Punk rock
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| Punk rock | ||
| Origines stylistiques | Rock 'n' roll Rockabilly Garage rock Rock psychédélique Pub rock Glam rock Protopunk |
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| Origines culturelles | Milieu des années 1970 |
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| Instrument(s) typique(s) | Guitare Basse batterie |
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| Popularité | Underground à la fin des années 1970 et dans les années 1980. Mondiale à partir des années 1990. | |
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| Sous-genre(s) | Anarcho-punk - Anti-folk - Chicano punk - Crustcore - Death rock - Deathcountry - Folk punk - Funkcore - Garage punk - Horror punk - Jazz punk - Oi! - New wave - Post-punk - Pop punk - Psychobilly - Punk hardcore - Ska punk | |
| Genre(s) dérivé(s) | }} | |
| Genre(s) associés(s) | Grunge Rock alternatif Rock indépendant |
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| Scènes régionales | ||
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| Voir aussi | Mouvement punk Do it yourself Mode punk Idéologie punk Films punk Éphéméride du punk Straight edge Genres de punk rock |
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Le punk rock est un genre de rock qui est apparu au milieu des années 1970. Précédé par une variété de musique protopunk des années 1960 et du début des années 1970, le punk rock se développe entre 1974 et 1976 aux États-Unis, au Royaume-Uni, et en Australie, où des groupes comme les Ramones, les Sex Pistols, et The Clash sont reconnus comme les pionniers d'un nouveau mouvement musical. En 1977, le punk rock se répand autour du monde.
Les groupes de punk rock, évitant les excès qu'ils perçoivent dans le rock populaire des années 1970, créent de la musique rapide et rude, généralement avec des chansons de courtes durées, une instrumentation basique et des paroles souvent chargées de messages politiques ou nihilistes. Le mouvement punk associé au genre exprime une rébellion jeune et est caractérisée par des styles vestimentaires distinctifs, une variété d'idéologies anti-autoritaires, et une attitude do it yourself (« Faites-le vous-même »).
Le punk rock est rapidement devenu un phénomène culturel majeur au Royaume-Uni. Pour la plus grande partie, les racines du punk se trouvent dans des scènes locales qui ont eu tendance à rejeter une quelconque connexion avec les courants musicaux principaux. Pendant les années 1980, des styles encore plus rapides et agressifs, tels que le punk hardcore et la Oi!, ont évolués et sont devenus une partie importante du paysage punk. Des musiciens s'identifiant au punk ou s'en inspirant ont poursuivi une plus grande variété de variations, une pratique qui a donné naissance au mouvement rock alternatif. À partir du milieu des années 1990, de nouveaux groupes de pop punk comme Green Day ou The Offspring offrent au genre une popularité répandue plusieurs décennies après son émergence.
Sommaire |
[] Caractéristiques
[] Philosophie
La première vague de punk rock a eu pour but d'être agressivement moderne, s'écartant de la musique sentimentale du rock du début des années 1970[1]. D'après Tommy Ramone, le batteur des Ramones, « Dans sa forme initiale, beaucoup des trucs [des années 1960] étaient innovants et excitants. Malheureusement, ce qui se passe c'est que les gens qui ne pouvaient pas tenir une bougie aux goûts de Hendrix commencèrent à s'en aller. Peu après il y avait des solos sans fin qui n'allaient nul part. Déjà en 1973, je savais que ce dont il y avait besoin était du rock 'n' roll pur, nu, et sans conneries insensées[2]. » John Holmstrom, éditeur et fondateur du magazine Punk, se souvient avoir pensé que « le punk rock devait arriver car la scène rock de l'époque était devenue si docile que [des artistes] comme Billy Joel et Simon et Garfunkel se faisait catégoriser dans le rock and roll, alors que pour moi et d'autres fans, le rock and roll signifiait cette musique sauvage et rebelle[3]. » D'après la description du critique musical Robert Christgau, « c'était aussi une sous-culture qui rejetait dédaigneusement l'idéalisme politique et l'absurdité flower-power du mythe hippie[4]. » Patti Smith, au contraire, suggère dans son documentaire 25 Years of Punk que les hippies et les punks sont tous deux liés par une mentalité contestataire commune. Dans certains événements, certaines figures du punk rock affichent non seulement le rejet du rock grand-public et de la culture à laquelle il est rattaché, mais aussi à leurs propres prédécesseurs. The Clash, par exemple, a déclaré, « Pas d'Elvis, de Beatles, ou de Rolling Stones en 1977[5]. » L'année précédente, lorsque la révolution punk rock a commencé en Grande-Bretagne, est censée être une « Année Zéro » à la fois musicale et culturelle[6]. Bien que la nostalgie ait été abandonnée, beaucoup d'artistes de la scène ont adopté une attitude nihiliste qui peut être résumée par le slogan des Sex Pistols, « No Future » (« Pas de futur »)[1].
[] Musicalité
Les groupes de punk rock ont souvent imité les structures et arrangements musicaux simplistes du garage rock des années 1960[7]. Cette importance accordée à l'accessibilité illustre l'idéologie DIY du punk rock en contraste avec celle des artistes rock qui implémentent dans leur musique des effets sonores et technologiques pour répondre à la demande du public du milieu des années 1970[8],[9]. En décembre 1976, le fanzine anglais Sideburns publie une illustration de trois accords, avec pour légende : « Voilà un accord, en voilà un autre, en voilà un troisième. Maintenant formez un groupe[10]. »
L'instrumentation typique du punk rock inclut une ou deux guitares électriques, une basse, et une batterie, ainsi que du chant. Aux débuts du punk rock, la virtuosité musicale est souvent méfiée. D'après John Holmstrom, le punk rock est « du rock and roll par des gens qui n'avaient pas beaucoup de compétences en tant que musiciens mais qui ressentaient le besoin de s'exprimer à travers la musique[3]. » Les chansons de punk rock ont tendance à être plus courtes que celles d'autres genres populaires ? sur l'album homonyme des Ramones, par exemple, la moitié des quatorze titres ne durent pas plus de deux minutes[11]. La plupart des premières chansons de punk rock gardent la structure de composition couplet-refrain propre au rock 'n' roll et une signature rythmique de 4/4. Malgré cela, les groupes de punk rock de la seconde vague du mouvement ont souvent rejeté ce format. D'après la description du critique musical Steven Blush, « les Sex Pistols étaient toujours du rock 'n' roll... comme la version la plus folle de Chuck Berry. Le hardcore fut le départ le plus brusque de cela. Ce n'était pas du rock couplet-refrain. Ça chassait toute notion de ce que la composition de chansons doit être. C'est sa propre forme[12]. »
Le chant dans le punk rock peut parfois sembler nasal[13], et les paroles sont souvent criées plutôt que chantées dans un sens plus conventionnel, en particulier dans les styles hardcore[14]. L'approche vocale est caractérisée par un manque de variété ; les changements de notes, de volumes, ou de styles de tons sont relativement rares ? la piste « Johnny Rotten » des Sex Pistols étant une exception notable[15]. Les solos de guitare complexes sont généralement considérés comme superflus, bien que les solos basiques soient courants[16]. Les partitions de guitare ont tendance à inclure des power chords ou des barrés soumis à de hauts niveaux de distorsion, ce qui crée un son caractéristique décrit par Christgau comme un « bourdon de scie circulaire[17] ». Quelques groupes de punk rock se sont inspirés du surf rock avec un ton de guitare plus léger. Une approche agressive et sauvage est parfois employée, un style qui s'étend depuis Robert Quine, guitariste du groupe de punk rock The Voidoids, jusqu'à The Velvet Underground, en passant par les enregistrements des années 1950 de Ike Turner[18]. Les partitions de basse sont assez simples ; l'approche essentielle étant un rythme forcé et répétitif[19]. Quelques bassistes de punk rock comme Mike Watt ont néanmoins mis l'accent sur des partitions plus techniques. Les bassistes de punk rock utilisent généralement un plectre plutôt que le picking en raison de la succession rapide de notes, qui rend le picking difficile. La batterie a généralement un son lourd et sec et consiste généralement en une installation minimale. En comparaison avec les autres formes de rock, la syncope est beaucoup moins présente dans le punk rock[20]. Les partitions de batterie dans le hardcore ont tendance à être exceptionnellement rapides[14]. La production reste assez minimaliste, avec des pistes parfois enregistrées avec un magnétophone[21]. En règle générale, l'objectif est de garder le son enregistré sans manipulations ultérieures, de façon à ce qu'il reflète l'authenticité d'un concert[22].
Les paroles de punk rock sont généralement d'une nature de confrontation ; en comparaison avec les autres genres musicaux populaires, elles commentent souvent des affaires sociales et politiques[23]. Des chansons comme Career Opportunities de The Clash ou Right to Work de Chelsea parlent du chômage et la réalité parfois triste de la vie urbaine[24]. Le but central est de scandaliser et de choquer le grand public, en particulier dans les premiers groupes de punk britanniques[25]. Les classiques des Sex Pistols Anarchy in the U.K. et God Save the Queen dénigrent ouvertement le système politique britannique et ses m?urs sociales. La représentation caractéristique et anti-sentimentale du sexe et des relations entre personnes du sexe opposé est abordée, comme dans Love Comes in Spurts, écrit par Richard Hell et enregistré avec les Voidoids. L'anomie, exprimée de manières diverses et variées dans les vers de Blank Generation de Richard Hell et dans la crudité de Now I Wanna Sniff Some Glue des Ramones, est un thème courant. Identifier le punk à ces sujets vient à rejoindre l'avis exprimé par V. Vale, le fondateur de Search and Destroy : « Le punk était une révolution culturelle totale. C'était une confrontation active avec le côté obscur de l'histoire et de la culture, une imagerie de droite, des tabous sexuels, et une approche plus profonde que ce qu'avait fait n'importe quelle génération[26]. » Mais beaucoup de paroles du punk rock se rapprochent plus des thèmes du rock traditionnel, comme la drague, le chagrin d'amour, et la détente entre amis. Cette approche peut être vue dans la simplicité agressive du classique des Ramones « I Wanna Be Your Boyfriend » ainsi que dans les paroles des groupes de pop punk plus récents[27].
[] Éléments visuels et autres
Le style vestimentaire des musiciens de punk rock classique se compose d'un tee-shirt, d'un blouson de motard, et jeans. Cet ensemble est comparable à celui des greasers américains, associés à la scène rockabilly, ainsi qu'à celui des rockers britanniques des années 1960. La couverture du premier album des Ramones, sorti en 1976, contient une photographie du groupe, prise par la photographe Roberta Bayley du magazine Punk, qui met en avant les éléments basiques d'un style qui a très vite été imité par des musiciens de rock, qu'ils jouent du punk ou non[28]. L'apparence plus androgyne de Richard Hell a été une influence majeure pour le manager des Sex Pistols, Malcolm McLaren, puis, éventuellement le style de punk anglais[29],[30]. Les styles vestimentaires des femmes punk peuvent varier entre « le matériel sado-masochiste de [Siouxsie] Sioux et l'androgynie franche et directe de [Patti] Smith[31]. » Ce deuxième style a été beaucoup plus efficace sur les styles des femmes fans du genre[32]. Avec le temps, les tatouages, les piercings et les accessoires en métal ou à piques sont devenus des éléments de plus en plus communs de la mode punk à la fois chez les fans et chez les musiciens. La coiffure typique pour les hommes punks était au départ courte, mais suite à l'émergence de la crête iroquoise, ce dernier style est devenu caractéristique du punk. Beaucoup de fans et de musiciens de la scène hardcore ont adopté le style skinhead[33].
Le style d'expression scénique des musiciens de punk ne se sépare pas particulièrement des positions macho parfois associés au rock, et les musiciennes de punk se distinguent plus clairement des autres styles[34]. Le musicien John Strohm suggère qu'elles ont fait de la sorte en affichant une image vue comme étant masculine : « Elles adoptaient une posture coriace et masculine plus influencée par les principes machos des groupes de garage des années 1960 que l'image bad-girl de groupes comme The Runaways[31]. » Le musicien Dave Laing décrit comment la bassiste Gaye Advert a adopté des éléments de mode associés aux musiciens hommes uniquement pour générer un personnage scénique qui serait difficilement considéré « sexy[35] ». Laing passe en revue les styles scéniques plus innovants et ambitieux, comme les approches déroutantes de Siouxsie Sioux, Ari Up de The Slits, et Poly Styrene de X-Ray Spex[36].
Le manque de syncope a donné naissance à la danse punk dans plusieurs formes, le style caractéristique étant originellement le pogo[37]. Avant que Sid Vicious ne devienne le bassiste des Sex Pistols, il est à l'origine du pogo au Royaume-Uni en tant que spectateur dans un concert[38]. Le mosh, quant à lui, est fréquent aux concerts de punk hardcore. Le manque de rythmes de danse conventionnels fut un facteur central dans la limite du succès et de l'impact commercial du punk dans les médias populaires[39].
Éliminer la distance, et parfois même la distinction, entre les musiciens et le public est central dans l'éthique du punk[40]. La participation des fans aux concerts est donc importante ; pendant le premier âge d'or du mouvement, les musiciens provoquent souvent les fans d'un air de confrontation. Des groupes de la première vague de punk comme les Sex Pistols et The Damned insultaient et provoquaient leur public dans le but de générer des réactions intenses. Laing a identifié trois majeures réactions du public à ces provocations : le lancer de canettes, l'invasion de la scène, et le crachat[41]. Dans le hardcore, l'invasion de la scène précède souvent le stage diving. En plus des nombreux fans qui ont créé leurs propre groupes (ou, comme dans le cas de Sid Vicious, rentrent dans des groupes déjà existants), les membres du public sont devenus des participants importants de la scène grâce à beaucoup de périodiques amateurs. D'après Laing, le punk en Angleterre a été « le premier genre musical à donner naissance à des fanzines en si grand nombre[42] ».
[] Pré-histoire
[] Garage rock et mods
Du début au milieu des années 1960, des groupes de garage rock, qui seront plus tard reconnus comme les géniteurs du punk rock, commencent à émerger dans différentes régions d'Amérique du Nord. The Kingsmen, un groupe de garage rock de Portland, dans l'Oregon, connaissent le succès grâce à leur reprise de Louie Louie, qui a été cité comme « l'urtext qui a défini le punk rock[43] ». Le son minimaliste de beaucoup de groupes de garage rock est influencé par la branche la plus marginalisée de la British Invasion. Les singles de The Kinks « You Really Got Me » et « All Day and All of the Night », tous deux sortis en 1964, ont été décrits comme étant des « prédécesseurs du genre à trois accords ? « I Don't Want You » des Ramones, par exemple, était du pur Kinks-par-procuration[44] ». En 1965, The Who progressent rapidement après leur premier single, I Can't Explain , très influencé par les Kinks, avec My Generation. Bien que le titre n'ait pas eu de grand impact sur les hit-parades américains, l'hymne mod des Who annonçe l'arrivée prochaine de ce qui deviendrait le punk rock britannique. John Reed décrit l'émergence des Clash comme étant « une balle dense en énergie avec à la fois une image et une rhétorique qui rappelle l'obsession de Pete Townshend pour la vitesse et le pop art[45] ». The Who et d'autres mods comme The Small Faces étaient parmi les rares groupes de rock cités par les Sex Pistols en tant qu'influence sur leur musique[46].
[] Protopunk
1969 voit la sortie des premiers albums de deux groupes du Michigan, qui sont généralement vus comme étant des albums fondamentaux du protopunk. En janvier, le groupe de Détroit MC5 sort Kick Out the Jams. « Musicalement, le groupe est intentionnellement vulgaire et agressivement cru », décrit le critique musical Lester Bangs dans Rolling Stone :
« La plupart des chansons sont à peine distinguables les unes des autres dans leurs structures primitives à deux accords. Vous avez déjà entendu tout ça de la part de groupes notoires comme The Seeds, Question Mark and the Mysterians, et The Kingsmen. La différence ici... est dans l'excitation, la superposition épaisse entre révolution adolescente et cette énergie totale qui dissimule ces trop nombreux clichés et vilains sons... I Want You Right Now sonne exactement (même au niveau des paroles) comme une chanson appelée I Want You par The Troggs, un groupe britannique qui ramenait une image similaire du sexe-et-du-son-cru il y a quelques années (vous souvenez-vous de « Wild Thing » ?). »[47]
En août de la même année, The Stooges, un groupe originaire de Ann Arbor, commence sa carrière avec un album homonyme. D'après le critique de rock Greil Marcus, le groupe, mené par le chanteur Iggy Pop, crée « le son de la Airmobile de Chuck Berry après que des voleurs l'aient dépouillé de ses pièces[48]. » L'album est produit par John Cale, un ancien membre du groupe de rock expérimental new-yorkais The Velvet Underground. Après avoir gagné la réputation de « premier groupe de rock underground », The Velvet Underground a inspiré, que ce soit directement ou indirectement, beaucoup des artistes impliqués dans la création du punk rock[49].
Au début des années 1970, les New York Dolls mettent à jour l'attitude sauvage du rock 'n' roll original des années 1950 avec une approche qui fut plus tard associée au glam punk[50]. Le duo new-yorkais Suicide joue de la musique minimaliste et expérimentale avec une attitude scénique inspirée des Stooges. Au Coventry club du borough de Queens, à New York, The Dictators utilisent le rock pour véhiculer une attitude humoristique[51]. À Boston, The Modern Lovers, menés par le chanteur Jonathan Richman, sont remarqués pour leur style minimaliste. En 1974, une nouvelle scène garage rock commençe à se développer dans le club Rathskeller sur Kenmore Square. Les Real Kids font partie des groupes influents, un groupe fondé par John Felice des Modern Lovers, ainsi que Willie Alexander and the Boom Boom Band, dont le leader a été membre de The Velvet Underground pendant quelques mois en 1971, et Mickey Clean and the Mezz[52],[53],[54]. Dans l'Ohio, une petite mais influente scène underground émerge avec des groupes comme Devo (originaire d'Akron), Electric Eels (originaire de Cleveland), Mirrors, et Rocket from the Tombs. En 1975, Rocket from the Tombs se sépare en deux groupes : Pere Ubu et The Dead Boys. The Electric Eels et Mirrors se séparent aussi, et le groupe The Styrenes émerge de ces dissolutions[55],[56].
Le groupe britannique Deviants, vers la fin des années 1960, joue un style psychédélique avec une touche anarchique et satirique qui a inspiré les Sex Pistols dix ans plus tard[57]. En 1970, le groupe devient les Pink Fairies suite au départ de Mick Farren, et joue de la musique d'un style similaire[58]. Avec le personnage de Ziggy Stardust, David Bowie utilise l'artifice et l'exagération en tant qu'éléments centraux ; cette pratique est réutilisée par les Sex Pistols parmi d'autres groupes de punk rock[59]. Les groupes de la scène pub rock londonienne limitent leur musique à des arrangements basiques avec un rock 'n' roll influencé par le rhythm and blues. En 1974, l'un des groupes les plus influents du mouvement, Dr. Feelgood, est en train de paver le chemin pour d'autres groupes comme The Stranglers et Cock Sparrer qui joueraient plus tard un rôle important dans l'explosion du punk. Parmi les groupes de pub rock qui ont marqué l'année, The 101'ers en fait partie, son chanteur est alors Joe Strummer[60]. Des groupes qui anticipent le mouvement en formation apparaissaient à Düsseldorf, en Allemagne de l'Ouest, où le groupe de protopunk NEU!, formé en 1971, lançe la tradition Krautrock suivie par des groupes comme Can[61]. Au Japon, le groupe contestataire Zun? Keisatsu (signifiant « La Police du Cerveau ») mélangea le garage rock psychédélique avec de la musique folklorique. Ce groupe a souvent été confronté à la censure, leur scène ayant au moins une fois été le lieu de masturbation publique[62].
Une nouvelle génération de groupes de garage rock australiens, inspirés en grande partie par les Stooges et MC5, se rapproche du son qui serait bientôt appelé punk. À Brisbane, The Saints répliquent le son cru du groupe britannique The Pretty Things, qui a fait une tournée mémorable en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1965. C'est à cette époque que Radio Birdman, co-fondé en 1974 par l'expatrié Deniz Tek (originaire de Détroit), joue des petits concerts à un public restreint à Sydney[63].
[] Origine du terme punk
Avant les années 1970, le mot punk, d'une étymologie obscure et vieux de plusieurs siècles, est utilisé communément pour décrire « un jeune escroc, un gangster, un voyou, ou un truand[64] ». Legs McNeil, co-fondateur du magazine Punk, explique : « À la télévision, si vous regardiez des séries de flics, comme Kojak ou Baretta, quand les flics attrapaient finalement le tueur en série, ils lui disaient « sale punk ». C'était comme ça que les professeurs t'appelaient. Ça signifiait que tu étais le moins puissant.[65] ». Le premier usage connu du terme punk rock apparait dans le Chicago Tribune du 22 mars 1970 et est attribué à Ed Sanders, co-fondateur du groupe new-yorkais The Fugs. Sanders y est cité en décrivant un de ses albums solo comme étant « du punk rock ? de la sentimentalité de plouc[66] ». Dans l'édition de décembre 1970 de Creem, Lester Bangs, souhaitant se moquer des musiciens de rock populaires, qualifie ironiquement Iggy Pop de « Stooge punk[67] ». Alan Vega de Suicide a affirmé que cet usage du terme lui a donné l'idée de qualifier ses concerts de « messes punk[68] ».
Dave Marsh est le premier critique musical à employer le terme punk rock. Dans l'édition de mai 1971 de Creem, il décrit ? and the Mysterians comme étant les auteurs d'une « exposition majeure du punk rock[70] ». En juin 1972, le fanzine Flash contient un classement de dix albums des années 1960 appelé le Punk Top Ten[71]. Cette même année, Lenny Kaye utilise le terme dans les notes du livret de la compilation Nuggets en référence aux groupes de garage rock des années 1960 comme The Standells, The Sonics, et The Seeds[72]. Le fanzine Bomp! utilise le terme durant les années 1970, l'appliquant également aux groupes de rock psychédélique des années 1960[73]. En mai 1973, Billy Altman lance le Punk Magazine[74],[75]. Le bassiste Jeff Jensen des Real Kids se rappelle qu'à un concert de 1974, « Un critique musical pour l'un des magazines de divertissement gratuits de l'époque nous avait vu et nous avait donné une très bonne critique, nous appelant un « groupe punk »... Nous nous sommes plus ou moins tous regardés les uns les autres et avons dit « C'est quoi, punk ? » »[76]
En 1975, punk est utilisé pour décrire des artistes aussi divers que le Patti Smith Group, Bay City Rollers, et Bruce Springsteen[73]. Tandis qu'une scène se développait au CBGB's de New York et attirait l'attention, un nom devient nécessaire pour ce son en développement. Le propriétaire du club, Hilly Kristal, appelle le mouvement « street rock » (signifiant « rock de rue »). John Holmstrom affirme que le magazine The Aquarian Weekly est l'un des premiers à utiliser le terme punk, « pour décrire ce qui se passe à CBGB's[77] ». Le magazine de Holmstrom, McNeil, et de Ged Dunn, Punk, qui a fait ses débuts fin 1975, a été un élément crucial dans l'utilisation du terme[78]. « Il était plutôt flagrant que le mot devenait très populaire », remarque Holmstrom quelques années plus tard. « Nous nous étions dit que nous devions prendre le nom avant que quelqu'un d'autre ne se l'approprie. Nous voulions nous débarrasser des conneries, de ne laisser que du rock 'n' roll. Nous voulions le retour de l'amusement et de l'enjouement[73]. »
[] Première vague
[] New York
Les origines de la scène punk rock new-yorkaise remontent à des sources telles que la trash culture de la fin des années 1960 et le mouvement de rock underground centré autour du Mercer Arts Center de Greenwich Village, où les New York Dolls ont joué[79]. Au début de 1974, une nouvelle scène commence à se développer autour du club CBGB's, lui aussi dans le Lower Manhattan. À son centre est le groupe Television, décrit par le critique musical John Walker comme étant « le groupe ultime de garage rock avec prétention[80] ». Leurs influences varient de Roky Erickson, qui allie le garage rock et le rock psychédélique, au saxophoniste de jazz John Coltrane. Le chanteur et bassiste du groupe, Richard Hell, crée un style vestimentaire avec des cheveux taillés et irréguliers, des tee-shirts déchirés, et des blousons en cuir noir. Cela est vu par beaucoup comme étant la fondation du style vestimentaire du punk rock[81]. En avril 1974, Patti Smith, une membre du public du Mercer Arts Center et une amie de Hell, vint au CBGB's pour la première fois pour voir le groupe jouer[82]. En juin, elle enregistre le single « Hey Joe »/« Piss Factory » avec le guitariste de Television Tom Verlaine. Ce single, sorti sur le label Mer Records, fondé et dirigé par Patti Smith, prône une éthique do it yourself et est souvent cité comme l'un des premiers enregistrements de punk rock [83],[84],[85],[86]. En août de cette même année, Smith et Television font des concerts ensemble dans un autre club new-yorkais, Max's Kansas City[81].
À plusieurs kilomètres de Lower Manhattan, à Forrest Hills, dans le Queens, les membres d'un groupe fraîchement formé commencent à adopter un nom de famille commun. S'inspirant de groupes aussi variés que les Stooges, les Beatles, les Beach Boys, et Herman's Hermits, les Ramones condensent le rock 'n' roll à un niveau primaire : « 1-2-3-4, criait le bassiste Dee Dee Ramone au début de chaque chanson, comme si le groupe pouvait à peine maîtriser les rudiments du rythme[88]. » Le groupe joue son premier concert au CBGB's le 16 août 1974. Un autre groupe, Blondie, fait lui aussi ses débuts au CBGB's ce mois-là. Durant cette période et jusqu'à la fin de l'année 1974, les Ramones jouent soixante-quatorze concerts, chacun durant environ dix-sept minutes[89]. The Dictators enregistrent à cette époque leur premier album, The Dictators Go Girl Crazy!, qui sort en mars 1975[90].
Au printemps 1974, Smith et Television restent pendant deux mois au CBGB's, ce qui attire une attention majeure sur le club[91]. Pendant ce temps, Richard Hell écrit « Blank Generation », qui deviendra plus tard un des hymnes emblématiques de la scène[92]. Peu après, Hell quitte Television et fonde un groupe avec un son encore plus nu, The Heartbreakers, aux côtés de Johnny Thunders et Jerry Nolan, tous deux des ex-membres des New York Dolls. Le duo de Hell et de Thunders est décrit comme ayant « injecté une intelligence poétique dans l'auto-destruction déraisonnée[29]. » En août, Television ? maintenant avec Fred Smith, l'ancien bassiste de Blondie, qui remplaçait Hell ? enregistrent un single, « Little Johnny Jewel ». Selon John Walker, l'enregistrement a été « une pierre angulaire pour la scène new-yorkaise toute entière », sinon pour le mouvement punk rock en lui même. D'après lui, le départ de Hell a laissé le groupe « significativement réduit en matière d'agressivité[80] ».
D'autres groupes sont devenus eux aussi des habitués du CBGB's comme Mink DeVille et Talking Heads, qui viennent de Rhode Island. Suicide et le groupe mené par la chanteuse Wayne County, un autre ancien du Mercer Arts Center, sont quant à eux plus associés au Max's Kansas City qu'au CBGB's. Le premier album à émerger de cette scène sort en novembre 1975 : le premier album de Patti Smith, Horses, produit par John Cale du label major Arista Records[93]. La première édition du magazine Punk paraît en décembre de la même année[94]. Le nouveau magazine regroupe plusieurs artistes qui inspireront le mouvement punk rock, comme le chanteur du Velvet Underground Lou Reed, les Stooges, et les New York Dolls aux côtés du groupe préféré des éditeurs, The Dictators, ainsi qu'une grande variété de nouveaux groupes centrés autour du CBGB's et du Max's Kansas City[95],[96],[97],[98]. Cet hiver, Pere Ubu vient à New York depuis Cleveland et joue aux deux clubs[99].
Début 1976, les Heartbreakers demandent le départ de Hell. Ce dernier fonde un nouveau groupe qui prendra plus tard le nom The Voidoids, et qui sera décrit comme étant « l'un des groupes rigoureusement intransigeants » de la scène[100]. Le mois d'avril de cette même année voit la sortie du premier album des Ramones[101]. D'après une description ultérieure : « Comme toutes les pierres angulaires culturelles, Ramones fut accepté par une minorité perspicace et rejeté en tant que mauvaise blague par une majorité incompréhensive[102]. » Suite aux demandes de Joey Ramone, le chanteur des Ramones, les membres du groupe de Cleveland Frankenstein migrèrent vers l'est pour rejoindre la scène new-yorkaise. Après avoir changé leur nom en Dead Boys, ils jouèrent leur premier grand concert au CBGB's en juillet[103],[104]. En août, Ork sortit un maxi enregistré par Hell et son nouveau groupe qui contenait le premier enregistrement de « Blank Generation »[105],[106].
Le terme punk s'applique généralement à la scène d'une manière générale plutôt qu'au son lui même. Les premiers groupes de punk new-yorkais affichent alors une grande variété d'influences. Au sein de cette scène, les Ramones, les Heartbreakers, Richard Hell and The Voidoids, et les Dead Boys ont établi un style musical distinct et défini ; même si leurs approches des paroles peuvent différer d'une extrême à l'autre ? la franchise des Ramones à l'une, et la conscience de Hell à l'autre. Leur usage partagé de minimalisme et de vitesse, par contre, ne s'était pas encore imposé comme attribut caractéristique du punk rock[107].
[] Australie
Au même moment, une sous-culture musicale similaire commence à prendre forme dans diverses parties d'Australie. Une scène se développe autour du groupe Radio Birdman et le Oxford Tavern, le club situé dans la banlieue de Sydney où le groupe joue régulièrement. En décembre 1975, le groupe gagne la RAM (Rock Australia Magazine)/Levi's Punk Band Thriller Competition[108],[109] En 1976, The Saints jouent dans des locaux de Brisbane, et découvrent que d'autres musiciens sont en train d'explorer des approches similaires dans d'autres parties du monde. Ed Kuepper, étant l'un des leaders des Saints, se rappelera plus tard :
« Une chose dont je me souviens avoir été profondément déprimé était le premier album des Ramones. Quand je l'ai entendu [en 1976], je veux dire c'était un super disque...mais je le détestais car je savais que nous avions fait ce genre de truc pendant des années. Il y avait même une suite d'accords sur cet album que nous avions utilisé...et j'ai pensé, "Merde. On va penser qu'on s'est inspiré des Ramones," quand rien n'aurait pu être plus faux[110]. »
De l'autre côté de l'Australie, à Perth, en Australie-Occidentale, le groupe Cheap Nasties, mené par le chanteur et guitariste Kim Salmon, se forme en août[111]. En septembre, The Saints deviennent le premier groupe de punk rock en dehors des États-Unis à avoir sorti un disque, le single (I'm) Stranded. Comme pour le premier album de Patti Smith, le groupe a lui même financé, empaqueté, et distribué les exemplaires du single[112],[113]. (I'm) Stranded n'a pas eu de succès local spectaculaire, mais la presse musicale britannique le reconnu comme un single innovant[114]. Suite à l'insistance de leurs supérieurs basés au Royaume-Uni, la branche australienne d'EMI propose un contrat aux Saints. Pendant ce temps, Radio Birdman sort un maxi autofinancé, Burn My Eye, en octobre[115]. Le critique musical Ian McCaleb, de Trouser Press, décrira plus tard le disque comme étant « l'archétype de l'explosion musicale qui était sur le point d'arriver[116]. »
[] Royaume-Uni
Après une brève période en tant que manager des New York Dolls, l'anglais Malcolm McLaren retourna à Londres en mai 1975, inspiré par la nouvelle scène qu'il dont il avait été témoin au CBGB's. Il ouvrit Sex, une boutique de vétements spécialisée dans une « anti-mode » révoltante[117],[118],[119]. Les membres d'un groupe appelé The Swankers étaient parmi ceux qui fréquentaient la boutique. En août, le groupe cherchait un nouveau chanteur. Un autre habitué de la boutique, Johnny Rotten, postula et fut embauché; McLaren devint le manager du groupe. Adoptant un nouveau nom, le groupe joua son premier concert en tant que les Sex Pistols le 5 novembre, 1975 et attirait une petite communauté motivée[120],[121]. En février 1976, le groupe reçu pour la première fois une couverture médiatique importante quand le guitariste Steve Jones déclara que les Pistols étaient plus concentrés dans le « chaos » que dans la musique[122] Le groupe provoquait souvent les foules jusqu'à des quasi-émeutes. Rotten cria à un public, « [Je] parie que vous ne nous détestez pas plus que nous vous détestions[123]! » McLaren voyait les Pistols comme étant les joueurs centraux d'un nouveau mouvement de jeunes[124]. Le critique musical Jon Savage décrit les membres du groupe comme étant « incarnés dans une attitude que McLaren nourrissait de nouvelles références : la politique radicale de la fin des années 1960, les éléments fétichistes sexuels,...la sociologie[125]. »
Bernard Rhodes, un ancien associé de McLaren et un ami des Pistols, essayait lui aussi de faire des stars d'un groupe musical : London SS. En printemps 1976, le groupe se dissout, ce qui mena à la création de deux nouveaux groupes : The Damned et The Clash. Ce dernier groupe fut rejoint par Joe Strummer, l'ancien chanteur des 101'ers[126]. Le 4 juin 1976, les Sex Pistols jouèrent au Free Trade Hall de Manchester, un concert qui fut plus tard considéré comme l'un des concerts de rock les plus influents. Parmi le petit nombre de spectateurs furent les organisateurs du concert, qui iraient plus tard jouer sous le nom des Buzzcocks, ainsi que les futurs membres des groupes Joy Division, The Fall, et The Smiths[127].
En juillet, les Ramones ont traversé l'Atlantique pour deux concerts londoniens qui aidèrent à faire grandir la scène punk britannique[128],[129]. Le 4 juillet, ils jouèrent avec les Flamin' Groovies et les Stranglers devant une foule de 2000 personnes au Roundhouse[130]. Cette même nuit, The Clash fit ses débuts en jouant la première partie des Sex Pistols à Sheffield. Le lendemain, les membres des deux groupes vinrent à un concert des Ramones[131]. La nuit du 6 juillet, The Damned jouèrent leur premier concert en jouant la première partie des Sex Pistols à Londres. D'après le critique musical Kurt Loder, les Sex Pistols mettaient en avant un « nihilisme calculé et artistique, [tandis que] The Clash étaient des idéalistes forcenés, des partisans d'une critique sociale d'extrême gauche qu'on pouvaient comparer à...Woody Guthrie dans les années 1940[132]. » The Damned se forgèrent une réputation des « fêtards du punk[133]. » Le premier fanzine de la scène londonienne apparu une semaine plus tard. Son titre, Sniffin' Glue était pris d'une chanson des Ramones et son sous-titre, « And Other Rock 'n' Roll Habits For Punks, » affirmait une connexion avec ce qui se passait à New York[134],[135].
Un autre concert des Sex Pistols à Manchester, cette fois ci le 20 juillet avec comme première partie les Buzzcocks, donna encore plus d'élan à la scène[136]. En août, le soit-disant « Premier Festival de Punk Rock Européen » eu lieu au Mont de Marsan dans le sud-ouest de la France. Eddie and the Hot Rods fut le groupe mis le plus en avant, tandis que les Sex Pistols furent exclus pour « être allé trop loin » et The Clash refusa de participer par solidarité. Le seul groupe du nouveau mouvement punk à jouer au festival était The Damned[137].
Au cours des quelques mois qui suivirent, beaucoup de nouveaux groupes de punk rock se formèrent, souvent avec une inspiration directe des Pistols[138]. À Londres, les femmes étaient au centre de la scène?parmi la première vague de groupes fut les groupes Siouxsie & the Banshees et X-Ray Spex, dont les leaders étaient des femmes, et le groupe The Slits dont l'intégralité des membres étaient féminins. The Adverts quant à eux avaient une bassiste. D'autres groupes étaient Subway Sect, Eater, UK Subs, London, et Chelsea, d'où vint Generation X. Un peu plus loin, Sham 69 commença à répéter dans la ville de Hersham au sud-est. Les 21 et 22 septembre, le 100 Club Punk Festival de Londres mis en avant quelques uns des grands groupes londoniens (comme les Sex Pistols, The Clash, et The Damned) ainsi que le groupe parisien Stinky Toys, un des premiers groupes de punk rock venant d'un pays non-anglophone[139]. Siouxsie & the Banshees et Subway Sect jouèrent leurs premiers concerts pendant la première soirée du festival. Ce même soir, Eater débuta à Manchester[140].
Quelques nouveaux groupes, comme Alternative TV et Rezillos, de Londres et d'Édimbourg, respectivement, firent partie de la scène bien que leur musique était de nature plus expérimentale. D'autres groupes d'un rock 'n' roll relativement traditionnel furent eux aussi emportés par le mouvement. The Vibrators, fondé en tant que groupe de pub rock en février 1976, adoptèrent très vite un style vestimentaire et musical punk[141]. D'autres groupes déjà actifs depuis plusieurs années, comme The Jam, The Stranglers, et Cock Sparrer, commencèrent à s'associer à la scène punk rock. Entre les racines musicales communes avec leurs homologues américains et la confrontation calculée rappelant les débuts des Who, le journaliste Clinton Heylin décrit comment les punks britanniques comme ayant exprimé l'influence des « groupes de glam qui donnaient du bruit aux adolescents des années 1970?T. Rex, Slade, et Roxy Music[142]. » Parmi ceux qui affirmèrent ouvertement cette influence fut le groupe d'Irlande du Nord The Undertones[143],[144].
En octobre, les Damned devinrent le premier groupe de punk anglais à sortir un single: "New Rose"[145]. Les Sex Pistols suivirent le mois suivant avec Anarchy in the U.K.. Avec ce premier single, le groupe avait atteint son but de devenir un « scandale national[146]. » Le « drapeau de l'anarchie » de Jamie Reid ainsi que ses autres créations artistiques aida à définir un style artistique punk[147]. Le 1er décembre, un incident eu lieu qui renforça la réputation déjà réputée du punk rock : Sur Thames Today, une émission télévisée londonienne de début de soirée, le guitariste des Sex Pistols Steve Jones fut impliqué dans une altercation avec le présentateur, Bill Grundy. Jones traita Grundy de « dirty fucker » (« sale enculé ») en direct sur la télévision, ce qui lança une controverse médiatisée[148],[149],[150]. Deux jours plus tard, les Pistols, les Clash, les Damned, et les Heartbreakers entamèrent le Anarchy Tour, une série de concerts à travers le Royaume-Uni. Beaucoup des dates furent annulées par les propriétaires des établissements en réaction à la controverse de la confrontation Grundy-Jones[151],[152].
[] Ailleurs aux États-Unis
En 1975, le groupe Suicide Commandos se forma à Minneapolis?l'un des premiers groupes américains à jouer du style des Ramones tout en étant basé dans une autre ville que New York[153]. Tandis que le mouvement punk s'étendait rapidement au Royaume-Uni en 1976, quelques groupes avec des gouts et des attitudes similaires apparurent à divers endroits des États-Unis. Les premières scènes punk rock de la côte ouest américaine émergèrent à San Francisco, avec les groupes Crime et The Nuns[154], ainsi qu'à Seattle, où Telepaths, Meyce, et The Tupperwares jouèrent un concert particulièrement influent le 1er mai[155]. Le critique musical Richard Meltzer fut co-fondateur du groupe VOM à Los Angeles. À Washington, D.
