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féminisme

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Le féminisme rassemble des théories sociologiques, des mouvements politiques et des philosophies morales concernant la situation des femmes en général, et en particulier dans leur contexte social, politique et économique. En temps que mouvement social, le féminisme a permis de limiter ou de mettre fin à la discrimination sexuelle tout en assurant la promotion des droits des femmes et de leurs intérêts dans la société civile.

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le symbole astrologique de la planète Vénus, aussi appelé le miroir de Vénus, devenu symbole du genre associé, fut repris comme emblème des mouvements féministes

Sommaire

[] Définition

Définir le féminisme est en soi un choix politique:

- Soit on choisit de le définir comme la lutte des femmes depuis que l'oppression patriarcale existe, en considérant une relative continuité de cette lutte au cours de l'Histoire, au dela des ruptures, reflux, inflexions et cristallisations qu'elle a pu connaître.

- Soit on choisit de le définir comme un courant politique occidental né après l'âge industriel (choisir la date exacte de début est là encore lourd de sens), et qui se réclame de mouvements plus anciens ou d'autres combats menés dans d'autres contextes historiques; et qui a ensuite pu être repris à leur compte par d'autres femmes ailleurs dans le monde.

Il s'agit de deux hypothèses historiques mutuellement exclusives et non réfutables au sens de Popper; il est donc impossible de prouver la validité de l'une sur l'autre.

Selon ce choix donc, le féminisme est un « mouvement revendicatif ayant pour objet la reconnaissance ou l'extension des droits de la femme dans la société » (définition tirée du dictionnaire de l'Académie française).

Le féminisme est une lutte menée 'pour' et principalement 'par' les femmes afin d'abolir l'oppression dont elles sont victimes au quotidien dans les sociétés patriarcales où la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe. Le féminisme analyse la condition féminine dans l'histoire et dans le monde contemporain en une réflexion tout d'abord menée par Simone de Beauvoir, l'une des premières féministes qui revendiqua l'égalité en droits.

Dans Le Deuxième sexe, elle affirme : « On ne naît pas femme, on le devient » : c'est la construction des individualités qui impose des rôles différents, genrés, aux personnes des deux sexes.

Le féminisme travaille donc à construire de nouveaux rapports sociaux et développe des outils propres à la défense des droits des femmes et de leurs acquis. Les féministes défendent l'idée que « le personnel est politique » :

La pensée féministe vise à l'émancipation des femmes en les aidant à se structurer pour s'affirmer comme des individus capables de gérer leur propre corps et, de façon plus générale, toutes les dimensions de leurs vies.

[] Les faits et le droit

Le rôle des femmes, du fait même du combat des mouvements féministes et des circonstances économiques issues de la Seconde Guerre mondiale, a considérablement évolué dans les faits comme dans les mentalités. Dès lors le concept même de « promotion de la place de la femme dans la société » ne pouvait qu'évoluer.

[] Proto-histoire symbolique et préhistoire récente du féminisme

Il est nécessaire de souligner que la véritable histoire du féminisme commence en fait bien avant le XIXe siècle et d'une certaine manière la mythologie du féminisme apparaît à la racine même de la fondation de l'empire romain.

Rome aurait été fondé par deux jumeaux, Rémus et Romulus, fruit d'un dérapage entre une vestale et le Dieu Mars. Pour s'associer d'autres hommes et constituer la souche d'un peuple, les frères recueillirent les esclaves et les proscrits en fuite. Mais on manquait de femmes, d'où la razzia opérée sur les Sabines. D'après un livre de contes et légendes destinées aux enfants, pour collaborer les Sabines aurait exigé un serment. Leurs ravisseurs auraient alors pris l'engagement de ne pas raconter d'histoires grivoises en présence de leurs épouses et de se comporter en galants hommes.

C'est ainsi que la réputation de violeurs des guerriers romains en prend un coup puisqu'en agissant ainsi il auraient aliéné une partie de leur liberté... Certains voient là la première apparition symbolique de cette mode du "politiquement correct" qui sévit actuellement.

Un second fondement du féminisme nous viendrait du XIIIe siècle européen. A cause des épidémies de pestes récurrentes, les municipalités financèrent des bordels tandis que les ecclesiastiques auraient investis dans les étuves. Les premiers établissements étaient destinées aux célibataires tandis que les seconds ont été conçus pour l'agrément des hommes mariés et des clercs.

L'Église romaine dut mettre de l'eau dans le vin de sa théologie morale. Mais cette licence a fini par inciter les femmes à vouloir leur part de cette "libéralisation". C'est alors que les aristocrates inventèrent l'amour courtois et commencèrent de devenir les arbitres d'une élégance qui finit avec le temps par donner naissance à cet "amour fou" que l'on retrouve dans le mythe de l'amour romantique des écrivains fous du XIXe.

Voir à ce sujet l'ouvrage de Rossiaud préfacé par Georges Duby sur la prostitution médiévale paru dans la collection Champ de Flammarion qui fournit tous les éléments historiques qui ont présidé à cette mutation décisive. Décisive car ainsi que l'ont fait remarquer de nombreux écrivains, jusqu'alors l'amour concernait les rapports des hommes sans qu'il s'agisse à proprement parler d'homosexualité et le culte des amitiés viriles a perduré jusqu'au XVIIe siècle. C'est seulement avec le XVIIIe qu'on commence à observer les effets d'un profond renversement, notamment avec l'apparition de salons tenus par des femmes, ce qui eût été franchement inconcevable plus tôt (voir à ce sujet [1])

[] Historique

[] La Révolution Française et le droit des femmes

Le mot féminisme, longtemps attribué à tort à Fourier ne date que de 1874, mais c'est pendant la Révolution française qu'apparaît le mouvement de revendication sociale et politique qu'il désigne, de nombreuses femmes prenant part aux actions et aux débats révolutionnaires, et des femmes et des hommes réclamant l?égalité du statut politique et social pour les deux sexes.

Malgré les contributions féminines à la rédaction des cahiers de doléances et le rôle que jouent les femmes du peuple parisien notamment lors des manifestations d?octobre 1789 pour demander du pain et des armes, les femmes sont oubliées de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et si le nouveau régime leur reconnaît une personnalité civile, elles n'auront pas le droit de vote.

Elles n'en continuent pas moins à investir l'espace public, organisées dans des clubs mixtes ou féminins et des sociétés d?entraide et de bienfaisance, et participant avec passion à toutes les luttes politiques de l'époque. Parmi les personnalités féminines les plus en vue des débuts de la Révolution, il faut retenir Théroigne de Méricourt et Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

Toutes deux proches des Girondins connurent une fin tragique, Théroigne de Méricourt devenant folle après avoir été fouettée nue par des partisanes de leurs adversaires et Olympe de Gouge étant décapitée. Il est à remarquer que si les femmes ont été privées du droit de vote, cela ne les a pas préservé de partager en raison de leurs positions politiques ou sociale le sort des hommes et beaucoup connurent la prison ou l'échafaud.

À partir de 1792, l'entrée en guerre de la France conduit certaines à se battre aux frontières tandis qu'en 1793 se développe à Paris un extrémisme féminin, porté par des femmes du peuple parisien proches des sans-culottes. Les 200 femmes du Club des Citoyennes Républicaines Révolutionnaires créé le 10 mai 1793, les « tricoteuses », occupent les tribunes publiques de la constituante et apostrophent les députés, entendant représenter le peuple souverain. Leurs appels véhéments à la Terreur et à l'égalité, leur participation à la chute des Girondins et les autres manifestations spectaculaires des « enragées » allaient leur valoir une image de furies sanguinaires qui nourrirrait longtemps les peurs du pouvoir masculin.

Cependant, plus que les excès d'une violence largement partagée à l'époque, ce sont d'abord les réticences des hommes au pouvoir qui excluent les femmes de la sphère politique. La plupart des députés partage les conceptions exposées dans l?Émile de Rousseau d'un idéal féminin restreint au rôle de mères et d'épouses, rares étant ceux qui, comme Condorcet, revendiquent le droit de vote des femmes au nom de la lutte contre le despotisme et l?esclavage.

En novembre 1793, toute association politique féminine est interdite, mais les femmes vont cependant continuer à jouer un rôle moteur jusqu'à l?insurrection du printemps 95, dont le mot d?ordre est « du pain et la Constitution de 93 », avant que la répression qui marque la fin de la Révolution ne mettent un terme provisoire à cette première prise de parole politique des femmes.

[] Echos en Grande-Bretagne

En 1792, une femme de lettre anglaise, Mary Wollstonecraft fait paraître Vindication of the Rights of Woman, un ouvrage traduit en français la même année sous le titre de Défense du droit des femmes. L'auteure qui participe aux débats passionnés suscités Outre-Manche par la Révolution en France n'hésite pas à y rapprocher le mariage de la prostitution. Elle oppose et rapproche l'exploitation dont son victimes les femmes les plus pauvres, contraintes au travail salarié ou à rémunérer leurs services sexuels, au sort des jeunes femmes de la petite et moyenne bourgeoisie privées de toutes perspectives professionelles par les préjugés et le défaut d'éducation et réduites à faire un beau parti.

Mary Wollstonecraft sera vite oubliée en France, avant d'être redécouverte par Flora Tristan en 1840.

[] Socialisme et affranchissement de la femme

En France, un féminisme militant va se développer à nouveau dans les milieux socialistes de la génération romantique, en particulier chez les saint-simoniens de la capitale. Des femmes y adoptent des modes de vie libres, souvent au scandale de l'opinion publique, et réclament l'égalité des droits, participant à l'abondande littérature de l'époque, comme Claire Démar qui publie en 1833 son Appel au peuple sur l'affranchissement de la femme.

Sur le plan politique, la constitution de la Monarchie de Juillet privant de leur droit la majorité de la population, leur combat rejoint celui des premiers défenseurs des ouvriers et des prolétaires, mais elles se mobilisent aussi contre le statut civil de la femme, soumise en matière juridique et financière à son mari ? « La femme doit obéissance à son mari » affirme le Code civil ? et pour le rétablissement du divorce interdit par la Restauration (1816). La Révolution de 1848 est un moment fort, qui permet au féminisme de s'exprimer publiquement à travers des associations actives et après l'échec de la révolution sociale, leur participation à ces événements et leurs prises de position vaudront à beaucoup de militantes féministes de partager le sort des proscrits.

[] Les suffragettes et les organisations féministes aux États-Unis

Dans les années 1820, les premières organisations féministes et autres mouvements dit des "suffragettes" ont vu le jour aux États-Unis : La Female Anti-slavery Society dénonçait l'esclavage ; l'American Female Moral Reform Society voulait lutter contre la prostitution et l'alcoolisme. Une cinquantaine d'années plus tard, les féministes américaines revendiquèrent l'égalité des droits civiques dans le pays. En 1869, l'État du Wyoming autorise le suffrage féminin, suivi en 1911 de la Californie. En 1920, le 19e amendement est ratifié au niveau fédéral : toutes les américaines ont le droit de voter. Il ne sera accordé aux françaises que le 21 avril 1944.

[] Le XXe siècle

La première manifestation internationale des femmes a lieu le 8 mars 1911, suite à une proposition de Clara Zetkin. La revendication principale est le droit de vote.

À partir des années 60, aux États-Unis, l'égalité des droits progresse. En 1963, la loi sur l'égalité des salaires (Equal Pay Act) est votée. Le 2 juillet 1964, la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) abolit toute forme de discrimination aux États-Unis. Mais c'est à partir des années 70, avec la contestation sociale née dans l'université de Berkeley en Californie, que les revendications féministes se structurent en véritables mouvements, tels que le Women's Lib et le MLF en France, puis prennent de l'extension.

[] Les dernières décennies

Avec les années 80 les mouvements féministes, après les avancées de la décennie précédente, connait une pause. Désormais les femmes votent partout dans le monde occidental dont les parlements de pratiquement tous les pays ont ratifié les lois sur le divorce, la légitimité de la contraception et de l'avortement - qui furent les grandes luttes des années 70. La relative prospérité économique, à défaut du plein emploi, a permis une entrée massive des femmes dans de nombreuses professions, bien qu'en général à des niveaux subalternes. A priori, il semble qu'une certaine parité soit acquise. Mais, au regard des études qui ont été faites et publiées lors de la Conférence de Pékin(1), promue par l'ONU en 1995 dans le but de faire le bilan de la condition féminine dans le monde, on pu s'apercevoir qu'il n'en était rien et qu'un long chemin restait à parcourir, dans le monde occidental mais bien plus encore dans le reste du monde.

(1) Cette Conférence Internationale fut une sorte de réunion des "États Généraux féminins".

[] Les courants de la pensée féministe

Historiquement, ils relèvent de différents courants de pensée. Trois peuvent se distinguer, ayant connu chacun une évolution propre:

  • le courant libéral
  • le courant socialiste
  • le courant radical

[] Le féminisme aujourd'hui

Le féminisme existe depuis toujours et n'a fait autre chose que de lutter contre l'usurpation masculine de l'universalité. Selon cette définition, l'identité humaine n'est pas composée de deux identités, féminine et masculine, mais bien d'un humain unique qui se différencie en homme ou en femme.

Les analyses, plus pragmatiques, du féminisme américain, plus radical, naissent de la distinction entre le sexe et le genre. Elles posent que l'être humain est universel donc que l'identité sociale du genre féminin ou masculin est la résultante historique de l'oppression d'un sexe sur l'autre.

Le premier type d'analyse, plus européen, met l'accent sur le fait que, dans les phases révolutionnaires des sociétés humaines, la présence massive des femmes a été significative. Mais, avec le retour à l'ordre, elles sont à nouveau exclues. Il en découle que les hommes, qu'ils soient conservateurs ou révolutionnaires, politiciens ou philosophes, législateurs ou saints, ne veulent pas gouverner avec les femmes ce qu'ils ont créé avec elles. La raison en serait qu'ils entretiennent avec le pouvoir un rapport primaire de primate dérivant d'un véritable besoin de représentation symbolique. La raison ultime de l'exclusion des femmes résiderait donc dans ce "pouvoir" que les hommes considèrent comme leur "expression suprême" donc refusent de partager.

Selon un autre courant de la pensée féministe, l'approche du problème est essentiellement de nature socio-économique et tient à la répartition des rôles entre les sexes. Selon cette théorie, le désavantage des femmes dans les sociétés tiendrait à ce que sont les hommes qui, historiquement, devaient pourvoir à la nourriture. Les femmes, occupées à la reproduction, au maternage et aux travaux domestiques qui entourent ces fonctions, ne se seraient jamais vues reconnaître l'importance, jugée marginale par les hommes, lointain héritage des sociétés de chasseurs de la préhistoire, de ces fonctions et de ce "travail invisible". Lorsqu'elles entrent massivement sur le marché du travail, au XXème siècle, sans avoir le pouvoir d'en négocier équitablement les règles, elles se trouvent contraintes à subir ce qu'on leur impose, d'où la nécessité de repenser radicalement les fondements de la vie sociale commune aux hommes et aux femmes.

[] Applications pratiques

De cette approche socio-économique de type "syndicaliste", pourrait-on dire, résultent deux tendances concrètes sur le terrain:

  • l'adhésion massive des femmes au mouvements écologistes en syntonie avec leur rôle primordial dans la conservation de l'espèce, d'où leur sensibilité vers les conditions optimales en permettant la transmission
  • devant l'impossibilité ou pour le moins la difficulté de se placer dignement sur le marché du travail dans des conditions de vie humainement acceptables leur permettant de conduire de front harmonieusement une vie professionnelle et une vie familiale, on a vu apparaître une forme de lobby féminin qui n'est pas sans rappeler les antiques sociétés de Diane (cf. Culte de Diane), dont le risque peut être le corporatisme. Ceci peut prendre une forme plus "libérale" de création d'entreprises où les femmes, désormais instruites performantes à , font levier sur leurs propres capacités et appel à la solidarité féminine.

De ce point de vue, on peut dire que le modèle "anglo-saxon" du libéralisme économique traditionnel, surtout couplé au contexte de la deuxième guerre mondiale, a donné le maximum de ce qu'il pouvait offrir. Il a en effet rendu possible une réelle amélioration de la condition des femmes en leur ouvrant la porte du monde du travail, mais au prix d'énormes sacrifices et à l'assimilation des valeurs "masculines" qui n'ont apporté de véritables profits qu'au petit noyau des "single".

Les femmes des régions économiquement les plus défavorisées de l'Europe du sud bénéficient désormais d'une instruction mais restent majoritairement condamnées au chômage à vie. Maîtresses de leur fécondité et n'ayant plus besoin d'autorisation masculine pour circuler librement, elles participent volontiers à la vie associative de quartier sans qu'elle soit nécessairement religieuse. Il s'agit en effet le plus souvent d'activités laïques et communales. Elles peuvent s'y exprimer librement et proposer des solutions aux problèmes locaux qui paralysent la vie publique au quotidien, en cas d'inertie du pouvoir de l'État ou de ceux de ses représentants assis sur des potentats.

Image:Gustav Klimt 069.jpg
Cette peinture de Gustav Klimt renvoie à une ère édenique mettant en scène l'image de la femme.

[] Les religions et les femmes

Dans l'ensemble, les religions sont perçues par les féministes comme défavorables aux femmes et sont accusées de leur réserver dans la société une place secondaire et un sort peu enviable. Pourtant, dans l'avènement des religions, elles ont joué un grand rôle.

L?Église catholique n?admet pas la confusion des rôles masculin et féminin, ce qui entraîne l?exclusion des femmes du sacerdoce, ni le divorce conformément aux textes néotestamentaires (Marc 10, 2-12), ni la sexualité en dehors de l?union conjugale, ni l?avortement.

L'Église Réformée a une attitude plus ouverte à l'égard des femmes. Son attitude sur l'avortement et la contraception est beaucoup plus souple que celle de l'Église catholique. Les femmes peuvent devenir pasteur. Si certaines églises protestantes paraîssent plus libérales, d?autres, en particulier celles qui se situent dans la lignée du mouvement évangéliste américain, sont tout aussi strictes sur le plan de la morale sexuelle.

Les femmes sont en général les premières victimes des intégrismes religieux et en Occident le problème se pose avec acuité face à l'Islam. Le monde musulman préconise la non mixité et la séparation des sexes. Dans certains pays fondamentalistes, les espaces censés les protéger enferment les femmes et les coupent du monde.Il faut aussi dire que dans l'islam ce débat philosophique et intellectuel sur la libération de la femme existe mais avance lentement. Il existe pourtant depuis quelques années un courant féministe à l'intérieur de l'Islam, qui conteste ce qu'il considère comme des interprétations machistes des textes sacrés. Leur conférence à Barcelone en 2005 a pu réunir quelques centaines de femmes autour de ces perspectives.

Pour nombre de femmes en Occident, où la mixité est la meilleure garantie de l'égalité, la question se pose de la place à venir des femmes dans la société. Beaucoup de femmes voient dans le voile islamique une menace sur des droits chèrement acquis et considérés inaliénables, et craignent non sans raison une régression.


[] Les réactions antiféministes

La génération de femmes devenue majeure après 1968 a été la première génération a se voir légalement reconnue l'égalité en droit, et à détenir et exercer la maîtrise de leur fécondité. Cette égalité, notamment dans le monde du travail, ne s'est pas toujours traduite par la parité, comme on peut le constater en se référant aux problèmes que les femmes rencontrent, propres à la condition féminine (consulter l'article pour les chiffres et statistiques); les choses n'évoluent que lentement et leur évolution se heurte souvent au schéma traditionnel de la "femme au foyer" et autres stéréotypes qui se perpétuent. Les jeunes générations féminines arrivant aujourd'hui au seuil de la majorité se voient toujours confrontées aux mêmes problèmes, bien que ces derniers tendent à s'atténuer dans plusieurs domaines; dans le monde de l'activité professionnelle, le même déséquilibre persiste. Périodiquement leurs acquis se trouvent remis en cause par la mouvance antiféministe des milieux les plus conservateurs et leurs revendications, comme celles de l'hominisme, de même que le droit à l'avortement ou à la contraception se trouve parfois contesté. Il semble donc que les droits des femmes ne soient jamais acquis de manière définitive, et que pour elles, la vigilance doive s'imposer si elles ne veulent pas les perdre, ni voir leurs espérances déçues chez les générations féminines à venir. Avec la précarité, celles-ci risquent en effet de se trouver confrontées à une dégradation de leur statut.

Outre l'antiféminisme classique et traditionnel, relevant du machisme, du sexisme anti-femmes ou de la simple misogynie ordinaire, certaines et curieusement certains, pensent que le féminisme et la lutte contre la lesbophobie sont souvent étroitement liés, ce qui n'est pas toujours le cas: les lesbiennes adhèrent très souvent aux mouvements féministes, mais les lesbiennes ne sont pas toutes féministes, de même qu'un certain nombre de féministes sont lesbophobes.

D'autre part, le mouvement queer, en tentant de dépasser les genres, se trouve parfois en opposition au féminisme; certaines et certains prétendent pouvoir concilier les deux luttes.

L'hominisme jouerait selon certains le rôle d'antiféministe dans la balance des propos, sans toutefois dépasser le cadre d'égal à la femme, comme ont coutumes de dire les tenants de l'ordre patriarcal.

D'après le chercheur québécois Jean-Claude Saint-Amant, de l?Université Laval (Québec):

« On peut justifier très facilement de parler de condition féminine, comme on peut parler de condition ouvrière, ou ici au Canada de condition autochtone ; il s?agit là de groupes particuliers qui pour un certain nombre de raisons subissent des discriminations. Mais on a utilisé le terme et on l?a tout simplement inversé. C'est-à-dire, si la condition féminine existe, il existerait une condition masculine. À partir du raisonnement suivant : s?il y a égalité entre les sexes, il doit y avoir un pendant masculin à la condition féminine. À ceci près qu?il n?y a pas de réalité qui rejoint les mots, il n?y a pas d?hommes systématiquement discriminés en tant qu?hommes. Oui, il y a des discriminations sur la base de la classe sociale où des hommes sont aussi victimes, mais ils ne le sont pas en tant qu?hommes. Donc à partir de concepts détournés de leur sens, les "masculinistes" se sont donné une légitimité, en disant par exemple, il y a du "féminisme", pourquoi pas du "masculinisme", il y a une condition féminine, donc il doit y avoir une condition masculine. »

Autrement dit, Jean-Claude Saint-Amant pense qu'il s'agit d'une erreur de logique des "symétristes" mettant en avant une ontologie "ensembliste-identitaire" alors qu'il s'agit d'une ontologie "sociale-historique-psychique".

Certains font valoir que le point de vue des "symétristes" revandiquant une condition masculine sur la base de l'ontologie "ensembliste-identitaire", notamment au sujet de la garde des enfants est erronée en ce qu'elle relève d'une ontologie "sociale-historique-psychique". Non que cette "condition masculine" soit inexistante mais parce qu'elle correspond la plupart du temps à une question envisagée comme mal posée à laquelle sont apportées de mauvaises réponses.

[] Les femmes et les mouvements féministes

[] Ressources

[] Voir aussi

[] Bibliographie

  • Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Histoire du Féminisme Français (du moyen âge à nos jours) , Edition Des Femmes, 1977
  • Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe (2 tomes), Gallimard, 1986
  • Pierre Bourdieu, La domination masculine, Seuil coll. Points/Essais, 1998
  • Guillaume Carnino, Pour en finir avec le sexisme, Editions l'échappée, 2005
  • Eliane Gubin (dir.), Le siècle des féminismes, Editions de l'atelier, 2004
  • Françoise Héritier, Masculin/Féminin, la pensée de la différence, Editions Odile Jacob, 1996
  • Hirata, Laborie, Le Doaré, Senotier, Dictionnaire critique du féminisme, Presses Universitaires de France, 2000, ISBN 2130524176

[] Liens externes

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