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[] Introduction
La théorie des contextes a été formulée par Anthony Wilden à la suite de sa collaboration avec Gregory Bateson dans l?élaboration de la cybernétique (étude des systèmes et de l'information) de la deuxième génération, celle de l?information avec signification du "signe" psychique, en contraste au "signal" physique de commande. Cette cybernétique de la deuxième génération a donné une approche écosystémique dans la découverte des problèmes et la conception de leurs solutions. Gregory Bateson, avec ses collègues et disciples, ont lancé cette deuxième révolution scientifique de l?information en introduisant la typologie logique de Bertrand Russell et Alfred North Whitehead (en)http://en.wikipedia.org/encyclopedie_Alfred_North_Whitehead.
Cette Théorie des contextes est à la fois une métaphore du déplacement et un métonyme de la condensation de l'approche écosystémique qui est seulement une méthodologie d'un modèle écosystémique. En conséquence, elle se trouve à un niveau d'abstraction et de généralité encore plus élevé que celui de l'approche écosystémique. Comme métaphore du déplacement, cette théorie des contextes est une représentation plus simple de l'approche écosystémique et comme métonyme de la condensation, elle est plus abstraite et plus générale. Cette théorie se trouve sous la couverture du paradigme de l'information, comme la méthodologie de l'approche écosystémique se trouve sous la couverture du modèle de la communication, dans la relation en niveaux hiérarchiques de type logique, de paradigme en théorie et modèle.En anglophonie, cette Théorie des contextes est une célébrée, largement connue et employée. (en)http://www.net4dem.org/cyrev/archive/issue3/articles/Paradigm/Paradigm1.htm.
La Théorie des contextes de Anthony Wilden est une Théorie de la complexité que l'on ne peut simplifier sans la mutiler. Elle s'étend sur un large éventail des sciences sociales (en)http://www.yorku.ca/jspot/1/dayletts.htm. La France risque d'être en retard d'une science, par rapport aux autres pays qui ont eu de nombreuses traductions et colloques sur ce sujet. C'est comme le retard d'une guerre en 1940 et aussi le retard d'une colonisation lointaine, outre-mer, au XVIème siècle. C'est cela aussi la Théorie des contextes où c'est le contexte historique et culturel pour rendre compte de l'enfermement sur soi en 1940 et d'une puissance continentale au XVIème siècle, tournée sur elle-même dans le labourage et le paturage, sans intérêts pour des aventures lointaines, comme l'Angleterre, l'Espagne, la Hollande et le Portugal qui étaient des puissances maritimes.
La Théorie des contextes, en écopolitique, rend signifiantes et significatives les politiques et rend compte des différentes orientations. Elle rend compte aussi des exploitations et des oppressions des uns par les autres. Elle est ausi une critique du Marxisme qui est l'inversion du Capital par rapport au Travail. Suivant la" règle d'extinction" de la Théorie des contextes, il n'y aurait pas de Capital sans Travail, comme s'il n'y aurait pas de vie de la biosphère sans le substrat minéral de la lithosphère. Comme le Capital est du Travail accumulé, alors il en résulte qu'en absence de Travail il n'y a pas de Capital. Karl Marx a inversé la hiérarchie des niveaux de type logique, de contrainte ou de dépendance. C'est aussi cela un usage de la théorie des contextes en économie politique.
La théorie des contextes est une critique épistémologique des sociétés occidentales où la communication et l?échange sont contrôlés par le pouvoir que détient une partie de l?écosystème biosocial de définir certaines autres parties comme un "environnement" à exploiter: la biosphère, d?autres classes sociales, les autres races, le Tiers Monde, le "second" sexe ? en d?autres termes, l?exploitation de (ce que nous appelons) le "corps" par (ce que nous appelons) l ?esprit". Dans la relation Paradigme, Théorie et Modèle, la théorie des contextes se déploie en modèles écopolitiques dont l'antipsychiatrie est un exemple en psychologie, ainsi que les mouvements féministes et antiracistes. La relativité du normal et du pathologique révèle ce pouvoir de désigner l'un et l'autre. C?est une perspective critique et un produit transdisciplinaire, une véritable somme de l'écosystémique que l?on peut considérer comme un outil épistémologique fondamental, avec une axiomatique (ou corps d?axiomes, dans le pari de "survivre au XXème siècle", selon l?expression d?Edgar Morin]].
[] Préambule
La "Théorie des types logiques" de Bertrand Russell et Alfred North Whitehead (Principia mathematica), (en)http://plato.stanford.edu/entries/principia-mathematica/, en métamathématique ou mathématique des mathématiques, est faite d'une hiérarchie de niveaux de type logique de membres à classe et classe de classes, de méta en méta-méta. Elle postule qu?une classe (un ensemble) ne peut pas être membre d?elle même. Cette historiette inventée illustre l'hyperabstraction de la "Théorie des types logiques" ou "typologie logique". Elle se trouve à un très haut niveau d'abstraction de la logique en philosophie et demande un grand effort intellectuel.
- Un bibliothécaire dresse le catalogue des livres dont il a la charge et, lorsqu'il a terminé, se demande où situer son catalogue. En effet, son catalogue a bien l'apparence d'un livre, mais il n'est pas du même ordre ou niveau que les livres qu'il classifie et répertorie. Le catalogue des livres n'est pas un livre. C'est le livre des livres ou "méta-livre". Il ne peut pas se répertorier lui-mème et être à la fois un des membres et la classe. Il est d'un niveau de type logique supérieur à celui des livres qu'il classifie. C'est la représentation des livres, elle cartographie les livres, comme la carte pour le territoire,le menu pour le repas. C'est une représentation des livres qui y sont représentés. De la même façon, la "méthodologie" est une métaméthode ou méthode des méthodes tout en étant un répertoire des méthodes valables et disponibles. Comme méthode des méthodes, elle est la méthode pour concevoir et mettre en oeuvre des méthodes. En cuisine, elle serait la recette des recettes culinaires, à partir de la chimie alimentaire et de l'Anthropologie alimentaire qui sont à un autre niveau d'abstaction et de généralité que les recettes de cuisson et de composition des ingrédients.
Comme le catalogue n'est pas du même ordre ou niveau que les livres qu'il classifie et répertorie, cette historiette de bibliothécaire n'est pas du même ordre que le texte qu'elle commente. C'est pour souligner cette distinction, en rupture radicale, entre le message (le texte) et le méta-message (le commentaire) ou message sur (ou au sujet du ) le message qu'a été introduite une rupture typographique marquée. De la même façon, les règles du jeu ne sont pas du jeu et ne sont pas en jeu, comme le méta-message qui "cadre" le message et le situe en indiquant la manière de comprendre le message.
Un désaccord dans un débat n'est pas du même ordre ou même niveau qu'un désaccord sur la tenue même d'un débat.
Le premier desaccord est de l'ordre de la démocratie, de la liberté d'opinions et de leurs expressions, tandis que le deuxième désaccord sur la tenue même d'un débat est, lui, de l'ordre de la dictature et de la censure.
Agir, penser ou parler de l'un dans les termes de l'autre conduit au paradoxe épiménidien (Épiménide le Crétois) et russellien dans la confusion du membre avec la classe dont les propriétés et caractéristiques sont radicalement distinctes, comme Korzybski l'a souligné à propos de la carte et le territoire, de la représentation et ce qui est représenté, plus généralement.
Dans la typologie logique, Dieu n'a pas créé les désaccords égaux. Les premiers appartiennent à la démocratie et les deuxièmes à la dictature.
À partir de ce postulat de la théorie des types logiques, il s?ensuit que la classe et les membres ne puissent avoir les mêmes propriétés et caractéristiques. Les expressions suivantes illustrent ce postulat :
Après la période de collaboration avec Jacques Lacan à Baltimore, MD, et à sa période californienne, Anthony Wilden a travaillé avec Gregory Bateson à l?élaboration de la cybernétique de deuxième génération, collaboration qui a donné "System and Structure. Essays on Communication and Exchange" dont la première édition de 1972 a été suivie d?autres et de nombreuses rééditions et traductions dont la traduction française de 1983.
De là, il a bâti la Théorie des contextes à partir de l'approche écosystémique: c'est une méthodologie, une "métaméthode", méthode des méthodes, ou classe de méthodes, une sorte de boite à outils dont chaque outil est une méthode singulière appropriée à résoudre un problème particulier.
Cette Théorie des contextes présente trois règles, dont la "règle d?extinction" qui permet de bâtir une hiérarchie de niveaux de type logique, de contrainte ou de dépendance et de vérifier son orientation.
[] Systèmes et métasystèmes
- Le "système minéral" de la lithosphère oriente et délimite les possibilités de vie du "système organique" de la biosphère. Ce système organique, lui même, oriente et délimite les possibilités d?association des congénères animaux et végétaux du "système social". Le "système organique" est alors le contexte du "système social" ou "métasystème social" c'est-à-dire le système du système social et le système minéral comme "métasystème organique" ou encore "métaméta-système social".
Ainsi, l?écosystémique du foresterie et de la pêcherie, à la base, s?occupe du système social de l?association des arbres et des poissons avec son environnement ; cet environnement est le système organique, qui est lui-même dans un environnement qui est le système minéral de la lithosphère qui oriente et délimite les possibilités de vie sur la planète.
Ainsi, nous pouvons aller de système en métasystème et métaméta système, dans un recul à l?infini pour mieux percevoir, en reliant les niveaux pour mieux comprendre et en situant l?énigme à déchiffrer à son niveau pour mieux agir.
- La systémique simple des ingénieurs s?occupe des processus physiques ou des flux financiers dont l?environnement considéré est juste l?entourage de même nature que celle du contenu des flux et processus. C?est l?aplatissement des niveaux de contrainte, de dépendance ou de complexité au niveau où a lieu le phénomène étudié.
- L?écosystémique hypercomplexe de l?humain tient compte du niveau culturel, qui dépend lui-même du niveau social et tient compte en plus du niveau symbolique. En effet, le niveau symbolique est celui des croyances et règles de conduite qui orientent et délimitent les significations et les valeurs possibles du niveau culturel.
- Georges Clémenceau disait: "La guerre est une affaire trop importante pour être confiée à des militaires" qui ne peuvent pas percevoir la forêt avec le nez collé sur l?arbre. Clémenceau faisait de l?écosystémique sans le savoir, comme le bourgeois gentilhomme de Molière fait de la prose sans le savoir.
En effet, dans la Théorie des contextes, Anthony Wilden met au niveau politique le choix de la paix et la guerre et l?attribution des ressources appropriées. Le niveau politique oriente et délimite les stratégies militaires et diplomatiques possibles au niveau de la stratégie du choix des batailles à engager avec des ressources qui leur sont attribuées. Ces batailles du niveau de la stratégie orientent et délimitent les combats au niveau tactique. Les militaires des guerres perdues sont ceux qui n?abordent pas le niveau politique des buts de guerre et de paix.
- L'écosystémique en psychologie étudie et intervient sur l?Homme fait de boue minérale, selon beaucoup de mythologies, mais aussi de sang, d?os et et de peau biologiques des cellules associées en tissus et les tissus en organes et appareils biologiques. Tous ces organes n'existent que pour "former un tout", en dehors duquel ils ne servent à rien.
- Au niveau social, l'écosystémique perment d'étudier l'association des "collègues" : ceux qui partagent la même loi (lex, legis) et le même héritage (legs). Loi et héritage sont au niveau culturel de l?ordre des idées. C?est le niveau de l?homo sapiens, ludens et demens, celui de la folie, le jeu et la sagesse orienté par les croyances et règles de conduite du niveau symbolique.
- "[...] En tant qu?ordres d?idées et de représentations engendré par les activités des êtres sociaux, la culture ne peut se maintenir et se reproduire que grâce aux trois autres ordres" (Anthony Wilden." p. 521, 1983)
[] Communication et métacommunication
Les niveaux de type logique ou de contrainte sont distincts en saut quantique du type ou, bien l?un ou bien l?autre, en variation discontinue "digitale", comme les cinq "doigts" de la main, en contraste à la variation continue sur la paume de la main, à la racine des doigts avant qu?ils bifurquent et se disjoignent.
- La "distinction" est "digitale" de la variation discontinue en saut quantique du type ou bien à un niveau, ou bien à l?autre, comme la progression sur les marches d?un escalier. La langue des mots de la parole est digitale, médiatisée par un code linguistique d?une convention mutuellement acceptée par des locuteurs de cette langue. De cette façon, les mots sont des représentations médiatisées, sans rapport continue ace ce qui est représenté. "Il n?y a rien de tabuliforme dans le mot ?table?", disait Gregory Bateson, pour exprimer cette distinction
- La "différence" est "analogique" de la variation continue, comme la progression sur un plan incliné. Le langage des icônes (images, sons, flagrances), gestes, mimiques, postures etc est analogique dans une progression continue entre la représentation et ce qui est représenté, comme une photographie, un dessin, une peinture et une sculpture.
- [?] le sens est le produit de l?information à prédominance iconique comme dans la communication corporelle et dans notre expérience des icônes de l?émotion ("états émotifs"). La signification est le produit de l?information à prédominance digitale, comme les définitions du dictionnaire. (Les traductions entre ces ordre de perception engendrent souvent des paradoxes, et les mauvaises traductions peuvent entraîner une pathologie)? ". (Anthony Wilden, p. 546, 1983). Il s,ensuit alors les [[[Paradoxes et double contrainte]].
- - Au niveau biologique sont les processus perceptifs nécessaires et insuffisants de la réception des signaux physiques de son et lumière, au premier niveau physique de la communication.
- - Au niveau social du sens sont les valeurs esthétiques et éthiques du deuxième niveau de la communication qui est la mise en commun des sens et des valeurs.
- - Au niveau culturel des idées sont les croyances et les règles de conduite du troisième niveau de la communication qui est la communion autour de ces croyances et règles, formant une communauté sociale, de la nation au groupe familial.
Pour Ray Birdwhistell, la relation entre "communication" et "culture" est de l'ordre de celle entre "fonction" et "structure".
- "[?] La communication pourrait être considérée, au sens le plus large, comme l'aspect actif de la structure culturelle... Ce que j'essaie de dire est que la culture et la communication sont des termes qui représentent deux points de vue ou deux méthodes de présentation de l'interrelation humaine structurée et régulière. dans "culture", l'accent est mis sur la structure, dans "communication", sur le processus." (Ray Birdwhistell, 1970, p. 251, "Kinesics and Context. Essays on Body Motion Communication", University of Pennsylvania Press, Philadelphia.).
[] Paradigme, théorie et modèle
Un paradigme est une classe d'idées fondamentales dont des théories sont des membres, comme une théorie est une classe qui oriente et délimite un certain nombre de modèles possibles qui sont membres de cette théorie.
D?origine linguistique, le terme ?paradigme?, signifie une classe de règles qui organisent les significations possibles. Il a été lancé dans la philosophie des sciences par Thomas Samuel Kuhn dans la structure des révolutions scientifiques. Chez Edgar Morin, le paradigme est simplement un ?air du temps?, une mode intellectuelle en philosophie des sciences. Pour d?autres, le paradigme est une idéologie scientifique autoritaire et totalitaire.
- Le paradigme de la mécanique newtonienne et de la logique cartésienne de la ?Physique sociale? d?Auguste Comte rebaptisée en Sociologie qui traine encore avec des métaphores inappropriés du type ?mécanisme? pour ?dispositif?, ?masse? pour ?population?, ?inertie cuilturelle? pour ?hystérésis des idées? qui est un retard de changement. Ce paradigme de la mécanique newtonienne traine encore avec l'idée omni présente de FORCE et de "impact" qui n'est que des effets et réprcussions psychiques ou sociales d'un fait.
- Le paradigme thermodynamique avec les théories freudiennes et marxiennes des conflits empreuntées aux sources chaudes et froides avec leurs pressions, pulsions, surpressions et dépressions. Il traine toujours dans l'obsession de l'ÉNERGIE où la volonté et la détermination humaines dans l'action ne sont pas de l'énergie "mentale" quantifiable et mesurable en "joules" qui est l'unité d'énergie auparavant exprimée en "calorie".
- Le paradigme de l?information des années 40 avec la cybernétique de Norbert Wiener ert la Théorie de l?information qui a donné la systémique des ingénieurs.
Le "paradigme newtonien" ainsi que le "paradigme thermodynamique" sont incomplets pour rendre compte des systèmes plus complexes de la biologie simple et encore moins de la sociologie. L'animal le plus simple, comme l'amibe est bien plus qu'une horloge mécanique doublée d'une machine thermique. Les animaux sociaux, mêmes les plus simples des ruches et des fourmillières, demandent l'introduction de l'idée d'information.
Dans sa sa série "La Méthode? Edgar Morin a nommé ce paradigme de la communication par Paradigme de la complexité", en contraste à la simplicité de la mécanique newtonienne et de la logique cartésienne du ?tiers exclus qui transforme les paradoxes en contradictions et oppositions irréductibles. Cette complexité est représentée, en psychologie du comportement humain, par les paradoxes de double contrainte, issus des niveaux de la communication, qui ne peuvent exister en mécanique, en thermodynamique et dans la Théorie de l?information de Claude Shannon et Warren Weaver.
- "[?] La différence entre le monde newtonien et celui de la communication tient, simplement, au fait que le premier attribue une réalité aux objets et parvient à une certaine simplicité théorique en excluant le contexte du contexte, donc en fait, toute métarelation et, a fortiori, tout recul à l'infini dans la chaîne de telles relations." (Gregory Bateson, 1980, p. 72, "Vers une écologie de l'esprit". 2, Seuil, Paris).
- Le paradigme de la communication de l?écosystémique a donné des métaphore en biologie du ?code génétique? de l?ADN ?transcrit? dans l?ARN messager pour être ?lu?. La différence est ainsi explicitée. La théorie des contextes est délibérément dans ce monde de la communication.
La question du comportement humain a été posée et étudiée dans un grand nombre de disciplines éparses, éparpillées et disjointes qu'il serait peu utile et fastidieux d'énumérer. Il suffit de faire l'inventaire des "sciences humaines" ou peut-être plus exactement des "sciences sociales" qui est le terme français pour désigner ce que les Anglo-saxons nomment sous le vocable de "behavioral sciences" qui est quelque fois rendu littéralement comme "sciences du comportement".
- "[?] Pour faire progresser la question, nous proposons donc d'utiliser un seul système pour comprendre les multiples aspects du comportement humain. Aujourd'hui, nous croyons que la communication est le seul modèle scientifique qui nous permette d'expliquer les aspects physiques, intrapersonnels, interpersonnels et culturels des événements en un même système. En employant un système unique, nous éliminons la multiplicité des univers séparés, les vocabulaires diversifiés et les polémiques qui surviennent parce que nous, spécialistes des sciences humaines et cliniciens, ne pouvons pas nous comprendre.? (Gregory Bateson & Jürgen Ruesch, 1988, p. 17, "Communication et société", Seuil, Paris. Trad. fr. de "Communication. The Social Matrix of Psychiatry", 1951, 1968, 1987.).
Le sous-titre éclairant de "matrice sociale de la psychiatrie" a été escamoté dans la traduction française. "Le terme de " matrice sociale " renvoie donc à un système scientifique plus important dont à la fois le psychiatre et le patient sont partie intégrante" (1988, p. 16). D'autre part et dans les éditions anglaises (1951, 1968, p. 13), il a été écrit ceci: "L'essence de notre message au lecteur est que la communication est la matrice dans laquelle sont enchâssées toutes les activités humaines".
En tant qu'aspect de la communication, un comportement ne devient significatif et signifiant que dans un contexte, de telle manière que Ray Birdwhistell a proposé de déplacer l'"analyse de contenu" à une "analyse de contexte", c'est-à-dire que l'analyse porte non plus sur le contenu de l'échange, de la relation ou de l'interaction, mais sur le "système" qui a rendu l'échange possible. La communication et le comportement s'expriment alors en termes systémiques et cybernétiques à travers les principes de leur épistémologie et l'utilisation de la linguistique descriptive.
Dès lors, un geste, un mot et tout comportement sont envisagés non en eux-mêmes, mais dans leur relation avec d'autres gestes, d'autres mots et d'autres comportements. Il n'est plus possible, comme dans les behaviorismes et les psychanalyses, d'envisager l'individu et ses actes sans les insérer dans un contexte polyadique. Il semble que les sciences du comportement soient restées, dans une large mesure, fondées sur une conception monadique de l'individu (la "chose en soi" ou "Ding an sich ") et sur la vénérable méthode qui consiste à isoler des variables. Le langage et l'esprit de la psychologie sont demeurés monadiques.
En exemples illustratifs, les concepts comme "leadership", "dépendance", "maternage", etc. ont fait l'objet d'études ponctuelles et approfondies et finissent par acquérir une pseudo-réalité et, de constructions intellectuelles, ils deviennent finalement des quantités mesurables de l'esprit humain, lui-même conçu comme un phénomène isolé. Une fois réifiés de la sorte, ces concepts deviennent des "choses en soi" quantifiables et sécables à loisir en perdant leur caractère de forme particulière d'une relation en cours. Le "leadership", la "dépendance", le "maternage" sont les expressions d'une forme de relation ou d'interaction entre des individus dans une situation avec des règles qui la gouvernent, c'est-à-dire des contraintes orientant et délimitant les activités et les configurations possibles, et qui constituent le contexte de ces interactions.
À toute fin pratique, tout comportement a valeur de "signe". L'exemple suivant illustre la différence fondamentale entre l'information et l'énergie, entre le monde berkeleyen de la communication et le monde newtonien de matière, d'énergie et de force : un coup de pied à une pierre la déplace par transfert d'énergie ; il est tout autre du coup de pied à un chien qui se déplace avec l'énergie de son propre métabolisme pour s'enfuir, jouer ou mordre selon la signification et la valeur qu'il confère à ce signal dans le contexte de la relation en cours. En d'autres termes, le coup de pied est un segment de comportement qui communique une information au chien qui y répond par un autre segment de comportement qui a valeur de communication dans une séquence d'actions réciproques ou interactions entre le chien et la personne
[] Genèse
La théorie des contextes participe de cette deuxième révolution scientifique de l'information, celle de l'information avec signification, dont la première est le signal cybernétique fonctionnel de production et de régulation. Ces révolutions scientifiques de l'information sont des révoltes contre la simplicité qui est dans la réduction du comportement humain à celui des boules de billard, représentatif dans le coup de pied à une pierre qui se déplace par transfert d'énergie à l'impact ou au choc, tandis qu?un coup de pied à un chien fait se déplacer le chien avec l?énergie de son métabolisme pour jouer ou attaquer, selon la signification et la valeur conférées par le chien au coup de pied, dans le contexte de la relation en cours. Cette deuxième révolution scientifique de l'information est aussi connue comme la cybernétique de la deuxième génération.
Cette simplicité procède d'une similarité inappropriée entre les phénomènes de la réalité physique des objets et ceux de la réalité imaginaire des sujets qui confèrent significations et valeurs aux objets de cette réalité physique. De la similarité inappropriée, cette simplicité réduit le monde des sujets à celui des objets, le monde du pensant à celui de la matière-énergie.
Depuis l'immunologie, nous savons que, déjà, les cellules "computent" et cogitent", c'est-à-dire reconnaissent les signes, les traitent et répondent aux signes. La "pomme" de Newton est devenue le lieu de la gravité universelle et la "méthode" cartésienne, la méthode "scientifique". D'autres hypothèses se révèlent : celle de l'information, comme l'une des trois composantes fondamentales avec la matière et l'énergie. Elles permettent une compréhension du monde et une action sur le monde toutes aussi rationnelles et raisonnables.
Avec le "rasoir d'Occam" ou "règle de l'économie d'explication" et pour rendre compte des phénomènes connus, le savant doit fournir l'explication la plus simple, la plus économique et (généralement) la plus élégante possible. Mais, la simplicité devient un défaut intellectuel, si l'on accorde une importance excessive au principe que l'explication la plus simple soit la seule possible. Il arrive qu'on doive envisager ces phénomènes connus dans une "Gestalt" plus large et plus profonde.
[] Simplicité, similarité et symétrie
La "simplicité", tant admirée par les anciens Grecs, devint une des idoles de la science moderne quand Isaac Newton a bouleversé le monde de la physique, de la religion et de la philosophie, en établissant les principes du mouvement mécanique devenu le lieu commun de la gravité universelle. Contemporain de Newton et dans la conjonction de leurs travaux en optique géométrique, René Descartes a inventé, en "disputation" avec les spéculations scolastiques, une "méthode pour bien conduire la raison" fondée sur le précepte "déterministe", ou peut-être plus exactement "causaliste" devenu un autre lieu commun de la Science. Selon Gaston Bachelard (1934, p. 139), "un discours sur la méthode scientifique sera toujours un discours de circonstance, il ne décrira pas une constitution définitive de l'esprit scientifique". Mise en perspective, la méthode cartésienne n'est qu'un discours de circonstance dans la lutte de l'autorité centrale royale contre les Grands et l'Église, pendant la Guerre de Trente Ans en France.
La méthode cybernétique est aussi un discours de circonstance dans la conception des appareils de conduite de tir (acquisition de l'objectif et poursuite de l'objectif) et dans le décryptage des messages chiffrés pendant la Deuxième Guerre Mondiale, comme la méthode systémique l'est pour pallier les faillites économiques et écologiques où une maximisation à court terme pourrait être une catastrophe à longue échéance et où un comportement, adapté à une particularité, pourrait être contre-adaptatif à une généralité.
La méthode sémiotique est encore un discours de circonstance pour aborder le monde du sujet humain "faber" (producteur), "sapiens" (pensant), "demens" (délirant)) et "tremens " (angoissé), de l'administration à la psychologie, en passant par l'économique et la politologie, de telle sorte que la notion de "behavioral sciences" soit devenue celle de "sciences sociales".
Dès que la science a reconnu les structures de complexité - en tant que significations et valeurs sociales, scientifiques et personnelles valables et valides - elle a découvert diverses formes de systèmes téléonomie (goal-seeking systems ) et téléologique (goal-changing ou purposeful systems ) ouvert et adaptatif.
Le système téléonomique et téléologique, ouvert et adaptatif, autorégulateur (homéostasique) et auto-reproductif, est un système orienté et délimité dans ses structures et ses fonctions possibles, par une hiérarchie de type logique, de dépendance ou de contrainte, de contexte en métacontexte. Il est gouverné par l'information, par la rétroaction négative atténuatrice des déviances et la rétroaction positive amplificatrice des divergences. Ce système est ouvert, à travers l'échange de la matière-énergie et la communication de l'information, à l'environnement constitué par d'autres systèmes, pour l'entretien, la production et la reproduction. Avec Ludwig von Bertalanffy, la biologie semble être l'une des premières disciplines scientifiques à reconnaître un tel système. La théorie des contextes est un enveloppement stratégique de ces points de vue cybernétique, sémiotique et systémique, vers le paradigme de l'information. Elle participe de ces révoltes contre la simplicité, la similarité et la symétrie. Contre la simplicité et la similarité, elle propose le déploiement d'une hiérarchie de niveaux de contrainte, à travers la typologie logique, vérifiable avec la "règle d'extinction" qui, par la même occasion, permet de bâtir cette hiérarchie de niveaux de contrainte où chaque niveau est l'enveloppe contextuelle des termes ou systèmes du (ou des) niveau(x) inférieur(s) et leur donne sens (orientation, pertinence et signification), c'est-à-dire oriente et délimite leurs possibilités.
[] Caractéristiques
De ses travaux de critique épistémologique et méthodologique radicale, Anthony Wilden a proposé une méthodologie éco-systémique, sous la forme de la "théorie des contextes". C'est un radicalisme politique inspiré des positions intellectuelles de Bateson dont ont fait preuve certains théoriciens et activistes, comme, par exemple, Ronald D. Laing pour l'antipsychiâtrie, Paul Watzlawick pour les thérapies systémiques familiales et Anthony Wilden pour l'écopolitique.
Cette critique épistémologique et méthodologique s'est déployée, de 1972 à 1983, dans "System and Structure. Essays on Communication and Exchange", avec ses deux éditions anglaises de 1972 et 1980 et dans sa version française complète et achevée, selon l'auteur, de 1983. En plus de la version française, cette oeuvre a été traduite en danois, espagnol, italien et japonais. Des thèmes ont été déployés dans des publications plus spécifiques et plus pamphlétaires. La "théorie des contextes" est directement issue du chapitre terminal "Stratégie et tactique: une introduction" (1983, pp. 516-561) qui indique bien le caractère de projet d'action.
Depuis que la théorie quantique des années 20 et plus récemment l'immunologie ont introduit le "sujet" dans les interactions et dans le processus de connaissance et depuis que nous savons que même la cellule "compute" et "cogite", l'homme de science pouvait difficilement jouer à l'homme "invisible", retranché derrière une "objectivité" et une 'neutralité" de la science, dont le mythe a eu la vie dure. Ni vu, ni connu, le savant, en prétendant s'effacer derrière son "objet", passa allègrement du particulier au général, de la localité à l'universel et du "discours de circonstance" à un énoncé universel et éternel.
Maintenant, il doit se situer dans son savoir et situer son savoir par rapport aux autres savoirs et commence le temps des "éclaireurs", comme Bateson, en premier, ("La nature et la pensée", 1984, exposé sur la "structure qui relie" ou "métastructure") qui investissent le no man's land entre les disciplines et entre les sciences de la nature et les sciences humaines. Ces éclaieurs ne font certes pas des synthèses, mais jettent des ponts, cherchent des passages à travers des frontières disciplinaires qui s'érigent en obstacles.
Parmi ces éclaireurs français, il y a Edgar Morin et Michel Serres, des "trouveurs" ou "trouvères", dans la langue occitane, à la fois poètes et savants. Rappelons le titre emblématique et programmatique d'un des livres de Michel Serres: "Le passage du Nord-Ouest". Se frayer une voie entre les sciences de la nature et les sciences de l'homme dans une mer ensemencée d'îles, de presqu'îles et d'archipels est le projet de ces "philosophes" ou ces "sociologues" des sciences constitue la critique épistémologique et méthodologique où, selon Wilden (1983, pp. 409-426), la science est un "discours de propagande". Le Canada anglais avait déjà son navigateur solitaire qui étudie les communications et les représentations des modes d'échange symbolique à l'intérieur des productions culturelles de l'Occident. Wilden dépiste, tout particulièrement, les vices du système d'échange occidental qui bloque l'échange tant symbolique ou économique que politique. En s'inspirant du modèle éco-systémique de Bateson, il dénonce l'obsession de cette "épistémé " de réduire des différences en oppositions irréconciliables et la coopération en rivalité et jeux de domination. Les essais épistémologiques et méthodologiques de Wilden, tout au long de sa trajectoire, ne cesse de mettre en cause et de redéfinir les frontières entre les savoirs qui sont des lignes de partage en contrastant, séparant et reliant, la figure et le fond d'une Gestalt plus large et plus profonde.
L'eureka batesonien a été l'introduction de la typologie logique de Russell et Whitehead dans les sciences sociales. La "théorie des contextes" est bâtie sur cette hiérarchie de type logique pour combattre la "simplicité" dans la réduction par aplatissement des niveaux de complexité au niveau le plus simple de la matière-énergie, pour combattre la "similarité" inappropriée des termes ou systèmes situés à des niveaux distincts. Cette similarité inappropriée conduit à des "symétries" erronées d'où procèdent des "oppositions" imaginaires. En exemples illustratifs de cette séquence, prenons le sexisme et le racisme qui sont des énoncés doctrinaux sur la supériorité et l'infériorité des uns par rapport aux autres, à partir des oppositions imaginaires.
[] Fondements théoriques du sexisme et racisme
Le sexisme procède de la "différence quantitative" en variation continue ou analogique du sexe biologique - en "plus-ou-moins" d'éléments biochimiques et physiques mâles et femelles - dévoyée en une rupture de la "distinction qualitative". en variation discontinue ou digitale du sexe social en "ou bien" masculin, "ou bien" féminin, sans positions intermédiaires possibles. Cette distinction en masculin ou féminin du sexe social est pervertie en positions symétriques et opposables du sexe grammatical dans les discours sur le premier et le "deuxième sexe". Nous avons, ici, une confusion (fondre l'un dans l'autre et une confusion (prendre l'un pour l'autre), du paradoxe épiménidien et russellien entre les niveaux distincts du "sexe biologique" de l'ordre de la nature organique, du "sexe social" de l'ordre de la société et du "sexe grammatical" de l'ordre de la culture.
Le racisme procède, aussi, des confusions où les différences biologiques sont dévoyées en distinctions sociales pour être perverties en oppositions grammaticales, dans les discours sur les "majorités" et les "minorités" qui ne sont pas fondées sur les quantités, mais sur les statuts de majeur ou de mineur, c'est-à-dire sur des positions socio-politiques de supériorité ou d'infériorité.
La similarité, comme la simplicité, s'enracine dans le monde newtonien. Les philosophes du dix-huitième siècle cherchèrent à appliquer les principes newtoniens atomistiques et mécaniques directement à la connaissance des sociétés et des individus et, par la même occasion, inventèrent le réductionnisme à travers des théories complètement imaginaires de la "Physiologie sociale" et de la "Physique sociale".
La "Physique sociale" a été rebaptisée en "Sociologie" en 1822 par Auguste Comte, le père de la "Philosophie positive". Les behaviorismes procèdent de la similarité du comportement humain avec celui des boules de billard. Les psychanalyses font de même entre le comportement humain avec celui de la machine à vapeur où la source "chaude" et la source "froide" sont transposées en termes de conflit intra-psychique entre la pulsion (pression) de vie et la pulsion de mort.
La symétrie se rapporte aussi à la même lignée cartésienne et newtonienne qui, de la similarité inappropriée dans l'aplatissement des niveaux distincts à un seul niveau (celui de la matière-énergie), procède de la commutation et de l'inversion du couple action-réaction où l'action et la réaction sont de même nature (de même niveau de type logique, de contrainte ou de complexité), de même grandeur, de même direction, mais de sens contraire. L'opposition symétrique exigent ces similarités. La symétrie nécessite la commutativité et la réversibilité.
En mathématiques, la multiplication et l'addition possèdent des propriétés commutatives où l'ordre des termes ne change pas le produit et la somme, c'est-à-dire ne change pas le résultat de ces deux opérations. Il n'en est pas de même pour la division et la soustraction. "DOG" et "GOD" sont des erreurs de symétrie entre "G" et "D", dans la langue anglaise. Dans ce cas là, une symétrisation erronée serait fatale. On remarque que cette symétrie entraîne souvent une mise en opposition et en alternance qui conduit à des altercations.
[] Hiérarchie des contextes et les règles
- Règle de commutation.
- "[...] Lorsque la suite ou la séquence dans laquelle sont situés deux (ou plusieurs) termes ou systèmes est telle qu?ils peuvent changer leur position sans leur relation, la relation est commutative. Les relations commutatives ne peuvent exister qu?entre éléments de même type logique ou appartenant au même niveau de réalité.
Le terme "opposition" implique généralement une relation commutative entre des termes ou systèmes opposés. En mathématiques, la commutativité signifie que l'ordre des termes ou systèmes peut être modifié sans altérer le résultat et que les opérations de multiplication et d'addition possèdent des propriétés commutatives. Dans l'idéologie des oppositions binaires, la commutativité signifie que les termes peuvent changer de places sans affecter la nature de la relation entre eux. La causalité commutative est une causalité newtonienne réversible. La symétrie peut très bien s'illustrer par de très nombreux exemples, comme les couples homme-femme, guerre-paix, nature-culture, capital-travail, santé-maladie, corps-âme, coeur-raison, etc. Certaines sont erronées, d'autres sont imaginaires.
Chez Newton, la symétrisation et l'opposition entre force active et force réactive est appropriée puisque les deux termes sont de même nature, à un même niveau de type logique, de contrainte ou de complexité, celui de la réalité physique. Chez Jean-Jacques Rousseau, l'opposition entre la nature et la culture est inappropriée par la hiérarchie de contrainte ou de dépendance que nous verrons plus loin; puisqu'il n'y aurait pas de culture en absence de nature, de vie, de matière et d'énergie.
Chez Lévi-Strauss, l'opposition entre "cru" et "cuit" est impropre par la hiérarchie de contrainte, puisqu'il n'y aurait pas d'aliment cuit en l'absence d'aliment cru. La relation n'est pas une opposition binaire commutative à un seul niveau, mais une distinction entre deux niveaux d'une hiérarchie de contraintes, celle de l'aliment cuit qui dépend de l'aliment cru; de la même manière que la société dépend de la nature et la culture de la société.
- Ces oppositions imaginaires conduisent souvent à des inversions fatales, comme celle des couples nature-culture et travail-capital qui débouche sur des désastres écologiques et économiques. Pour introduire progressivement la hiérarchie de niveaux de contrainte, de contexte en métacontexte, bâtie à partir de la typologie logique, signalons que, dans le couple culture-nature, la similarité inappropriée a été pervertie en symétrie erronée et dévoyée en opposition imaginaire.
- De cette opposition imaginaire, il est facile d'inverser la hiérarchie de dépendance où la culture prime sur la nature, alors que, nécessairement, il n'y aurait pas de culture sans société et de société sans nature. La "règle d'extinction" de la théorie des contexte, énoncée plus loin, permet de bâtir cette hiérarchie de dépendance et de vérifier son orientation. Cette inversion a été facilitée par le "mythe d'origine" de l'Occident où "au commencement fut le verbe" qui met la Nature à la disposition de l'Homme, en contraste à une croyance tenace, dans la pensée chinoise (Marcel Granet, 1968, p. 25, "La pensée chinoise", Albin Michel, Paris. Première édition, 1934), où "l'Homme et la Nature ne forment pas deux règnes séparés, mais une société unique ", c'est-à-dire, en d'autres termes, une "unité de survie" où, selon Bateson (1980, p. 251), "l'être qui gagne contre son environnement se détruit lui-même ".
L'opposition et l'inversion du couple nature-culture ont conduit aux désastres écologiques, tandis que celles du couple travail-capital ont mené aux désastres économiques et celles du couple corps-âme aux désordres psychologiques.
[] Symétries inappropriées, oppositions imaginaires, inversions fatales
- Au commencement furent les natures inorganique et organique, à la base de toute activité vitale sur la planète. Par la photosynthèse, ces natures fournissent à l'humanité la base alimentaire et énergétique, ainsi que les matériaux bruts. La houille et le pétrole ne sont que des mises en réserve de l'énergie solaire transformée accumulée par la photosynthèse des plantes.
- Au niveau suivant, contraint ou dépendant du premier niveau précédent, est le travail - exprimé dans la créativité, l'ingéniosité et la productivité - pour extraire des natures inorganique et organique les moyens de subsistance, comme l'alimentation, l'habillement, le logement, le transport et ainsi de suite. Au niveau suivant encore - nécessairement contraint ou dépendant du niveau du travail, comme celui-ci l'est du niveau des natures - est le capital.
- En tant que de l'ordre de l'accumulation et de la mise en réserve des surplus de production due au travail, le capital ne peut se maintenir et se transmettre que grâce aux deux ordres (ou niveaux) précédents du travail et des natures inorganique et organique. Les sociétés qui font preuve d'adaptation à long terme entretiennent avec leurs environnements une relation du type coopératif d'entretien mutuel où le gain de l'un sur l'autre conduit à la perte de tous. Les sociétés capitalistes étatiques et privés procèdent de l'inversion du couple travail-capital et se fondent sur l'exploitation de leurs environnements, au-delà de certaines limites cruciales, plutôt que sur leur usage, en deçà de ces limites.
De source profonde, dans les philosophies, les religions et les sciences occidentales, l'opposition et l'inversion du couple corps-âme ont conduit à des désordres psychiques et physiques indissociablement liés. Les maladies psychosomatiques expriment ces liaisons et n'ont droit de cité que récemment. La césure entre Psyché et Physis a eu la vie aussi dure que le mythe de l'objectivité de la science, tant qu'elle se porte sur le corps. Mais, lorsque l'esprit étudie l'esprit, il tombe dans le paradoxe de l'auto-réflexivité du type "je mens". De l'ordre des activités mentales, l'esprit ne peut se maintenir et se développer en l'absence des activités vitales du corps. La relation est une distinction de niveaux de contrainte, plutôt qu'une symétrie commutative des termes ou systèmes à un même niveau. La hiérarchie des niveaux de contrainte de la théorie des contextes, en tant que projet d'action, tente de contourner et de retourner ces oppositions imaginaires et ces inversions fatales.
- La hiérarchie de dépendance.
Pour se dégager de la simplicité, dénoncer la similarité inappropriée et combattre la symétrie erronée qui conduit à l'opposition imaginaire et à l'inversion fatale, la théorie des contextes, suivant le "rasoir d'Occam" de l'économie du savoir, est constituée d'une armature de trois règles: la "Règle d'extinction" pour bâtir la hiérarchie de niveaux de type logique, de dépendance, de contrainte ou de complexité et pour vérifier son orientation, la "Règle de commutation" pour vérifier les symétries et les oppositions et la "Règle des trois voies" pour démarquer la figure du fond et identifier leur frontière.
- Au premier niveau le plus simple et le plus fondamental, "Grund" disait-on auparavant, est la nature inorganique minéral de la lithosphère, sans lequel le deuxième niveau suivant n?existerait pas.
- Au deuxième niveau plus complexe et dépendant du niveau précédent est la nature organique de la biosphère des êtres vivants qui peuvent exister à partir du monde minéral de la lithosphère.
- Au troisième niveau plus complexe et dépendant du niveau précédent est la société des associations de congénères de la même espèce et des collègues qui partagent la même loi (lex, legis) et le même héritage (legs).
- Au quatrième niveau le plus complexe et le plus dépendant est la culture, de l?ordre des idées et représentations engendrées par les activités des êtres sociaux,
Pour bâtir cette hiérarchie de complexité et de dépendance et pour vérifier son orientation, il faut et il suffit d?appliquer la règle d?extinction suivante :
- Règle d'extinction
- "[?] Pour bâtir une hiérarchie de dépendance et vérifier son orientation, il faut et il suffit d'abolir mentalement, un à un, chaque niveau et d'observer quel(s) niveau(x) disparaîtra(ont) nécessairement si celui-là disparaît" (1983, p.520) .
- Règle des trois voies
- "[?] Une relation exige un minimum de trois connexions : un système, un environnement et la frontière qui médiatise leur rapport".
À la base est la nature inorganique ou lithosphère de matière et d'énergie, sans lesquelles il n'y aurait pas d'activités vitales possibles du niveau de la nature organique ou biosphère. Une contrainte signifie une limite aux configurations et comportements possibles des termes ou systèmes. La dimension verticale de la hiérarchie indique le niveau auquel une contrainte particulière s'exerce par rapport aux autres.
Après ces natures inorganique et organique se situe le niveau de la société ou sociosphère dont l'existence et le développement dépendent des deux niveaux précédents de la nature organique qui dépend elle-même de la nature inorganique. En tant qu?ordre d?idées et de représentations engendré par les activités des êtres sociaux, la culture du noosphère ne peut se maintenir et se reproduire que grâce aux trois ordres précédents. D'une part, les cultures (et langues) mortes sont représentatives des sociétés aujourd'hui disparues, sociétés qui ont généré des idées et des modes de représentation de ces idées, à travers les activités des êtres sociaux. Il s'ensuit qu'il n'y a pas de culture sans société qui la soutient. Pourtant, il y a des sociétés qui se sont reconstruites artificiellement à partir d'une mythologie et une épistémologie fossilisées, comme on pourrait très bien imaginer, en "science fiction ", reconstruire des dinosaures à partir de l'information génétique (blue print ou plan de construction) contenue dans l'ADN fossile.
Mais, ce fantasme des nationalistes et des biologistes, pour les sociétés reconstruites et les animaux reconstruits, correspond à l'inversion fatale des oppositions imaginaires et ces sociétés ainsi que ces animaux ne pourront pas survivre longtemps et se développer dans un environnement physique et dans un contexte de relations auxquels ces sociétés et ces animaux ne correspondent plus. On a vu, il n'y a pas si longtemps, le phantasme mussolinien de reconstruire la Rome antique qui a conduit l'Italie à une aventure malheureuse. Les thérapies systémiques familiales rencontrent aussi des comportements "aberrants", ne correspondant plus au contexte des relations actuelles, pour vouloir répondre à un tel phantasme et exprimer un "mythe" familial fossilisé.
- D'autre part, nous savons que la survie et le développement de la société dépendent de la nature et que l'épuisement de matière et d'énergie de la nature inorganique et l'extinction des activités vitales de la nature organique entraîneront nécessairement l'extinction de la société. Par contre, si la société humaine disparaît, la Terre, les plantes et les animaux sauront très bien s'en accommoder et continuer. Les natures inorganique et organique se situent donc aux niveaux supérieurs de cette hiérarchie de dépendance ou de contrainte, position qu'elles doivent aux nécessités et non à des théories.
Dans la théorie des contextes et selon Anthony Wilden (1983, p. 521), chaque niveau de contrainte ou de complexité, dans une hiérarchie de dépendance, constitue l'environnement et le contexte des termes ou systèmes du (ou des) niveau(x) inférieur(s) qui lui est(sont) subordonné(s). Ainsi, la nature inorganique constitue l'environnement et le contexte - le fondement (Grund ) disait-on auparavant - de la nature organique des végétaux et des animaux, incluant l'Homme. Comme la nature inorganique est le fondement et le substrat de ma-tière-énergie nécessaires et insuffisants des communautés végétales, anima-les et humaines, la société humaine est l'environnement et le contexte de la culture qui est de l'ordre de la réalité imaginaire des représentations (idées, significations et valeurs) issues des activités des êtres sociaux.
- La nature inorganique est le fondement le plus général, le niveau ou l'ordre le plus simple de la matière-énergie nécessaire et insuffisante, la base de toute activité vitale de la nature organique plus complexe que la nature inorganique, mais dépendante d'elle. Dans la nature inorganique, l'ordre le plus simple, la matière-énergie et l'information ne se distinguent pas, sinon que pour le savant qui se sert de l'information pour suivre les déplacements de particules et d'ondes de la matière-énergie afin de l'étudier.
- La nature organique ou l'ordre du vivant, contrainte par la nature inorganique, forme la base, l'environnement et le contexte de l'ordre encore plus complexe de l'organisation sociale. Dans l'ordre du vivant, dont la complexité est organisée, remémorée et reproduite par l'information, la distinction entre la matière-énergie et l'information est minimale chez les virus et les bactéries ainsi que dans le code génétique.
- La société est constituée de formes d'organisations sociales et la distinction entre la matière-énergie et l'information devient si arbitraire qu'il peut ne pas avoir de rapport physique entre un billet de banque (un rectangle de papier avec des signes imprimés dessus) et ce qu'il représente, c'est-à-dire l'information véhiculée et le support matériel qui la véhicule, sinon que par une convention fluctuante (la cote boursière).
- La culture est l'ordre le plus complexe et la distinction entre la matière-énergie et l'information devient si prononcée que l'information (idées, pensées, mots, icônes imaginaires et symboliques) ne semble plus dépendre de la matière-énergie, ainsi que l'épistémologie et la mythologie de la société qui est leur contexte, leur environnement et leur fondement. Définissons provisoirement l'épistémologie comme un discours socio-scientifique de circonstance et la mythologie comme un discours socio-politique de circonstance.
Chaque niveau de contrainte ou ordre de réalité, dans une hiérarchie de dépendance, constitue l'environnement, le fondement et le contexte des termes ou systèmes du (ou des) niveau(x) inférieur(s). Il s'ensuit que l'environnement et le contexte d'un système ouvert (ou de plusieurs systèmes ouverts collatéraux) est d'un type logique supérieur au système qu'il soutient. L'environnement et le contexte existent à un niveau de réalité distinct de celui du (ou des) système(s) qu'ils enveloppent.
[] Activités humaines
De nombreuses activités humaines et sociales se déploient en typologie logique et peuvent présenter autant de doubles contraintes, aussi bien constructives que destructrices, de similarités inappropriées, de symétries erronées, d'oppositions imaginaires et d'inversions fatales, comme, par exemple, le "dogmatisme" qui est une confusion de niveaux de type logique: il transfère un désaccord sur les résultats d'un débat d'idées à un désaccord sur le fait même qu'il puisse y avoir un débat. Le désaccord sur des idées et des opinions n'est pas du même niveau de type logique que le désaccord sur la tenue d'un débat d'idées et d'opinions. Le désaccord sur la tenue d'un débat constitue le contexte du désaccord sur les résultats du débat. En d'autres termes et dans l'exemple illustratif de ces désaccords, il y a des choix, au niveau du contexte, qui enveloppent, orientent et délimitent d'autres choix possibles.
- Lorsque cette confusion de niveaux se produit dans certaines relations de pouvoir ou d'autorité, comme celles qui existent entre parents et enfants, entre dominateurs et subordonnés, elle peut engendrer une communication pathologique qui ressemble, formellement du moins, à la communication schizophrénique. Ces relations de pouvoir ou d'autorité sont celles qui exigent des choix impossibles, tout en interdisant à la fois le refus de choisir et les commentaires sur l'absurdité des choix exigés.
La théorie des contextes, en une hiérarchie de niveaux de de type logique, se déploie aussi avec Paul Watzlawick qui a fait des niveaux de réalté son cheval de bataille.
[] Niveaux de réalité
- "[?] De la réalité chacun se fait une idée. Dans les discours scientifique et politique, dans les conversations de tous les jours, nous renvoyons en dernière instance au référent suprême : le réel. Mais où est donc ce réel ? Et surtout, existet-t-il réellement ? De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu?il n?existe qu?une seule réalité. En fait, ce qui existe, ce sont différentes versions de la réalité, dont certaines peuvent être contradictoires, et qui sont toutes l?effet de la communication et non le reflet de vérités objectives et éternelles" (Paul Warzlawick, "La réalité de la réalité", Seuil, Paris, 1976).
Au premier niveau physique est la réalité objectale nécessaire et insuffisante des êtres, faits et objets répérables, observables, quantifiables et mesurables directement par tous.
Au deuxième niveau social est la réalité psychique imaginaire des significations et valeurs conférées aux éléments et systèmes de la réalité objectale précédente. Ainsi, un .fait" ne devient "événement" que par ses effets et réprcussions dans l'esprit des personnes. Lorsque tout est oublié il n'y a plus d'événement, seulement un fait enregistré et répertorié dans quelque archive.
Au troisième niveau culturel est la réalité symbolique des croyances de la Religion et règles de la Morale qui orientent et délimitent les significations et valeurs possibles des parties de la réalité objectale. Ainsi se révèle la relativité du normal et du pathologique du bien et du mal, du beau et du laid, du juste et du faux.
À ces réalités, il y a aussi la "réalité bureaucratique" où est "réel" tout ce qui est inscrit sur des documents officiels. Dans le ciel calme et serein du début des années 70, un rapport d?expérimentation, publié dans la vénérable revue "Science", a éclaté comme une bombe.
Des étudiants "normaux" et parfaitement sains se sont portés volontaires pour cette expérimentation. Ils ont été présentés à un hôpital psychiatrique avec leur "dossier médical" mentionnant leur "maladie". Pendant leur séjour, tout le monde les prenait vraiment pour "fous", avec des symptômes appropriés et adéquats à leur "maladie officielle", sauf les "fous", bien entendu. Cette expérimentation venait appuyer les positions de Thomas Szasz.
L?approche écosystémique en science sociales tient compte particulièrement de la réalité symbolique des croyances de la Religion et des règles de conduite de la Morale qui oriente et délimite les significations et valeurs de la réalité psychique imaginaire.
L?écopolitique de Anthony Wilden se déploie en une hiérarchie de niveaux où la politique, au niveau de la ?Constitution? d?un État qui est à la fois son acte de naissance et son schéma organisateur, orientant et délimitant un éventail d?institutions possibles. Le niveau institutionnel a son tou enveloppe, oriente et délimite une gamme d?organisations possibles qui enveloppent orientent et délimitent la vie citoyenne.
À toute fin pratique. La théorie des contextes, comme toute théorie, se déploie en une aximatique.
[] Axiomatique de texte à contexte et métacontexte
Une axiomatique est un ensemble d?axiomes qui se rapportent, ici, à toute relation, interaction et communication. L?interaction est la part active d?une structure relationnelle, dans le même rapport que celui entre communication et culture, selon Ray Birdwhistell où la communication est conçue comme le processus d?une structure culturelle. Paul Watzlawick et ses collègues (?Une logique de la communication?, Seuil, Paris, 1972. Traduction française de ?The Pragmatics of Human Communication?) déjà ont mis à la disposition un certain nombre d?axiomes dont ce lui-ci ?On ne peut pas ne pas communiquer?, à partir de ce postulat de Gregory Bateson slon lequel, ?tout comportement est communication? et comme il ne peut avoir de ?non-comportement?, le syllogisme est simple.
Voici les axiomes complémentaires de la Théorie des contextes pour élargir le champ de pensée et d?action au niveau l?épistémologie, celui du paradigme de la communication dans laquelle se trouve l?approche écosystémique sous la couverture de de cette théorie des contextes de l?ordre de la sémiotique ou théorie générale des ?signes? qui se particularise e linguistique des ?mots?.
Les théories et pratiques de la communication se ramifient en trois branches: la ?Pragmatique? de la relation entre les signes et leurs effets, la ?Sémantique? des relation entre signifiants et signifiés et la ?Syntaxique? de la relation entre les signes, comme la grammaire pour la langue des mots.
- La communication affecte le comportement et c?est là son aspect pragmatique. Le problème du sens et de la signification est l?objet principal de la ?Sémantique?.
- Tout comportement est communication, ainsi que son absence (Bateson).
- Tout acte communique des messages sur plusieurs niveaux, conscients ou inconscients.
- Tout message biologique ou social est à la fois indicatif (report), impératif (Mc Culloch), interrogatif ( Bateson). Quelque soit sa source ou son contexte, un message est indicatif de quelque être, objet ou situation, impératif de quelque façon et interrogatif sur la réponse appropriée.
- La compréhension a lieu à un autre niveau distinct de celui de la communication de l?information qui rend la communication possible. Le soit-disant ?manque de communication? est, en fait, un manque de compréhension qui peut indiquer des relations d?une communication pathologique.
- La communication est un attribut des systèmes ouverts à l?énergie, l?information et la matière, c?est-à-dire des systèmes impliquant ou simulant la vie ou l?esprit et dépendants de leur environnement.
- L?environnement d?un système ouvert est au niveau de type logique supérieur à celui du système qu?il contient et enveloppe, comme la lithosphère pour la biosphère et celle-ci pour la sociosphère de l?association des congénères, ceux de la même espèce ou du même genre. Il n?yaurait pas de société qu?elconque sans vie et de vie sans substrats minéraux, suivant la ?Règle d?extinction, dans la relation du système au métasystème.
- Aucune communcation ne peut être adéquatement comprise ou analysée au seul niveau où elle a lieu.
- Tout message implique au moins trois niveaux d?organisation; la ?perspective?, le ?cadrage? et la ?ponctuation ?ou découpage en intervalles privilégiées d?une séquence contnue, comme la circularité de l??uf et la poule.
- Le code, ou ensemble des règles, n?est pas au même niveau de communication ou de réalité ou de type logique que celui des messages qu?il permet de construire, d,envoyer ou de recevoir.
- La métacommunication (communication sur la communication) signifie:
- a) la communication sur la communication générale, comme cette assertion, par exemple.
- b) la communication sur une communication particulière, comme un commentaire de texte, par exemple.
- c) la communication sur un mode de communication au sujet d?une coimmunication sur un autre mode, comme un geste pour appuyer ou disqualifier une parole dans la communication dite non verbale ou un texte de critique d?art, par exemple.
- La métacommunication du type a) est restreinte à la société humaine, les types b) et c) se trouvent surtout dans le monde animal et le monde humain.
- La métacommunication définit soi, autrui et leur relation.
- Le désaccord sur la manière de ponctuer la séquence des faits est à l?origine d?innombrables conflits qui se portent sur la relation.
Un exemple de ce désaccord est dans la circularité de l??uf et la poule où chacun est persuadé de sa propre bonne foi et de la sale mauvaise foi de l?autre.
Un exemple de ?cadrage? est le contexte culturel où le deuil se porte par le noir en Occident et par le blanc en Extrême Orient. Le cadrage est la mis en contexte qui rend tout message, tout comportement ou tout fait signifiant et significatif.
Le ?recadrage? est très utilisé en thérapies systémiques familiales où une même situation apparaît complètement différentes avec de nouvelles significations et valeur. Un exemple de recadrage est la transformation de l?infortune d?une faiblesse militaire en force de frappe dans la création par Winston Churchill des commandos britanniques pour harceler, fixer et épuiser la puissance militaire nazie.
Un exemple de ?perspective? est cette histoire connue de tous les étudiants en psychologie expérimentale.
- Un rat montre à un autre rat B. F. Skinner en disant: ?J?ai dressé cet homme à me donner à manger à chaque fois que je pousse sur ce levier?! Le point de vue ou perspective du rat est aussi exact que celle de Skinner dans le ?conditionnement opérant?.
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie des contextes