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esclave

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(Redirigé depuis Esclave)

L'esclavage désigne la condition sociale de l'esclave, travailleur non libre et non rémunéré qui, au même titre qu'un objet, est juridiquement la propriété d'une autre personne. Au sens large, il désigne le système social reposant sur cette pratique.

Les esclaves sont tenus d'obéir à tous les ordres de leur maître depuis leur naissance (ou capture, ou passage à l'état d'esclave) jusqu'à leur mort (ou parfois leur libération, ou affranchissement).

En tant que propriété, l'esclave peut faire l'objet des transferts inhérents à la notion de propriété : on peut donc l'acheter, le vendre, et même le louer.

L?esclave se distingue du captif ou du forçat, conditions voisines dans l'exploitation, et de la bête de somme, par un statut juridique propre, déterminé par les règles et les lois en vigueur dans le pays et l?époque considérés.

Au fil du temps, les civilisations successives ont élaboré des visions et des pratiques différentes de l?esclavage :

  • Comment la société considère-t-elle l?esclave et quelle position lui confère-t'elle ?
  • Comment devient-on esclave ?
  • Quel travail attribue-t-on à l?esclave ?
  • L'esclave peut-il sortir de cette condition et comment ?

Sommaire

[] Étymologie

Le terme esclavage vient du latin médiéval sclavus déformation de slavus (le slave), de grec sklabos. Le mot « esclave » serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise, où la plupart des esclaves étaient des Slaves des Balkans (une région qui s'est longtemps appelée « Esclavonie » et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de « Slovénie »).

Rome pratiquant l'esclavage, le latin disposait évidemment d'un terme pour désigner l'esclave : servus, qui a conduit aux termes servile et servilité (relatifs à l'esclave et à sa condition), ainsi qu'aux termes serf du moyen-âge et aux modernes service, serviteur, etc. (avec des évolutions dans le sens).

[] Esclavage dans l'Antiquité

Image:Black slave Louvre Br361.jpg
Esclave noir, Égypte Ptolémaïque, IIe / Ier siècle avant J.-C.

L'esclavage existe à l'époque antique, il est mentionné dans les toutes premières traces écrites, comme le Code d'Hammourabi et d'autres écrits analysés comme des transcriptions d'histoires orales. Les critères de propriété liés à l?esclavage impliquent un certain niveau d?organisation des sociétés, ce qui rend incertain l?existence de l?esclavage pour les temps préhistoriques. Les preuves sures de l?existence de l?esclavage commencent avec les sociétés historiques possédant l?écriture, et peuvent être extrapolées, avec prudence, pour les civilisations protohistoriques qui les précèdent. Les déductions uniquement basées sur l?ampleur impressionnante de certains vestiges (pyramides, monuments, digues, etc.) restent conjecturales.

Il faut noter que l'esclavage non marginal ne correspond qu'à un type de sociétés, dites révolutionnaires. en effet, l'esclavage là où il est institué est généralisé et provoque inévitablement des soulèvements et remises en cause du système social, ceux-ci étant majoritaires dans une société esclavagiste.

Ainsi, l'esclavage est la réduction d'une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L'esclave est exclu de la société tout en étant dans les sociétés esclavagistes un élément moteur.

On pouvait être réduit à l'esclavage pour dettes, en cas de nécessité on pouvait se vendre soit même comme esclave (dans ces deux cas, l'esclavage pouvait être temporaire). Mais le plus souvent, on devenait esclave à la suite d'une razzia, d'une invasion réussie (réduisant toute la population initiale au statut d'esclave), ou après avoir été pris sur le champ de bataille. L'esclavage pouvait enfin être héréditaire.

Certains artistes de l'Antiquité, comme le fabuliste grec Ésope (VIe siècle av. J.C.), étaient des esclaves affranchis. Le latin Térence (-184,-159) était esclave, ce qui étonne Diderot. Le philosophe grec Epictète (50, vers 130) était également esclave.

[] Mésopotamie

À Sumer, si l'on en croit le livre L'Histoire commence à Sumer, la condition d'esclave aurait été assez souple : un esclave aurait pu par exemple y épouser une femme libre, ou même posséder par ailleurs une entreprise.

[] Grèce

Article détaillé : Esclavage en Grèce antique

Dans l'Antiquité gréco-latine, les esclaves européens étaient presque toujours Européens eux-mêmes. Il faut comprendre l'esclavage grec comme une déshumanisation de la personne, puisqu'on parle de « cheptel humain » (Aristote).

Il faut souligner que c'est l'esclavage qui seul permet le fonctionnement de la « démocratie grecque », dans les périodes où celle-ci est en vigueur. En effet, comme cette démocratie est directe, la plupart des décisions sont prises par l'ensemble des citoyens réunis sur l'Agora. Il faut donc, pour que les hommes libres puissent passer leurs journées à discuter ou à voter, qu'ils disposent d'esclaves pour travailler à leur place aux champs, à la mine ou dans leurs commerces. À Athènes à l'époque classique, la population est composée aux trois quarts d'esclaves.

Cet esclavage apparaît alors parfaitement normal et naturel. D'autant que les machines n'existent pratiquement pas, et les relations de type économique (salariat) très limitées, la main d'?uvre servile est indispensable pour toutes les tâches (construction, travaux des champs, artisanat, etc.).

[] Rome, période de la République

En latin, l'esclave se dit servus ou encore ancillus. Les Romains considèrent en effet l'esclavage comme infamant, et un soldat romain préfère se suicider que de tomber en esclavage dans un peuple « barbare », ou plutôt non-romain.

Souvent, les personnes réduites en esclavage, ou maintenues dans cette condition d'esclave, proviennent d'autres peuples conquis, ce qui se manifeste souvent par une couleur de peau, ou une langue, etc., différente de celle des maîtres. Toutes les campagnes militaires se traduisent par l'importation d'une grande quantité d'esclaves, parfois toute la population vaincue comme lors de la destruction de Carthage en -146. Certaines personnes sont contraintes à devenir esclaves à cause de leur pauvreté extrême ou de leur endettement (adictus, esclave pour dettes).

Il est à noter que l'esclave romain est ambivalent : il est à la fois un homme et marchandise. Sa valeur monétaire incite le maître à prendre soin de ses esclaves pour que son investissement soit rentable. De même, il a des devoirs envers ceux-ci : les nourrir, les vêtir et les loger. Les privations sont les châtiments les plus courants, mais les coups, les mutilations, ou même, à certaines époques, la mort, pouvaient être pratiqués sans qu'il y ait de recours à la justice. Caton l'Ancien, que ses contemporains considéraient comme dur voire excessif, disait « l'esclave doit travailler ou dormir ».

La situation de l'esclave romain varie beaucoup selon son affectation :

  • L'esclave rural exécute les travaux agricoles, et vit une condition pénible, surtout dans les grands domaines agricoles. Les révoltes d'esclaves de la Rome républicaine sont qualifiées de révoltes serviles ou révoltes ancillaires, et sont parties des régions d'agriculture intensive : Sicile, Campanie. La plus célèbre fut celle menée par le gladiateur Spartacus en 73 av. J.-C.. Spartacus vainquit plusieurs armées romaines avant d'être à son tour vaincu. La répression féroce servit d'exemple dissuasif à de futurs révoltés.
  • L'esclave en ville est généralement mieux loti. Dans les maisons modestes, les quelques esclaves étaient proches du maître et faisaient partie plus ou moins de la famille. Dans les grandes maisons (domus), les tâches nombreuses et variées permettent une spécialisation, distinguant des emplois « nobles » (magister) : secrétaire, comptable, pédagogue, etc. et des emplois ménagers mineurs (minister). La prostitution, peu évoquée par les historiens, est une réalité constatée par exemple à Pompéi par les graffitis et les lupanars.
  • l'esclave public appartient à l'État (la cité ou Rome). Il assure les tâches d'intérêt général, et travaille pour les services municipaux : là encore, les situations sont contrastées selon que l'on est affecté à la voirie, au service des bâtiments publics, ou au contraire aux tâches de bureau de l'administration. En bas de l'échelle, les esclaves affectés aux mines sont de véritables forçats.

Les Romains de la République connaissait un système incitatif pour l'esclave : c'est le peculium (d'où vient le mot pécule), épargne que se constitue l'esclave sur les gains d'une activité le plus souvent artisanale ou commerciale. En droit, le peculium appartient au maître, mais l'esclave en dispose à terme pour racheter sa liberté..

[] Rome, période impériale

Les lois romaines évoluent avec le temps, et vers le Ier siècle av. J.-C. le maître perd son droit de vie et de mort sur son esclave. Sous l'Empire romain, les lois améliorent la situation de l'esclave, certains mauvais traitements sont interdits et lourdement condamnés, il est également interdit de revendre un esclave vieux pour s'en débarrasser. Les conditions de l'esclave rural s'améliorent légèrement (plus aucune guerre servile n'a lieu) car l'approvisionnement massif en esclaves lors des grands conflits s'est tari. La ville de Rome compte probablement plusieurs centaines de milliers d'exclaves.

On peut distinguer une nouvelle catégorie d'esclaves, les esclaves impériaux. Propriété de l'empereur, ils travaillent ses domaines et servent dans les Palais comme les précédentes catégories, mais investissent également les postes de l'administration d'État, soit comme esclave soit comme affranchi.

Le développement de l'affranchissement offrit une espérance de sortie de la condition d'esclave. Il devint usuel dans les grandes maisons que le maître affranchisse dans son testament une partie de la maisonnée.

Pour les Romains, l'esclave affranchi prend le statut social de son ancien maître, et devient soit citoyen latin soit citoyen romain, avec toutefois une restriction : l'accès aux honneurs de la cité (magistratures) ne lui est pas ouvert. Le sommet de l'ascension sociale est pour les plus riches affranchis l'appartenance aux seviri augustales. La pleine citoyenneté commence à être prise en compte pour les enfants de l'affranchi. L'affranchi devient le client de son ex maître, qui devient son patron, et qui l'intègre à sa famille élargie en lui donnant son nom de famille (nomen).

Il faut noter que la pratique de l'affranchissement dans la période impériale romaine est courante, au point d'engendrer sous Auguste un impôt sur les affranchissements et un plafonnement du nombre d'affranchissements accordés par les testaments.

Au IVe siècle, l'Empire Romain devient chrétien, sans que le principe de l'esclavage ne soit remis en cause. Notons qu'aucune discussion ne sera nécessaire pour établir que l'esclave possède une âme et peut être baptisé, question qui agitera l'Église ultérieurement face aux indiens ou aux noirs. Saint Augustin apportera au début Ve siècle une justification théologique à l'esclavage : on est ou devient esclave en raison de ses péchés (théorie qui n'est pas sans rappeler la conception hindouiste des castes), ou à défaut en raison du péché originel.

À la chute de l'Empire romain d'Occident, l'esclavage perdure, mais régresse dans une économie essentiellement rurale. Plusieurs siècles après, le serf médiéval le remplace.

[] Israël

Israël est le seul pays où, dans l'Antiquité, la durée de l'esclavage est limitée ? à six ans pour les Hébreux (Bible, Exode XXI, 2-6 et Deut. XV 12-18). Les esclaves juifs ne sont pas marqués excepté par un poinçon à l'oreille ( si l'esclave refuse la liberté après la période de 6 ans) et le maître qui fait périr son esclave est puni (Exode XXI, 20-21). )

[] Esclavage au Moyen Âge

[] Dans l'Orient byzantin

Entre 529 et 533, l'empereur d'Orient Justinien Ier fait publier une mise à jour complète des lois romaines, connue sous l'appellation de Code Justinien. Dans les divers statuts sociaux réglementés, l'esclavage continue d'avoir sa place, malgré le contexte chrétien. Le traitement de l'esclave est néanmoins amélioré, et l'affranchissement est facilité, voire recommandé.

Malgré la condamnation formelle de l'Église, se maintient et se développe la pratique de la castration de jeunes esclaves pour en faire des eunuques, candidats potentiels à de hautes positions dans l'administration.

[] Dans le monde arabo-musulman

Image:Slaves Zadib Yemen 13th century BNF Paris.jpg
Marché aux esclaves au Yémen, XIIIe siècle

Comme le christianisme, l?Islam s?étend dans un monde dont l?esclavage est une composante, et comme lui, s?y adapte sans révolution sociale. En principe, le Coran interdit seulement l'esclavage des musulmans, car il fait la différence entre les pays « des infidèles » et les pays de l'Islam.

  • Cela explique partiellement le fait que jusqu'au début du XXIe siècle, des pays musulmans comme l'Arabie saoudite, le Soudan ou la Mauritanie acceptent l'esclavage des noirs chrétiens et animistes.
  • Malgré les interdictions formelles concernant les musulmans, les califes et les sultans n'hésitent pas à réduire en esclavage les rebelles ou les « mauvais musulmans », notamment en Espagne au temps d'al-Andalus, et en Afrique du nord (les Berbères réduits à l'esclavage par les envahisseurs arabes).

D?où vient l?esclave dans le monde musulman ? Du respect de l?interdiction d?asservir un musulman, découle la nécessité de s?approvisionner en esclaves aux marges du monde islamisé : chacun des pôles du monde musulman (Bagdad, Al-Andalus, Maghreb) va mettre en place ses filières d?approvisionnement.

Le califat de Bagdad a les besoins les plus élevés en esclaves, et la richesse nécessaire pour en acquérir massivement.

  • Les guerres quasi continuelles contre l?Empire byzantin procurent pendant des siècles des captifs réduits en esclavage. L?Empire byzantin pratique de même lorsqu?il a le dessus.

D?autres circuits d?importation se développent, moins aléatoires que les expéditions militaires, donc plus lucratifs pour les intermédiaires. Des circuits de traite se créent avec leurs divers « gisements » :

  • Les esclaves européens principalement des slaves (Esclavons) : apparus par petits groupes dans les Balkans vers le VIIe siècle, combattus par les Francs et les Byzantins, ils alimentent les marchés d?esclaves. Les commerçants vénitiens assurent l?acheminement vers l?Espagne musulmane et le moyen-Orient. Cette source se tarit vers le IXe siècle avec la christianisation et l?organisation d?États slaves organisés et capables de se défendre.
  • les esclaves blancs (en arabe Mamelouks), Circassiens du Caucase ou Turcs d?Asie centrale, avec Samarcande comme grand marché.
  • les esclaves noirs (en arabe Zendj, africain) du Sud Soudan ou collectés sur les côtes d?Afrique noire, organisant une première traite des noirs.

Que fait l?esclave dans le monde musulman ? À la différence de la société gréco-romaine strictement hiérarchisée qui les cantonnaient aux seules tâches d?exécution, les esclaves sous la califat accèdent à des postes qu?ils n?ont encore jamais connu : en plus des classiques travaux domestiques, artisanaux ou agricoles , les esclaves sont favoris, conseillers, chambellans, et même ? soldat !

Aucune civilisation précédente n?avait tenté de créer des milices d?esclaves. Les cas d?esclaves que l?on arme ne sont évoqués par les anciens auteurs qu?en cas de crise extrême, et s?accompagnent d?affranchissement. L?avantage d?armer une population déracinée sans autre attache que son maître et donc réputée dévouée l?emporte aux yeux des dirigeants sur le danger d?une telle pratique.

  • Les mamelouks turcs sont les soldats les plus appréciés : acquis jeunes, ils sont formés et encasernés, autant pour créer un esprit de corps militaire que pour les isoler de la population. Le mot mamelouk qui veut simplement dire esclave blanc deviendra synonyme de soldat turc.
  • la garde personnelle du calife al-Mu?tasim (843-842) comptait de nombreux esclaves soldats (entre 4 000 et 70 000 selon les sources).
  • le calife Jafar al-Mutawakkil (846-861) met des esclaves turcs à tous les postes de son gouvernement, mais finit assassiné par sa garde mamelouk. Trois de ses quatre successeurs subissent la même fin.
  • Ahmad Ibn Touloun, turc envoyé au Caire en 868, se constitue une armée de grecs, de soudanais et de turcs et se rend indépendant en Égypte (dynastie des Toulounides).
  • à l?autre extrémité du monde musulman, les esclavons armés prennent une part active aux luttes qui divisent l?Espagne en taifas, et se créent même un royaume à Valence.

Enfin, le califat de Bagdad connaît entre 869 et 883 sa grande révolte d'esclaves noirs, la révolte des Zanj dans les plantations du sud de l?Irak. À la différence de la révolte de Spartacus contre Rome, cette révolte d'esclaves a un fondement idéologique, car elle est animée par un mouvement qui prône violemment un islam égalitaire, les Kharidjites. Les soldats noirs envoyés contre eux désertent et rallient la révolte ; les mamelouks mettront des années pour en venir à bout.

[] Dans al-Andalus (Espagne)

Avec les conquêtes musulmanes (al-Andalus), la traite concerne l'Espagne et les côtes du bassin méditerranéen. Répondant aux tentatives de reconquête des chrétiens du nord de la péninsule ibérique, les califes de Cordoue lancent des expéditions de représailles, source de prisonniers : en 985, les musulmans pillent Barcelone et en 997 Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1185, une attaque musulmane sur Lisbonne fait de nombreux captifs. La piraterie des barbaresques menace le littoral et occasionne des captures d'esclaves : c'est le cas au sac de Rome en 846, de Gênes en 933 et de Tarragone en 1185. en Europe orientale, les raids musulmans contre l'empire byzantin sont encore une source d'approvisionnement en esclaves.

Les esclaves européens du monde musulman viennent aussi des marchés de Verdun ou de Kiev pendant le Haut Moyen Âge. Les marchands musulmans ou juifs viennent y acheter de la main d'?uvre servile. Un recensement fait état de 10 000 esclaves européens amenés à Cordoue entre 912 et 961. La traite dure longtemps car les maîtres musulmans ont sans cesse besoin de renouveler leurs esclaves : ces derniers n'ont pas d'enfants (mariage interdit et eunuques).

[] En Égypte

L'Égypte islamique a largement fait usage des esclaves soldats, les Mamelouks, capturés ou achetés parmi les chrétiens et les tribus païennes, puis instruits au métier des armes et affranchis. En 1260, leur chef Baybars prit le pouvoir. Les Mamelouks le conservèrent jusqu'à la conquête par les Turcs en 1516-1520.

Il faut remarquer que même lorsqu'ils furent les maîtres de l'Égypte, les mamelouks conservèrent leur mode de recrutement, à partir d'esclaves.

[] Dans l'Empire ottoman

L'esclavage et la traite continuent avec les attaques des Turcs ottomans : par les pirates musulmans au XIVe siècle, dans les Balkans au XVe siècle et lors des expéditions navales turques en Espagne et en Italie, au siècle suivant.

Les Ottomans ont créé à partir du XVe siècle des unités d'élites avec des esclaves chrétiens, les janissaires, de yeniç eri, « soldat de victoire » en turc. Ces esclaves étaient encasernés très jeunes, entraînés et convertis à l'Islam. Ils formaient ainsi une communauté extrêmement soudée, armée redoutée qui comme les mamelouks se mit à intervenir dans la vie politique d'Istanbul. Néanmoins, cette pratique d'esclavage contribuait au dynamisme et à la propogation de l'islam.

Enfin, la pratique des eunuques, héritée de Byzance, se poursuit à la cour du sultan.

[] Inde

L'Inde connaît au XIIIe siècle une dynastie des esclaves fondée par Qûtb ud-Dîn Aibak en 1206 et qui garde le pouvoir sur la vallée du Gange jusqu'en 1290. Les sultans musulmans du Deccan opèrent de nombreuses razzias d'esclaves en Inde.

[] Afrique noire

L'approvisionnement en esclaves noirs se fait par les deux extrémités du Sahara :

[] Afrique orientale

Dès le VIIe siècle, plusieurs expéditions musulmanes montent vers la Nubie, en descendant le Nil. Les vainqueurs exigent des esclaves comme tribut : en 642, le roi de Nubie Kalidurat doit livrer 360 esclaves par an aux musulmans. Selon le même processus, une série de raids musulmans menacent l'Abyssinie chrétienne. Les Arabes traversent la Mer Rouge et s'installent sur la côte éthiopienne, en fondant d'abord quelques comptoirs de traite négrière (archipel des Dahlaks, Aydab et Souakim par exemple). Les marchands arabes y échangent les produits asiatiques contre des esclaves noirs. Puis les Arabes pénètrent davantage dans les terres et finissent par installer de petits sultanats autonomes en Éthiopie : celui d'Adal par exemple exportait les esclaves du pays. Ces sultanats disparurent au XVe siècle. Au XVIe siècle, les raids viennent à nouveau d'Égypte où les Turcs s'installent. Le négus d'Éthiopie appelle les chrétiens d'Occident à l'aide. L'Espagne, l'Italie et le Portugal envoient des hommes. Les Portugais voulant contrôler la route des Indes orientales attaquent les comptoirs arabes : en 1517, ils incendient le comptoir arabe de Zeila. Christophe de Gama mène une expédition en Abyssinie vers 1542-1543. Les renforts portugais refluent les Turcs vers le nord de l'Abyssinie.

[] Afrique de l'Ouest

Avec l'avancée de l'islam, l'esclavage se développe. Dès le VIIe siècle, sans parler de conquêtes, les premiers raids arabes dans le Sahara approvisionnent les marchés aux esclaves. Au XIe siècle, le trafic caravanier augmente et les chefs de tribus africaines se convertissent. En 1077, Abou Bahr Ben Omar lance une expédition sanguinaire au Ghana. Mais les Berbères] Almoravides du Maroc n'arrivent pas à s'installer durablement. En 1222, Sundjata Keïta abolit l'esclavage en créant l'Empire du Mali (Charte du Manden).

Au XVIe siècle, les expéditions menées par les gouverneurs d'Alger se multiplient dans le Sahara central. L'effondrement de l'empire Songhaï entraîne une chasse aux esclaves dans les pays du Niger.

Mais en Guinée l'un de ceux qui résistent à la conquête française est Samory Touré, ancêtre de Sekou Touré, qui est un grand trafiquant d'esclaves.

[] Au XXe siècle

Malgré son interdiction par les colonisateurs, à la fin du XIXe siècle, l'esclavage continue d'exister dans le monde arabo-musulman jusqu'en 1980, date de l'abolition officielle de celui-ci par la Mauritanie. À noter que l'Arabie saoudite ne l'a aboli officiellement qu'en 1960. Cet esclavage fait partie de la traite dite orientale qui aurait déplacé environ 17 millions de noirs - fragilisant ainsi l'Afrique.

Les colonisateurs préfèrent, eux, condamner les populations locales au travail forcé et il faut noter que si l'esclavage fut aboli en théorie, il fut remplacé par le travail forcé dans les colonies. Dans les faits, le travail forcé constitue exactement les mêmes conditions pour les africains que dans les plantations: explpitation sans vergogne, torture physique, morale, négation de l'humanité, extermination au besoin, etc...

Aujourd'hui, les anciens négriers et colonisateurs maintiennent une situation de domination économique et politique officieuse sur l'Afrique, qui non seulement fut largement affaiblie, mais surtout réduite à l'état de réservoir à matières premières.

Cette nouvelle forme de servitude prolonge la négation de la liberté africaine, en ce sens qu'elle impose et maintient des conditions absolument opposées à l'émancipation et au bien être africain. Par exemple, lors des indépendances africaines, De Gaulle chargea Foccart de faire éliminer les leaders africains et d'écraser tout mouvement indépendantiste dans la violence la plus absolue (cf. "Foccart parle"). C'est ainsi que furent éliminés et déposés Um Nyobe (Cameroun), Kasa-Vubu (RDC, ex- Zaîre), Lumumba (RDC, ex-Zaîre), Nguabi (Rep. Congo) et bien d'autres pour êtres remplacés par des agents des services secrets occidentaux mais à la couleur locale (par ex. Eyadema au TOGO, Bongo au GABON, et tous les présidents dits "amis de la France").

Le même mécanisme fut employé pour imposer la traite aux africains et la maintenir (on se rappellera les coups d'état qui permirent à Mvemba Nzinga, Ghezzo etc, d'accéder au trône) contre leur gré. La différence fondamentale étant qu'à l'époque de la traite, les rois illégitimes ne partageaient pas toujours le paradigme de leurs maitres.

Voir aussi l'article traite musulmane

[] En Occident

Le mot Slave a donné celui d'esclave (slave en Anglais) car les peuples Slaves au Haut Moyen Âge ne sont pas très organisés et il est facile pour les régions avoisinantes de s'y ravitailler en esclaves. De plus, il est difficile aux chrétiens de posséder d'autres chrétiens comme esclaves, car selon le dogme chrétien tous les hommes sont égaux dans l'Église. Le Concile de Lyon (567-570) interdit ainsi de réduire en esclavage un homme libre. Ainsi, les esclaves sont uniquement importés en France et son principal marché aux esclaves se situe à Verdun (IXe siècle). Dans les années 780, Charlemagne combat les Saxons et réduit une partie de la population en esclavage. À noter qu'à l'époque mérovingienne plusieurs esclaves deviennent reines : la plus célèbre étant Frédégonde. Un esclave, Leudaste, devient connétable et comte de Tours. L'Allemagne des Xe-XIIIe siècles développe même une classe de nobles esclaves, les ministériaux.

Au XIe siècle l'esclavage disparaît totalement en France mais perdure dans le bassin méditerranéen. Les Français, au même titre que tous les autres riverains de la Méditerranée, sont victimes d'enlèvements et sont réduits en esclavage. Les « Barbaresques » n'hésitent pas à mener des razzias dans les villages côtiers. On recense plus de 20 000 esclaves français à Alger en 1350. Les autorités françaises ne peuvent réagir militairement car le contrôle complet du littoral est alors illusoire, et se contentent de multiplier les missions à Alger afin de racheter les esclaves chrétiens. Ces esclaves libérés effectuent une véritable procession, à pied, des ports méditerranéens où ils débarquent, jusqu'à Paris.

Le trafic des esclaves avec le monde arabo-musulman fait en partie la richesse des Républiques maritimes italiennes comme celles de Gênes et de Venise. Les « négrillons » vendus dans les cours d'Europe, les odalisques et autres servantes mauresques proviennent de ce trafic.

[] Esclavage de la Renaissance aux Lumières

Image:Triangle trade.png
Le commerce triangulaire fut la base économique de développement des plantations dans les colonies des Amériques, aux Caraïbes comme dans les États sudistes nord-américains. Le chemin des marchands d'esclaves partait des ports atlantiques; ils échangeaient camelote, bibelots et armes à feu contre le bois d'ébène et revendait les survivants dans les plantations. Les nations principales le pratiquant étaient dans l'ordre l'Angleterre, le Portugal, puis la France.

[] XVe et XVIe siècles

  • Europe

Les Turcs ottomans lancent régulièrement des attaques sur les côtes européennes et sur les vaisseaux des pays chrétiens, et en ramènent des esclaves.

  • Amérique

Au Paraguay, les Jésuites s'opposent aux esclavagistes occidentaux au travers du système des réductions .

Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537)et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l'esclavage des indiens ainsi que « toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci ». Ce qui n'empêche pas cependant leur extermination totale dans les Antilles espagnoles.

1550 : Controverse de Valladolid opposant le dominicain Bartolomé de Las Casas qui défend la cause des Indiens au philosophe Sépulvéda qui conteste leur caractère humain.

[] Le commerce triangulaire

La découverte du Nouveau Monde marque la renaissance de l'esclavage et le coup d'envoi de la traite atlantique. Les nations européennes, en particulier le Portugal, la France, la Hollande et l'Angleterre se lancent dans le commerce triangulaire entre la façade atlantique de l'Europe, le Golfe de Guinée et les Amériques (Brésil, Antilles). La motivation première des négriers est économique et l'esclave noir n'est plus considéré que comme une marchandise.

Par ce système, les négriers européens viennent s'approvisionner en esclaves sur les cotes africaines. Des rafles meurtrières et fréquemment accompagnées de viols sont organisées afin de capturer les individus qui sont ensuite entassés dans des bateaux. Afin de s'assurer la collaboration de trafiquants et souverains locaux, les négriers éliminent les souverains légitimes et les remplacent par leurs esclaves lorsque c'est possible, ou les déstabilisent en les attaquant avec l'aide de leurs armées d'esclaves ou encore de lançados, à qui ils apportent d'Europe des verroteries, des alcools et des armes. Ils transportent ensuite les cargaisons d'esclaves ainsi obtenues aux Amériques, et, avec le produit de leurs ventes, y achètent du rhum, du sucre ou du coton, avec lesquels ils reviennent en Europe. Ainsi recommencent-ils leur périple chaque année.

Image:024debret.jpg
Esclavage au Brésil

[] Bois d'ébène

La traite atlantique s'accompagne de la création d'une nouveau type d'esclave : c'est le statut de « bois d'ébène ». L'esclave perd toute humanité et par conséquent traité au mieux comme une bête de somme. Le bois d'ébène est considéré comme un bien périssable, sa durée de vie dans les colonies excède rarement six ans. Comme tout bien, son propriétaire peut l'assurer afin d'être indemnisé en cas de décès, ce qui l'incite souvent à précipiter celui-ci si l'esclave est indiscipliné ou de rendement insuffisant. Le maître a droit de vie et de mort absolu sur ses esclaves que lui garanti un ensemble de dispositif aussi bien religieux, juridique que moraux. Cette réification du bois d'ébène, garantie par la société, autorise son propriétaire à lui infliger les pires sévices.

[] Le Code Noir

Image:Esclave1.jpg
Estampe représentant un soldat et son esclave, Afrique équatoriale, dans les années 1830

En 1685, Louis XIV, roi de France, promulgue le « Code noir », réglementant le traitement des esclaves et des « marrons » dans les Antilles françaises. C'est le premier texte de ce type depuis les conciles chrétiens du VIe siècle.

Ce Code fonde en droit, sans la légitimer d'aucune façon, le statut de l'esclave. En particulier, le Code déclare « les esclaves être meubles » (article 44). Certains articles protègent partiellement l'esclave, par exemple en imposant le baptême chrétien, en interdisant le travail dominical et pendant les jours fériés à caractère religieux. Le texte prévoit également une formule d'affranchissement, sous conditions.

Mais l'ensemble des articles entérine l'autorisation de sévices selon le bon vouloir du maître (article 42) dont l'amputation d'oreille ou de « jarret », et la punition de mort pour vol aggravé ou pour réunion. Il y est écrit de plus explicitement qu'un enfant d'esclaves devient à son tour esclave (article 9).

Le Code Noir confirme l'interdiction de toute pratique esclavagiste en France métropolitaine en se référant à une « vieille loi » qui transforme en homme libre tout esclave foulant la terre de France. Cette loi sera scrupuleusement respectée comme en attestent toutes les décisions de justice de l'Ancien Régime1. Il est ainsi de facto interdit aux marchands d'esclaves de faire débarquer leur « marchandise » en France, sous peine de perdre leurs esclaves.

1. Voir par ex. le procès perdu par Isaac Mendès-France, trafiquant du XVIIIe siècle, contre la Couronne de France, pour « importation » des esclaves congolais Gabriel Pampy et Amynte Julienne, et qui purent donc reprendre leur liberté.

[] Siècle des Lumières

La machine esclavagiste atteint son rendement maximum et le crime contre l'humanité atteint ici des sommets. On considère qu'il faut capturer dix hommes ou femmes pour en embarquer un seul en esclavage. 90 % des capturés préfèrent en effet mourir ou fuir que devenir esclave. Le nombre déjà important d'esclaves déportés d'un continent à l'autre ne prend pas en compte ces morts sur le continent africain. Ainsi, à quelques exceptions près trop mises en exergue, ceux qui embarquent sur les bateaux sont les plus dociles et les tentatives de fuite ou de suicide sont rares à ce stade. Les dernières études sur ce sujet montrent que la mortalité est plus importante chez les marins que chez les esclaves transportés.

Les victimes européennes sont également nombreuses. Des ordres monastiques, comme les Mathurins et les pères de Notre-Dame de la Mercy, encore actifs au XVIIIe siècle, sont chargés d'acheter la liberté des chrétiens capturés par les pirates et réduits en esclavage en Afrique du Nord. Par exemple, le 17 octobre 1785, une procession d'esclaves libérés par ces ordres est organisée à Paris jusqu'à la cathédrale Notre-Dame.

Dans les colonies, des missionaires travaillent également à l'amélioration du traitement des esclaves. Eux-même ont l'autorisation de faire exploiter des terres par des esclaves en quantité limité et à des fins non lucratives. En 1771, Emilien Petit écrivait dans Droit public ou gouvernement des colonies françaises que les missionaires ne pouvaient pas « étendre leur habitation au-delà de ce qu'il faut de terre pour employer cent nègres » (page 502) ; « Le produit du travail de cent nègres a dû et doit suffire à l'entretien des hospices de chaque mission. »(page 503). D'après Emilieu Petit, les biens des missionnaires dépassaient néanmoins les prescriptions :

« 

Les dominicains ont à la Martinique une sucrerie et cinq cents esclaves (...) à Saint-Domingue, une sucrerie et plus de deux cents Noirs ; (...) Les jésuites avaient à Cayenne et dans le Continent (la Guyane) deux belles sucreries, une cacaotière considérable, une vaste ménagerie ; et sur ces différentes possessions, au moins neuf cents Noirs » </blockquote>

(p. 497 d'Emilien Petit - cité par Sala-Molins)

[] L?exception haïtienne

À Saint-Domingue, certains des déportés indociles prennent la fuite aussitôt débarqués : ils se font « marrons » (de l?espagnol cimarrón « esclave en fuite »). Leur révolte s?organise dès 1702. Elle sera galvanisée par les idées de liberté, d?égalité et de fraternité prônées par la révolution française de 1789. À rebours de Spartacus et des Zendj, qui ont échoué, des esclaves tels que Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe ont mené la seule révolution d?esclaves qui ait réussi dans l?histoire. Et en 1804, Saint-Domingue, l?ancienne colonie française, est devenue Haïti, première république noire.

[] Abolition de l'esclavage

Image:BLAKE10.JPG
Image d'une campagne abolitionniste anglaise

Voir l'article détaillé : Abolition de l'esclavage

À partir du VIIIe siècle le servage remplace l'esclavage en Europe. Le servage disparaît en Europe occidentale au XVIIIe siècle, mais il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu'il disparaisse de l?Europe orientale.

La traite se poursuit de façon clandestine et il faut attendre l'abolition de l'esclavage pour que ce trafic cesse au cours du XIXe siècle :


Certains pays arabes maintiennent l'esclavage jusqu'au milieu du XXe siècle : Arabie Saoudite et Oman mais également chez les Maures de certaines colonies françaises, en Mauritanie et au Soudan français, et ce malgré sa suppression officielle. La Mauritanie supprima l'esclavage des Harratins en 1980. Aujourd'hui, l'esclavage traditionnel résiste dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie.

L'esclavage réapparaît au XXIe siècle au Soudan, au détriment des Animistes et Chrétiens Noirs du sud.

[] En France

Image:Proclamation esclavage.jpg
Proclamation de Victor Hughes à la Guadeloupe le 1er novembre 1794

En 1789, les villages et villes de France eurent à rédiger leurs cahiers de doléances pour la convocation des États Généraux. Les habitants de Champagney mettent dans leur cahier un article unique en son genre (l'article 29), dit V?u de Champagney qui condamne avec énergie la traite des Noirs et réclame fermement son abolition.

La Convention abolit l'esclavage le 4 février 1794 grâce à l?action de la Société des amis des Noirs de l?abbé Grégoire, sur l'exemple de l'affranchissement décrété à Saint-Domingue par Léger-Félicité Sonthonax, mais il est rétabli par Napoléon Bonaparte, le 10 mai 1802. L'abolition officielle de la traite date du 27 avril 1848 pour la France notamment grâce à l'action de Victor Schoelcher.

Le 10 mai 2001, le Parlement Français vote la loi Taubira qui reconnaît l'esclavage comme crime contre l'humanité. Suite à cette loi et au comité pour la mémoire de l'esclavage, présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé, Jacques Chirac a annoncé le 30 janvier 2006 la création d'une journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, qui se tiendra tous les 10 mai.

Cette commémoration s'ajoute aux dates de commémoration de l'abolition de l'esclavage en vigueur depuis 1983 dans les départements d'outre-mer: le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion, le 27 avril à Mayotte.

Une Cité nationale de l'histoire de l'immigration, dont la préfiguration est pilotée par l'ancien ministre Jacques Toubon, doit ouvrir ses portes en avril 2007 au Palais de la Porte-Dorée, à Paris.

[] Esclavage aujourd'hui

Voir l'article détaillé : Esclavage moderne

L'esclavage n'a cependant pas totalement disparu dans certaines régions du monde, comme la péninsule arabique ou le sous-continent indien. L'Organisation internationale du travail (OIT) estime à 25 millions le nombre de personnes vivant actuellement dans des conditions assimilables à de l'esclavage, d'où le terme d'« esclavage moderne ». Selon l'ONU, chaque année, deux millions de personnes sont réduites en esclavage.

Il est important de noter que l'esclavage n'est pas uniquement présent dans les pays en voie de développement, mais l'est également dans les pays développés. Ainsi des trafics d'êtres humains comme le proxénétisme, le travail clandestin, etc. perdurent. Certains diplomates abusent de leur immunité diplomatique pour participer à ces trafics.

Le tourisme sexuel de certains citoyens de pays développés favorise également ce trafic, notamment en Asie.

Au Soudan, les « arabes » musulmans du nord ont rétabli la Charia lors de la décolonisation et ont voulu l'appliquer de force aux noirs chrétiens et animistes du sud qui se sont rebellés. Ceux-ci, repoussés dans la Province Équatoriale, la plus insalubre, ont résisté de leur mieux depuis l'indépendance. Aussi les forces gouvernementales ont-elles massacré les populations civiles de nombreux villages et continuent à y enlever de nombreux enfants pour les convertir à l'islam et les utiliser comme esclaves à Khartoum.

Dans nombre de pays, des lois réprouvent le proxénétisme mais autorisent la prostitution à condition qu'elle soit volontaire et tant que cela ne trouble pas l'ordre public, conformément à la déclaration des Droits de l'Homme autorisant chacun à faire ce qu'il veut de sa personne.

En 2000, l'UNICEF estimait que 200 000 enfants étaient retenus en esclavage en Afrique centrale et occidentale. D'après l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) quelque 200 000 femmes et enfants sont victimes de l'esclavage.

La pratique des enfants soldats peut également être assimilé à une forme d'esclavage, d'autant qu'à l'emprise psychologique mise en ?uvre sur des enfants, s'ajoute la dépendance physiologique obtenue par l'usage de drogues dures.

Le 26 juillet 2005 : condamnation de la France qui n'a pas respecté l'article 4 de la convention européenne des droits de l'Homme sur l'esclavage. Paris n'a pas assez condamné un cas d'esclavage domestique sur une jeune Togolaise, Siwa-Akofa Siliadin, dans les années 1990. (Voir Le Monde et Wikinews).

[] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur l'esclavage.

[] Articles connexes

[] Bibliographie

[] Témoignages

  • Mungo Park, Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, FM/ La Découverte, Maspero, Paris 1980, ISBN 2-7072-2629-2.
  • Jehan Mousnier, Journal de la traite des Noirs, Editions de Paris, Paris, 1957.
  • Théodore Canot, Les Aventures d'un négrier, éd. La Découvrance, Paris, 2004.
  • Jean-Pierre Plasse, Journal de bord d'un négrier, éd. Les Mots et le Reste, Paris, 2005.
  • Dieudonné Gnammankou, Abraham Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine, éd. Présence Africaine, Paris, 1996, ISBN 2-7087-0609-8.
  • Olaudah Equiano, La Véridique Histoire par lui-même d'Olaudah Equiano, Africain, esclave aux Caraïbes, homme libre, éd. Editions Caribéennes, Paris, 1987.

[] Ouvrages historiques

[] Examen d'ensemble

[] Esclavagisme musulman

[] Esclavagisme euro-américain

[] Histoire de l'abolition

  • Annick Le Douget, Juges, esclaves et négriers en Basse-Bretagne, l'émergence de la pensée abolitionniste, l'auteur, s.l., 2000
  • Nelly Schmidt Nelly, Victor Schoelcher et l?abolition de l?esclavage, Fayard, Paris, 1994
  • Philippe Haudrère et Françoise Vergès, De l?esclave au citoyen, Gallimard, Paris, 1998
  • François Renault, Libération d?esclaves et Nouvelles servitudes, Les nouvelles Editions Africaines, 1976
  • Gaston Martin, L?Abolition de l?esclavage (27 avril 1848), PUF, Paris, 1996

[] Liens externes

nds:Slaveriesw:Utumwa

 
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La source est wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/esclave
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