Saisir un mot clé:
 
 

heavy_metal_(musique)

Ce site est un miroir du site http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil

Heavy metal (musique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

(Redirigé depuis Métal (musique))
Pour les articles homonymes, voir Heavy metal.
Heavy metal
Origines stylistiques Blues rock
Hard rock
Rock psychédélique
Origines culturelles États-Unis États-Unis et
Royaume-Uni Royaume-Uni
Fin des années 1960
Instrument(s) typique(s) Guitare, basse, batterie
Popularité Mondiale, surtout dans les années 1980

Sous-genre(s) }}
Genre(s) dérivé(s) Avant-garde metal - Black metal - Death metal - Doom metal - Folk metal - Funk metal - Glam metal - Gothic metal - Groove metal - Heavy metal traditionnel - Metalcore - Metal alternatif - Metal industriel - Metal néo-classique - Nu metal - New Wave of British Heavy Metal - Power metal - Metal progressif - Speed metal - Metal symphonique - Thrash metal
Genre(s) associés(s) Grunge
Hard rock
Punk rock
Scènes régionales Royaume-Uni Royaume-Uni
Suède Suède
Allemagne Allemagne
Portugal Portugal
États-Unis États-Unis
Brésil Brésil
Finlande Finlande
Québec Québec
Norvège Norvège
Italie Italie
Espagne Espagne

Voir aussi Groupes classés par genre
Labels de metal
Sous-genres du heavy metal

Le terme heavy metal peut avoir plusieurs sens selon le contexte dans lequel il est employé.

  • 1. Dans un contexte original, il est utilisé comme un synonyme de Hard rock
  • 2. Dans un second sens, le terme désigne le heavy metal traditionnel une tendance esthétique qui, au cours des années 70 et 80, s?est démarquée du Hard rock, en s?éloignant de ses racines blues.
  • 3. Dans un sens généralisé le heavy metal ou metal (tout court) désigne toutes les musiques qui descendent du heavy metal (sens second) et du hard rock. C'est dans ce dernier sens, le sens généralisé, que le terme est ici employé:

Le heavy metal (ou communément metal) est un genre de rock[1] apparu au Royaume-Uni et aux États-Unis à la fin des années 1960. Le heavy metal puise son inspiration, entre 1969 et 1974[2], dans des groupes de hard rock qui, en combinant blues et rock, ont créé un hybride aux sonorités lourdes et épaisses, centré sur les impulsions de la batterie et de la guitare à la distorsion très amplifiée.

Au fil des années, le heavy metal a donné naissance à des sous-genres variés et, bien que ceux-ci soient généralement appelés « metal » par le grand public, le terme « heavy metal » a maintenant deux sens distincts : soit le genre et toutes ses variantes, soit le style original des groupes des années 1970 et 1980 ? parfois baptisé de « heavy metal traditionnel » . De ce fait, la définition du terme tend à être ambiguë et n'est pas la même selon la période de l'histoire du rock à laquelle on se réfère.

  • Au début des années 1980, le terme a été redéfini par Lester Bangs peu de temps avant sa mort : il existe une subtile différence entre hard rock et heavy metal[4], résidant principalement dans le fait que le heavy metal tend à se débarrasser des racines blues tandis que le hard rock les conserve[5]. Avec cette définition, qui prévaut de nos jours, seuls des groupes de heavy metal traditionnel comme Black Sabbath et Judas Priest peuvent être considérés comme précurseurs de l'esthétique et du son spécifiques du heavy metal.

Le heavy metal s'est popularisé dans les années 1970 et 1980, au fur et à mesure de l'apparition de ses sous-genres, et il génère toujours dans les années 2000 un fort engouement de la part de ses fans à travers le monde.

Sommaire

[] Caractéristiques

Le heavy metal se caractérise par la dominance de la guitare et de la batterie, ainsi que par une rythmique puissante. Il puise ses influences dans le rock, la musique classique et, dans une moindre mesure, le blues. Toutefois, comme il englobe de nombreux sous-genres qui se sont démarqués les uns des autres de par leurs propres variations stylistiques, il existe désormais une très grande variété de sons et de styles au sein du genre dit « heavy metal ».

D'après le site All Music Guide, « de la kyrielle de formes musicales engendrées par le rock'n' roll, le heavy metal constitue la plus extrême en termes de volume sonore, de machisme et de théâtralité. »[6]

[] Instruments et sons

Dans sa configuration instrumentale la plus fréquente, un groupe de metal est composé d'un batteur, d'un bassiste, d'un guitariste rythmique, d'un guitariste « lead »[7] et d'un chanteur (qui peut jouer ou non d'un instrument). Les claviers ? surtout l'orgue et parfois le mellotron ? étaient relativement répandus dans les premiers groupes de heavy metal mais, graduellement, leur utilisation est devenue de moins en moins fréquente. Au sein des groupes des années 2000, les claviers sont en vogue (tout particulièrement les synthétiseurs) dans certains sous-genres, tandis qu'ils sont rejetés par d'autres.

[] La guitare

La guitare, alliée à la puissance sonore qu'elle propulse grâce à l'amplification, constitue l'élément-clé du heavy metal[8]. La distorsion du son de guitare est utilisée pour créer un son plus puissant et plus lourd. Au fil de l'évolution du genre, les solos de plus en plus complexes et les riffs deviennent la marque de fabrique de la musique heavy metal. Pour un jeu rapide, les guitaristes utilisent, entre autres techniques savantes, les techniques du sweeping et du tapping, d'autant que nombre de sous-genres encouragent la virtuosité au détriment de la simplicité. Par ailleurs, au fur et à mesure des progrès technologiques, de nouvelles techniques permettant de transformer le son de la guitare sont adoptées par les musiciens.

Au cours de la première moitié des années 1970, commencent à émerger des groupes comprenant deux guitaristes « lead » ? notamment Wishbone Ash, The Allman Brothers Band, Scorpions, Thin Lizzy et Judas Priest, tous célèbres pour leurs paires de guitaristes capables d'assurer tant les solos et les mélodies que les accompagnements et les harmonies. Bon nombre de groupes, comme Iron Maiden, ont alors pour habitude de faire alterner au sein d'un même morceau les jeux de leurs deux guitaristes, qui endossent tour à tour les rôles de guitariste rythmique et de guitariste « lead ».

[] La basse

Dans le metal, contrairement à des styles comme le jazz ou le funk, la basse tend généralement à assumer le rôle traditionnel d'un instrument de registre grave. En effet, la basse est généralement utilisée pour doubler à l'octave les parties basses de la guitare pour mettre en relief la base harmonique des riffs. À ce titre, le rapport de la basse et de la guitare rythmique peut être dans une certaine mesure comparé au rapport contrebasse / violoncelle des ensembles instrumentaux classiques, où la contrebasse vise le plus souvent à doubler à l'octave la ligne du violoncelle.

À ce rôle de base de doublure de la guitare, les bassistes ajoutent parfois aussi des notes d'ornements ou des notes de passage pour enrichir leurs lignes. La basse est aussi souvent utilisée pour jouer des pédales d'harmonie en fond, tandis que les guitares jouent différentes harmonies par dessus.

En dehors du rôle traditionnel qui lui est le plus souvent assigné, il arrive parfois que la basse joue un rôle plus autonome et plus indépendant de la guitare. C'est notamment le cas du style de Cliff Burton dans Metallica, où la basse pouvait jouer parfois un jeu de dialogue avec la guitare (exemple : For Whom the Bell Tolls ou Orion). L'indépendance de la basse est souvent un élément récurrent dans le metal alternatif et un rôle fondamental dans le style dit Funk Metal, qui reprend l?importance attribuée à la basse dans le funk, comme c'est le cas d'un groupe comme Red Hot Chili Peppers, qui joue souvent des lignes totalement différentes de celles de la guitare.

Les lignes de basses sont normalement jouées grâce aux frôlements des doigts sur les cordes (certains jouent à deux doigts, index et majeur, d'autres rajoutant l'annulaire). Mais dans les lignes rapides qu'exige le style, certains bassistes préfèrent utiliser le médiator pour augmenter leur vitesse de jeu. De plus, cela donne un son plus incisif et métallique au son rond habituel de la basse. Il existe également le slap, rarement utilisé dans les branches traditionnelles du metal, mais très largement dans le metal alternatif.

[] La voix

Lemmy Kilmister, chanteur du groupe Motörhead
Lemmy Kilmister, chanteur du groupe Motörhead

Les techniques vocales utilisées dans le metal varient grandement d'un groupe à l'autre. L'habileté vocale des chanteurs peut s'observer aussi bien dans les voix théâtrales couvrant plusieurs octaves de Rob Halford (Judas Priest) et de Bruce Dickinson (Iron Maiden) que dans les techniques vocales volontairement bourrues de Lemmy Kilmister (de Motörhead). Dans les sous-genres du heavy metal, on rencontre souvent aussi la technique vocale du death grunt popularisée par Jeff Becerra de Possessed et pratiquée par de nombreux groupes de death, grind, doom et gothic metal ou encore le chant éraillé, fréquent dans le black metal. Au milieu des années 1990, on assiste à une évolution du chant dans les groupes de metal/nu metal. Ainsi, pour beaucoup de groupes, le chant devient alterné ; cela consiste à passer des vocaux clairs-mélodiques au chant éraillé. Ce type de vocaux apparaît avec des chanteurs comme Jonathan Davis (Korn) ou Burton C. Bell (Fear Factory). Plus récemment, certains groupes (tout particulièrement ceux de metal symphonique) tendent à intégrer des chanteurs qui maîtrisent les techniques du chant lyrique[9], comme Tarja Turunen (ex-Nightwish) ou Sarah Jezebel Deva (Cradle of Filth, Therion).

[] Batterie

À l'origine, côté percussions, le heavy metal reprenait les techniques de jeu traditionnelles du rock. Mais de nombreux sous-genres ont par la suite popularisé certaines techniques spécifiques comme la double pédale, les skank-beats et, tout particulièrement, les blast beats. Ces techniques de jeu permettent de créer des phrases rythmiques dynamiques et fulgurantes qui soulignent et ponctuent la dynamique des guitares.

  • La double pédale de grosse caisse fut introduite dans le heavy metal avec les premiers essais de speed metal ? Judas Priest avec « Exciter » (1978) et Accept avec « Fast as a Shark » (1982) ?, puis entérinée par les premiers groupes de thrash au début des années 1980. Cette technique est très fréquemment utilisée dans le speed, le power metal, le thrash, le death et le black metal. Elle se caractérise par le recours à une technique de jeu synchronisé des pieds dans laquelle les pulsations sont réparties alternativement sur deux pédales, permettant de créer des phrases rythmiques fulgurantes à la grosse caisse.
  • Les skank-beats, popularisés par le hardcore et adaptés par les premiers groupes de thrash, consistent à jouer en réduction sur deux temps une phrase rythmique de rock classique de quatre temps, ce qui donne une illusion d'accélération de la musique par deux alors même que le tempo n'a pas augmenté. C'est le rythme typique du thrash metal.

[] Volume sonore

Le volume sonore produit en concert est souvent considéré comme partie intégrante du folklore du heavy metal, au même titre que tout le reste[12]. En s'inspirant des arrangements live de Jimi Hendrix et des Who (qui se sont vus attribuer la distinction du « Groupe le plus bruyant du monde » par le Livre Guinness des records), les premiers groupes de metal ont repoussé les limites de référence en terme de volume sonore lors des spectacles. Plus récemment, Manowar, groupe célèbre pour ses volumes de jeu hors norme, a été répertorié par le Guinness comme le groupe jouant le plus fort au monde, à l'occasion d'un concert à Hanovre en 1994, avec 129,5 décibels mesurés. Ce groupe a la particularité de réussir à allier la puissance sonore à la conservation d'un son audible de grande qualité, grâce au recours à un matériel de pointe[13].

Tony Iommi, le guitariste de Black Sabbath, est un exemple parmi tant d'autres de musicien ayant souffert de problèmes auditifs liés au volume excessif de ses propres concerts. Ainsi, le rocker américain Ted Nugent et le guitariste Pete Townshend des Who sont presque sourds. De nombreux artistes, comme le guitariste virtuose Edward Van Halen et Joey DeMaio de Manowar[14], entre autres, montent sur scène avec des bouchons d'oreilles, pratique qui est aussi largement répandue dans le public.

[] Langage musical

[] Rythme et groove

En terme de rythmique, le heavy metal se caractérise par :

  • Un groove spécifique s'appuyant fréquemment sur des phrases rythmiques en staccato (à travers un large emploi du palm mute). Des phrases rythmiques s'appuyant sur de courtes figures rythmiques égales binaires ou ternaires (le plus souvent en croche ou double croche)[15] en mesure 4/4 le plus souvent. En termes plus métaphoriques, cela veut dire que le metal se caractérise souvent dans son ensemble par des rythmiques dynamiques et saccadées, réalisées à partir de petites cellules rythmiques sèches juxtaposées les unes aux autres. Beaucoup de groupes reprennent ensuite cette trame de base en l'agrémentant de diverses variations à travers des ornements mélodiques ou des syncopes[16].
  • Un usage récurrent de longues valeurs rythmiques (en ronde, voire s'étendant sur plusieurs mesures), dans les chansons à tempo lent : autrement dit, des accords oppressants qui résonnent longuement grâce à l'amplification.

Dans les sous-genres de metal, ce groove de base reste toujours fréquent mais il présente diverses variations selon les genres : le power metal, le thrash et le death l'ont accéléré avec des rythmes en tremolo, tandis que les groupes de black metal ont tendance à délaisser le staccato dans leur tremolo pour les jouer en legato (sans palm mute). Dans le doom et le gothic metal, c'est plutôt l'emploi de valeurs longues en ronde qui sera exploité plus en profondeur. Les groupes de metal progressif eux aussi reprennent souvent le groove de base mais l'adaptent à d'autres mesures (5/4, 7/4, 5/8, 7/8, etc.).

[] Accords

L'une des caractéristiques du heavy metal réside dans sa grande utilisation du power chord, et tout particulièrement des accords s'appuyant sur la relation fondamentale/quinte, qui sont de loin les plus utilisés de tous. On rencontre parfois d'autres types de power chords[17] :

Exemple d'un riff de heavy metal faisant usage de différents types de power chord : riff principal de  Megadeth - Addicted To Chaos (page de description du fichier)
Exemple d'un riff de heavy metal faisant usage de différents types de power chord : riff principal de Megadeth - Addicted To Chaos (page de description du fichier)

[] Relations harmoniques typiques

Le heavy metal s'appuie par nature sur le riff, la base fondamentale du genre. Les riffs sont souvent construits autour d'un certain nombre de traits harmoniques particuliers :

[] Les harmonies modales

Le heavy metal privilégie généralement les modes mineurs qui sont culturellement associés aux connotations plus sombres et plus tristes. Il fait un large emploi de progressions d'accords résultant d'harmonies modales

Le mode de la (le mode dit « éolien ») est tout particulièrement privilégié dans le heavy metal tradtionnel [18] . Des progressions typiques du mode de La sont : I-VI ?VII, I VII-(VI), I-VI ?IV- VII ou parfois I- V(mineur)-I.

Exemples :

  • Judas Priest - Breaking the Law (riff principal : I- VI-VII)
  • Iron Maiden - Hallowed be thy Name (riff principal et phrases de couplet : I- VI-VII)
  • Accept - Princess of the Dawn (riff principal : I- VI-VII)
Exemple d'une progression modale éolienne typique du heavy metal classique (I-VI-VII (La m-Fa-Sol)) : le riff principal de  Judas Priest - Breaking the Law (page de description du fichier)
Exemple d'une progression modale éolienne typique du heavy metal classique (I-VI-VII (La m-Fa-Sol)) : le riff principal de Judas Priest - Breaking the Law (page de description du fichier)

Le mode de mi (le mode dit « phrygien ») est aussi largement utilisé dans le metal. [19] Dans lequel les progressions harmoniques de type I-II(bémol)sont privilégiés.

Exemples :

  • Mercyful Fate- Gypsy (riff principal I-II-I-VI-V)
  • Megadeth- Symphony of Destruction (riff principal s'articulant sur la succession II-I)
  • Sodom- Remember the Fallen (riff principal- la fin du riff implique une cadence phrygienne I-II-III)

Le mode de si (le mode dit « locrien ») ou du moins certaines de ses inflections peuvent parfois aussi être utilisées à la place ou en alternance du mode de mi. Ce mode est en effet proche structurellement du mode de mi mais inclut en plus un rapport de quinte diminuée entre son premier et cinquième degrés.

Exemple:

  • Judas Priest- Painkiller (le riff principal)
  • Metallica- The Shortest Straw (le riff principal)(qui inclut à la fois des inflections du mode de mi et du mode de si)

Le mode mineur harmonique peut aussi être parfois utilisé (souvent en référence au classique). Cette gamme est en effet la gamme mineure typique du classique. Certains guitaristes virtuoses comme Yngwie Malmsteen, Ritchie Blackmore ou encore Uli Jon Roth se sont faits les spécialistes de son emploi. Son utilisation reste toutefois relativement minoritaire en regard du mode de la, mi ou des relations harmoniques tendues.

[] Relations harmoniques tendues et intervalles dissonants

Un des traits harmoniques les plus fréquents dans les divers sous-genres du heavy metal est l'emploi de relations harmoniques tendues s'appuyant sur le chromatisme, le triton ou d'autres intervalles dissonants[20] et diverses instabilités tonales, comme l'emprunt d'accords à des tonalités éloignées dans une même phrase.

Plusieurs musicologues et musiciens ont noté le rôle du triton[21] dans le heavy metal[22], un intervalle dissonant résultant de l'adjonction d'une fondamentale à une quarte augmentée (exemple Do-Fa#). L'emploi de cet intervalle avait été exclu de la musique médiévale à cause de son caractère jugé peu mélodique dans le plain-chant. Les moines le baptisèrent d'ailleurs « Diabolus In Musica » (littéralement, « le diable dans la musique ») tant du fait de leur dédain à son égard que par association symbolique entre bon goût musical et morale chrétienne.[23] En raison de cette association symbolique originelle, les sonorités de l'intervalle ont été, dans l'inconscient populaire, culturellement assimilées à quelque chose de diabolique. Aussi, de nos jours, l'emploi du triton tend souvent à connoter un sentiment « malsain » ou « maléfique », surtout quand sa dissonance est utilisée sans fonctionnalité tonale. Cet intervalle est tout particulièrement employé dans les solos et surtout dans les structures harmoniques mêmes, par exemple au début de la chanson Black Sabbath du groupe du même nom.

Exemple typique d'une progression harmonique avec le triton (sol-do#) : le riff principal de la chanson Black Sabbath par Black Sabbath.
Exemple d'un accord arpégé constitué d'un triton (mi-la#) dans l'introduction acoustique de Seasons in the Abyss par Slayer.

[] Pédale d'harmonie

Le heavy metal fait aussi un large usage des pédales d'harmonie[24] en tant que bases des riffs. Une pédale d'harmonie est une note qui est tenue, généralement dans le grave (souvent la tonique, c'est-à-dire la note la plus importante du passage) par dessus laquelle se succèdent différents accords étrangers à cette note (c'est-à-dire dissonants)[25]. Les pédales créent souvent des effets de tension et d'attentes. Dans le heavy metal, les riffs sont souvent construits à partir d'accords ou de motifs évoluant autour d'une note grave continuellement répétée (une pédale), le plus fréquemment en corde à vide sur les cordes graves de Mi, La ou Ré à la guitare ou à la basse[26].

Un des exemples les plus parlants et les plus représentatifs est celui du riff d'ouverture de "You've Got Another Thing Comin'" de Judas Priest. Dans ce cas de figure, une guitare joue la pédale en Fa # grave en continu tandis que la seconde guitare fait résonner trois power chords différents successifs (Mi 5, Si 5 et Fa#5) par dessus.

Mais l'alternance ou la superposition entre pédales et accords peut aussi être réalisée par une seule guitare: exemple le riff principal de "Fight Fire with Fire" de Metallica: la pédale est la note Mi grave (en corde à vide) répétée en continu de façon très rapide et en alternance avec les power chords successifs de Sol 5, Fa# 5 et Fa 5. Ces accords sont des accords étrangers à cette note en ce sens qu'ils ne possèdent pas la note Mi dans leur constitution naturelle.

[] Différences entre hard-rock et heavy metal en matière d'harmonie

En raison de ces traits particuliers, une distinction spécifique s'est lentement dessinée entre heavy metal et hard rock. Si les deux s'appuient sur la mise en avant des guitares et sur une structure à base de riffs, le heavy metal diffère tout particulièrement du hard rock dans le fait que les structures harmoniques et mélodiques du blues sont remplacées par des progressions modales et des relations tonales instables (chromatisme, intervalles dissonants, progressions d'accord noyant l'orthodoxie tonale).

Ainsi, les harmonies du heavy metal sont généralement plus froides et plus sombres que celles du hard rock[27].

[] Thèmes

Eric Adams, chanteur de Manowar habillé de façon guerrière.
Eric Adams, chanteur de Manowar habillé de façon guerrière.

Comme souvent dans la musique populaire, l'imagerie et l'apparence occupent chez les groupes de heavy metal une place prépondérante. Les couvertures d'albums et les prestations en concert font autant partie de l'image d'un groupe que la musique elle-même. Par le biais du heavy metal, nombre d'artistes travaillent en collaboration dans le but de produire tous les éléments d'un album, chacun apportant à l'?uvre son talent particulier, en vue d'offrir au public un produit artistiquement riche. En cela, le heavy metal représente peut-être aujourd'hui davantage une forme d'art protéiforme, au service de la manifestation d'un univers particulier, plutôt qu'une forme singulière dominée par un seul et même mode d'expression. De fait, si la musique demeure la composante principale de l'univers du heavy metal, elle n'en est toutefois pas la seule, l'image de chaque groupe s'incarnant aussi au travers de l'artwork[28] (les couvertures d'albums et les images de livrets), de la scénographie de ses concerts, du ton des paroles de ses chansons et du style vestimentaire de ses membres. L'illustrateur de heroic fantasy Ken Kelly, qui travaille principalement avec Manowar dans le domaine de la musique, a ainsi créé un personnage musculeux, sombre et vengeur qui illustre les albums de Manowar et qui fait dorénavant partie intégrante de l'image du groupe. Les illustrations participent à l'ambiance générale des albums en les étoffant d'un aspect visuel très important, grâce auquel le public peut se plonger plus rapidement dans l'univers de chaque groupe. Autre figure célèbre auprès des fans de heavy metal, Eddie, la mascotte d'Iron Maiden, apparaît sur la pochette de presque tous les albums du groupe.

Eddie, mascotte du groupe Iron Maiden, en concert (2005).
Eddie, mascotte du groupe Iron Maiden, en concert (2005).

Les historiens du rock ont tendance à considérer que, tandis que l'apport de la musique populaire occidentale donne au heavy metal son côté fantaisiste, à travers des paroles d'inspiration fantastique, dans le même temps, les racines blues dans lesquelles ce genre est ancré lui confèrent une touche plus réaliste, plus cathartique, davantage axée sur des sujets tels que la perte de l'être cher, le chagrin et la solitude.

Tandis que les composantes auditives et thématiques du heavy metal sont majoritairement influencées par le réalisme du blues, les composantes visuelles le sont principalement par l'imaginaire de la musique populaire. Les thèmes du mal, du sombre, de la force et de l'apocalypse sont utilisés pour exprimer la réalité des problèmes de la vie[29]. En réaction à la culture hippie « peace and love » des années 1960, le heavy metal se développe comme une contre-culture de type expressionniste dans laquelle la lumière est étouffée par l'obscurité et où la fin joyeuse des chansons pop cède la place à l'expression de la triste réalité de ce monde, où les choses ne s'arrangent pas toujours. Alors même que, selon certains fans, le message du heavy metal n'est pas sombre, ses détracteurs accusent le genre de glorifier les aspects négatifs de la réalité.

En dehors du fantastique, les thèmes abordés par le heavy metal sont généralement plus graves que ceux de la pop des années 1950, 1960 et 1970. Ils tournent beaucoup autour de la guerre, la menace nucléaire, les problèmes de l'environnement et la propagande politique ou religieuse. Entre autres exemples de chansons traitant de ces sujets, on peut citer War Pigs de Black Sabbath, Killer of Giants d'Ozzy Osbourne, ...And Justice for All de Metallica, 2 Minutes to Midnight d'Iron Maiden,Civil War de Guns N' Roses et Balls to the Wall d'Accept.

[] Influence classique

Le heavy metal s'est beaucoup inspiré de compositeurs baroques, romantiques et modernes comme Jean-Sébastien Bach, Niccolò Paganini, Richard Wagner et Ludwig van Beethoven[30]. Le fameux accord de triton, par exemple, fut exploité par les compositeurs romantiques ou post-romantiques comme Liszt, et surtout par les compositeurs modernes (comme Bartók, Stravinski ou Schönberg dans ses ?uvres tonales). Ceux-ci, en effet, l'utilisèrent tant pour ses sonorités aux connotations inquiétantes et sombres que pour sa fonction d'instabilité structurelle tonale.

Ritchie Blackmore, le guitariste de Deep Purple et de Rainbow, a par exemple, dès le début des années 1970, incorporé des figures mélodiques empruntées à la musique dite « classique ». Après Ritchie Blackmore, Randy Rhoads et Uli Jon Roth, le jeu de guitare des années 1980 fut influencé par la musique du début du XVIIIe siècle, considérée comme un modèle de rapidité et de technique. Yngwie Malmsteen constitue un autre exemple notable de guitariste inspiré par la musique classique : ses prouesses techniques inspirèrent d'ailleurs un certain nombre de joueurs néo-classiques dont Michael Romeo, Michael Angelo Batio et Tony MacAlpine.

La musique de la fin de l'ère baroque occidentale fut aussi reprise sous un angle gothique, comme dans Mr. Crowley (1981) de Ozzy Osbourne et Randy Rhoads. Ces derniers ont utilisé des sons d'orgue et des solos inspirés de la musique baroque pour créer une ambiance en rapport avec les paroles d'Osbourne, qui traitent de l'occultiste Aleister Crowley. Pour l'introduction de Diary of a Madman (1982), Rhoads a beaucoup emprunté au compositeur de guitare classique cubain Leo Brouwer et, plus particulièrement, son « Étude n° 6 ».

Certains groupes sont allés plus loin encore, en jouant occasionnellement avec des orchestres au grand complet. Yngwie Malmsteen et Ritchie Blackmore furent parmi les premiers à écrire de la musique orchestrale adaptée à leur style. Puis les générations qui suivirent, venant du power metal, du gothic metal et du black metal (notamment des groupes comme Nightwish, Therion, Symphony X, Emperor, Dimmu Borgir) ont poussé leurs influences classiques jusqu?à systématiser le recours à des ambiances plus ou moins symphoniques grâce notamment à l'emploi de synthétiseurs, certains comme Therion allant même jusqu?à s?offrir les services d'orchestres et de ch?urs à chaque enregistrement.

Cependant, s'il est vrai que ces musiciens se sont inspirés de compositeurs classiques, malgré l'idée reçue chez certains fans, le metal ne descend pas pour autant de la musique classique[31]. Le « classique » est une musique savante alors que le metal reste avant tout d'essence populaire[32].

De fait, les musiciens de metal se focalisent et empruntent des aspects généralement superficiels de la musique classique (des motifs, des mélodies, des gammes, voire au mieux un dispositif orchestral), cette pratique de réutilisation d'un matériau musical étant d'ailleurs traditionnelle et courante dans pratiquement tous les genres musicaux. Mais ils cherchent rarement une véritable exploitation de la profondeur et de la complexité compositionnelle de la musique classique (et ce, même au sein des sous-genres de metal dits « néo-classique » ou « progressif », malgré leur érudition musicale). Par exemple, les guitaristes supposés inspirés par Bach font rarement usage des structures contrapunctiques complexes qui sont pourtant si centrales dans les compositions de ce dernier.

En outre, l'usage étendu des power chords dans le heavy metal (impliquant d'innombrables quintes et octaves consécutives[33]) va à l'encontre des principes d'écriture fondamentaux de la musique classique: l'emploi de quintes consécutives tout particulièrement constituant une violation d'une règle d'harmonie fondamentale de son esthétique.[34]. Enfin, le fait que de nombreux groupes se qualifient « symphoniques » en utilisant des synthétiseurs en lieu et place d'orchestres serait, aux yeux du monde classique, perçu comme une hérésie ou comme de la pure naïveté. En effet, la pauvreté des sons artificiels d'un synthétiseur ne peut en aucune façon égaler la richesse du spectre acoustique d'un orchestre symphonique.

La complexité et la richesse des messages à caractère musical, social et philosophique du heavy metal résident ailleurs que dans cet emprunt de timbres.

[] Histoire

[] Le terme « heavy metal »

L'origine du terme heavy metal employé en musique est incertaine. Cette expression, utilisée depuis des siècles dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie, est répertoriée sous cette acception dans le dictionnaire Oxford English Dictionary. L'une des premières utilisations du terme dans la culture populaire underground revient à l'écrivain américain William S. Burroughs qui, dans son roman The Soft Machine[35] (1961, La Machine molle en français), évoque un personnage du nom de « Uranian Willy, the Heavy Metal Kid ». Dans son roman suivant, Nova Express, publié en 1964, il développe ce thème plus avant encore en faisant de l'expression heavy metal une métaphore des drogues psycho-actives[36]. Ce terme peut aussi signifier « artillerie lourde ».

Photographie du Hindenburg en feu, adaptée ensuite par Led Zeppelin pour la pochette de leur premier album (Led Zeppelin I)
Photographie du Hindenburg en feu, adaptée ensuite par Led Zeppelin pour la pochette de leur premier album (Led Zeppelin I)

Le premier emploi du terme heavy metal dans une chanson enregistrée remonte à 1968, dans la phrase « heavy metal thunder »[37] qui figure dans le morceau Born to Be Wild de Steppenwolf. D'après l'ouvrage The History of Heavy Metal, le terme fut emprunté au « hippiespeak » (« jargon des hippies »), heavy (« lourd ») se rapportant à toute chose capable de générer une humeur intense et metal qualifiant cette humeur potentiellement aiguisée, ou lourde, comme le métal. Le mot heavy (dans son acception signifiant « sérieux » ou « profond » en argot américain[38]) était entré quelque temps auparavant dans le jargon de la contre-culture, notamment celui de la Beat generation, et on trouvait déjà couramment des références à la heavy music, cette expression désignant une musique aux variations plus lentes et plus amplifiées que celles de la musique populaire standard de l'époque. À titre d'illustration, on peut citer le groupe Iron Butterfly, qui fit ses débuts à San Diego en 1966, son nom évocateur (littéralement, « papillon de fer ») étant expliqué sur la pochette de l'un de ses albums : « Iron symbolisait quelque chose de lourd dans le son et Butterfly représentait la lumière, attachante et versatile... un objet librement utilisable par l'imagination. » Qui plus est, le premier album de ce groupe, sorti en 1968, s'intitulait Heavy. Enfin, le fait que le nom même de Led Zeppelin, en partie inspiré par Keith Moon qui avait déclaré que le groupe allait « tomber comme un ballon de plomb »[39], ait incorporé dans sa sonorité l'appellation d'un métal lourd (heavy metal) ? le plomb, « lead » en anglais, prononcé led ? pourrait avoir scellé le début de la consécration de cette expression.

Autre hypothèse : à la fin des années 1960, Birmingham, qui était encore un haut lieu de l'industrie en Angleterre (de la métallurgie, en particulier), voyait graviter dans ses environs de nombreux groupes de rock, comme The Move ou Black Sabbath, et certains suggèrent que le terme heavy metal pourrait avoir un lien avec les activités de ce pôle industriel britannique. Ainsi, la biographie de The Move indique que le son du groupe est attribuable à son recours aux riffs de guitare « lourds » (heavy en anglais) qui étaient alors populaires dans les « metal Midlands » (partie centrale de l'Angleterre, englobant la ville de Birmingham).[réf. nécessaire]

Sandy Pearlman, le producteur, manager et auteur des chansons des débuts du groupe Blue Öyster Cult, soutient qu'il a été, dans les années 1970, le tout premier à employer le terme heavy metal dans le contexte de la musique rock. Et il est vrai qu'il fut à cette époque l'un des pionniers de la critique de rock, en sa qualité de collaborateur du magazine américain Crawdaddy![40], où il publia en 1971 une critique de l'album The Notorious Byrd Brothers des Byrds dans laquelle il fit usage de l'expression heavy metal pour qualifier l'un des morceaux présents sur le disque, Artificial Energy[41]. Autre relation entre Sandy Pearlman et le sens premier de l'expression heavy metal : sa conception, dans le cadre de l'élaboration de l'imagerie propre au groupe, d'un symbole inspiré du symbole alchimique du plomb, l'un des métaux les plus lourds. Instinctivement, il mit ensuite ce terme en avant pour décrire le style de la musique de Blue Öyster Cult.

Une hypothèse tardive, mais disputée, concernant l'origine du genre fut avancée par « Chas » Chandler, manager de The Jimi Hendrix Experience en 1969, dans un entretien qu'il accorda en 1995 à l'émission Rock and Roll d'une chaîne américaine du réseau PBS. Selon lui, « le terme "heavy metal" est apparu dans un article du New York Times relatant une performance de Jimi Hendrix ». Il rapporta en outre que l'auteur de l'article écrivait qu'écouter The Jimi Hendrix Experience, c'était « ... comme écouter du métal lourd (heavy metal) qui tombe du ciel. » La source précise de cette affirmation n'a toutefois pas été retrouvée et son authenticité est donc mise en doute.

Il semble que le premier usage bien documenté du terme heavy metal pour décrire précisément un style de musique soit apparu dans le numéro de mai 1971 du magazine américain Creem, dans une critique de l'album Kingdom Come de Sir Lord Baltimore. Dans cette critique, l'auteur, en:Mike Saunders, déclare que « Sir Lord Baltimore semble maîtriser à la perfection la plupart des ficelles du heavy metal »[42]. Par la suite, c'est au critique Lester Bangs, grande figure de la critique rock et notamment du mensuel Creem, que l'on attribua la popularisation du terme heavy metal, au début des années 1970, pour qualifier le style de groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath[43].

Si, à l'origine, le terme heavy metal a parfois revêtu une connotation péjorative sous la plume de certains critiques, les fans du genre se le sont toutefois rapidement approprié. De la même manière, des groupes déjà bien établis, comme Deep Purple, qui venaient de la pop ou du rock progressif, se sont immédiatement réclamés du heavy metal, saisissant l'occasion pour épouser une approche plus agressive de leur musique, en décuplant les effets de distorsion et d'amplification.

[] Origines (années 1960 et début des années 1970)

Le blues et la musique noire américaine furent des sources d'influence majeures pour les tout premiers artistes de rock 'n' roll, par exemple Elvis Presley ou encore les rockeurs anglais. Des groupes comme les Rolling Stones et les Yardbirds ont enregistré de nombreuses reprises de chansons de blues classiques, parfois en accélérant le tempo et en utilisant la guitare électrique au lieu de la guitare acoustique.

Ces pratiques d'amplification de la musique blues traditionnelle furent évidemment stimulées par les nouveaux champs d'expérimentation intellectuels et artistiques qui s'offrirent aux musiciens quand ils se mirent à exploiter les multiples possibilités de la guitare électriquement amplifiée en termes de puissance sonore et de dissonance. Côté percussions, alors que les styles rythmiques du blues-rock consistaient en de simples rythmes en shuffle[44] sur des petites batteries, les batteurs commencèrent à adopter un jeu plus musclé, plus complexe et plus amplifié, de manière à se mettre au diapason des sons de guitares de plus en plus forts. De la même manière, pour s'adapter à l'amplification, les chanteurs ont modifié leurs techniques vocales, gagnant généralement au passage en emphase et en théâtralité. Dans le même temps, les avancées technologiques réalisées dans le domaine de l'enregistrement sonore ont permis la capture et la retranscription sur différents supports (bandes magnétiques, vinyles) de la puissance de cette nouvelle approche de la musique, à la fois plus lourde et plus technique.

Les exemples les plus anciens de musique généralement identifiée comme porteuse des codes du heavy metal viennent du Royaume-Uni où, dès la fin des années 1960, des groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath se sont mis à appliquer aux gammes et aux arrangements traditionnels du blues cette démarche alors avant-gardiste, qui donnait naissance à une musique nouvelle[45]. Ces groupes étaient en outre très influencés par les musiciens de rock psychédélique américains comme Jefferson Airplane et Jimi Hendrix, qui furent les premiers à amplifier et à les guitares du blues-rock et qui ont ainsi servi de pont entre la musique afro-américaine et les rockeurs européens.

Parmi les autres influences souvent citées, on trouve Vanilla Fudge, qui a ralenti et « psychédélisé » les mélodies populaires, et des rockeurs anglais comme The Who et The Kinks, qui ont posé les bases du style heavy metal en introduisant les power chords et des percussions plus agressives.

Nombreux sont les artistes et les morceaux dont il a été dit qu'ils étaient les précurseurs du genre. Ainsi, pour certains, le titre You Really Got Me des Kinks (1964) constitue l'une des toutes premières chansons de heavy metal[46]. De fait, elle fut peut-être la première à utiliser comme base un riff de power-chords répétitifs et distordus.

Le groupe Cream, avec sa formule alors novatrice de power trio, actif de 1966 à 1968, eut lui aussi une influence considérable, découlant de la puissance sonore engendrée par le jeu complice très amplifié du guitariste Eric Clapton et du bassiste Jack Bruce, adossé au jeu de percussion musclé du batteur Ginger Baker[47]. Dans le sillage de ces pionniers, en 1968, les sons de heavy blues étaient devenus monnaie courante dans la musique populaire. Cette année-là, la reprise par Blue Cheer du hit Summertime Blues d'Eddie Cochran, parue en janvier, est considérée par certains comme la première vraie chanson de heavy metal[48]. Au mêm