ibn Ishâq ibn Khouzayma, l?Imâm Aboû Bakr Mouhammed ibn el-Hussayn el-Adjourrî, l?Imâm Aboû `Abd-Allah ibn Batta el `Akbourî, l?Imâam Aboû el-Qâsim Ismâ`îl ibn Mouhammed el-Asbahânî. Ensuite, il y a eu Chaykh el-Islâm ibn Taymiya et son élève l?Imâm ibn el-Qayyam. Ensuite, sont venus Chaykh el-Islâm Mouhammed ibn `Abd-el-Wahhâb, et les « Imams de la Da`wa » après lui. Ceux-ci affrontent en permanence les courants hérétiques qui transgressent ces principes.
Ces efforts ont permis de maintenir une orientation Salafiya à travers l?histoire qui puise les fondements de sa religion et de sa croyance aux sources de l?Islâm issues du Coran, de la Sounna, de la biographie des anciens en partant des Compagnons pour remonter à leurs Successeurs, et à leurs Successeurs ensuite ; ces trois générations sont reconnues pour leur prépondérance. Ce prêche a l?originalité de lutter contre les courants innovateurs qui n?ont pas observé ces fondements. A l?époque contemporaine, des savants honorables connus pour leur attachement à la Sounna et pour en être les défenseurs, ont utilisé ce surnom. Nous pouvons citer comme exemple Chaykh `Abd-Rahmân el-Mou`allimî (m. 1386 h.), Chaykh `Abd-el-`Azîz ibn `Abd-Allah ibn Bâz, le savant érudit Chaykh Mouhammed Nâssir-Dîn el-Albânî, l?érudit Chaykh Sâlih ibn Fawzân el-Fawzân, etc. Tous ces Chouyoukh honorables et tant d?autres ne voient pas d?inconvénient à utiliser les termes Salafî ou Salafiya ou Salafiyûn ; ceux-ci correspondent à emprunter le chemin des anciens.
Or, certains écrivains contemporains qui ont traité des tendances islamiques ont fait le constat suivant : « Les Salafiûn suivent ceux qui les ont précédés parmi les grandes références » Ils adhèrent à une certaine tendance qui s?est distinguée par ce nom. Parmi ces auteurs, nous pouvons compter Mouhammed Aboû Zahra, Moustafâ Chak`a, Mouhammed ibn Sa`îd el-Boûtî, etc. ils l?ont tous considéré comme une certaine tendance qui s?est distinguée par ce nom. Certains ont succinctement évoqué l?évolution historique de cette tendance. Ils prétendent qu?elle est dans la continuité de l?école d?Ahmed ibn Hanbal. Elle se serait revivifiée à l?époque d?ibn Taymiya puis à celle de Mouhammed ibn `Abd-el-Wahhâb. Ils assument aussi qu?à l?origine ce surnom a été baptisé par les Salafî eux-mêmes. Certains d?entre eux comme le Docteur Mouhammed ibn Sa`îd Ramadân el-Boûtî pensent que la voie Salafîya est une étape ponctuelle (temporaire) et non une tendance islamique dans le sens propre du terme.
Quoiqu?il en soit, peu importe si vraiment les prêcheurs traditionalistes se sont fais appeler ainsi ou bien si ce surnom leur est venu d?ailleurs pour par la suite leur être ainsi attaché. L?essentiel, c?est que personne parmi les grandes références du passé ou parmi les adhérents contemporains à cette tendance n?a exprimé d?opposition à cette appellation, ou n?a fait de remarque au sujet de ce surnom. Au pire, il est tout juste autorisé de se dénommer ainsi car le choix d?une telle affiliation relève du vocabulaire, alors que le vocabulaire ne doit pas principe être sujet à la controverse [13]. En outre, Il faut retenir le sens et la réalité des choses non le nom qu?on leur donne. Nous avons précédemment évoqué que le sens de ce terme c?est de suivre le chemin des Pieux Prédécesseurs. Il n?y a donc aucune différence entre se faire appeler Salafî ou s?affilier à Ahl Sounna comme nous l?avons déjà vu.
Traduit par Karim ZENTICI
Notes de bas de page :
[1] Coran : El-A`râf ; 53. Remarque : il est possible de dire : Il S?est élevé sur/au-dessus de Son Trône (`Alâ wa ista`lâ) ou Il S?est établi sur/au-dessus de Son Trône (Istaqarra). (N. du T.) [2] Nihâya d?ibn el-Athîr (409/2) et Lissân el-`Arab (17/89). [3] Rapporté par Mouslim [4] El-Hamawiya (p.2) [5] Djâmi` el-`Ouloûm wa el-Hikam (p. 249). C?est pourquoi, de nombreux titres d?ouvrages ayant traité de ce sujet, portent ce nom à l?exemple de Sounna de l?Imâm Ahmed, Sounna d?Aboû Dawoûd Sijistânî, Sounna d?ibn Abî `Assim, Sounna de `Abd-Allah le fils de l?Imâm Ahmed, Sounna d?ibn Abî Hâtim Râzi, etc. [6] Djâmi` el-`Ouloûm wa el-Hikam (p. 262). [7] Minhâdj Sounna (163/2). [8] Voir : Mawqif Ahl Sounna wa el-Djamâ`a min Ahl el-Ahwâ wa Bida` de notre frère le cher Docteur Ibrahîm Rahaylî (1/45-46) qui est est à la foi très intéressant et très important dans son registre. [9] Coran : L?ornement ; 56 [10] Voir : Wassatiya Ahl Sounna bayna el-Firaq du Docteur Mouhammed Bâ karim (p. 96-101) dont nous avons légèrement modifié l?extrait. Cet ouvrage est particulièrement intéressant. [11] Mawqif Ahl Sounna wa el-Djamâ`a min Ahl el-Bida` (63/1). [12] Voir : Wassatiya Ahl Sounna bayna el-Firaq du Docteur (p. 101-106) dont nous avons légèrement modifié l?extrait. [13] Voir : Wassatiya Ahl Sounna bayna el-Firaq du Docteur (p. 111) dont nous avons légèrement modifié l?extrait.
http://dourous.free.fr/html/ecrit/articles/salafiya/salafiya-1.php
http://dourous.free.fr/html/ecrit/articles/salafiya/salafiya-2.php
Le salafisme est un mouvement sunnite revendiquant un retour à l'islam des origines.
Étymologiquement, « salafisme » (en arabe : ??????? as-salafiyyah) provient du mot salaf, « prédécesseur » ou « ancêtre », qui désigne les compagnons de Mahomet et les deux générations qui leur succédèrent.
Sommaire |
[] Les origines
Les salafistes ne se considèrent pas comme un mouvement de fondation récente : ils prétendent représenter la continuation légitime de l'islam des premiers siècles. Le mot arabe salafi fait référence a la première génération de musulmans « pieux prédécesseurs » qui suivaient le coran à la lettre ainsi que la tradition du prophète Mahomet suivant la compréhension des Pieux Prédeceseurs, les meilleures générations de croyants. Et c'est bien plus tard, au XIVe siècle que le mot Salaf a été réemployé par Sheykh ul-Islam Ibn Taymiyyah, qui déclarait ainsi : « il n'y a nul inconvénient à s'attribuer aux salafs, plutôt il est obligatoire d'accepter ceci avec approbation. Certes, la voie des Salaf n'est rien d?autre que la vérité ». On trouve aussi cette attribution dans les écrits de son élève, historien et spécialiste du hadith, Adh-Dhahabiy.
L'attribution au salafisme a été plus largement diffusée au début du XXe siècle par l'école réformiste (Islah) d'Al Afghani, de l'égyptien Muhammad Abduh, des Syriens Mohammed Rachid Rida (Muhammad Rachid Ridha) et Abd al-Rahman al-Kawakibi, par opposition au taqlid (conservatisme)et aux tendances extrêmes et superstitieuses du soufisme superstitieux, qu'ils combattaient comme étant une des principales sources de la décadence des musulmans.
L'appellation "salafiste" revendiquée par des courants extrémistes ou conservateurs est particulièrement blamable dans la mesure où ces courants vont à l'encontre de la salafiya réformiste illustrée par les grands penseurs progressistes (Mohammed Abdou, Rachid Rida, Kawakibi, etc.)
[] Les principaux fondements du Salafisme
- Insister sur le tawhid (monothéisme, unicité divine). En islam, ceci est la base de la religion et la voie à laquelle tous les prophètes ont appelé. Le salafisme distingue 3 catégories dans le Tawhid, ce qui est une différenciation nette vis-à-vis des autres théologiens musulmans :
- Tawhid rububiya (unicité dans Sa Seigneurerie): L'unicité d'Allah comme créateur, Maitre (Possésseur) de Sa création et Administrateur (Gérant) de Sa création.
- Tawhid uluhiya (unicité dans Son adoration): Le fait de consacrer tous ses actes d'adoration à Allah et à Lui seul. La première mission de tous les prophètes a été d'appeler les gens à se conformer à ce (Tawhîd) monothéisme.
- Tawhid asma was sifat (unicité dans Ses noms et attributs) : Le fait d'accepter le sens apparent des attributs et actes divins qui apparaissent dans le Coran et la Sunna authentique, sans les interpréter de façon métaphorique, et sans les assimiler aux attributs humains.
- Revenir à la religion telle que pratiquée par les "pieux prédécesseurs" et dénoncer toute superstition et toute innovation dans les préceptes ou les pratiques religieuses (une innovation est une adoration sans preuve : ni dans le Coran, ni dans la Sounna), ce qui amène bien souvent à dénoncer des choses qui ne sont pas reconnues comme des innovations par les autres sectes considérées égarées, ces derniers tolérant plus ou moins certaines nouveautés religieuses.
- Aucune parole ou avis d'aucune personne ne doit primer sur les textes du Coran et de la Sunna. Ils citent ainsi souvent la parole de l'Imâm Malik : "L'avis de toute personne est susceptible d'être accepté ou refusé, sauf [les paroles de] celui qui gît dans cette tombe", montrant la tombe du prophète Mahomet : "Si le hadith se révèle authentique [alors qu'il se contredit avec ma parole], alors jetez ma parole contre le mur".
[] Position au sujet des attributs divins
Du point de vue doctrinal, les salafistes s'opposent aux acharites et aux maturidites, en prétendant refuser d'interpréter de façon métaphorique les attributs et les actes divins (tels que l'ascension sur le trône, la "main de Dieu", "l'?il de Dieu", "la jambe de Dieu", "la face / le visage de Dieu", "le sourire de Dieu"...), sans toutefois les assimiler aux attributs humains. Ils se réclament ainsi de la majorité des hanbalites, et notamment d'Ibn Taymiyyah qui constitue une de leur références privilégiées. Mais dans les faits, ils interprètent les attributs divins de façon littérale, ce qui est considéré par une partie non négligeable des autres sunnites comme de l'anthropomorphisme. En effet, pour chaque attribut, ils disent que le sens est connu mais la modalité inconnue. Donc la Main de Dieu serait selon eux véritablement une main au sens ou nous l'entendons mais ne ressemblerait pas aux autres mains connues.
Cette position est attestée dans des écrits anciens. At-Tirmidhiy au Xe siècle, dit dans ses Sunan (livre qui constitue l'une des six plus importantes références de hadîth chez les sunnites), en commentant le hadîth selon lequel "Allah accepte l'aumône et la prend de sa main droite ..." :
- « A propos de ce hadîth et des récits du même ordre, mentionnant des attributs [divins], ou évoquant la descente du Seigneur - Glorifié et Elevé soit-Il - chaque nuit, au ciel le plus bas, plusieurs savants ont dit : certains de ces récits sont authentiques, [on doit] y croire, mais on ne doit pas l'imaginer ni s'interroger sur le comment. Ceci a été rapporté de Mâlik Ibn Anas, Sufyân Ibn 'Uyaynah et Abd-Allâh Ibn Al-Mubârak. Ils ont dit à propos de ces hadîths : "Faites-les passer sans parler du 'comment'". Ceci est l'avis des savants parmi les gens de la sunna et du consensus. Quant à la [secte] des djahmiyyah, ils ont renié ces récits et ont dit que c'est de l'anthropomorphisme. Alors qu'Allah a mentionné dans plusieurs passages de son Livre, "la Main", "l'Ouïe", "la Vue", les djahmiyyah ont interprété ces versets de manière métaphorique et l'ont expliqué d'une manière contraire à celle des gens de la science. Ils ont prétendu qu'Allah n'a pas créé Adam de Sa Main, mais ils ont dit que "main" ici signifie "force". Ishâq Ibn Râhawayh a dit : "Ce serait de l'anthropomorphisme si on disait : 'Une main telle que telle main' (yadun ka-yad) ou 'une ouïe telle que telle ouïe' (sam'un ka-sam' ) ou 'qui ressemble à telle ouïe' (sam'un mithla sam') (...). Quant à dire, comme Allah l'a dit, 'une Main', 'une ouïe', 'une vue' sans parler du comment et sans dire 'qui ressemble à telle ouïe' ou 'telle que telle ouïe', alors ceci n'est en aucun cas de l'anthropomorphisme. C'est conforme à ce qu'Allah - Glorifié et Elevé soit-Il - a dit dans son Livre : ????? ?????????? ?????? ????? ?????????? ????????? ("Il n'y a rien qui Lui ressemble; et c'est Lui l'Audient, le Clairvoyant") » (Coran, Sourate 42 verset 11)
Les acharites accusent les salafistes d'anthropomorphisme lorsqu'ils parlent de "Main d'Allah", des "Yeux d'Allah", de la "Colère d'Allah", de la "Miséricorde d'Allah", etc. au sens propre, car pour eux ces attributs sont le propre des créatures et impliquent une certaine faiblesse. Les salafis leur répondent que les acharites aussi reconnaissent certains attribus ("La Vie", "La Volonté", "La Vue", ...) alors qu'elles sont partagés par les créatures, et se demandent donc pourquoi ils ne parlent pas d'anthropomorphisme dans ce cas-là. Les gens de la Sunna citent souvent cette formule de l'Imam Malik: "Nous savons ce qu'est l'ouie (ou la main,la vue....), nous ignorons comment elle est (auprès de Dieu), et poser des questions à ce sujet est une innovation". Autrement dit, ils reconnaissent que Dieu a une main, une ouie etc... mais ils refusent de se poser la question du comment qui, selon eux, est une innovation, ce qui est sûr, c'est qu'en aucun cas Dieu ne ressemble à ses créatures.
Les salafistes acceptent tous les noms et attributs divins sans les nier, ni les transformer, ni les comparer, et sans être métaphoristes ou anthropomorphistes.
[] Position par rapport aux quatre écoles juridiques
Les salafistes apprennent de ces écoles et affirment qu'il n'est ni obligatoire ni interdit d'en adhérer à une. Pour eux, il est du devoir du musulman de chercher la vérité islamique, même si cela contredit l'avis d'une de ces voies méthodologiques. Ce point de vue des salafis a suscité la colère de certains traditionnalistes des quatre écoles.
Les arguments avancés par les salafis, à ce sujet, sont développés dans des livres tels que I'lâm ul-Muwaqqi'în d'Ibn Al-Qayyim (XIVe siècle), Al-Qawl ul-Mufîd fî hukm it-taqlîd d'Ash-Shawkâniy (XIXe siècle), Hadiyyat us-Sultân, ilâ muslimî bilâd il-Yâbân de Sultân Al-Ma'sûmiy, ou encore Bid'at ut-Ta'assub il-Madhhabiy du contemporain 'Îd 'Abbâsiy, qui est une réponse au livre Al-Lâmadhhabiyyah d'Al-Bûtî.
Les salafistes sont, pour la plupart, restés proches de l'Arabie saoudite. Une des paroles célèbres du cheikh salafi Nasir ud-Dîn Al-Albani était : « Il fait partie de la [bonne] politique, aujourd'hui, de délaisser la politique ». Ce théologien Albano-Syrien qui a été la figure la plus marquante du salafisme depuis les années 60, jusqu'à sa mort en 2000, et qui a beaucoup contribué à la diffusion du salafisme, était convaincu que la seule solution aux problèmes des musulmans consiste en ce qu'il appelait "At-Tasfiyatu wa-Tarbiyah" (la purification et l'éducation) : d'une part, purifier la religion musulmane de toutes les "innovations" qui ont entaché ses préceptes et ses dogmes, pour revenir à la religion originelle telle qu'elle a été transmise par le Prophète, et d'autre part, l'éducation des musulmans pour qu'ils se conforment à cette religion purifiée, et délaissent leurs mauvaises coutumes. Il considérait donc, que tout autre solution (qu'elle soit politique ou révolutionnaire) ne fait que détourner les musulmans du bon chemin à suivre. Peu avant sa mort, il estimait que beaucoup a été fait pour ce qui est de la "purification", mais que l'essentiel reste à faire en ce qui concerne "l'éducation".
[] Relations avec les Frères Musulmans et autres mouvements
Les Frères musulmans sont plus ou moins sympathisants du salafisme, mais le mouvement en lui-même n'est pas salafi. Hassan El-Banna, le fondateur de ce mouvement, le définissait comme "à la fois salafiste et soufiste", dans un souci de rassembler le plus de musulmans dans son mouvement politico-religieux. Les salafistes sont très critiques envers le mouvement des Frères musulmans. Ils les accusent notamment :
- de ne pas suffisamment appeler à l'unicité divine dans leur prêche.
- de rassembler des gens de diverses croyances sans se soucier de corriger leurs éventuelles déviances.
- de fonder les critères d'alliance et de désaveu sur l'appartenance à leur mouvement, le respect de ses règles, et l'obéissance à leur murchid au lieu de les fonder sur le respect de l'islam.
- de s'être rapprochés des chiites, fortement détestés des salafistes, qu'ils considèrent très égarés.
Cf. Waqafâtun ma'a kitâbi li-ddu'âti faqat ((ar) [1]) de Muhammad Ibn Sayf Al-'Adjmiy.
Sâlih Âl Ash-Shaykh, actuel ministre saoudien des affaires religieuses, déclarait :
- « Quant au groupe des Frères Musulmans, parmi les principaux aspects de leur appel, on relève : le secret, la dissimulation, la versatilité, le rapprochement de ceux qui présentent un intérêt pour eux (...). Aussi, parmi les aspects [distinctifs] de ce groupe et ses fondements, est le fait qu'ils empêchent leurs disciples d'entendre les avis qui s'opposent au leur. Ils ont pour cela des tactiques variés : occuper le temps des jeunes du matin au soir (...) pour qu'ils n'aient plus l'occasion de s'intéresser à autre chose, accuser les gens qui connaissent leur vérité et les diffamer (...) pour empêcher les autres de les écouter. Ils sont en cela semblables aux polythéistes, dans un certain aspect, lesquels accusaient le Messager d'Allah (...), en public, de divers maux pour empêcher les gens de le suivre. (...)
- D'autre part, le but ultime de l'appel [des Frères Musulmans] est d'arriver au pouvoir. (...) Quant au fait que les gens soient sauvés du châtiment d'Allah (...) et entrent au paradis, ceci n'est pas important pour eux.»
(Propos enregistrés dans une cassette intitulée Fatâwâ Al-'Ulamâ`i fil-djamâ'âti wa atharuhâ 'alâ bilâd il-h'aramayn, aux éditions Minhâdj us-Sunnah, Riyad).
Les salafistes désavouent les croyances des chiites, des mourjis, des mou'tazila, des ach'arites, des frères musulmans, des khawarijs, des jahmites, des habaches, des soufis, des tijanis, des tablighis... Car selon eux, ces sectes font partie des 72 groupes qui passeront par l'enfer, cela appuyé par certains hadiths authentique du Prophète.
Les médias amalgament souvent salafisme et terrorisme.
[] Les références des salafistes
Les salafistes se réfèrent à des oulémas anciens :
- D'abord les compagnons du Prophète, qu'ils considèrent comme étant les plus savants et le premier exemple à suivre après Mahomet.
- Les quatre Imâms fondateurs des écoles juridiques (Abou Hanifa, Malik ibn Anas, Ach-Chafii, Ibn Hanbal) pour lesquels ils montrent un grand respect bien qu'ils refusent de les suivre aveuglément.
- Les savants spécialistes du hadith du IXe-XIIIe siècle, tels que : Ibn Al-Mubârak, Ibn 'Uyaynah, Al-Bukhâriy, Muslim, At-Tirmidhiy, Abû Daoûd, Ibn Khuzaymah, Ibn Battah, Ibn Mandah, Ibn Qudâmah...
- Ibn Taymiyyah et ses disciples Ibn Al-Qayyim, Ibn Kathîr et Adh-Dhahabiy, qui ont vécu au XIIIe-XIVe siècle, à l'époque des mamelouks. Les salafistes les citent très souvent (surtout les trois premiers) car leurs ?uvres sont abondantes et qu'ils ont défendu avec énergie la croyance « salafi » contre les courants soufis et asharites, majoritaires à leur époque. En pratique, cette référence préférentielle à des théologiens de l'école hanbalite place les salafistes dans une vision de l'islam qui est assez proche de celle de cette dernière école, même si les salafistes refusent par principe de se référer à une école plutôt qu'à une autre (par exemple, le célèbre théologien Al Albani était un salafi plutôt influencé par le hanafisme que par le hanbalisme).
Tous les théologiens qui précèdent sont également reconnus et respectés par les sunnites des autres courants.
- Muhammad Ibn Abd Al-Wahhâb et ses disciples, dont les ?uvres ont été rassemblés dans "Les ?uvres complètes de Muhammad Ibn 'Abd Al-Wahhab" et "Al-Fatâwa An-Nadjdiyyah". Ces théologiens font l'objet de beaucoup plus de polémiques entre les salafis et les autres courants.
- Muhammad Ibn Ibrâhîm, ancien mufti d'Arabie saoudite, au début du XXe siècle. Son livre Tahkîm ul-Qawânîn est très cité par les khawarijs, car ils pensent y trouver un jugement d'apostasie des gouverneurs qui n'appliquent pas la chari'a. Ce passage du livre a été discuté par certains salafis pour lui donner sa vraie interprétation.
Quant aux oulémas contemporains, les salafistes se réfèrent à :
- Ibn Bâz, précédent mufti d'Arabie saoudite. Ses ?uvres complètes ont été rassemblées dans un recueil.
- Nasir ud-Dîn Al-Albâniy, spécialiste de la science du hadith. Il a émigré d'Albanie avec son père qui était un mufti hanafite, pour s'installer en Syrie. Il est pour une grande partie auto-didacte. Il a été appelé pour enseigner les sciences du hadith à l'Université de Médine, l'année de sa fondation. Mais, après deux ans, son contrat n'a pas été renouvelé. Il a vécu un certain temps au Liban et aux Emirats, avant de s'installer définitivement à Amman en Jordanie.
- Ibn 'Uthaymîn, ancien membre du Comité des grands savants saoudiens. Parmi ses fatwas célèbres est le fait que "l'auteur d'un attentat suicide sera en enfer pour toute l'éternité" (Cf. son livre Sharhu Riyâdh is-Sâlihîn).
- Le Yéménite Muqbil Ibn Hâdî, formé en Arabie saoudite. Après en avoir été expulsé, il vécut cela comme une injustice. Celui-ci a été très critique envers le gouvernement saoudien, jusqu'à peu avant sa mort, mais est revenu sur sa position lorsque des responsables saoudiens l'ont accueilli et transféré pour être soigné aux États-Unis puis en Arabie Saoudite. Il rapportait que Oussama Ben Laden lui proposait de fournir en armes ses étudiants au Yémen, ce qu'il a refusé. Ce dernier a également déclaré avant les attentats du 11 septembre : "Qu'Allah nous protège contre Oussama Ben Laden. C'est un mauvais présage pour les musulmans".
Ces quatre oulémas, tous décédés entre 1999 et 2001, constituent les premières références contemporaines des salafis. Ils sont souvent plus ou moins attaqués par les terroristes se réclamant du salafisme, qui les considèrent volontiers comme étant à la solde des gouvernements arabes car ils refusaient de les déclarer apostats, et sont opposés aux soulèvements armés arbitraires et aux attentats.
Parmi les oulémas encore vivants auxquels se réfèrent les salafistes :
- Le saoudien Rabî' Ibn Hâdî Al-Madkhaliy, qui est sans doute leur premier porte-parole aujourd'hui. Ancien chef du département des sciences de la Sunna à l'Université de Médine. Il a été élève d'Al-Albâniy, et concentre les critiques les plus véhémentes des khawarijs (terroristes).
- L'actuel mufti d'Arabie Saoudite, 'Abd Al-'Azîz Âl Ash-Shaykh (descendant d'Ibn 'Abd Al-Wahhab).
- Sâlih Al-Fawzân, membre du Comité des grands savants saoudiens.
- Sâlih Âl Ash-Shaykh, actuel ministre des affaires religieuses de l'Arabie saoudite (également descendant d'Ibn 'Abd Al-Wahhab).
[] Bibliographie
Charles Saint-Prot. Islam. L'avenir de la Tradition entre révolution et occidentalisation. Paris: Le Rocher, 2008
[] Liens externes
- (fr) Salafi de l'Est - Fatwas de savants Salafistes
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Mouvement dépendant: Écoles existantes:
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Autre courant
Non toujours reconnu
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| liste des actuels chefs religieux | Islam | Dar al-Islam |
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Salafisme



