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[] Introduction
La foi est un mot à la signification mouvante. Elle peut être entendue comme:
- Une manifestation de l'esprit.
- Une prise de position intellectuelle fondamentale face à la vie.
- Un système conceptuel constuisant ou justifiant l'agir humain, une vision du monde, ou les limites du savoir.
- Un paradigme global.
- Une opinion.
...
La définition de ce mot et même la méthodologie utilisée pour parvenir à une définition de ce mot relèvent d'options philosophiques ou religieuses fondamentales. Cette aparente obscurité de signification a d'égale l'importance décisive induite par la foi dans la poursuite des projets humains, la religion, la morale, la politique, la justice, l'éducation, la vie sociale...
[] Etymologie
Ethymologiquement, "foi" provient du latin fides et se rattache à une racine indo-européenne bheidh "avoir confiance"
(dictionnaire historique de la langue française).
[] Sur l'importance de la foi
Avoir ou ne pas avoir la foi
Le langage courant entend souvent par foi, la foi en Dieu, et il est dit alors de celui qui rejette l'idée de Dieu qu'il n'a pas la foi, mais la foi peut être aussi une confiance dans le réel, dans l'intelligibiltié partielle du monde, de la matière ou de la perception sensorielle.
Une option tranchée implicitement
En définissant la foi comme l'attitude confiante fondamentale face à l'existence, apparait alors son contraire, d'où l'alternative suivante:
1) La révolte, le sentiment de l'absurde, le refus de l'existence et de l'univers tel qu'il est expérimenté, le suicide.
2) L'émerveillement, l'acceptation, la confiance, l'espérance de sens dans le réel ou l'expectative.
La première option peut se résumer par un "non" la seconde par un "oui". Le oui à l'existence revêt alors alors de fait le caractère de foi à différents degrés. Le concept de Dieu même si il était implicite à cette foi ici-décrite, n'apparait pas explicitement comme nécessaire à cette option face à la vie.
La foi et l'eschatologie
La foi peut être intuitive et immédiate, mais peut aussi être l'objet d'un parcours intellectuel.
Intellectuellement, la recherche de compréhension des origine de l'univers (cosmologie), de la vie, de l'homme (anthropogénèse), de la conscience (neuro-sciences et sciences cognitives) ou de sa propre existence peuvent être des chemins (des voies) pour connaître sa foi (ou sa non foi). De nombreux chercheurs et lauréats du prix Nobel publient ainsi leurs considérations sur leur foi, qu'elle soit déiste ou athée, et sont écoutés et parfois critiqués par le milieu intellectuel.
Mais à cette recherche des origine prime une autre rencontre plus accessible: celle de la destination, de ses limites, de la fin ou encore de la mort. A cet égard, le comportement face aux limites de sa propre vie peut être l'objet de cette même méditation existentielle (et pas seulement intellectuelle):
- Limites physiques: la souffrance, le deuil, la maladie, un accident, la vieillesse.
- Limites morales: la solitude, la séparation, le chômage, les faiblesses, privation partielle ou totale d'une faculté qu'un autre être humain voisin a (experience du manque par la jalousie: don, richesse, pouvoir, intelligence)
Ces expériences sont caractérisées par certains philosophes et théologiens de "mort ontologique" ou plus simplement, de limite de l'existence. Elles peuvent aussi être vu comme manifestation théologique du mal, entendu ainsi comme limite de l'être.
La confrontation avec ces limites de l'être remet en cause en permanence notre foi sans remettre en cause le constat premier: celui de notre existence. En ce sens, la vie peut être l'occasion d'un approfondissement.
[] Panthéisme ou Déisme
Une option fondamentale s'offre à la pensée humaine quand elle constate son existence et celle de l'univers:
1) Panthéisme (au sens large):
L'univers s'explique par lui même. Il est éternel, infini et contient en lui les causes des événements à venir.
1A) Une ou plusieurs parties de cet univers en est la cause. C'est ce qu'on appelle l'idolatrie, l'animisme..., la quasi totalité des religions primitives (dite religion naturelle).
1B) L'ensemble de l'univers en est la cause (panthéisme de Leibniz) et ceci par exemple par la structure de la matière (matérialisme).
Il est à noter que l'ensemble de la philosophie grecque et les religions et philosophies orientales se rattachent au panthéisme au sens large, hormis l'atomisme pré-socratique qui professe une explication de l'existence par le hasard, ce qui est une façon d'éviter de répondre à la question liée au constat de l'existence. (voir plus bas)
2) Déisme:
L'univers n'est pas éternel ni ne s'explique par lui même. Le monde, la vie et l'homme sont à attribuer à quelque chose hors de l'univers d'éternel, de tout puissant et s'expliquant (par définition) par lui-même: Dieu (philosophique). C'est la foi des trois religions dites "révélées".
Note sur l'explication de l'existence par le hasard:
Lorsque l'on répond au constat de l'existence (la sienne et celle de l'univers) par: "nous existons, mais nous aurions pu aussi bien ne pas exister", on ne répond pas à la question puisque en effet "nous existons" et c'est le point de départ de la question. Bergson a remarquablement résumé le consensus philosophique qui prévaut par le fait qu'il est impossible de penser le néant (cf. l'Evolution créatrice). Autrement dit, nous sommes ramenés à l'alternative entre panthéisme au sens large ou déisme.
[] La foi et la science
La science entendue comme corrélation entre l'empirisme expérimental et la recherche créative théorique, n'a méthodologiquement pas la possibilité de remettre en cause l'existence de son objet. En mesurant et en recherchant des lois et une cohérence aux données de la perception, la science ne peut pas s'interroger sur le comment ou pourquoi cette réalité est-elle intelligible.
En fait plusieurs postulat sont préalables à toute science (cf. La matière aujourd'hui, ouvrage collacif § de H.Reeves):
1) Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (cette question est plus pertinente que celle du commencement temporel).
C'est la question dite ontologique.
2) Pourquoi cet univers est-il compréhensible (vulgairement: pourquoi est-il une musique plutôt que du bruit).
Einstein disait: "ce qui est incompréhensible, c'est que le monde soit compréhensible"
(cit. S.Hawkings, brève hisoitre du temps, introduction).
Derrière cette remarque se situent 3 axiomes:
2A) L'univers semble effectivement bien gouverné par des loi (par exemple: gravité, électromagnétisme...). C'est le point de départ de toute la réflexion philosophique sur l'ordre, le chaos...
2B) L'homme a la possibilité d'appréhender ces lois individuellement (recherche scientifique personnelle). C'est la possibilité de passer du "cogito" à une appréhension rationnelle du monde.
2C) L'homme a la possibilité de construire cette science collectivement (possibilité de la science comme construction collective). C'est le fait de l'existence de "Autrui". Newton disait: "nous sommes des nains (scientifiques contemporains) sur les épaules de géants (scientifiques antérieurs)". Remarque: ce dernier point à la face rationnelle-émergée de l'iceberg du problème de l'Autre en philosophie, qui se pose comme point de départ de toute réflexion sur la société, le droit, la justice...
Il a été démontré philosophiquement en quoi l'empirisme logique, notamment proféessé par l'école de Vienne était une position arbitraire (C.Tresmontant: comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu). L'empirisme logique postule comme rationelles les seules assertions pouvant être vérifiées expérimentalement. L'intelligence rationnelle dépasse en fait constamment le cadre de l'empirisme logique, et ceci au sein même du processus intellectuel de recherche scientifique (Eccles, évolution du cerveau et création de la conscience, chap 10).
Les points de départ de la métaphysique, ou les limites de la science comme recherche du sens de l'existence ou de la foi sont en résumé les suivants:
1) Physique: p'origine et le destin de l'univers par l'infiniment grand (cosmologie) et l'infiniment petit (recherches sur les particules).
2) Biogénèse: l'origine de la vie (dont l'epérience de Miller est une des réflexions les plus célèbres).
3) Anthropologie: l'origine de la conscience (notamment, les travaux de Eccles).
Les découvertes de la science au XXème siècle ont ainsi ouvert la voie à de nouvelles pistes de co-existence entre foi et raison.
[] La foi judaïque
La foi du peuple juif a été une nouveauté historique:
- Elle est la première à affirmer que l'univers ( tout et parties) n'est pas divin, c'est à dire qu'il ne possède pas en lui les propriétés divines (aséité, éternité, toute puissance, infinité...). Autrement dit, c'est la première "philosophie" ou vision du monde non panthéiste. (cf. récit de la création de la Génèse).
- Elle affirme que cette divinité est Une, qu'elle s'adresse à l'homme, que ce dernier est à son image et que l'homme est appelé à participer à la vie divine. (cf. Idem)
- Elle prétend être périodiquement informée directement de Dieu dans le cadre de ce qu'on appelle le prophétisme hébreux: 2000 ans pendant lesquels des prophètes parlent (ou disent parler) au non de dieu au peuple hébreux. (Ancien testament, livres prophétiques)
- Elle situe et approfondit la morale dite naturelle dans le cadre de ce projet créateur et rédempteur. (cf. Exode: 10 commandements et autres prescription juive).
- Cette foi devient l'élément fondateur du peuple juif, ce dernier étant dépositaire de la révélation, élu par Dieu. Peuple ainé dans l'odre de la rédemption.
D'autre part, la foi du peuple juif et ses livres sont considérés par l'ensemble des chrétiens comme la base historique et théologique de la foi chétienne: ancienne alliance (ou ancien testament). Les musulmans retiennent de leur côtés que certains traits les plus caractéristiques de la foi juive (monothéisme, abraham comme père des croyants...) tout en se démarquant de celle-ci sur de nombreux points non négligeables (messianisme, le peuple en marche de l'exode...).
[] La foi chrétienne
La foi du chrétien (catholique, orthodoxe et d'une partie des protestants) est contenue de manière synthétique et dogmatique dans les différentes version du credo ("je crois" en latin) appelé aussi symbole des apôtres. Le credo (deux versions principales symbole de Nycée et symbole de Constantinople) est un texte de plusieurs dizaines de phrases qui exprime successivement la foi:
- En le Dieu créateur de l'univers (le Dieu des philosophes et le Dieu de Einstein).
- En Jésus Christ et les principaux événements de sa vie, de sa mort et de sa résurection. (foi au christ historique mais aussi messianique).
- En l'Esprit saint (divergences de définitions entre catholiques et orthodoxes), l'Eglise (entendue comme spirituelle chez les protestants et incarnée par l'Eglise hiérarchique chez les catholique et orthodoxes), la communion des saints (idem), à la vie éternelle... (Bonne Nouvelle ou pertinence actuelle du message du Christ)
Mais "je crois en Dieu" ne se réduit pas à "Dieu existe" ou "je crois à l'existence de Dieu". En effet, "je crois en Dieu" implique successivement:
- Je crois en l'existence de Dieu.
- Je crois et j'acquiesse au plan de Dieu dans ma vie (en latin la phrase est construite par credo in + acc. qui suppose une mise en mouvement, donc une interaction réciproque). La foi du chrétien est une rencontre personnelle avec Jésus Christ et une expérimentation de sa parole et de l'Eglise comme édifiante, salvatrice et source de paix.
La foi chrétienne est ensuite avant tout communautaire (cf. J.Ratzinger les principes de la héologie catholique § 1 Structure et contenu dans la foi chrétienne). Elle n'est pas un acquis mais l'objet d'une éducation permanente dans la catéchèse est l'élément central (cf. Directoire général de la catéchèse). Elle naît de la prédication (St Paul) et meurt si elle n'est pas transmise.
- Elle peut être enseignée dès l'enfance (éducation chrétienne familiale) et mûrit alors depuis la réception du baptême puis tout au long de la vie.
- Elle peut naître adulte et être alors éduquée dans le cadre du catéchuménat. L'approfondissement de la foi chrétienne est alors validé dans le scrutin du catéchuménat appelé "redditio symboli" ce qui se veut dire en français "proclamation du symbole des apôtres (ou credo)".
[] Définitions et propriétés de la foi selon la Bible
" La foi est une ferme assurance des choses qu?on espère, une démonstration de celles qu?on ne voit pas". Hébreux 11.1
Loin d?être une nébuleuse illusion de gens qui n?ont plus les pieds sur la terre, la foi est une tranquille confiance en un Dieu réel, tout-puissant et proche, quoiqu?invisible (v. 6, 27); elle est une merveilleuse assurance en son amour, en son salut, en sa Parole; elle est faite aussi de crainte respectueuse à l?égard de ses jugements (v. 7) et d?obéissance envers sa volonté. Romains 1.5; 15.18 "Le juste vivra par la foi" (1.17) et "sans la foi, il est impossible d?être agréable à Dieu". Hébreux 11:6.
[] La foi de l'islam: Al-Imâne
Transcription : La Foi se dit Al-Imâne en arabe. Al-Imâne signifie littéralement : «Connaissance, Croyance et Conviction sans aucun doute possible». Al-Imâne est à la base de l'islam.
La Foi (Al-Imâne) dans l'islam est une conviction ferme, une exhortation à croire en Dieu, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable. Al-Imâne est à la base de l'islam.
La profession de foi (cha'ada) tient lieu de premier pilier de l'islam. Elle consiste en une déclaration d'unicité de Dieu, et à la reconnaissance du prophète Muhammad comme envoyé de Dieu. Sa transcription est la suivante : "J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité à part Dieu, et que Muhammad est Son Envoyé."
La foi musulmane repose donc, avant tout, sur la croyance ferme en l'unicité de Dieu. Le culte musulman est uniquement voué à Dieu. Dieu, l'Unique. Sans aucune forme d'association. Sans aucune forme d'idolatrie.
Outre la croyance ferme en l'unicité de Dieu, le musulman croit à la mission d'envoyé du prophète Muhammad (Paix et Salut sur Lui) et, partant, à la révélation du Coran qui lui a été faite.
Le musulman croit également aux prophètes antérieurs à l'islam, comme Jésus fils de Marie (appelé Issa - ou Issa ben Mariama pour souligner sa filiation à sa mère Marie (Mariama)), Moïse (appelé Moussa), Jonas (appelé Younouss), et Abraham (Ibrahima) qui est un modèle de piété pour le musulman.
Il croit aussi aux Anges, aux Livres révélés antérieurs au Coran, au Jour Dernier, et à la Prédestination favorable ou défavorable.
[] Citations
«C?est le c?ur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c?est que la foi : Dieu sensible au c?ur, non à la raison.»
-- Blaise Pascal
«La foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas.»
-- Épitre aux Hébreux, chapitre 11.
[] Liens internes
[] Liens externes
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