ébauche|mathématiques
En géométrie, le mot
courbe', ou 'ligne courbe désigne certains sous-ensembles du plan, de l'espace usuels. Par exemple, les
droites, les
segments, les
lignes polygonales et les
cercles sont des courbes.
La notion générale de courbe se décline en plusieurs objets mathématiques ayant des définitions assez proches :
arcs paramétrés', '''lignes de niveau''', 'sous-variétés de dimension 1. Schématiquement, ces différents modes d'introduction donnent des éclairages complémentaires sur la notion générale de courbe :

une courbe peut être décrite par un
point qui se meut suivant une loi déterminée. La donnée d'une valeur du paramètre temps permet alors de repérer un point sur la courbe. Intuitivement, cela signifie que les courbes sont des objets de
dimension 1 ;

une courbe peut être vue comme un domaine du plan ou de l'espace qui vérifie un nombre suffisant de conditions, lui conférant encore un caractère unidimensionnel.
Ainsi une
courbe plane peut être représentée dans un repère cartésien par la donnée de lois décrivant
abscisse et ordonnée en fonction du paramètre (équation paramétrique)
:
,
ou encore par la donnée d'une équation cartésienne, ou implicite :
Première approche des invariants associés aux courbes
La
géométrie différentielle a pour objectif d'associer aux courbes des objets mathématiques permettant de décrire le mouvement. Les plus intéressants sont ceux qui sont attachés à la courbe, indépendamment de la façon dont elle est parcourue : on définit notamment la
longueur d'un arc de courbe, et les concepts de
tangente à la courbe, de
courbure.
Tangente à la courbe
Article détaillé|tangente (géométrie)

On commence par définir la
droite sécante entre deux points
M'' et ''N'' de la courbe : c'est la droite qui les relie. La tangente en ''M'' peut alors être définie comme la position limite de la sécante lorsque le point ''N'' tend vers ''M.
La tangente en
M'' est également la droite « la plus proche possible » de la courbe au voisinage de ''M. C'est ce qui explique la proximité entre la notion géométrique de tangente à une courbe, et de
dérivée d'une fonction, ou encore de
développement limité à l'ordre 1 d'une fonction.
La courbe reste très souvent d'un seul côté de sa tangente, au moins au voisinage du point
M. Cependant, en certains points particuliers, appelés
points d'inflexion elle traverse sa tangente.
Cercle osculateur et courbure
Article détaillé|courbure

On peut également définir le
cercle osculateur de la courbe au point
M'' comme le cercle « le plus proche possible » de ''M'', au voisinage de ''M. On peut montrer que ce cercle embrasse mieux la courbe que ne le fait la tangente, d'où le mot osculateur (dont l'étymologie est « petite bouche »). Mais pour donner un sens précis à cette affirmation il faut introduire la notion de
contact.
Le centre du cercle osculateur est appelé
centre de courbure', son rayon '''rayon de courbure'''. La '''courbure est, par définition, l'inverse du rayon de courbure. La courbure au point ''M'' est d'autant plus forte que la courbe effectue en ''M un virage serré.
Torsion d'une courbe gauche et généralisation
La tangente décrit bien le comportement de la courbe au
premier ordre : la tendance globale de la courbe est d'avancer dans la direction de sa tangente. Le cercle osculateur et la courbure donnent un comportement de deuxième ordre, venant préciser l'information précédente, en donnant la tendance à tourner d'un côté ou de l'autre de la tangente.
Pour les courbes de l'espace à trois dimensions, il est possible d'aller plus loin. La courbe, à l'ordre deux, a tendance à avancer en tournant en restant dans le plan contenant le cercle osculateur (appelé plan osculateur). Une correction, d'ordre 3, vient s'ajouter, qui correspond à une tendance à s'écarter du plan osculateur. L'invariant correspondant est la
torsion de la courbe. La torsion est donc ce qui fait que la courbe est non plane.
Il serait possible de poursuivre plus avant avec des courbes dans des espaces de dimension supérieure à trois, et une famille d'invariants généralisant courbure et torsion, et qui décrivent la courbe à des ordres d'approximation de plus en plus grands. Il convient enfin de noter que tous ces calculs, pour être réalisés, demandent la vérification d'un certain nombre de conditions de
régularité des fonctions, et l'exclusion de points ayant un comportement exceptionnel.
Modes de définition d'une courbe plane
Il existe pour les
courbes planes plusieurs modes d'introduction traditionnels.
On se place ici dans le
plan de la géométrie, muni d'un repère orthonormé
. On fait l'hypothèse générale que les fonctions qui apparaissent sont
dérivables. La raison de cette limitation apparaîtra un peu plus bas.
Équation paramétrique
Une courbe définie par une équation paramétrique est le lieu des points
, où
et
sont des fonctions
d'un paramètre
prenant ses valeurs dans une partie de
:
.
En un point où le vecteur
dérivé
:
est non nul, il y a une tangente à la courbe, dirigée par ce vecteur.
L'interprétation cinématique classique est de considérer le
paramètre t comme le
temps, le vecteur dérivé est alors le vecteur
vitesse.
Il convient alors de distinguer

la courbe, qui est souvent appelée trajectoire, et qui est un sous-ensemble du plan ;

l'
arc paramétré proprement dit qui est la courbe munie de sa « loi de temps », c'est-à-dire le couple de fonctions x(t),y(t).
Remarque'' : La représentation graphique d'une fonction ''y=f(x)'' peut être vue comme un cas particulier de courbe paramétrée : en prenant comme paramètre l'abscisse elle-même (''t=x''), on a ''x(t)=t, y(t)=f(t).
Équation polaire
Article détaillé|équation polaire
On utilise pour ce type de courbe les
coordonnées polaires. La courbe est alors définie par une fonction
et ses points
ont pour coordonnées polaires
.
On peut facilement se ramener à une courbe paramétrée, d'équations
. Mais les mathématiciens traitent ces courbes par des méthodes adaptées, en introduisant en premier lieu la notion de
repère mobile.
Équation cartésienne
Étant donnée une fonction
f'' de ''x'' et de ''y'', on appelle courbe d'équation cartésienne ''f(x,y)=C
l'ensemble des points
M(x,y) dont les coordonnées vérifient cette équation.
On parle aussi pour cet ensemble de la
ligne de niveau C'' de la fonction ''f''. Si la fonction ''f représente une altitude, on retrouve le concept familier de
courbe de niveau d'une carte de géographie.
Par exemple la ligne de niveau
R>0'' pour la fonction est le cercle de centre ''O'' et de rayon ''R.
Le
théorème des fonctions implicites permet de trouver
l'équation de la
tangente à cette courbe en un point donné.
Précisément, un point M=(x,y) appartenant à la courbe est dit régulier quand le
gradient
de
f est non nul en ce point. Et dans ce cas, la tangente est
orthogonale au vecteur gradient.
Définition des courbes gauches
On se place cette fois dans l'espace à trois dimensions usuel, muni d'un repère orthonormé
.
Équation paramétrique
L'équation paramétrique prend cette fois la forme
:
.
Le principe du calcul de la tangente est le même : en un point où le vecteur
dérivé
:
est non nul, il y a une tangente à la courbe, dirigée par ce vecteur.
Équations cartésiennes
Article détaillé|intersection transverse
Une équation de la forme
F(x,y,z)=C'' définit un ensemble appelé surface de niveau de la fonction ''F. Sous certaines conditions, l'intersection de deux surfaces de niveau définit une courbe et permet le calcul de sa tangente.
Voici le détail de ces conditions pour l'intersection
:
.
Si les fonctions
F'' et ''G'' sont différentiables et que les vecteurs gradients de ''F'' et ''G'' en un point ''M de l'intersection sont des vecteurs indépendants, alors la courbe d'intersection possède une tangente dirigée par le vecteur
:
.
Avec les
coniques, on a un exemple très classique d'introduction des courbes par intersection de surfaces : ce sont les courbes obtenues par intersection d'un
cône de révolution et d'un plan.
Considérations topologiques
Lorsqu'on relâche l'exigence de dérivabilité des fonctions définissant les courbes, la situation peut singulièrement se compliquer.
Un exemple surprenant : la courbe de Peano

En
1890,
Peano découvrit une « courbe » aux propriétés étranges :

elle est définie par une application continue de [0,1] dans le plan ;

sa trajectoire est l'ensemble des points du carré [0,1]x[0,1].
L'illustration représente les premières étapes de la construction de cette courbe, qu'on range aujourd'hui dans la catégorie des
fractales.
Avec cet exemple, ou en considérant d'autres constructions de courbes
fractales telles que le
flocon de Koch ou la
courbe du dragon, la notion de dimension semble perdre de sa pertinence. Il est possible en effet que l'image du segment [0,1] par une application continue ait une
dimension de Hausdorff strictement supérieure à 1, ou même une
mesure de Lebesgue différente de 0.
Théorème de Jordan
Article détaillé|théorème de Jordan
Même dans le cadre très général des courbes continues, un résultat de
topologie à l'énoncé apparemment élémentaire reste vérifié : une boucle délimite un intérieur et un extérieur.
Dit en termes moins vagues, si une courbe continue
est
fermée (les deux extrémités coïncident) et simple (la fonction est injective sur [a,b[, c'est-à-dire la courbe ne se recoupe pas elle-même) alors elle sépare le plan en deux
composantes connexes, l'une bornée (l'intérieur), l'autre non bornée (l'extérieur). De plus la courbe est la
frontière (au sens topologique) de chacune de ces deux parties.
Ce théorème, ne connut une démonstration que tardivement (en
1905 par
Oswald Veblen) après plusieurs tentatives incomplètes. Il convient de noter que la courbe de Peano n'est pas une courbe simple, même si les fonctions obtenues à chaque étape de sa construction le sont
Plongement, n?ud
Article détaillé|Théorie des n?uds

Soit
I'' un intervalle. L'application est appelée plongement lorsqu'elle réalise un homéomorphisme de ''I'' sur son image ''f(I). De même on parle de courbe fermée plongée pour une application
définie sur le cercle unité et qui constitue un homéomorphisme sur son image.
Il est possible de plonger le cercle de plusieurs façons, non équivalentes, dans l'espace de dimension trois. La classification des plongements possibles constitue la théorie des n?uds.
Courbes algébriques
Article détaillé|courbes algébriques
Liens externes
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Courbes
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